Jonathan Strange & Mr. Norrell

Jonathan Strange & Mr. NorrellIl y a déjà plusieurs années de ça, j’ai commencé la lecture du roman primé de Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr. Norrell, qui abordait l’un de mes sujets préférés, celui de la magie. Contre toute attente, malgré une histoire prometteuse et des critiques élogieuses, j’ai largué le bouquin après quelques chapitres. Trop long, trop lourd, le récit ne parvenait pas à capter mon attention, ce qui est étonnant vu les nombreux assommoirs dont j’étais pourtant venue à bout auparavant. Puis récemment, en écoutant un podcast, j’ai appris que le roman avait été adapté pour la télé. Je me souviens encore de la commentatrice qui louait le traitement visuel et le jeu des comédiens. Ça a suffi pour m’intéresser et je me suis alors procuré la première saison sur iTunes. J’ignore si des saisons supplémentaires sont prévues puisque les sept épisodes d’une heure couvrent la totalité du roman de Clarke. La romancière a par ailleurs coécrit le scénario avec Peter Harness.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, celle-ci se déroule en Angleterre pendant les guerres napoléoniennes à la fin des années 1700. L’unique magicien pratiquant du pays, Gilbert Norrell propose ses services au gouvernement britannique, qui accepte volontiers lorsqu’il ressuscite miraculeusement une demoiselle morte de tuberculose. Ce que tous ignorent, c’est que Norrell a réussi cet exploit en invoquant un représentant du monde des fées (le Gentilhomme) qui ne cessera de compliquer la vie de chacun par la suite. De son côté, Jonathan Strange décide de devenir magicien à son tour à la demande de son épouse, Arabella, qui souhaite voir le jeune homme désœuvré s’adonner à une occupation. Strange se rend à Londres pour étudier la magie auprès de Norrell. Les deux hommes deviendront vite amis, puis ennemis au gré des circonstances et des manigances de leur entourage. Norrell est extrêmement rigide et veut par-dessus tout donner à la magie un air de respectabilité. Strange, quant à lui, est fortement tenté par la magie naturelle, celle du Roi Corbeau (l’alias de John Uskglass) qui a mystérieusement disparu après avoir fait régner la magie pendant des années sur l’Angleterre.

Norrell est interprété par Eddie Marsan, qui incarne parfaitement ce misanthrope ambitieux s’étant procuré tous les livres sur la magie disponibles au pays. L’acteur rend bien les tiraillements intérieurs du magicien, qui souhaite imposer une magie cantonnée aux pratiques décrites dans les bouquins, car cette source lui semble plus honorable que le legs d’Uskglass qu’il méprise pour avoir abandonné le pays. Jonathan Strange est joué par un Bertie Carvel échevelé et bon vivant. Le personnage est fasciné par la magie naturelle, qu’il soupçonne être bien plus puissante que les quelques sorts figurant dans la littérature. De fait, une fois libéré des contraintes de son mentor et ayant fait ses preuves sur le terrain de bataille, il commence à expérimenter sur lui-même dans l’espoir de délivrer son épouse emprisonnée dans le monde des fées.

D’une certaine façon, on retrouve dans les épisodes les mêmes longueurs que dans le roman, mais contrairement à plusieurs téléspectateurs dont j’ai lu les commentaires, elles m’ont moins dérangée. Le scénario prend bien le temps de poser les personnages et leurs motivations de sorte qu’ils ne finissent pas plaqués dans leur rôle de bons ou de méchants. On voit se dessiner avec beaucoup de finesse la folie et l’obsession des uns, les ambitions des autres, les relations d’amitié, les trahisons. Le jeu des acteurs est à la hauteur, ce qui n’est pas toujours évident du côté des personnages secondaires, où il est facile d’en faire trop ou pas assez selon le caractère. À signaler, l’interprétation particulièrement réussie du suave Gentilhomme par Marc Warren et du sarcastique Childermass, l’homme à tout faire de Norrell, par Enzo Cilenti. Regrettablement, il y a peu de dames au tableau à part Arabella Strange (Charlotte Riley) et Lady Pole (Alice Englert), la jeune femme ressuscitée par le Gentilhomme et condamnée à vivre dans son univers chaque fois qu’elle dort.

Le visuel de Strange & Norrell est très beau, surtout les scènes se déroulant dans la magnifique campagne anglaise qui a perpétuellement l’air d’être hantée. Les costumes raviront les amateurs, surtout les jolies robes de style Empire.

C’est avec une certaine consternation que j’ai réalisé que les épisodes n’étaient pas sous-titrés. Je mets toujours les sous-titres lorsque je regarde une série en anglais, car je n’ai vraiment pas l’oreille musicale. Il suffit que les acteurs marmonnent ou parlent avec un accent pour que j’en perde de grands bouts. N’ayant pas compris grand-chose du premier épisode, j’ai farfouillé sur Internet pour trouver une solution. Celle-ci est apparue sous la forme du logiciel Submerge, qui permet de coder en dur des sous-titres téléchargeables gratuitement sur certains sites. Impeccable!

Détail intéressant, une partie de la série a été tournée au Québec (j’imagine que les effets spéciaux viennent d’ici). La trame sonore est de Benoit Groulx et Benoit Charest.

Jonathan Strange & Mr. Norrell

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2 Commentaires

  1. Vu et adoré. En ce qui me concerne, je mets toujours les sous-titres anglais pour m’aider (sous-titrés pour malentendants) et ça fonctionne.

    • Dans le cas de cette série, les fichiers téléchargés sur iTunes n’offraient pas du tout de sous-titrage, d’où mes aventures dans l’univers des logiciels inconnus pour remédier au problème.

      Incidemment, comme on ne peut pas modifier les fichiers provenant d’iTunes à cause d’une protection DRM, il a aussi fallu que je les convertisse dans un format plus convivial (et modifiable) avec M4V Converter Plus. Toute ma collection de fichiers y passe systématiquement pour que je puisse faire jouer séries et films sur n’importe quel ordinateur. Yé!

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