The White Road — Sarah Lotz

The White RoadAyant lu Trois et Jour quatre de Sarah Lotz, j’attendais avec impatience la sortie de The White Road, qui est finalement paru à la fin du mois de mai. Ne cherchez donc pas ce titre en français, il n’est pas encore traduit. Maintenant que j’y pense, c’est la première fois que je lis la version originale d’un des romans de cette auteure d’origine britannique et résidant actuellement au Cap en Afrique du Sud. Ça m’a permis de voir l’une de ses histoires sous un éclairage tout à fait différent avec ses particularités langagières.

Si les deux premiers titres flirtaient avec la science-fiction et le fantastique (le premier nous présentait d’inquiétants miraculés ayant survécu à l’écrasement simultané de trois avions et le second nous envoyait sur une croisière infernale pendant quatre jours), The White Road reste dans les limites du surnaturel. Les prémices du roman jouent avec l’idée de l’ami invisible, ou third man factor en anglais, selon lequel des personnes dans une situation extrêmement difficile perçoivent une présence amicale qui les soutient et les guide à travers leur ordalie. Dans le roman qui nous intéresse cependant, le phénomène prend une tangente moins habituelle en campant une présence nettement moins chaleureuse.

Le récit commence avec l’exploration clandestine d’un système de cavernes où ont autrefois péri des jeunes gens. C’est justement ce qui attire Simon Newman, dont le site web Journey to the Dark Side peine à générer les revenus espérés. Peut-être que des clichés de cadavres sauront remettre son œuvre sur les rails et attirer des clics. Manquant de peu d’y passer lui-même, Simon découvre ce qu’il cherchait, et plus encore. Quelque chose dans ces souterrains lugubres l’a trouvé et le garde maintenant dans sa ligne de mire. Plus tard, lorsque Journey décolle enfin en satisfaisant la curiosité morbide des internautes, Simon est convaincu par son partenaire de renouveler l’exploit, cette fois sur les flancs de l’Everest.

Le lecteur comprend vite que Simon n’a rien d’un héros. Mettre à profit le malheur des autres à des fins mercantiles le relègue au rang de paparazzi amateur de bas étage. Mais le voilà qui s’attaque à un projet encore plus dangereux, leur genre qui pousse l’humain au bout de ses capacités. Sur la montagne, il faut braver les embûches pernicieuses et l’inconfort physique constant. Simon se retrouve au milieu d’un groupe d’ambitieux grimpeurs qui ne savent rien de ses intentions morbides. Complètement coupé de ses repères, Simon se met à changer. Du moins, l’espère-t-il, car ce qu’il a rencontré dans les cavernes britanniques l’a suivi dans les glaciers.

L’un des aspects intéressants du roman est la façon dont les mésaventures paranormales de Simon sont le reflet de l’étrange expérience qu’a vécue une alpiniste disparue des années plus tôt sur ce même territoire. On suit l’histoire de cette femme via son journal et des informations connexes jusqu’au moment ou son destin finit par croiser celui de Simon.

L’expédition en montagne est un sujet difficile. J’imagine que l’auteur a consacré de longues heures à faire de la recherche pour rendre sa description aussi réaliste que possible. Je ne m’y connais pas en matière d’escalade, alors s’il y a des erreurs, je n’y ai vu que du feu : ces gens pris d’une passion dévorante pour les sommets me paraissaient tout à fait crédibles malgré la myriade d’obstacles qu’ils doivent affronter. Le froid mordant, le terrain hostile, les pentes traîtresses, le manque d’oxygène, les nombreux effets sur l’organisme… exactement le genre de situation où les gens sont pelés à nu et se trouvent eux-mêmes. Parfois, ils n’aiment pas ce qu’ils découvrent.

Typique des romans de Lotz, la finale un peu ambiguë fait un petit pied de nez aux conclusions conventionnelles. Le roman s’apprécie aussi pour le sentiment d’irréalité qui transparaît au fil des développements : Simon est-il taraudé par sa conscience ou sa détresse a-t-elle attiré une entité? À vous de voir…

(En passant, si l’exploration des cavernes vous intéresse, vous pouvez voir l’auteure tester ses aptitudes dans cette vidéo. Oui, c’est comme ça qu’elle fait de la recherche pour ses romans!)

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