The OA — Saison 1

The OA“Well, it’s not really a measure of mental health to be well-adjusted in a society that’s very sick.”

Après le succès de Stranger Things, Netflix récidive avec un autre drame à saveur SF/fantastique bourré de mystère et d’onirisme. The OA est le bébé de Zal Batmanglij et Brit Marling (The East), cette dernière tenant le rôle principal avec brio. En googlant un peu, vous tomberez vite sur des pages qui comparent les deux séries et font ressortir les points communs les plus évidents malgré leur atmosphère respective qui ne pourrait être plus différente l’une de l’autre.

Portée disparue depuis sept ans, Prairie Johnson réapparaît et se fait maintenant appeler « The OA ». Plus étrange encore, alors qu’elle était aveugle depuis l’enfance, elle a aujourd’hui recouvré la vue. Où elle se trouvait tout ce temps et pourquoi son dos arbore de vilaines cicatrices, nul ne le sait, car elle refuse de parler au FBI et ne donne aucune explication à ses parents adoptifs. Mais Prairie/OA est investie d’une mission. À raison de plusieurs séances secrètes, elle rassemble dans une maison vide cinq personnes paumées résidant dans son petit patelin. À ces inconnus suspendus à ses lèvres, elle raconte son incroyable aventure dans l’espoir que le groupe parvienne à sauver les gens avec qui elle a été retenue captive.

The OA n’est pas passé inaperçue. J’ai eu des échos par-ci par-là et lu rapidement quelques critiques : on aime ou on n’aime pas, il n’y a pas d’entre-deux. Tout dépend de l’humeur du spectateur, à savoir s’il se laisse prendre par le scénario ou non. Le traitement est très personnel, très différent; il s’agit plutôt d’un long film raconté par chapitres d’une heure. Le médium télévisuel est sorti de son moule habituel, le genre d’entreprise qu’un réseau comme Netflix peut permettre vu l’absence de pauses publicitaires. On pourrait reprocher au scénario un excès de théâtralité par moment, surtout chez l’actrice principale. Cela dit, ces scènes un peu plus baroques ou émotives ne détonnent pas dans une histoire qui touche à la fois au poétique et au mystique.

Il est beaucoup question de l’après-vie et des facultés que les gens ayant subi une NDE développent à leur retour. Pensez au roman Les Thanatonautes de Bernard Werber et au film Flatliners (1990) de Joel Schumacher. Après une saison complète, il m’est pourtant impossible de dire s’il s’agit de science-fiction ou de fantastique. Pour l’instant, je vois un mélange de genres. Les révélations de Prairie incluent clairement des anges (OA serait l’abréviation de « Original Angel »), voire des pratiques magiques durement apprises. Sauf qu’on nous indique qu’un signal sonore venu de l’au-delà pourrait en fait provenir de Saturne. Allez savoir.

L’aspect nébuleux est intentionnel. Après tout, la jeune femme a vécu sept années d’enfer, alors il se peut que la seule façon d’aborder son expérience soit à travers des métaphores. Plusieurs détails qu’elle fournit s’avèrent vérifiables, mais d’autres ne peuvent être que des inventions. Autrement, comment peut-elle narrer des scènes auxquelles elle n’a jamais été présente? De plus, des révélations en fin de saison jettent un doute raisonnable sur son récit, jusqu’à ce que la magnifique finale nous fasse encore une fois revoir notre jugement. Il n’y a pas de réponse claire, celles-ci n’étant pas le but de l’exercice.

Si vous êtes abonné à Netflix, ne vous privez pas de cette expérience. Pour ma part, j’espère que la suite ne tardera pas.
 
The OA
 
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