Fractale Framboise

Archives: Lectures

Laurine

Territory — Emma Bull

par Laurine - vendredi, 27 juin 2008 - 15:39 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Territory J’ai eu plus d’une fois l’occasion de lire des romans de fantasy basés en partie sur des événements historiques, mais pas encore de western correspondant à cette description. Dans Territory, Emma Bull s’inspire des événements qui ont précédé la fusillade à O.K. Corral pour raconter une histoire de meurtre, de mystère et de magie.

Tout commence avec l’attaque d’une diligence qui fait deux morts. Les frères Earp, dirigés par Wyatt, mènent l’enquête avec un zèle qui cache des motifs ultérieurs. Des frictions s’ensuivent avec des voleurs de bétail et des acteurs locaux dans la lutte pour le contrôle politique de Tombstone. L’histoire est racontée de trois points de vue: celui de l’héroïne, une dénommée Mildred Benjamin, veuve de son état et travaillant comme typographe au Nugget; celui de Jesse Fox, un étranger doté de pouvoirs magiques qu’il refuse de reconnaître; et celui de Doc Holliday, qui ne se pose pas les bonnes questions sur sa remarquable longévité et son attachement à Wyatt Earp.

Ce qui monopolise l’attention de la ville est bien sûr l’attaque de la diligence, mais Jesse Fox a d’autres préoccupations. Il a été sommé à Tombstone par son ami Chow Lung, un mystique chinois qui essaie de l’aider à accepter sa nature tout en conciliant les notions de science et de magie, car des forces surnaturelles menacent Tombstone. Un sorcier avide de pouvoir est en train d’accaparer le contrôle du territoire et son identité doit être découverte avant qu’il ne puisse abattre son rival, Jesse Fox.

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Laurine

The Road — Cormac McCarthy

par Laurine - lundi, 23 juin 2008 - 16:21 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

The RoadIl y a des livres comme ça qui me rappellent pourquoi une critique quasi unanime et élogieuse ne garantit pas que je vais être du même avis. C’est le cas du roman The Road de Cormac McCarthy, qui a pourtant remporté le Pulitzer en 2007 et le James Tait Black Memorial Prize, en plus de se mériter la bénédiction d’Oprah Winfrey (on s’en fout) et les éloges du militant écologiste George Monbiot. Le journal The Guardian place McCarthy dans sa liste des cinquante personnes qui pourraient sauver la planète. Rien que ça.

Les prémisses sont pourtant accrocheuses. L’Apocalypse a finalement eu lieu et les États-Unis (donc le Monde Entier) ont été réduits en un petit tas de cendres. La végétation et la faune ont été décimées, ainsi qu’une bonne partie de l’humanité. Privés de supermarchés, les quelques survivants sombrent dans la barbarie la plus abjecte et se livrent au cannibalisme organisé. Des bandes réduisent leurs proies à l’esclavage, quand ils ne les dévorent pas vivantes, petit à petit, en commençant par les pieds. Les bébés naissants ne sont plus que de la viande qu’on attend pendant neuf mois. Dans tout ce bordel, un homme et son fils marchent vers le Sud en direction de la mer et de la chaleur. Ils suivent les autoroutes (d’où le titre), ce qui est possiblement la façon la moins sûre de voyager, mais passons.

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Laurine

La Horde du Contrevent — Alain Damasio

par Laurine - mardi, 17 juin 2008 - 17:18 (Critiques, Lectures, SF&F francophone)

La Horde du Contrevent Je ne me souviens plus avec exactitude comment je suis tombée sur La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. J’ai dû en voir la mention quelque part sur la toile puisque le bouquin n’a pas fait de tapage ici. (Le contraire eût été surprenant puisqu’une bonne partie de ce qui se fait en SFF francophone passe sous le radar du buzz populaire.) Il s’agit d’un roman de science-fiction construit comme une histoire de fantasy traditionnelle, en reprenant le thème de la quête initiatique, celle d’une sorte de mythe inatteignable.

Dans un monde où souffle un vent perpétuel, la 34e Horde part d’Aberlaas, située à l’Extrême-Aval (ouest), dans l’espoir d’atteindre l’Extrême-Amont (est) d’où proviendraient ces rafales. La Horde marche à contre-vent en ligne droite, en suivant la trace des troupes précédentes. Ils sont 23, chacun formé avec cruauté depuis l’enfance pour accomplir une tâche précise qui permettra aux autres de survivre: les tâches pratiques comme chasser, faire du feu, trouver du gibier dans les circonstances les plus décourageantes; les tâches cruciales comme tracer (affronter le vent), protéger les flancs des bourrasques herculéennes, défendre les hordiers des Poursuiveurs et autres brigands. Les Hordes précédentes ont échoué, mais celle-ci est la meilleure, et peut-être la dernière. Ne chuchote-t-on pas que, huit siècles d’efforts plus tard, ce trajet éprouvant est dépassé, et qu’il faudrait tenter le coup avec des engins sophistiqués à voiles?

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Eric

Du nouveau dans le web littéraire

par Eric - jeudi, 12 juin 2008 - 23:05 (Lectures, SF&F francophone, Écrire)

Quelques rénovations, refontes et inaugurations à signaler:

livresquebecois.com: Les Librairies indépendantes du Québec (LIQ) lançaient il y a quelque temps un nouveau portail. C’est essentiellement un site transactionnel où l’on peut commander des livres d’éditeurs québécois. Un aspect intéressant: si je comprends bien, au moment de passer la commande, on peut choisir à quel libraire indépendant sera attribuée la vente. On y offre de plus une section Magazine qui semble offrir des articles du journal Le libraire, lui aussi produit par les LIQ. Présentement, le site se démarque tout de même peu d’Amazon.ca et des boutiques en ligne d’Archambault et de Renaud-Bray. Il offre au moins une alternative indépendante et résolument axée sur l’édition québécoise, mais est-ce que ce sera suffisant pour attirer les consommateurs?

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Eric

Sur papier

par Eric - lundi, 5 mai 2008 - 13:25 (Lectures, SF&F francophone, Écrire)

Quelques notes rapides:

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Laurine

Signal to Noise — Neil Gaiman & Dave McKean

par Laurine - jeudi, 24 avril 2008 - 18:57 (Arts visuels, Critiques, Lectures)

Signal to NoiseSi l’on veut faire l’historique de Signal to Noise, il faut mentionner que l’ouvrage est d’abord paru dans le magazine The Face sous forme de série qui a débuté en 1989. Il est ensuite devenu une BD romanesque chez Dark Horse Comics en 1992. Par la suite, l’histoire a été présentée sous deux formes, une émission de radio et une pièce de théâtre. Voilà pour la cuisine. Je ne m’étendrai pas sur la mention «New Edition» puisque je n’ai jamais vu, lu ou entendu la version d’origine.

Signal to Noise met habilement en parallèle deux histoires, celle d’un cinéaste en train de mourir du cancer et le film qu’il imagine dans sa tête faute de pouvoir le tourner. Ce film raconterait l’histoire d’un groupe de villageois européens à la fin de l’an 999, alors qu’on attendait l’Apocalypse qui devait marquer la fin du millénaire. Le cinéaste, lui, aurait souhaité vivre jusqu’à la fin de 1999 (nous sommes à Londres dix ans plus tôt) pour voir, justement, que la fin du monde n’existe toujours pas mille ans plus tard. D’après lui, il n’y a pas de Grande Apocalypse, juste une série sans fin de petites apocalypses personnelles.

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Christian

Science, on blogue! - Pascal Lapointe et Josée Nadia Drouin

par Christian - dimanche, 13 avril 2008 - 14:44 (Critiques, Lectures, Techno/sciences)

Couverture: Science on blogueIl aurait été impensable que Fractale Framboise ne discute pas du livre Science, on blogue!: Les ouvrages francophones sur les blogues sont rares; et ceux sur les blogues scientifiques se conjuguent vraisemblablement au singulier. Toujours est-il que l’excellente agence Science-Presse a vu un marché se chiffrant dans les centaines de lecteurs et a décidé de plonger : le résultat est un livre documentaire traitant des blogues portant sur la science. C’est une pub pour Science-Presse (et plus particulièrement pour leur site «Science, on blogue!»), c’est une introduction aux blogues, c’est un survol du domaine, c’est une célébration du scientifique-vulgarisateur, c’est un plaidoyer pour une science plus accessible au grand public et c’est une collection des meilleurs billets publié sur «Science, on blogue!» durant ses deux premières années. On y trouve même des mots de la plume de l’ami Mario Tessier.

À en croire l’organisation du livre, le livre s’adresse à ceux qui ont entendu parler des blogues scientifiques et qui veulent en savoir plus. La première partie, «Entrez dans la blogosphère!» s’aventure à expliquer le phénomène pour ceux qui n’y connaissent presque rien. Un premier chapitre sur «Pourquoi diable bloguer?» donne suite à un deuxième chapitre expliquant quelques notions élémentaires, puis à un survol de la courte histoire du blog scientifique jusqu’en 2007. Un quatrième chapitre disjoint explore la baladodiffusion avant d’attaquer les enjeux idéologiques soulevés par la diffusion d’information libre. Pour clore cette première section, le cinquième chapitre incite les lecteurs à bloguer en leur montrant quoi faire, puis explore le cas du site-parapluie «Science, on blogue».

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Laurine

Ysabel — Guy Gavriel Kay

par Laurine - dimanche, 30 mars 2008 - 17:49 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Ysabel Une petite curiosité dans l’univers de Kay, Ysabel se déroule à notre époque. À l’inverse de La Tapisserie de Fionavar, c’est le passé qui arrive dans le décor comme un touriste et chamboule le quotidien des protagonistes. Autre particularité, le héros est Ned Marriner, un jeune Montréalais de quinze ans, débrouillard avec l’électronique et jogger invétéré.

Ned vient passer quelques jours à Aix-en-Provence avec son père, qui est un photographe montréalais (coucou!) connu, et l’équipe hyperactive de celui-ci. Sur place, il fait la connaissance de Kate Wenger, une Américaine de son âge férue d’histoire. Les deux adolescents se trouvent par hasard mêlés à une histoire très ancienne impliquant — entre autres — des personnages de La Tapisserie de Fionavar. Ainsi, un trio de quasi-immortels s’incarnent de façon cyclique dans la région; les deux hommes doivent concourir pour la main de la belle, mais l’épreuve n’a rien d’un jeu, même qu’elle provoque le plus souvent des guerres et des tueries. Ned apprend peu à peu que le hasard n’a pas grand-chose à voir avec son implication dans cette vieille dispute, et que sa famille est directement concernée, à commencer par sa mère (qui est au Soudan avec Médecins sans frontières) et sa tante qu’il n’a jamais rencontrée.

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Eric

Notes de lecture - Rant

par Eric - samedi, 22 mars 2008 - 15:38 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

RantRant est un de ces ovnis littéraires auxquels j’aurais difficilement pu résister: un roman de science-fiction écrit par Chuck Palahniuk sous la forme d’une biographie orale. Comme tout le monde, j’ai découvert Palahniuk avec la version cinématographique de Fight Club. Depuis, j’ai dévoré Lullaby, Invisible Monsters, son recueil d’essais Stranger Than Fiction, ainsi que ses essais sur l’art d’écrire, publiés sur chuckpalahniuk.net dans le cadre d’un atelier d’écriture en ligne (je crois qu’il faut s’inscrire au site pour y accéder maintenant).

Le format. Qu’entend-on par “biographie orale”? Tout le texte de Rant est constitué d’extraits d’entrevues avec une variété de personnages liés de près ou de loin à feu Buster “Rant” Casey, noctambule amateur d’accidents véhiculaires, point d’origine d’une vaste épidémie de rage. On saute sans cesse d’un témoignage à l’autre, d’une voix à l’autre, en alternant discours de cinq pages et déclarations d’une phrase. Le format donne du rythme à l’ensemble et stimule le lecteur en offrant tout un casse-tête à assembler. Il n’y a pas de narrateur, ou il y en a cinquante-six, plutôt, chacun identifié par son lien avec Rant (anthropologue, ami d’enfance de Rant, pompier…).

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Laurine

Paint or Pixel — Jane Frank

par Laurine - mardi, 18 mars 2008 - 16:04 (Arts visuels, Critiques, Lectures, SF&F autre, Techno/sciences)

Paint or PixelL’illustration est une discipline un peu particulière de l’art. Son caractère ambigu vient peut-être du fait qu’on ne sait pas s’il faut la juger d’après sa fonction ou sa méthode de réalisation. Longtemps associée aux publications populaires (et donc commerciales), ce n’est que depuis récemment qu’on la considère comme une discipline artistique à part entière. Mais à peine a-t-elle gagné ses lettres de noblesse que l’illustration voit l’informatique chambouler la situation. Il semble que dans l’esprit de certains, l’utilisation de logiciels tels que Photoshop ou Painter menace l’aspect artistique de l’illustration.

Le recueil d’essais Paint or Pixel: The Digital Divide in Illustration Art, édité par Jane Frank, oppose les tenants des méthodes traditionnelles à ceux du numérique. Les arguments avancés révèlent d’une part l’ampleur d’un fossé générationel, mais ils mettent aussi en évidence l’inquiétude des artistes traditionnels qui voient le nombre de leurs contrats diminuer au profit d’artistes du numérique capables de répondre à une plus grande demande et en moins de temps. Selon Jane Frank dans son introduction, cette cassure serait plus évidente dans le domaine de la science-fiction et de la fantasy, ce qui est assez ironique quand on y pense. L’illustration a longtemps été snobée pour son approche résolument commerciale et populaire avant qu’on ne l’accepte en tant que discipline des beaux-arts. Aujourd’hui, le numérique remet encore une fois sa nature artistique en question, et ce, dans un domaine littéraire qui est justement snobé… parce que considéré comme une forme d’expression commerciale et populaire!

Je pourrais suggérer que cette perception négative envers la littérature SFF renforce le conservatisme du milieu des illustrateurs dans ce domaine (aux États-Unis peut-être), mais c’est une hypothèse de ma part.

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Eric

Gratis

par Eric - lundi, 10 mars 2008 - 21:58 (Lectures, Musique, SF&F autre, Techno/sciences)

Ce n’est plus une nouveauté quand un artiste décide de distribuer une oeuvre gratuitement par Internet. Il me semble tout de même remarquer une concentration inhabituelle de telles offres depuis quelques mois. Si vous cherchez de quoi lire (ou écouter):

  • Pour le septième anniversaire de son blogue, Neil Gaiman a tenu un sondage où il demandait à ses lecteurs lequel de ses livres devrait être offert gratuitement. Résultat: d’ici la fin du mois, vous pouvez lire American Gods en ligne sans payer un sou. Pas moyen de le télécharger, par contre. Jetez-y un coup d’oeil si vous ne l’avez pas déjà lu: c’est un bon roman bourré de mythologie et de découvertes.
  • Jeff Vandermeer lance une version électronique de son nouveau roman, The Situation, en même temps que la version papier. Ça promet; on a décrit le roman comme “Dilbert dans Gormenghast“. Vous trouverez le fichier au début de cette entrevue sur le site de Wired. (Je n’ai pas encore lu ce roman, mais j’ai apprécié le recueil City of Saints and Madmen où l’auteur donne vie à une métropole de fantasy étrange et bien étoffée tout en jouant avec la forme même de la fiction. Notons avec incrédulité que Vandermeer prépare un roman dans l’univers de Predator.)

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Eric

Encombrement

par Eric - jeudi, 6 mars 2008 - 14:32 (Lectures, Société)

Ma douce et moi voulons vendre son condo pour acheter une demeure plus spacieuse: une villa, un manoir, un petit château, nous ne sommes pas tout à fait décidés. Je scrute les annonces en cherchant des mots-clés comme “dépendances” ou “cachots” ou “cyclopéen” ou “unifamiliale accroupie sur la colline tel un roi dépravé, la tête couronnée de lourds nuages crachant la foudre”. Un petit nid d’amour sympathique, quoi.

Nous en sommes à l’étape d’embellir le condo pour le bénéfice d’acheteurs potentiels. Certaines revues appellent ceci du home staging et recommandent aux vendeurs de dépenser des milliers de dollars en rénovations dont ils n’auront pas le temps de savourer le résultat. Ma technique personnelle de home staging consiste surtout à dépaqueter les boîtes de livres que je n’avais pas encore ouvertes en emménageant ici. Les murs pleins de livres feront meilleure impression que des planchers pleins de boîtes.

Le processus n’est pas désagréable: j’ai l’impression de retrouver de vieux amis. Mes livres de contes, dont celui contenant l’histoire des têtes volantes que j’espérais adapter un jour. Mon exemplaire de A Dreamer’s Tales de Lord Dunsany, édition des années ‘20, qu’un antiquaire m’avait offert gratis parce qu’il avait oublié d’y écrire le prix. Mes ouvrages de référence ésotérique, dont The History of Hell et La sorcellerie au Québec du XVIIe au XIXe siècle, où l’on reproduit un article de la Gazette de Québec mettant en garde les lecteurs contre un loup-garou sévissant le long du fleuve. Un bel assortiment d’ouvrages de SFFCF auquel je tente d’ajouter des titres plus anciens ou obscurs. Je dois me retenir de tout feuilleter à mesure que je range.

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Laurine

Duma Key — Stephen King

par Laurine - dimanche, 24 février 2008 - 14:25 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Duma Key (cover) Toujours aussi prolifique malgré sa santé chancelante qui lui a déjà fait dire plus d’une fois qu’il n’écrirait plus autant, Stephen King récidive en 2008 avec Duma Key, un roman bien noir de 600 pages. Sans prétendre qu’il y a des ressemblances frappantes avec Lisey’s Story, je trouve que Duma Key reste dans la même veine, déjà parce que son protagoniste principal est un artiste maudit, et aussi parce que les personnes avec qui il se lie d’amitié sont capables de partager ses visions.

Le héros est un entrepreneur en construction dans la cinquantaine nommé Edgar Freemantle. Au cours d’une inspection de routine, il se fait écraser dans sa voiture par une grue. Edgar perd son bras droit et subit des dommages au cerveau: il devient partiellement amnésique et aphasique. Les crises de rage qu’il pique lors de sa convalescence terrorisent sa femme tant et si bien qu’elle le quitte. Edgar pense au suicide, mais son psychiatre lui suggère de changer de décor et de reprendre une activité qui l’a déjà intéressé autrefois, la peinture. Edgar s’installe donc à Duma Key, une île floridienne presque déserte, où il se lie d’amitié avec un ancien avocat (Wireman) et la dame âgée atteinte d’Alzheimer dont il s’occupe (Elizabeth Eastlake). Edgar se met à dessiner et à peindre avec une passion dévorante. Ses scènes sont de plus en plus inquiétantes et ont des répercussions dans le monde réel. La maison rose qu’il a louée pourrait amplifier cette connexion avec le paranormal. Plus étrange encore, l’enfance terrifiante de Mme Eastlake émerge et vient le hanter. Puis l’histoire sombre dans l’horreur quand la dame rouge se réveille et amène son navire des morts près de l’île.

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Laurine

Fables [2]

par Laurine - lundi, 18 février 2008 - 20:01 (Arts visuels, Critiques, Lectures, SF&F autre)

Fables: Animal FarmFables: Legends in Exile brossait à grands traits les principaux protagonistes de la série par l’entremise d’un whodunit des plus traditionnels. Ce numéro relié plantait aussi le décor de Fabletown, une extension de New York que les humains ordinaires (les mundanes) ne perçoivent pas. Mais Animal Farm propose déjà un récit plus disjoncté alors que le lecteur est amené à explorer l’autre moitié de la société des Fables, la Ferme, qui est sise sur un bout de terre éloigné et protégé par des enchantements. À cet endroit vivent les autres Fables, celles qui ne peuvent prendre une apparence humaine: les animaux, les lutins, les Liliputiens, etc.

Lors d’un voyage d’inspection à la Ferme, Blanche Neige et sa sœur Rose Rouge apprennent à leurs dépends que la révolte gronde. Un groupe de dissidents a décidé que le temps était venu de conquérir Fabletown avant de retourner dans leur monde d’origine pour abattre l’Adversaire, tout cela grâce à des armes humaines adaptées à leur physique. Quand je dis que le récit est disjoncté, vous devriez voir le pistolet automatique monté sur une coque: il est conçu pour être fixé sur le dos de la tortue et actionné par le lièvre!

La rébellion est menée par Boucles d’Or, maintenant devenue une adulte révolutionnaire armée jusqu’aux dents. Elle rappelle irrésistiblement les activistes devenus violents après avoir piqueté sans succès: les immenses lunettes d’intellectuelle allumée, les vêtements trop larges, les slogans appris par cœur. Elle qualifie ses camarades de «prolétaires» alors qu’ils ne travaillent pas (ce sont des animaux pour la plupart). Aucun sacrifice n’est trop grand pour la Cause, surtout celui des créatures qui se mettent en travers de son chemin. Même les Trois Ours s’inquiètent de sa santé mentale. Dans le fond, elle se fiche de la cause qu’elle épouse pourvu qu’elle puisse mettre en application tout le savoir qu’elle a accumulé à partir de ses lectures qu’elle a clairement mal comprises. S’il n’y a pas d’opprimés à défendre par les armes, elle va s’en inventer de toutes pièces. Le personnage est génial.

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Laurine

Harry Potter et les Reliques de la Mort

par Laurine - dimanche, 10 février 2008 - 17:07 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Harry Potter et les Reliques de la Mort Je suis certaine que ce n’est pas sans regret que les lecteurs ont refermé le dernier volume de cette série qui a marqué la littérature jeunesse (que cela vous plaise ou non). Pour une histoire conforme à tous les canons du genre et qui s’adresse de surcroît à un jeune public, elle aura procuré des heures de divertissement aux adultes par ricochet. Et ceux qui froncent les sourcils à l’idée que des gens de mon âge ne devraient pas perdre leur temps avec des contes pour enfants, je leur dis «Pah!».

Dois-je préciser que ceux qui n’ont pas lu le dernier tome devraient s’abstenir de lire la suite de ce billet?

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