Sombres surprises

Qui sait ce qui vous attend au tournant, ou derrière la porte, ou sous le lit? Ici, au moins, une chose est sûre: chaque année, à la mi-octobre, nous hissons les citrouilles et vous offrons un espace où aérer vos angoisses. Nous vous invitons à partager, dans les commentaires de ce billet, de courtes fictions effrayantes d’exactement 31 mots chacune: pas un mot de plus, pas un mot de moins.

Faites-nous frissonner l’espace d’un instant (ou faites-nous rire tout en restant dans l’esprit de la saison… ou visez le rire et le frisson simultanés). Mettez vos amis au défi! Vous avez jusqu’au Jour des Morts pour partager vos meilleures horreurs. Si l’inspiration tarde à venir, jetez un coup d’oeil aux surprises apportées par nos lecteurs et nous-mêmes lors des années précédentes.

(Si vous ne voyez pas encore les couleurs automnales, rafraîchissez la page. S’il manque des images carrément, écrivez-moi SVP.)

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32 Commentaires

  1. [Et puisqu’il faut bien ouvrir le bal…]

    Écrire à quatre mains est plus ardu qu’il se l’était imaginé. Et la paire supplémentaire se décompose, faut souvent s’en procurer une nouvelle. Enfin. Pour Berthold, c’est le prix de l’inspiration.

  2. Nicolas Arseneault

    [Aucune idée à savoir si les mots précédés de s’ ou de l’ comptent pour un ou deux mots…]

    Mais continuons le bal…

    Allongé sur le dos, son briquet allait s’éteindre. Les échardes s’amassaient sous ses ongles. Pris de panique, respirant l’air terreux, il continuait a gratter le couvercle de bois. Il allait mourir.

  3. Un craquement celui d’un cartilage. Je bloque. Un bruit sourd, un corps qui tombe. « Et toi ma belle …. » une voix d’homme. “Pas celle -là , idiot !”, beugle son collègue : C’est le coq !

  4. Des rumeurs d’un crash bancaire circulaient depuis des mois. Lorsqu’il frappa enfin, le système financier s’effondra à travers le monde. Les édifices tombèrent en poussière et leur personnel disparut avec eux.

  5. Ses pattes d’acier libérées du béton, le bâtiment fit un pas hésitant, puis un autre plus assuré. Bientôt, le Stade olympique traversait Montréal allègrement en semant la destruction sur son passage.

  6. Un raclement dans une ruelle : une plaque d’égout est repoussée. Une main écailleuse émerge de la noirceur, ses griffes produisant un bruit sec lorsqu’elle tâtonne prudemment les abords de l’ouverture.

  7. JV Rochefort

    Sa main pend inerte.
    Avec se regard vide
    Et cette peau ivoire.
    Mes désires sont avide,
    je me sent a la foire.
    Je m’empresse avant qu’on donne l’alerte.

  8. Stéphanie

    Ou suis-je?
    C’est la nuit
    La lune est la,
    Le ciel est voilé
    je suis a genou
    mes mains sont sales
    je suis dans un cimetiere
    couvert de terre…

  9. Alice Bée

    La flamme menace de s’éteindre au moindre faux pas. Je ralentis. Seul mon souffle court. Il y a cette porte au loin – ou est-ce une fenêtre? – qui rapetisse à mesure que j’avance vers elle. Ce n’est qu’un trou dans une paroi huileuse. J’approche le bout d’un doigt. Mon cœur y bat, puis se tait.

  10. Alice B

    La flamme menace de s’éteindre. Je ralentis. Mon souffle court. Il y a une porte au loin. Elle rapetisse quand j’avance. C’est un trou. J’approche le doigt. Mon cœur bat, puis

  11. Sébastien Chartrand

    Ils me dévisagent, m’accusent.
    « C’était trop tentant ! » hurlai-je.
    En vain…
    Incapable de soutenir leur regard plus longtemps, je jette au fond d’un tiroir les globes oculaires arrachés la veille.

  12. Dan cyr

    Lorsque soudainement, s’éleva de cette profondeur Où cohabitant avec l’inexistant, guttural et déchirant, mon cri d’angoisse se métamorphosa en extase.

  13. Julia Cadenza

    Attention à la marche, merci. Installez vous ici. Très bien. Pas d’inquiétude, les sangles sont là pour votre sécurité. Pas trop serré ? Parfait. Du sang ? Ce n’est que le début.

  14. Alexandre Roy

    Cette impression de poils au fond de ma gorge frise l’insupportable. À croire que je me suis gavé chez le barbier. Je veux crier.

    Un rauquement bestial me déchire le gosier.

  15. D’abord, boire le mélange: sirop Buckley et liquide lave-glace. Depuis l’affaire du docteur, Shandy caresse la notion de « démence passagère ». Enfoncer le braillard dans la laveuse. Choisir perma-press hot.

  16. Richard Cadot

    Hier, j’étais mort. Avant l’enterrement, j’étais sourd au glas et à mon homélie funéraire. Cette nuit, c’est le gardien du cimetière qui demeure sourd à mes cris étouffés.

  17. Marie-Pier Pinel

    Je la sentit d’abord grimper le long de ma jambe. Elle rampait sur mon corps. Bientôt, elle entra dans ma narine pour tisser sa toile au plus profond de mon cerveau.

  18. Ericrivain

    Aucun mot ne serait plus horrible que ce crie effroyable, ce sang qui dégouline sur tous les murs. Cette chaussure oubliée qui traine dans une mare rouge. Mais aucune trace d’elle…

  19. Il s’éveille repu et endolori. Après l’agitation du festin d’hier, la ville est si calme ce matin que le silence lui semble assourdissant. Même les pleurs des enfants se sont tus.

  20. Windows Update a fini de télécharger les dernières mises à jour et s’apprête à les installer dans votre cortex cérébral. Un reformatage complet sera d’abord effectué. Clignez des yeux pour continuer.

    • Luc

      Windows a rencontré un problème lors de l’installation des derniers téléchargements.
      Clignez des yeux pour redémarrer votre cortex cérébral.
      Windows n’arrive pas à redémarrer votre cortex cérébral.
      Clignez des yeux pour…

  21. Hélène Laforest

    J’émerge d’un cauchemar sordide pour apparaître dans une réalité encore plus cruelle : mes mains autour de ta gorge, ta bouche béante, tes yeux vitreux, ton cadavre sur les bras.

  22. Liste de choses effrayantes:
    Araignées
    Perdre ses clefs
    Abcès
    Lavabo bouché
    Accoucher
    Clowns
    Services à la clientèle
    Mort accidentelle
    Monstres
    Miracles
    Apocalypse
    Herpès Buccale
    Serpents
    Bandit
    Frigidité cadavérique
    Académicien
    Moufette
    AMOUR

  23. Il s’assoit, tourne la clé. Toutes les voitures du stationnement, vides, démarrent aussitôt. Il s’engage dans la rue, effaré, suivi… d’une procession? d’une lente poursuite? Il l’ignore, mais n’ose pas arrêter.

  24. Rôde la nuit. Traque des adolescents. Tue les plus bruyants, les plus délurés. Tombe sous les balles des policiers. L’année suivante, quitte la tombe, recommence. Ménage annuel: les patrons y tiennent.

  25. Ce n’est pas la taille du chien. Ni ses crocs. Ni la fumée noire qui émane de sa gueule. Non: ce qui m’effraie, c’est la manière dont il prononce mon nom.

  26. Sébastien Chartrand

    Depuis sa thérapie, il connaissait le nom de sa maladie : posture permanente de persécution. Mais dans ce cas, pourquoi le bulletin de nouvelles annonçait-il que l’humanité entière le détestait ?

  27. Avec la casquette, Vorminax paraît presque humain. Il cède son siège à une vieille qui lui sourit. L’autobus de nuit repart: vers le barrage, vers ses complices embusqués. Bientôt, le festin.

  28. Cette nuit, tous les chats sont noirs. Toutes les rues sont vides, tous les feux, rouges. Toutes les fenêtres sont béantes. Toutes les malédictions sont dites. Tout frémit. Tout se tait.

  29. « L’enfer, c’est les autres », a écrit Sartre. « Ainsi que moi », fit la voix dans sa tête. « Et moi! Et moi! », répondirent les autres en chœur.

  30. Merci à tous ceux et celles qui ont bien voulu se prêter au jeu! Il est temps maintenant de remiser la citrouille… et de terminer en musique. (Si les couleurs coutumières du site ne réapparaissent pas pour vous, essayez de rafraîchir la page.)

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