The Magicians — Saison 1

The Magicians - Saison 1

Je suis en train de lire le dernier volume de la trilogie des Magiciens de Lev Grossman, une sorte de version pour adultes des romans du genre Harry Potter et Narnia (avec de nombreux clins d’œil aux classiques pour les fans de fantasy). Syfy a eu la bonne idée d’adapter l’œuvre en série télévisée et, après avoir vu la première saison, j’avoue que le résultat est à la hauteur.

Parce que les livres n’ont rien de simple — on y trouve beaucoup d’introspection, de scènes d’étude aride de la magie, de voyages dans le temps et l’espace, et de personnages aux histoires parallèles —, la version télé se permet de grandes libertés en reconstruisant l’ensemble, et c’est sûrement pour le mieux. L’essentiel est toujours là, avec un héros mal adapté dans notre monde ordinaire qui est appelé à fréquenter Brakebills, une école secrète de magie. Entre ses cours, ses mésaventures et ses beuveries, il tente de démêler le mystère entourant Fillory, un univers imaginaire créé par un célèbre auteur pour enfants, univers qui se révélera très vite réel.

Quentin Coldwater, de son vrai nom, est accompagné d’une bande d’amis disparates, chacun ayant son boulet personnel à traîner. Il y a Alice, la « Hermione » du groupe, qui cherche à comprendre comment son frère a péri dans cet établissement; Penny, un macho capable de se téléporter qui est victime d’assauts psychiques; Elliot, un homosexuel qui a découvert ses pouvoirs en causant la mort d’une brute qui le harcelait; Margo (Janet, dans les romans), une fille troublée qui entretient une façade à la fois dure, moqueuse et aguicheuse. Julia Wicker est également présente dans cette saison, même si son histoire n’est narrée que dans le deuxième volume. Refusée par Brakebills, elle cherche désespérément à étudier la magie par tous les moyens — et ces derniers s’avéreront puissants et dangereux au fil des rencontres étranges qu’elle fera parmi la faune cachée de New York.

Plusieurs compromis esthétiques ont dû être apportés, notamment en ce qui concerne l’aspect de la Bête et du dieu Ember, mais cela fonctionne. La Bête, surtout, avec la nuée de papillons entourant sa tête et masquant son visage, est très réussie. Sa première attaque dans une salle de classe figée a beaucoup d’impact. Quant à Ember, normalement un bélier parlant, il a été transformé en satyre maniaco-dépressif. Le nombre d’environnements a été réduit au strict nécessaire, alors nous n’avons pas droit aux extérieurs européens autant que les livres pouvaient le laisser suggérer.

Les rebondissements ont été multipliés pour développer les personnages le plus vite possible et surtout, pour maintenir l’intérêt de l’écoute. On perd beaucoup de l’immensité du travail que les jeunes gens doivent accomplir pour maîtriser leur art; dans la trilogie, ils doivent apprendre des tas de langues, de formules mathématiques et de tableaux de correspondance, par exemple. En fait, Brakebills même est souvent relégué en arrière-plan, au point que lorsqu’un étudiant disparaît littéralement pendant des semaines, le corps professoral n’a pas trop l’air de s’inquiéter. Cela dit, les nombreuses intrigues qu’on nous présente pêle-mêle sont développées avec habileté, et une vérité cachée n’attend pas l’autre. Les relations parmi les héros deviennent de plus en plus compliquées : on ne peut pas se plaindre que le récit se déroule en ligne droite de ce côté.

La première saison se termine sur un punch peut-être un peu trop intense puisque rien n’est finalement réglé. C’est certain que je vais regarder la suite, car l’adaptation m’a réservé beaucoup de surprises.

The Magicians - Saison 1

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