Stranger Things — Saison 2

Stranger Things 2La deuxième saison reprend quelques jours après la finale de la précédente. Secouru du Monde à l’envers, le jeune Will Byers a retrouvé sa mère Joyce, son grand frère Jonathan et sa bande d’irréductibles amis, c’est-à-dire Mike, Dustin et Lucas. De Onze, l’adolescente psychokinétique issue des expériences du Dr Martin Brenner, il ne reste plus trace depuis son spectaculaire affrontement avec le monstre échappé de la dimension obscure ouverte par les activités du Laboratoire National de Hawkins. Le shérif Jim Hopper, quant à lui, fait des pieds et des mains pour que la communauté n’apprenne rien des événements qui ont failli semer la destruction à grande échelle.

Mais les choses sont-elles vraiment revenues à la normale à Hawkins en Indiana? Officiellement, le Dr Brenner et son équipe ont été décimés, mais le complexe gouvernemental n’a pas mis fin à son travail pour autant. La distorsion spatio-temporelle existe toujours, avec en prime une fissure donnant sur le Monde à l’envers d’où s’échappent des émanations qu’il faut constamment surveiller. Will Byers est tourmenté par un lien psychique avec cette dimension, et il est progressivement possédé par un monstre lovecraftien fait d’ombre et de fumée qui tente de s’introduire dans l’univers des humains. Onze n’a pas réellement disparu non plus : elle est cachée par le shérif dans une cabine au fond des bois pour éviter que le gouvernement ne la capture. Sa vie cloîtrée ne lui convenant pas, Onze a tôt fait de prendre la poudre d’escampette pour en apprendre plus sur sa mère biologique, une victime du programme MK-Ultra. De leur côté, Dustin et Lucas font connaissance de Max, une nouvelle venue à l’école, qui finit par se joindre à la bande pour traquer un curieux amphibien mutant issu du Monde à l’envers. Enfin, Nancy (la grande sœur de Mike) s’allie à Jonathan dans le but de faire tomber le Laboratoire National de Hawkins, responsable de la mort de sa meilleure amie.

Il se déroule beaucoup, beaucoup de choses en l’espace de neuf épisodes. Oubliez les longueurs, car les rebondissements et les révélations n’attendent pas. Et c’est justement à travers ces multiples intrigues et les affrontements avec diverses incarnations du Mal que les personnages sont le mieux campés, sans dialogues interminables pour expliquer leurs états d’âme. Ça va de la méfiance de Mike à accueillir Max dans leur groupe depuis qu’il a perdu Onze (qu’il avait acceptée malgré la réticence de ces mêmes amis qui se sont entichés de Max) à la totale ineptie de son père, le légume social par excellence qui ne comprend rien à ce qui se passe autour de lui. Et comme dans les romans de Stephen King, nous avons la brute locale, cette fois Billy Hargrove (le grand frère de Max) avec ses crises de colère terrifiantes. Au milieu de ces tiraillements, l’amitié entre les jeunes héros reste intacte face aux traumatismes et aux épreuves; c’est avec les adultes qu’ils doivent faire des efforts pour établir des liens de confiance.

Les années 80 sont toujours aussi bien rendues et pas seulement avec la trame sonore qui reprend des succès de l’époque (dont « Time after Time » de Cyndi Lauper, qui joue évidemment au bal d’hiver, ce slow incontournable pour les tweens qui apprennent à danser sans se marcher sur les pieds). Détail discret, mais important, il y a peu de familles monoparentales, à part celle de Will — et encore, sa mère Joyce a un nouveau petit ami joué par Sean Astin, l’un des héros des Goonies (une autre influence sur la série). Les bagnoles sont immenses, le papier peint brun déprime est omniprésent, les carpettes ont légalement le droit de recouvrir les planchers mur à mur, et les coupes de cheveux comme la nuque longue de Billy ou le bol inversé de Will font souffrir intérieurement. Mike, Will, Dustin et Lucas, maintenant en âge de s’intéresser aux filles, ne laissent pas tomber pour autant leur amour des parties de Donjons et Dragons. On rigole aussi de les voir déguisés en Ghostbusters à l’Halloween! Notez enfin le look de l’affiche, qui reprend encore une fois le traitement dessiné qui a fait la gloire d’artistes comme Drew Struzan.

Stranger Things, c’est comme un roman de King moins les pages de remplissage. Le succès de la série est indéniable et sa qualité se maintient. D’après l’Internet Movie Database, quatre saisons sont prévues, ce qui promet un nouveau battage publicitaire l’automne prochain.

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