Sense8 — Saison 1

Sense8Pour ceux qui auraient du mal à déchiffrer ce titre, la nouvelle série de Netflix se prononce à l’anglaise « Sensate » (sen-seïte). Lancée ce printemps, la première saison ne présente qu’une poignée d’épisodes vite avalés. Il s’agit d’une histoire de science-fiction à saveur humaniste écrite par J. Michael Straczynski (Babylon 5) et le duo Wachowski (anciennement appelé The Wachowski Brothers avant que Larry ne devienne Lana). Ceux qui ne connaissent pas le travail des Wachowski devraient commencer par la trilogie The Matrix.

Sense8, donc, se déroule à différents endroits dans le monde. Quelque part à Chicago, la blonde Angelica accouche psychiquement de huit sensates avant de se suicider pour les protéger. En effet, un groupe tactique mené par un médecin patibulaire fait des pieds et des mains pour capturer ces individus très spéciaux. Il suffit d’en contrôler un pour remonter la filière et attraper les autres.

À la suite de cet accouchement, huit trentenaires n’ayant rien en commun à part leur date de naissance commencent à développer une connexion mentale. Peu à peu, ils se mettent à voir et à ressentir les mêmes choses, surtout lorsque l’un d’eux traverse une situation houleuse, ce qui arrive souvent. Passé une période d’adaptation inconfortable où chacun se demande s’il devient fou, ils finissent par tirer avantage des talents, des connaissances et des traits de caractère qu’offre leur groupe.

La cellule qui nous intéresse — parce qu’il en existe plusieurs — comprend un policier de Chicago plus intègre que la moyenne; une hacker transsexuelle persécutée par une mystérieuse organisation à San Francisco; une D.J. islandaise exilée à Londres depuis un accident de voiture; un chauffeur d’autobus kenyan, fan fini de Jean-Claude Van Damme, qui tente de joindre les deux bouts pour soigner sa mère malade; une étudiante universitaire indienne promise à un type gentil dont elle n’est pas amoureuse; un casseur de coffres berlinois qui règle ses comptes avec sa famille de criminels; une femme d’affaires sud-coréenne qui s’adonne aux arts martiaux; et un acteur mexicain populaire qui cache à son entourage qu’il est homosexuel.

Sense8 est très coloré, du générique nous faisant voyager aux scènes en Inde (notamment lors d’une danse façon Bollywood), en passant par San Francisco pendant la parade gaie annuelle. Créer une histoire internationale a donc au moins cet avantage, en plus de nous présenter un éventail de cultures, de mentalités et d’accents, même si tout le monde parle en anglais.

Les rebondissementds déboulent et les scénaristes ne perdent pas de temps à dépeindre les protagonistes en détail, quitte à laisser planer la confusion au début en espérant que le spectateur s’accroche pour connaître le reste. Et comme les scènes d’action, les découvertes et les cliffhangers se succèdent à toute vitesse, il suffit de patienter pendant deux épisodes pour prendre le pouls de la série. Pour ma part, je me suis bien amusée. On ne s’ennuie jamais, on pense à la série Heroes à l’époque où elle valait le jus, et les personnages sont tous bien sympathiques.

Cependant, à l’instar de HBO, Netflix pousse le bouchon très loin. Même si ça ne saigne pas par geysers au moindre échange de coups de feu, les scènes de nudité sont pas mal graphiques. Ajoutons à cela une suite de naissances filmées en gros plan, comme si le récit nous proposait un cours détaillé de biologie. Dégueu. Et c’est sans parler des divers usages de tampons hygiéniques et des blagues de crampes. Le pauvre acteur mexicain se tape ainsi la première journée de règles de la Coréenne et pique une crise de larmes sur le plateau de tournage. Le flic de Chicago, quant à lui, fait l’expérience d’un accouchement traumatique. Bref, la promiscuité psychique a aussi ses mauvais côtés.

Les meilleures scènes sont celles où chacun y met du sien pour aider un sensate dans le pétrin. Ça peut être des baffes bien placées, des mensonges racontés avec aplomb, ou la confection d’une bombe avec des ingrédients de cuisine. Ça roule!

En tout cas, l’histoire est bien plaisante dès qu’elle décolle. J’ai hâte de voir comment les dernières situations inextricables en date seront démêlées lors de la prochaine saison.

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