Pax Victoriana 6/6 — Dénouement et Remerciements

Hé voilà : Vous qui attendiez la conclusion, voici que le dernier épisode de mon roman-feuilleton Pax Victoriana est disponible depuis peu sur le site de la République du Centaure. Ceci étant un billet autopromotionnel, je me dois de vous promettre une conclusion d’une intensité telle que j’en recommande la lecture à la maison, puisqu’elle risque de vous décoiffer. Nos protagonistes tentent de sortir des États Confédérés ! La nature de nos antagonistes est finalement révélée ! L’Europe et l’Empire Britannique sont sous attaque ! N’attendez pas un seul instant de plus, et allez lire la suite ! (Si vous attendiez la parution du roman entier avant d’en commencer la lecture, voici venu le moment de vous y mettre.)

Ce dernier épisode étant sous le signe de la conclusion, je profiterai de ce billet pour les remerciements qui s’imposent, et quelques mots sur la nature des conclusions.

Sans trop révéler les détails du dénouement, je noterai que, dans son ensemble, c’est une conclusion dite heureuse — les personnages principaux ont ce qu’ils voulaient, même si ce qu’ils désirent a peut-être changé en cours de route. Ils se retrouvent tous en bien meilleure situation qu’au début et sont récompensés pour leurs efforts.

Ceci est, en partie, une réflexion sur la nature du roman lui-même — Pax Victoriana est censé être un roman d’aventure et d’action léger, et faire pleurer tout le monde ne fait pas partie des objectifs du projet. Dans ce type d’histoire, il faut quitter sur une bonne note. Tous les problèmes n’ont pas été résolus, mais ils sont amoindris… et le lecteur peut voir comment les héros pourront continuer d’améliorer les choses.

(Avant que vous ne le demandez : non, aucune suite à Pax Victoriana n’est prévue. Je préfère écrire des œuvres différentes à chaque fois — même comme lecteur, je ne suis pas particulièrement friand des suites. Ceci dit, si un chèque substantiel est promis, ce serait intrigant de suivre les aventures d’Alberta quelques années plus tard, passé le démantèlement des États Confédérés par les actions communes des services secrets européens et britanniques. N’oublions pas que l’échéance de 2114 vaut aussi pour les univers de James et de Podington ! Sans compter les artefacts laissés par les voyageurs temporels et la raison pour laquelle les trois univers mentionnés dans le roman ne sont pas à la même année… Ceci dit, un des plaisirs de l’écriture de Pax Victoriana a été l’introduction d’une multiplicité de poncifs SFs sans trop s’inquiéter sur leur interaction après la fin de l’histoire. Il y a un point ou les choses deviennent trop compliquées à imaginer/raconter et celui-ci pour Pax Victoriana est cinq minutes après la fin.)

En tant qu’écrivains, nous avons le choix de décider comment se concluent les choses. Je laisserai à d’autres auteurs la discrétion de décider s’ils veulent présenter une finale heureuse ou pas, mais en ce qui me concerne le choix est clair : je préfère les finales optimistes. En tant que critique de film, j’ai de plus en plus de dédain pour les films d’horreur ou tous meurent à la fin : ça me semble facile, nihiliste et aussi irrespectueux de l’audience : L’essence d’une histoire est de multiplier les obstacles et voir comment les personnages vont se débrouiller devant ceux-ci — si les obstacles ont raison des personnages, pourquoi raconter l’histoire ? « Attaqué par une créature, il meurt » est un article de journal. « Attaqué par une créature, il se défend » est une histoire.

De plus : pour enfourcher un de mes chevaux de bataille préférés, il ne faut pas oublier que la fiction influence la réalité. Les histoires orientent les choix que nous faisons. Confronté à un dilemme moral difficile, n’est-il pas plus facile de prendre exemple de personnages vertueux ? Confrontés à des nazis (ce qui est maintenant moins rare que l’on pouvait y penser), on se mesure à Oskar Schindler (réel, mais popularisé par Liam Neeson en docufiction) ou Indiana Jones. Bref ; la fiction a une influence, et les auteurs devraient apprécier leur pouvoir à laisser une marque en ce sens. En ce qui me concerne, je choisis mon camp : les racistes perdent, la coopération triomphe, la menace est éradiquée et le lendemain sera meilleur.

Ouf ! Manifeste ainsi livré, j’en reviens à des constatations plus intimistes.

C’est à dire : WOW, J’AI PUBLIÉ UN ROMAN. J’ai déjà mentionné que j’ai huit autres romans dans mes tiroirs, mais celui-ci est différent, parce qu’il en est sorti. L’acte d’écriture est-il complet s’il n’est pas suivi d’un acte de lecture ? Pax Victoriana est maintenant public. Il ne m’appartient plus tout à fait. Vivant sur le web, il sera disponible pour longtemps. Peut-être me survira-t-il sur archive.org.

S’il semble paradoxal de parler de regret alors que le feuilleton vient tout juste d’être publié (et qu’il est toujours temps de changer des choses), il faut dire que le processus de réécriture avec intention de publication apporte un regard neuf et sévère sur le texte. À recommencer à partir de rien, certaines choses auraient pu être différentes. Plus d’emphase sur les personnages et leur développement. Un peu plus de démonstration plutôt que d’exposition. Et ainsi de suite. Il n’y a rien de tel que la publication pour instruire… et ça, c’est avant de lire les critiques.

Ne reste que les remerciements.

À mon épouse et ma fille, évidemment, pour avoir toléré les fugues d’un écrivain en pleine (ré) écriture.

À Éric Gauthier, lecteur sagace qui a repassé le manuscrit au peigne fin, profitant de son expérience d’écrivain pour reconnaître et commenter certains aspects de l’œuvre qui n’auraient pas été évidents au simple lecteur.

À Alain Ducharme, surtout, qui a sollicité le texte pour La République du Centaure, patienté pour que la réécriture se fasse malgré nos horaires respectifs chargés et passé au moins autant de temps que moi à améliorer le résultat. Sous sa tutelle, Pax Victoriana est passé de 96 295 à 84 284 mots sans en affecter la substance, et le mérite lui en revient. Alain est un véritable directeur littéraire comme il y en a trop peu : il va déconstruire un texte pour l’améliorer, et ce à tous les niveaux allant de la structure jusqu’aux corrections orthographiques.

Aussi à ceux qui, en participant à la campagne de sociofinancement des Six Brumes en 2016, ont permi la publication de cette œuvre et aussi encouragé ceux qui l’ont rendu possible.

Et finalement, à vous chers lecteurs, pour le périple en quatre mois, six épisodes, et dix-neuf chapitres. (Ces remerciements ne sont valides que pour ceux qui ont lu le livre. Les autres… qu’attendez-vous ? Revenez récolter vos remerciements après lecture.)

Comme d’habitude, les commentaires sont ouverts si vous avez des commentaires ou des questions…

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Un commentaire

  1. Gen

    J’ai souvent l’impression que tant qu’un texte n’est pas publié et lu, il n’est pas vraiment achevé, parce qu’on peut toujours retourner le changer.

    Mais Pax Victoriana méritait l’achèvement de la publication! :) Merci pour cette aventure, ce fut un régal!

    Reste qu’à espérer que les Six Brumes la transformeront en livre papier, ça le mérite pleinement! :)

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