Pax Victoriana 1/6 — Origines

Hé bien ! Après des années à critiquer la fiction des autres, voici que je passe de l’autre côté du miroir : depuis le 6 mai dernier, vous pouvez lire le premier épisode de mon roman-feuilleton Pax Victoriana sur le site de la République du Centaure.

Ceci est un billet promotionnel, alors je vous promets une lecture sensationnelle : Pax Victoriana est une uchronie qui commence par l’arrivée d’un voyageur en Grande-Bretagne du début du vingtième siècle… à un moment où la reine Victoria règne toujours et que rien ne s’est tout à fait passé comme dans nos livres d’histoires. Avant la fin de ce premier épisode, vous aurez pris connaissance de deux réalités parallèles, de voyageurs temporels, et d’un objet mystérieux qui vaut les pires voyages. Vous aurez aussi rencontré nos sympathiques (?) protagonistes (un paradiplomate, un haut fonctionnaire, une agente spéciale et une mécanicienne), voyagé à Londres et Montréal (avec quelques brefs arrêts à Amsterdam, Chibougamau, Berlin et une usine espagnole) et commencé à comprendre les rouages de cet univers où se côtoient nanotechnologie et esclavage.

Pour marquer la parution des épisodes du roman, je vais poster ici quelques billets pour vous offrir un aperçu derrière les scènes du livre — intentions, actions, révision et suppositions. C’est aussi un endroit où vous pouvez poser des questions ou tenter de prédire ce qui se passera dans les épisodes suivants. Pour ce premier épisode, je vais discuter des origines du roman.

Pax Victoriana fut originalement écrit en novembre 2010, dans le cadre de l’exercice Nanowrimo « écrivez un roman en trente jours ». Sept ans plus tard, 2010 demeure une année assez chargée dans ma vie. C’est l’année où j’ai rencontré celle qui allait devenir mon épouse, ainsi que voyagé sur trois continents, sept pays et une dizaine de congrès de SF. Ce fut une année professionnellement satisfaisante, et je peine encore à imaginer les raisons pour lesquelles j’ai décidé, en plein milieu d’un automne surchargé, d’écrire un roman.

Vous pouvez lire mes notes d’écriture de l’époque —ce ne fut pas un mois tranquille. Entre de multiples voyages (Toronto, Montréal, Cozumel), passer du temps avec ma future épouse et de multiples rhumes (y compris un épisode de Streptocoque particulièrement intense), ce fut « le roman qui a passé le plus près de me tuer ». Lire mon journal d’écriture est presque pénible, et on peut voir, vers la fin du mois, une frénésie créative prendre le dessus pour terminer le roman dans les trente jours du mois.

On notera que « trente jours d’écriture » ne veut pas dire « trente jours de conception » : j’ai commencé à penser à Pax Victoniana un an plus tôt, et j’avais 5 700 mots de synopsis avant même d’écrire la première ligne du livre. Évidemment, tout a changé entre conception et synopsis, et le dernier tiers du livre ne suit guère le (mince) synopsis original.

Au départ, j’avais l’intention de m’amuser en terrain steampunk. Le sous-genre était en feu en 2009-2010, et une de mes intentions originales était d’écrire du steampunk qui critiquait le steampunk — comment parler des victoriens sans discuter de sexisme, de racisme, d’exploitation des pauvres et ainsi de suite ? Mais je voulais aussi me permettre un roman très ludique — le roman que j’avais écrit l’année précédente était remarquablement pessimiste, et écrit à la première personne de la perspective d’un antihéros assez répréhensible. (Imaginez un psychotique à la Hunter S. Thompson comme gérant de SAQ++ dans une Amérique qui constate qu’elle n’est plus une puissance mondiale, et vous avez une bonne idée de la teneur du livre) Pour 2010, je voulais revenir à mon style préféré : une franche aventure SF avec de multiples personnages sympathiques, beaucoup d’action, de nombreux rebondissements et encore plus d’idées.

C’est ainsi que mon aventure steampunk est devenue de plus en plus compliquée alors que j’y ai balancé le plus d’éléments SF possible. Nanotechnologie ! Uchronie ! Voyage dans le temps ! Objets mystérieux ! [Spoiler] ! [Spoiler] ! [Spoiler] !!! Prenant mon inspiration de l’essai de Rudy Rucker sur les « Power Chords » de la science-fiction, j’ai décidé d’y mettre le paquet. Le résultat est… complexe. Pax Victoriana est conçu pour les lecteurs aguerris de SF — j’ose croire qu’il est accessible, mais à plusieurs égards je dédie le roman à ceux qui ont lu beaucoup de SF et qui sont confortables à jouer avec les archétypes de la forme. C’est un jeu, et j’espère qu’il y aura suffisamment de lecteurs prêts à jouer avec moi.

D’autres références plus personnelles sont tapissées un peu partout dans le livre. J’ai voulu me faire plaisir, après tout, et c’est pourquoi les personnages font éventuellement un arrêt imprévu à [Spoiler], subissent une mauvaise réunion comme j’en ai subi pendant l’écriture du livre, ont l’expérience horrifiante de [spoiler] alors que j’écrivais la scène au même endroit (!) et terminent leur aventure à [spoiler] où ils remarquent un détail que j’ai découvert sur-place quand j’y ai voyagé quelques mois avant l’écriture du roman. Ce n’est pas un accident si un des personnages secondaires ressemble beaucoup à mon épouse, ou bien qu’un des personnages principaux a presque le même nom qu’un de mes supérieurs hiérarchiques à l’époque.

Vous vous demanderez sûrement ce qui s’est passé entre 2010 et 2017 avant que ne paraisse le livre. Une partie de la réponse est évidente : je me suis marié, je suis devenu papa, j’ai fait autre chose. Une autre partie de la réponse a à voir avec le trac de l’écrivain débutant : il était plus facile de laisser le roman dans mes tiroirs (en compagnie des huit autres manuscrits et deux autres ébauches de roman qui s’y trouvent) que d’essayer de le retravailler, me questionner sur la prose et tenter de deviner où sont les problèmes. C’est Alain Ducharme, cherchant un feuilleton pour La République du Centaure, qui s’est souvenu du manuscrit (il faisait partie de mon comité de lecteur à qui j’ai demandé des commentaires sur mon synopsis) et qu’i m’a fait une offre raisonnable pour le tout. Quelques années plus tard, j’étais beaucoup plus réceptif à l’idée d’une longue réécriture — pourvu que le résultat voie le jour !

Ceci étant fait… qu’attendez-vous ? Le premier épisode est disponible !

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