Pax Victoriana 4/6 — Personnages et Action !

Vous qui l’attendiez, voilà que le quatrième épisode de mon roman-feuilleton Pax Victoriana est maintenant disponible sur le site de la République du Centaure. Ceci étant un billet autopromotionnel, il est obligatoire de mentionner que cet épisode est le meilleur jusqu’ici : après les périples intercontinentaux des épisodes précédents, voici que celui-ci reste à Albion, explorant un peu plus les rouages de la ville, des ruelles jusqu’au sommet aussi littéral que figuratif du fonctionnement de la ville. Nos héros découvrent de sombres complots, lancent des attaques physiques et politiques, découvrent leur véritable ennemi et subissent des revers vexants. S’en tireront-ils ? Réponse au prochain épisode…

Entre-temps, si l’idée de cet exemple de roman-feuilleton vous plaît, il ne vous reste plus beaucoup de temps pour participer à la compagne de sociofinancement de la prochaine année de la République du Centaure : allez au site des Six Brumes pour en apprendre plus et encourager l’expérience.

Pour ce quatrième billet-accompagnateur, parlons de personnages et d’action. Car c’est à ce quatrième épisode que le caractère de nos personnages les mène à des choix discutables, et qu’une série de péripéties physiques continue à rendre les choses mouvementées.

Entre écrivains, on aura longtemps discuté des innombrables éléments requis pour assembler un roman. Il faut une histoire ! Il faut du style ! Il faut des personnages ! Il faut une atmosphère ! Il faut décrire les lieux ! Il faut des phrases grammaticalement exactes ! … et ainsi de suite. En même temps. En utilisant de simples mots plutôt que l’appareillage multimédia hollywoodien.

Il y a de quoi se demander qui est assez fou pour écrire de la fiction.

En tant que lecteur, je connais depuis longtemps l’importance des personnages (mystérieux, attachants, sympathiques, perfides, etc.) pour susciter un quelconque intérêt en une histoire. Ce que j’ai découvert comme auteur, c’est jusqu’à quel point les personnages peuvent devenir une raison d’écrire. Reprendre l’écriture était une bonne façon de revisiter des gens sympathiques, de voir comment ils allaient réagir à une situation, non pas de la perspective d’un synopsis, mais « sur le terrain » des situations précises, à les voir interagir par dialogues réels plutôt qu’intentions narratives.

Il n’est pas encore temps de vous dire jusqu’à quel point j’ai une « compagnie théâtrale » d’acteurs dans ma tête que je réutilise, souvent déguisés, d’un livre à l’autre selon les personnages dont j’ai besoin. Mais je peux vous dire que j’apprécie bien mes personnages. Ils sont sympathiques. Ils sont habituellement honorables à leur manière. Ils méritent leurs conclusions. Et, surtout, ils me forcent à revenir à l’histoire pour que je puisse les amener à la conclusion de leurs péripéties. Ce n’est pas un accident si je préfère l’écriture à la troisième personne étroitement liée à de multiples personnages — c’est la meilleure façon de mettre en évidence le point de vue de plusieurs personnages.

Aussi paradoxal soit-il d’exprimer des regrets alors que je suis encore en cours de réécriture pour les derniers épisodes, je me demande parfois si j’aurais dû passer un peu plus de temps dans la tête de mes personnages. Il y a un choix à faire, surtout en littérature de genre, entre intériorité et développement d’intrigue — passer plusieurs paragraphes à décrire des états d’âme, ou plusieurs paragraphes à faire avancer l’histoire ? Lecteurs et auteurs de genre préfèrent souvent primer l’intrigue (et dans le cas de Pax Victoriana, il s’agit tout de même d’un roman d’aventures roulant à toute vitesse, fortement axé sur les péripéties), mais le doute persiste : peut-être aurait-il été préférable de laisser un peu plus de temps aux personnages de s’exprimer ?

Sur l’autre versant de l’écriture, il y a les scènes d’action.

Alors que Pax Victoriana arrive en dernière moitié, ce n’est plus un secret que j’aime beaucoup les scènes d’action. C’est évidemment influencé par le cinéma (le concept même de la scène d’action n’est jamais aussi purement exécuté qu’à l’écran), mais pas entièrement. Car après quelques scènes où on expose la construction de monde, ou l’on échafaude des dialogues visant à mieux cibler les personnages, il est parfois plaisant de passer en mode purement kinétique, et multiplier les explosions, poursuites et dangers mortels.

L’art de la scène d’action n’est pas simple. En plus de place de la scène dans la grande intrigue, il faut aussi doser les détails. Qu’est-ce qui se passe ? Quels effets ont ces événements sur nos personnages, et comment choisissent-ils de réagir selon leur personnalité ? Quels sont les plans et objectifs de ceux-ci alors qu’ils sont dans le feu de l’action ? Est-ce que des détails de l’intrigue peuvent être révélés au fil de la séquence ? Et ainsi de suite. Un des personnages dans Pax Victoriana a comme principe directeur de fuir n’importe quelle situation dangereuse — les scènes d’action révèlent sa personnalité, mais ils finiront aussi par la forcer à changer.

J’aime aussi comment le style d’écriture peut changer au fil d’une scène d’action. Quand les choses bougent, quand le rythme accélère, il n’est plus avisé d’enfiler les longs paragraphes…

–Quelque chose de spectaculaire se passe!

Le personnage réagit !

Cela mène à une autre complication.

Comment notre héros s’en tirera-t-il ? Heureusement, il a un plan !

— Diantre, cela ne fonctionne pas !

Mais il pense à autre chose !

Succès !

… et ainsi de suite. Discutant des exigences de la fiction pulpeuse, Marlowe disait que dans le doute, il ne suffisait que de faire entrer sur scène un homme avec un fusil. Ce n’est pas une mauvaise idée… surtout quand l’auteur fait le choix bien respectable de se faire plaisir à lui-même comme premier lecteur.

Sur ce, bonne lecture… et n’oubliez pas que les commentaires de ce billet sont un bon endroit pour commenter sur l’épisode et spéculer sur les prochains. Ce quatrième épisode est un peu plus court que les autres (entre moi et mon directeur littéraire, nous avons coupé près de 15 % du matériel original, et ce malgré l’ajout d’une nouvelle scène), mais attachez bien vos ceintures, parce que les deux derniers épisodes vont rouler à fond de train !

[ Mots-clefs : ]

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié ni communiqué.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes: <b> <i> <a href=""> <blockquote>
Si ce n'est pas déjà fait, veuillez prendre connaissance de nos politiques.

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.