Fractale Framboise

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Éric

Après tout ce temps…

par Éric - dimanche, 21 septembre 2008 - 0:15 (Plogues, SF&F francophone, Écrire)

Mon roman Une fêlure au flanc du monde est maintenant doté d’une couverture et d’une date de parution: le 23 octobre. Vous pouvez dès maintenant en lire quelques extraits.

J’en suis ravi, vous vous en douterez bien. Légèrement effaré, aussi. Je crois que c’est l’accélération qui me surprend. J’ai mis longtemps à rêvasser à ce roman, à rassembler mes idées, à faire des recherches, à écrire, puis ré-écrire, puis réviser encore et encore. C’était un processus ardu mais sans hâte: il s’agissait de bien faire, sans date de tombée. Depuis quelques semaines, par contre, tout se bouscule. Les dernières corrections, la relecture de la maquette finale, les préparatifs en vue de la promotion, tout semble de plus en plus pressant. Le rythme change du tout au tout: on passe de la randonnée au sprint.

Il y aura encore beaucoup à annoncer: lancement(s), présences au divers Salons du livre, entrevues, etc. Je ne viendrai pas tout signaler ici à chaque fois et encombrer ce blogue de contenu promotionnel. Si vous voulez suivre de près la sortie du livre et ses retombées, je vous invite à consulter le site du roman (pour vous tenir au courant de toutes mes activités, vous pouvez aussi vous abonner à ma liste d’envoi ou mon fil RSS). Peut-être mes aventures aux Salons du livre mériteront-elles d’être chroniquées ici pour votre amusement (Michèle Laframboise a bien su en tirer un livre).

Merci pour votre intérêt et votre appui jusqu’ici, et merci pour votre patience aussi; tout ce travail me laisse peu de temps pour bloguer, mais soyez certains que je ne vous oublie pas.

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Éric

Du nouveau dans le web littéraire

par Éric - jeudi, 12 juin 2008 - 23:05 (Lectures, SF&F francophone, Écrire)

Quelques rénovations, refontes et inaugurations à signaler:

livresquebecois.com: Les Librairies indépendantes du Québec (LIQ) lançaient il y a quelque temps un nouveau portail. C’est essentiellement un site transactionnel où l’on peut commander des livres d’éditeurs québécois. Un aspect intéressant: si je comprends bien, au moment de passer la commande, on peut choisir à quel libraire indépendant sera attribuée la vente. On y offre de plus une section Magazine qui semble offrir des articles du journal Le libraire, lui aussi produit par les LIQ. Présentement, le site se démarque tout de même peu d’Amazon.ca et des boutiques en ligne d’Archambault et de Renaud-Bray. Il offre au moins une alternative indépendante et résolument axée sur l’édition québécoise, mais est-ce que ce sera suffisant pour attirer les consommateurs?

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Éric

Les écrits s’envolent

par Éric - mardi, 27 mai 2008 - 12:33 (Écrire)

Le cambrioleur s’est introduit chez nous une semaine avant Noël, pendant que ma douce et moi étions au cinéma, plongés dans L’âge des ténèbres. Ce que le cambrioleur nous a volé: un ordinateur portable, un écran plat, et mon sac à dos pour transporter le tout. Pour faire de la place dans le sac, il en a d’abord vidé la moitié du contenu sur le plancher. Il a emporté l’autre moitié - y compris mon cahier d’écriture.

Notre compagnie d’assurances ne remplacera pas le cahier. Enfin, si: ils m’en ont payé un vierge.[1] Je leur ai suggéré qu’ils pourraient payer un écrivain pour me le remplir, ce cahier. On m’a ri au nez.

Je compose donc ce billet dans mon nouveau cahier. C’est le onzième d’une série. Je l’ai débutée, cette série, avec l’épais grimoire noir qu’un ami m’a donné la veille de notre expédition en Europe. C’était censé être un cahier d’esquisses, mais c’est surtout devenu un cahier d’écriture. Je l’ai rempli, et plusieurs autres ensuite, de divers formats. Dans ces cahiers, j’écris tout et rien. Des contes et des nouvelles, des idées crues, des séances de remue-méninges, des billets pour ce blogue, des notes de voyage, des ébauches de personnages… Je les conserve tous, paginés et indexés. On ne sait jamais quand le matériel pourra servir.

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Éric

Encore Boréal

par Éric - mardi, 20 mai 2008 - 8:14 (Congrès Boréal, Montréal et environs, SF&F autre, SF&F francophone, Écrire)

Ce qu’il me reste du congrès, une semaine plus tard:

Échecs: Michael Swanwick, comparant l’un de ses romans à Neuromancer de William Gibson: “Je voulais écrire un bon roman; Gibson voulait révolutionner la science-fiction toute entière. Il a échoué, mais son échec était bien plus intéressant que mon succès.” Je paraphrase horriblement ici (corrigez-moi, quelqu’un!), mais c’est un bon rappel qu’il vaut mieux viser haut. (Dans son ensemble, le panel sur “How to avoid being a third artist” était fort intéressant: difficile de faire autrement avec Swanwick, Jo Walton, James Morrow et David Hartwell côte à côte.)

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Éric

Sur papier

par Éric - lundi, 5 mai 2008 - 13:25 (Lectures, SF&F francophone, Écrire)

Quelques notes rapides:

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Éric

L’état de la machine

par Éric - lundi, 7 janvier 2008 - 19:20 (Plogues, Écrire)

Et ça continue. Les rouages de l’écriture sont de ces mécaniques qui se portent mieux quand on s’en sert souvent; l’oisiveté les rouille et les encrasse. J’ai peu écrit durant les Fêtes. De retour de mon expédition abitibienne du nouvel an, je remets la machine en marche. Il y a fort à faire. Pour ceux que ça intéresse, voici la vue d’ensemble.

Mon premier roman, c’est confirmé, paraîtra cet automne. Au plus tard, il sera prêt pour le Salon du livre de Montréal. Il s’intitule toujours Une fêlure au flanc du monde, mais ça peut changer si je trouve quelque chose de plus vendeur (Malick et la mystérieuse menace maléfique, ou The Harry Potter Code, ou Vos paupières sont lourdes et dès que vous aurez fini de lire ce titre vous vous sentirez obligé d’acheter ce livre). J’ai hâte de voir comment sera reçue cette drôle d’histoire et son protagoniste que je me suis tant amusé à écrire, ce curieux aventurier de l’occulte, ce Carnacki ou Constantine à cinq cennes, ce magicien autoproclamé qui a rarement le luxe de savoir s’il a raison. D’ici la publication, je dois entreprendre une autre phase de révision. Cette fois-ci, il s’agit surtout de corriger de petites invraisemblances, de retoucher les niveaux de langue, de voir à ce que certains passages coulent mieux, et ainsi de suite. Bon, et il y a un chapitre qui ne cadre pas. Rien de grave: en réglant ce problème de structure, je devrais aussi arriver à mieux justifier une décision de personnage qui manquait d’aplomb à mon goût.

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Éric

Réadaptation d’un squelette

par Éric - lundi, 5 novembre 2007 - 1:07 (SF&F francophone, Écrire)

Je la conterai sans doute encore, cette histoire; si vous préférez l’entendre un jour sans connaissances préalables, il vaut mieux que vous ne lisiez pas ce billet. Mais si le métier de conteur vous intéresse et si vous voulez savoir comment j’adapte une vieille histoire pour la conter, alors continuez…

Un homme ivre rentre chez lui la nuit après avoir bien arrosé, avec quelques amis, son mariage imminent. En chemin, il sursaute en apercevant un squelette: celui d’un condamné pendu à la merci des corbeaux, laissé là en guise d’exemple. Le squelette fait déjà partie du paysage mais le futur marié déteste le voir là, surtout cette nuit-là: il insulte la dépouille, la malmène et, par dérision, l’invite à ses noces.

Vous avez bien une idée de ce qui peut arriver ensuite…

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Éric

Scénario P14

par Éric - jeudi, 4 octobre 2007 - 0:35 (Plogues, Écrire)

Les éditions Triptyque, qui célèbrent leurs trente ans, lançaient ce mercredi soir leur cuvée de l’automne, incluant le numéro 114 de la revue Moebius. Au sommaire de ce spécial “Sécurité et surveillance” se trouve ma dernière nouvelle, intitulée “Scénario P14″.

C’est un texte atypique pour moi: l’histoire est composée en grande partie de dialogue, et la majeure partie de l’action consiste en une discussion entre deux amis dans un restaurant. Ce n’est pas de la littérature de genre — bien que ça aurait pu en devenir. Le concept central de la nouvelle m’est venu assez subitement: j’ai dû me lever en pleine nuit pour l’écrire. L’un des deux personnages principaux est apparu presque entier à ce moment-là. Ce qui était intéressant par la suite, c’était de développer l’autre personnage pour qu’il serve bien l’histoire, puis voir où cette histoire voulait aboutir. Pour une fois, j’ai mis en oeuvre une suggestion d’Élisabeth Vonarburg et j’ai testé plusieurs modes de narration avant de débuter: première personne, troisième personne, en utilisant comme point de vue l’un ou l’autre des deux amis, ou même une tierce personne épiant leur conversation à partir de la table voisine. L’exercice en vaut la peine.

Quant au résultat… procurez-vous la revue et jugez par vous-mêmes. Je vous offre tout de même un extrait pour vous ouvrir l’appétit:

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Éric

Le premier roman

par Éric - jeudi, 30 août 2007 - 14:18 (Écrire)

La nouvelle demande à être partagée, alors voici: mon premier roman sera publié. Une fêlure au flanc du monde (titre provisoire) a enfin trouvé sa place parmi les publications à venir des éditions Alire (voir le lien au bas de la page d’accueil).

Il est trop tôt pour annoncer une date de publication: je ne sais pas encore ce qu’on me demandera comme travail de révision. En attendant de m’y mettre, je travaille sur d’autres projets. J’ai écrit beaucoup de fiction cet été, ce qui explique un peu, sans l’excuser, ma faible présence sur ce blogue. Mais puisque j’en suis à bloguer en ce moment, aussi bien en profiter pour parler écriture. J’aurai beaucoup appris de ce premier roman – et ce n’est pas fini, j’imagine.

Brèves impressions sur l’écriture du roman, donc:

C’est long. Il faut dire que j’ai commencé à envisager ce roman il y a longtemps, comme on envisage de visiter l’Europe: je voulais le faire un jour mais je sentais que je n’en avais pas encore les moyens. J’accumulais des notes. Au début 1998, je faisais déjà des essais de narration et des esquisses de personnages. Il a fallu encore des années avant que je m’attaque à l’écriture du premier jet. Du travail plus intensif, mais un effort de longue haleine tout de même. Certains font vite; je n’y arrive pas encore.

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Éric

L’insoutenable bizarrerie du virtuel

par Éric - samedi, 21 juillet 2007 - 13:41 (Insolite, SF&F autre, Techno/sciences, Écrire)

Charles Stross décortique un article au sujet d’une nouvelle pratique publicitaire dans un jeu en ligne. C’est fascinant de réaliser à quel point la technologie (et le désir de profit, dans ce cas-ci) crée des phénomènes de plus en plus étranges, pointus, et difficiles à comprendre pour quiconque n’y participe pas. Le redoutable Warren Ellis[1] explore de tels phénomènes régulièrement dans ses Second Life Sketches, des croquis d’un monde virtuel de plus en plus populaire. J’ai l’impressions que de tels mondes regorgent de possibilités d’histoires de science-fiction presque impossibles à écrire de par leur densité de concepts. Peut-on envisager, par exemple, qu’un monde virtuel acquière une population significative de gens qui y vivent 24 heures sur 24? S’ils le font assez longtemps, ces reclus du virtuel resteraient-ils capables de communiquer avec ceux qui vivent dans le monde réel, ou est-ce que leur culture dériverait au point où elle en deviendrait incompréhensible de l’extérieur? Pour écrire l’histoire de tels reclus, de l’intérieur et de manière réaliste, il faudrait non seulement étoffer leur culture comme on peut le faire pour une race extra-terrestre, mais en même temps en faire une extrapolation possible de la culture humaine, et tenir compte de la vitesse avec laquelle les idées se propagent et sont concrétisées dans le monde virtuel.

J’exagère peut-être la difficulté. Il est vrai que des oeuvres comme Down and Out In the Magic Kingdom appliquent une telle vivacité technologique au monde réel et matériel de façon plutôt satisfaisante. Je ne sais plus si j’ai déjà lu une oeuvre qui pousse très loin dans le virtuel, par contre.

Et qu’en est-il de votre réalité? Y en a-t-il parmi vous qui habitent déjà de tels mondes à temps partiel?

[1] Notons en passant que Warren Ellis, connu surtout comme auteur de comic books, vient d’écrire un premier roman. Il en offre le premier chapitre en ligne. C’est du pur Ellis: sordide, bizarre, un peu ordinaire d’abord pour quiconque l’a déjà beaucoup lu, mais ça atteint une espèce de poésie scatologique quand débarque un personnage important et inquiétant.

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Éric

Boréal 2007: quelques points saillants

par Éric - lundi, 7 mai 2007 - 20:03 (Congrès Boréal, SF&F autre, SF&F francophone, Écrire)

Le congrès Boréal, cette année encore, a passé trop vite. J’ai manqué certains des meilleurs événements au programme, semble-t-il, et je n’ai eu que la moitié des conversations que j’aurais aimé avoir. J’aurai somme toute peu profité de la Convention nationale française qui s’ajoutait cette année au congrès. J’ai bien attrapé quelques anecdotes savoureuses et écouté les Français sur quelques panels, mais j’ai eu peu de temps pour découvrir les nouveaux visages. Difficile de bien socialiser tout en profitant à fond du programme bien étoffé. Cela dit, l’espace consacré à la Convention se prêtait bien aux rencontres et discussions (l’approche française étant plus sociale, semble-t-il) et ce serait intéressant d’encourager cet aspect l’an prochain.

Vite fait, bien fait, ou les deux?: Le samedi matin, je me suis précipité pour attraper la discussion sur la vitesse d’écriture. C’est un sujet qui me tracasse depuis quelque temps: comment maintenir un bon rythme de production sans sacrifier la qualité? J’en suis ressorti avec une réponse toute prévisible: il n’y a pas de secret, pas de formule magique, et la vitesse dépend de chacun. Certains sont naturellement doués, à commencer par l’un des participants, Alain Le Bussy, auteur d’une quarantaine de romans, “l’homme qui écrit plus vite que son ombre”. Quelle place accorde-t-il à la préparation de chaque roman? Très peu: c’est tout juste s’il se donne vingt-quatre heures de répit entre un roman et l’autre, et il profite de ce temps pour écrire une nouvelle. Il se relit peu, car c’est l’énergie du moment qui lui réussit. Ainsi qu’il a pu le constater, les romans qu’il retravaille vendent moins que ses romans “spontanés”.

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Laurine

Entrevue avec Michel J. Lévesque

par Laurine - mardi, 10 avril 2007 - 16:00 (SF&F francophone, Écrire)

Arielle Queen 1Pour souligner la sortie de la série «Arielle Queen» de Michel J. Lévesque, Fractale framboise vous propose une entrevue avec l’auteur.

1. Arielle Queen, est-ce une idée qui te trotte dans la tête depuis longtemps? De quoi t’es-tu inspiré pour élaborer ce personnage fantastique et son univers?

Le personnage d’Arielle Queen existe depuis plusieurs d’années dans ma tête, et sur quelques feuilles manuscrites. Mais c’est son histoire «future» qui occupait davantage mes pensées, jusqu’à ce que je me décide à lui inventer un passé — mais surtout, une enfance et une adolescence —, aux fins de cette nouvelle série jeunesse.

De quoi je m’inspire? Simple: Je suis friand de séries télé américaines, telles que Oz, Lost, 24, Prison Break et Battlestar Galactica. Pourquoi? Pour le rythme. J’aime les histoires intelligentes, mais aussi celles qui ont du jus et qui en jettent! Pour Arielle, je me suis surtout inspiré de séries pour adolescents, comme Roswell, par exemple, ainsi que Smallville, The O.C., Buffy The Vampire Slayer, Dark Angel, etc. Je n’ai pas la prétention de refaire le genre, mais plutôt de lui donner une saveur et une texture différente. La série met donc en vedette des ados qui sont aux prises non seulement avec les «Forces du Mal», mais aussi avec leurs propres démons. Ils connaîtront leurs premiers amours, ainsi que leurs premières déceptions. Ils devront apprendre à se côtoyer, à travailler en équipe, pour le bien commun. Ils formeront leur caractère, découvriront leurs valeurs, et devront, éventuellement, choisir entre le bien et le mal.

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Éric

“Nadia rencontre”

par Éric - lundi, 9 avril 2007 - 18:47 (Plogues, SF&F francophone, Écrire)

Solaris 162Le moment est arrivé: ce moment que vous attendiez tous… bon, que moi j’attendais, à tout le moins. Une nouvelle signée Gauthier dans le nouveau numéro de la revue Solaris. Une nouvelle nouvelle, toute fraîche, qui n’attend que vos yeux. Elle commence ainsi:

Nadia, insomniaque depuis toujours, luttait maintenant contre le sommeil. D’ordinaire, elle détestait le trop-calme de la nuit, plus prononcé encore dans cette petite ville, si bien que la maison s’en trouvait encerclée. Depuis quelques jours, pourtant, elle y prêtait moins attention. Tout chaud contre elle dans le lit : Jean-Pierre. Elle l’observait à la dérobée, comme si un regard trop insistant avait pu le réveiller, lui qui dormait si profond. Elle lui reprochait en silence ces trésors de sommeil bienheureux qu’il étalait sans vergogne devant elle. Elle avait envie de le pincer, parfois. À cette idée, il lui vint un sourire dans le noir ; discrète et éphémère créature, aussitôt disparue.

Jean-Pierre tourna sa tête ébouriffée, esquissa en l’air un geste vague. Son bras retomba sans bruit. Ses lèvres remuèrent et Nadia retint son souffle : sa nouvelle émission favorite allait commencer.

De jour, Jean-Pierre anime une émission matinale à la radio. Depuis quelque temps, il anime aussi dans son sommeil une émission bien plus étrange…

Je me suis amusé à écrire cet histoire. L’un des personnages en particulier est vite devenu un de mes favoris: Dalgo le Pernicieux, conquérant des Monts inversés. Dalgo parle de lui-même à la troisième personne. Dalgo veut votre corps. Vous découvrirez bien pourquoi. Le numéro dans son ensemble promet: sur le thème de l’au-delà (au sens large), on y offre aussi des nouvelles de Cédric Chaillol, Raymond Dumoulin, Mathieu Fortin et Jean-Louis Trudel, sans compter le volet critique bien étoffé. N’oubliez pas que la revue comporte un volet en ligne (en bas de page) dans lequel on peut lire entre autres des critiques de films écrites par mon très distingué confrère.

J’en ai plus long à dire, mais je ne veux pas gâcher votre lecture en vous en révélant trop. N’allez pas plus loin tant que vous n’aurez pas lu la nouvelle, ça sera mieux ainsi.

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Éric

Frappez ce clavier

par Éric - vendredi, 5 janvier 2007 - 15:44 (Techno/sciences, Écrire)

On the RoadJ’écris ce billet malgré mon ordinateur. J’espère que le vôtre vous laissera le lire.

J’aime écrire à l’ordinateur, pourtant. Quand je m’y plonge, les yeux rivés sur l’écran, j’en oublie le clavier. On pourrait croire alors à une communication télépathique avec la machine: je pense les mots et ils apparaissent à l’écran, tous bien formés dans une police de caractères noble qui donne à l’idée la plus bête une aura de légitimité. Chaque lettre naît complète. Sur papier, il faut les tracer chacune avec ses hauts et ses bas, ses boucles et ses retours en arrière. Chaque mot est un trajet, et le résultat devient illisible si on tente d’aller trop vite. C’est plus brouillon, plus salissant parfois, et qui de nos jours oserait écrire un roman entier sans l’aide d’un clavier et de ce serviteur magique que l’on nomme “Undo”?

D’accord, l’ordinateur manque de romantisme. La plume est bien plus élégante. Le papier a une valeur en tant qu’objet: un manuscrit témoigne des hésitations de l’auteur, de sa sueur et son sang (figurativement parlant, dans la plupart des cas). Même dactylographié, celui de On the Road de Jack Kerouac est devenu un objet mythique, un long parchemin écrit avec une rare spontanéité et soumis tel quel à l’éditeur. Avant l’ère Xerox, un manuscrit était unique: on pouvait le brûler pour en tirer de jolies flammes et un soupçon de drame. Le papier a toujours fait un bon sujet d’anecdote, qu’il s’agisse de l’écriture-miroir des cahiers de Léonard de Vinci ou du manuscrit de Carrie secouru de la poubelle par Tabitha King, épouse d’un certain Stephen. Les écrivains d’aujourd’hui laissent moins de traces concrètes. Verra-t-on un fichier Word exposé dans un musée? La postérité retiendra-t-elle les fonds d’écran d’Elisabeth Vonarburg[1]?

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Éric

Sur un air de science-fiction

par Éric - dimanche, 24 septembre 2006 - 1:10 (Musique, SF&F autre, SF&F francophone, Écrire)

Les Modal NodesJ’aime écouter du jazz en écrivant. Du bon vieux jazz des années ‘50 et ‘60, surtout: énergique, audacieux, calculé et improvisé par des héroïnomanes géniaux. Comme il n’y a pas de paroles, ça n’interfère pas avec mes centres du langage, et en plus je peux marteler mon clavier en me prenant pour McCoy Tyner.

Souvent, c’est de la science-fiction que j’écris. Je le fais en sachant bien que peu de gens en lisent. On peut se demander ce qui pourrait être fait pour populariser la SF, pour qu’elle cesse d’intimider ou de repousser le lecteur moyen. Or, j’ai tendance à penser qu’il n’y a rien à faire: la SF est comme le jazz.

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