People of Earth — Saison 1

People of Earth

Alors que je nage gaiement dans l’ufologie (et la cryptozoologie) depuis plusieurs mois, le moment ne pouvait être mieux choisi pour me plonger sans la première saison de People of Earth. Construite autour d’une dizaine d’épisodes de 21 minutes, cette brillante satire aborde tous les mèmes, les thèmes et les schèmes de l’univers des « abductees ». Les initiés apprécieront la multitude de clins d’œil qui frappent dans le mille, et surtout le travail de recherche évident qui a été investi dans cette production. Cette idée de David Jenkins constitue sa première incursion dans le monde télévisuel. Lorsque sa proposition a reçu l’approbation et le soutien enthousiastes du scénariste/réalisateur Greg Daniels et de Conan O’Brien, le projet a été lancé. La série met en vedette Wyatt Cenac du Daily Show et une distribution composée d’acteurs déjà bien établis dans le milieu de la comédie.

Cenac incarne Oswald « Ozzie » Graham, un journaliste qui se rend à Beacon pour écrire un papier sur StarCrossed, un groupe de soutien rassemblant une poignée d’individus persuadés d’avoir été enlevés par des extraterrestres. D’abord sceptique comme de raison, Ozzie réalise très vite que quelque chose ne tourne pas rond dans ce patelin et qu’il a peut-être été victime lui aussi des visiteurs de l’espace. Pendant ce temps, son enquête est suivie avec inquiétude par le trio d’aliens responsables des kidnappings : Jeff le Gris, Don le Blanc et Kurt le Reptilien, qui s’affairent à jeter les bases d’une invasion tout en se chamaillant sur le partage des tâches. Lorsque Kurt le lézard est accidentellement renversé par une automobiliste en train de texter, Jeff décide de s’occuper personnellement des Terriens préoccupants, ce qui sème la pagaille dans des plans de conquête partant de plus en plus en eau de boudin.

Les trois extraterrestres de la série sont les espèces humanoïdes les plus souvent signalées dans les rapports d’enlèvements, soit le Gris de type roswellien, le Nordique (ou Grand Blanc) et le Reptilien. Il va sans dire que l’histoire les caricature à outrance. Frustré et irascible, Jeff le Gris éprouve des difficultés humiliantes à cause de sa petite taille et de ses trois doigts boudinés. Il faut le voir essayer de taper des codes délicats sur des claviers antédiluviens (toute la technologie du vaisseau semble issue d’un recoin des années 80) ou encore d’attraper une cartouche de toner rangée sur l’étagère du haut. Don le Nordique sort tout droit de la trilogie The Lord of the Rings de Peter Jackson : sa grande sensibilité en fait d’ailleurs l’un des favoris de la gent féminine, sauf qu’il est aussi le souffre-douleur de ses collègues atteints d’un déficit d’empathie. Au contact des humains, il développe une plus grande indépendance, ce qui lui attire sa part d’ennuis. De Kurt le Reptilien, on n’apprend pas grand-chose puisqu’il est rapidement mis hors de combat. On fait plutôt connaissance de son comparse Jonathan, le patron d’Ozzie au journal Glint. Un fanatique absolu des artifices de la vie saine (du sport, du sport, du sport et surtout pas de gluten), il représente « l’élite » qui gouverne secrètement le monde. Des éléments reptiliens déguisés en humains se fondent dans la société avec plusieurs agents terrestres à leur solde, comme le chef de police de Beacon.

Il faut voir les costumes!

Le groupe de soutien, quant à lui, réunit des gens durement affectés. L’arrivée d’Ozzie transforme la dynamique entre les membres lorsqu’il décide de scruter le récit de chacun pour déterminer s’il existe des points communs. L’entreprise s’avère difficile : plusieurs de ses propres souvenirs ont été effacés, son patron Jonathan lui met des bâtons dans les roues, et un cerf parlant le suit partout pour lui faire la conversation. Cela dit, à travers les rencontres, on fait la connaissance de gens qui cherchent à comprendre la signification des événements extraordinaires qui ont bouleversé leur vie et qui les ont déconnectés du quotidien auquel les autres humains ont droit. Il y a Gina la psychologue, qui encourage chacun à exprimer ses sentiments; Gerry, qui rêve d’être enlevé et que les extraterrestres semblent ignorer exprès; Richard, qui voit des Reptiliens partout sauf là où ils se trouvent réellement; Kelly, de qui Don le Nordique s’entiche; Chelsea, dont le mariage sombre et qui tombe dans le bras du prêtre de l’église où se déroulent les réunions; Margaret, l’aînée du groupe et hippie proche de ses émotions; et Yvonne, l’employée des postes surprise de découvrir que les histoires d’enlèvements n’arrivent pas qu’aux Blancs. Ils se prennent aux cheveux, se réconcilient, partagent leurs problèmes existentiels, tentent de rétablir un semblant de normalité. Ils deviennent vite attachants, même si on a envie d’en baffer quelques-uns à l’occasion. J’apprécie surtout que les victimes, quoique caricaturées, ne sont pas présentées de manière irrespectueuse (enfin, je ne crois pas).

J’ai hâte de pouvoir télécharger la deuxième saison, qui nous présente une agente du FBI sceptique et de nouveaux venus dans le vaisseau qui seront assurés de brasser les choses.

En attendant, sur YouTube sont présentés de nombreux clips en supplément qui vous donneront une idée du style.
 

 

4 Commentaires

  1. Mario Tessier

    Bonjour Laurine. J’ai commencé à regarder la saison 2. C’est toujours aussi bon. Les personnages sont intéressants avec leur panoplie d’idiosyncrasies. Et il y a des rebondissements avec de nouveaux personnages. C’est une belle parodie de ce monde de contactés mais aussi une comédie, qui sans être hilarante, possède son rythme propre. Avec l’incompétence de ces extraterrestres, je ne crois pas que l’invasion éventuelle soit couronnée de succès !

  2. Gen

    Hé, ça m’intéresse ça! :) C’est diffusé où?

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