Biocentrism — Robert Lanza, MD

Biocentrism — Robert LanzaRobert Lanza est actuellement le directeur de l’Astellas Global Regenerative Medicine, le fonctionnaire scientifique principal de l’Astellas Institute for Regenerative Medicine et professeur auxiliaire à l’École de Médecine Wake Forest. Il a écrit Biocentrism avec l’aide de Bob Berman, un astronome réputé qui a été l’auteur d’articles pour Strange Universe et Discovery.

D’après Lanza, la physique pourrait bien avoir atteint les limites de sa capacité à expliquer l’univers : la physique quantique est toujours aussi difficile à saisir qu’elle l’était à ses débuts dans les années 30; la théorie des cordes, quant à elle, est indémontrable. Pire, des découvertes récentes ajoutent à la confusion : seulement 4 % de l’univers serait constitué de matière, le reste se répartissant entre de la matière sombre (24 %) et de l’énergie sombre (72 %), bien que personne ne comprend exactement ce qu’est cette dernière. De son côté, la théorie du Big Bang ne parvient pas à expliquer comment et pourquoi l’univers est si apte à favoriser la vie. En tenant compte de ces facteurs, l’auteur propose l’idée qu’on ne peut comprendre l’univers sans inclure la vie et la conscience dans l’équation, car elles ne peuvent pas être un sous-produit quelconque de milliers d’années de processus physiques inertes.

Sa théorie du biocentrisme, qu’il propose comme voie de rechange, s’articule autour de sept principes :

  1. La perception de la réalité implique notre conscience. S’il existait une réalité externe, celle-ci devrait exister dans l’espace, sauf que le temps et l’espace ne sont pas des réalités absolues, mais des concepts propres à l’esprit.
  2. Nos perceptions internes et externes sont étroitement liées, comme les deux faces d’une même pièce.
  3. Le comportement des particules subatomiques dépend de la présence d’un observateur conscient, sans lequel elles existent seulement à l’état d’amplitudes de probabilité.
  4. Sans la conscience, la matière existe dans un état de probabilité indéterminé, ce qui veut dire que tout univers ayant précédé la conscience aurait existé à l’état d’amplitudes de probabilité.
  5. La structure de l’univers ne s’explique que par le biocentrisme, car il est réglé très précisément pour favoriser la vie. C’est donc la vie qui crée l’univers et non l’inverse.
  6. Le temps n’existe pas réellement hors de la perception animale. Il s’agit d’un processus par lequel nous percevons les changements dans l’univers.
  7. L’espace n’est pas un objet, un chose possédant une réalité autonome, mais une autre façon pour notre esprit de traiter l’information. Il n’existe pas de matrice indépendant de la vie où se déroulent les événements.

Ces principes que je résume ici de manière succinte sont développés avec beaucoup de clarté, d’exemples et d’humour sur plusieurs chapitres. L’auteur n’hésite pas à aborder des concepts philosophiques et métaphysiques pour étoffer sa démonstration. Il insère aussi des anecdotes personnelles racontant la mort absurde de certains proches, ce qui veut sans doute mettre en valeur les théories sur la conscience qu’il avance. Cela dit, certains passages sont ardus à lire à cause de leur complexité technique. Malgré mes efforts, j’en ai perdus des bouts dans la description du comportement bizarre des photons. J’ai quand même saisi l’idée principale selon laquelle la présence d’un observateur a une influence sur l’issue d’une expérience.

Je trouve que Lanza assure un peu vite que la biologie est le domaine de prédilection pour étudier la conscience et arriver à une théorie du Tout. En réalité, malgré les principes décrits, je n’ai pas l’impression que Biocentrism réussit à expliquer la NATURE de la conscience, autrement qu’en la décrivant comme étant une forme d’énergie qui doit perdurer après la mort du corps (selon le principe physique de la conservation de l’énergie). La conscience est liée à la vie, soit, mais la vie dont il parle se cantonne à la forme humaine et animale, ce qui est plutôt restrictif. Et s’il existait des formes de vie sans matière, par exemple, faite de conscience pure? Trop mystique comme idée?

Si la conscience est un champ d’énergie existant hors du corps, elle relève alors du domaine de la physique. Idéalement, il faudrait que les physiciens fassent preuve d’un peu de courage et partent explorer des domaines normalement relégués à la religion et au nouvel âge pour voir s’il n’y a pas moyen de trouver un juste milieu. Autrement, nous resterons coincés avec des notions scientifiques trop obscures pour monsieur et madame Tout le monde, et réservées à un petit groupe d’initiés dont les théories ne pourront jamais être remises en question autrement que par d’autres initiés (ce qui dessert finalement la science).

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