Altered Carbon

Altered Carbon
Netflix doit nager dans l’or, car ses productions gagnent en qualité et en somptuosité. Sa dernière série de science-fiction, Altered Carbon, nous présente une histoire inhabituellement compétente dans le genre cyberpunk sous forme de 10 épisodes d’une heure. Le concept se base sur le roman éponyme de Richard Morgan (Carbone modifié, en français); comme celui-ci s’inscrit dans une trilogie (avec Broken Angels et Woken Furies), nous aurons peut-être encore droit à deux saisons de plus. Je le souhaite, en tout cas!

Si je me fie au résumé du roman sur Wikipédia, la série a pris quelques libertés avec les antécédents des personnages, mais conserve néanmoins l’essence du premier roman. Dans un futur indéterminé, la découverte d’une technologie extraterrestre permet à l’humanité de faire le grand saut vers le transhumanisme. La conscience est maintenant téléchargée dans un disque greffé sur la nuque dès l’enfance. À la mort d’une personne, son disque peut être fixé sur un nouveau corps humain appelé « enveloppe ». En théorie, le processus pourrait être répété indéfiniment, assurant l’immortalité à tous. Cependant, un trop grand nombre de transferts dans une nouvelle apparence provoque à la longue une forme de psychose. Il y a deux exceptions : les individus ayant reçu un entraînement mental spécial pour devenir aptes à évoluer dans tout corps et tout environnement; et les très riches, qui peuvent se payer des clones et des copies de sauvegarde de leur conscience. Il en résulte une société régie par une classe d’immortels, les Math (pour Mathusalem), et hautement militarisée.

À noter, les catholiques font bande à part. Persuadés que l’âme ne peut aller au Paradis tant que la conscience est enveloppée, ils refusent que leur disque soit greffé à nouveau à leur mort. Ils deviennent ainsi une proie facile pour les meurtriers, car leur religion interdit que leur disque soit réactivé pour permettre à une victime d’être interrogée.

Takeshi Kovacs est un ex-Envoy (un corps diplomatique dans le roman, mais une cellule terroriste dans la série) que l’on réanime dans l’enveloppe d’un policier, Elyas Ryker, condamné à la suspension pour meurtre. Il est chargé par le richissime Laurens Bancroft de résoudre l’assassinat de ce dernier : Bancroft a été abattu quelques minutes avant la sauvegarde de sa conscience, si bien qu’il lui manque 48 heures. S’il résout l’affaire, Kovacs obtiendra beaucoup d’argent et un pardon total. En fait, plusieurs mystères s’entrelacent et semblent être liés d’une façon ou d’une autre à la mort de Bancroft : le corps tombé du ciel d’une prostituée, le crime présumé d’Elyas Ryker, la présence d’un espion caméléon, la main invisible qui régit une partie du crime organisé. Pour ces différentes raisons, Kovacs a à ses trousses Kristin Ortega, lieutenante de Bay City et copine du policier Ryker, et aussi Dimitri Kadmin, tueur à gages tenace qui a la fâcheuse tactique de se copier dans différentes enveloppes.

Comme le veut l’air du temps, certaines scènes sont violentes et crues. On avait l’habitude de se tourner vers HBO pour ce genre de divertissement, et Netflix semble avoir l’intention de lui voler la place. Nous avons droit à un épisode presque entièrement dédié à la torture virtuelle de Kovacs, qui se fait découper en rondelles, puis réanimer pour recommencer. Les conséquences, lorsque le héros se libère de la construction, sont très satisfaisantes pour le spectateur, mais salissantes aussi. L’univers d’Altered Carbon en est un de décadence et de cynisme extrême, le produit de facteurs sociaux clés : la séparation totale d’une poignée de riches vivant littéralement dans les nuages pour ne pas voir les masses au sol, et le rejet du corps comme étant une nécessité absolue. Il en résulte toutes sortes de trafics dégoûtants, comme des bordels où le meurtre des prostitués volontaires (moyennant une nouvelle enveloppe) est permis.

L’aspect visuel n’est pas à négliger avec les avancées du CGI. Tant les scènes urbaines, virtuelles et naturelles rivalisent en qualité avec celle des productions sur grand écran. (Et on peut régler le volume à sa satisfaction au lieu de subir la tonitruance absurde des salles de cinéma.)

La première saison se conclut lorsque Kovacs finit par mettre en lumière les circonstances de la mort de Bancroft, mais l’histoire ne se termine pas pour autant. Le héros a des pistes à suivre, des mystères personnels à élucider, lui qui a été mis sur la glace pendant des décennies. Comme il rend son enveloppe à son propriétaire d’origine, j’en déduis que la saison 2 aura un nouvel acteur dans le rôle principal. Déjà qu’ici, il faut s’habituer à ses différentes apparences (asiatique/caucasienne) au fil des flash-backs. Étrange concept!

Mais quelle série… Ne la manquez pas.

Altered Carbon
 
Altered Carbon
 
Altered Carbon
 
Altered Carbon
 
Altered Carbon
 
Altered Carbon

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié ni communiqué.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes: <b> <i> <a href=""> <blockquote>
Si ce n'est pas déjà fait, veuillez prendre connaissance de nos politiques.

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.
  • Derniers commentaires

  • Derniers billets

  • Archives par date

  • Archives par sujet