Smarter — Dan Hurley

Smarter - Dan HurleyJe traverse à l’occasion des périodes pendant lesquelles j’écoute des balados de TED Talk pour me changer les idées. Bien que les sujets proposés soient d’un intérêt variable, il m’arrive à l’occasion de prendre en note des titres d’ouvrages mentionnés lors de ces présentations. Ainsi, je suis tombée sur Smarter: The New Science of Building Brain Power du journaliste scientifique Dan Hurley. Dans son bouquin, il aborde les découvertes récentes montrant qu’il est possible d’accroître son intelligence fluide, c’est-à-dire sa capacité d’apprendre et de résoudre de nouveaux problèmes — bref, ce qu’on associe communément au quotient intellectuel. Les percées dont il est question vont à l’encontre de l’idée dominante voulant que chaque individu ait un niveau d’intelligence immuable, certains étant plus ou moins bien équipés que d’autres. Et elles intéressent quiconque a de bonnes raisons de souhaiter développer sa matière grise, allant des enfants atteints de troubles d’apprentissage aux adultes qui cherchent à retrouver leur vivacité d’esprit. Avec de telles prémices, difficile de ne pas céder à la curiosité.

L’auteur nous présente d’abord les expériences du psychologue Torkel Klingberg montrant une amélioration de la mémoire de travail d’enfants atteints de TDAH, et ce, grâce à un régime de jeux vidéo spécialement conçus. Sceptiques face aux résultats publiés, les psychologues Martin Buschkuehl et Susanne Jaeggi ont ensuite tenté le coup de leur côté avec un autre groupe de participants exposés à un régime régulier d’un exercice mental particulièrement difficile appelé « dual n-back » (un truc trop long à expliquer dans ce billet, alors je vous fournis un lien). Utilisant la matrice de Raven comme étalon, le couple a noté une amélioration de 40 points auprès des participants lors des tests de mesure d’intelligence.

L’auteur donne d’autres exemples de scientifiques ayant fait des expériences du genre et ayant noté des résultats semblables. Hurley décide alors de suivre son propre entraînement pendant trois mois afin de voir s’il peut améliorer son score personnel. Après avoir examiné toutes les avenues possibles qu’il décrit en détail, il jette son dévolu sur le dual n-back régulier, l’apprentissage du luth de la renaissance, les séances de sport intensives, la méditation et la stimulation transcrânienne à courant direct (tDCS). S’ensuit un compte rendu de son entraînement, qu’il suit avec une assiduité variable selon l’activité — disons tout de suite qu’il s’avère que la méditation n’est pas son truc.

Sans trop de surprise, il atteint un score plus élevé au test de Raven. Par contre, son QI qu’il fait mesurer à la Mensa ne montre aucun signe d’amélioration notable. Alors, sa matière grise a-t-elle subi une transformation positive ou non? Ce n’est pas clair. Il y a plusieurs formes d’intelligences, comme tout le monde le sait, et plusieurs sortes de mémoires. D’autres processus cognitifs entrent aussi en ligne de compte. Faut-il préciser que l’idée que l’on puisse accroître l’intelligence malgré le bagage héréditaire ne fait pas l’unanimité et que bien des scientifiques tournent l’idée au ridicule?

Sans vouloir prendre position de manière définitive sur le sujet (je n’ai pas du tout les compétences pour le faire), j’avoue avoir moi-même des doutes. Les scientifiques qui avancent que l’intelligence fluide peut être accrue n’ont aucune disposition à se soumettre eux-mêmes à ce type d’entraînement et soulignent que les résultats les plus spectaculaires se remarquent chez les individus à problèmes. De plus, il y a toute la question de l’intelligence transversale — l’idée qu’en suivant un entraînement régulier, on pourra appliquer les compétences nouvellement acquises dans d’autres domaines. Pas sûre. Depuis plusieurs semaines, je joue aux jeux proposés par Lumosity et développés par des neuroscientifiques. Il s’agit d’une des nombreuses avenues proposées pour améliorer ses capacités cognitives. Évidemment, j’ai vu mes scores s’améliorer avec le temps, mais c’est surtout parce qu’à force de jouer, j’ai commencé à discerner des patterns dans les jeux, ce qui me permet de court-circuiter certains problèmes à résoudre. Donnez-moi des jeux entièrement nouveaux, et j’aurai à surmonter une nouvelle courbe d’apprentissage.

Bref, on en prend et on en laisse, au lecteur de voir. Une chose est certaine, si mon intelligence en dépendait, je préférerais apprendre le luth que m’adonner au n-back!

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