Constantine — Saison 1

Constantine - Saison 1Au hasard de mes explorations de YouTube il y a plusieurs mois, j’avais découvert que la BD Constantine d’Alan Moore et ses collègues de DC Comics allait faire l’objet d’une adaptation en série télévisée. Malgré une bande-annonce conventionnelle, j’avais hâte de voir de quoi le produit final aurait l’air.

Sans être une grande lectrice de BD, j’ai bien aimé les quelques numéros de Hellblazer que j’ai lus. D’accord, le dessin n’est pas terrible, comme c’est souvent le cas avec les œuvres réalisées hâtivement pour respecter des échéances serrées. Mais le récit est prenant avec son antihéros maudit dont le Ciel et l’Enfer semblent se moquer.

L’adaptation cinématographique de 2005 m’a plu aussi, même si les « vrais » fans du personnage n’ont pas digéré l’attribution du rôle à Keanu Reeves, qui n’est ni blond ni britannique. Le film propose de belles images, une ambiance réussie d’horreur à grand budget et des personnages colorés joués par des bons acteurs, surtout l’irrésistible diable de Peter Stormare. Ah, il y avait Rachel Weisz et Tilda Swinton, alors que demander de plus?

En fin de compte, de tout l’univers de Constantine, c’est la série télé qui ressort le moins bien. Déjà, l’héroïne qu’on nous présente au premier épisode est subitement mise de côté pour être remplacée par un autre protagoniste féminin. Les scénaristes se sont rendu compte en plein parcours qu’une ingénue ne pouvait pas faire un bon sidekick pour un homme compliqué comme Constantine. Ça commence mal si ce genre de problème n’est pas corrigé à l’étape de l’écriture, non? Bref, la clairvoyante Liv Aberdine (Lucy Griffith) cède la place à l’empathe Zed (Angélica Celaya), non sans avoir fourni une carte des États-Unis — le lieu de toutes les apocalypses — pleine de taches de sang qui se mettent à couler aux endroits où un phénomène surnaturel va se manifester.

C’est donc cette carte qui lance Constantine (Matt Ryan), Zed et Chas Chandler (joué par Charles Halford, c’est un homme qui meurt aussi souvent que Kenny dans South Park) dans leurs aventures hebdomadaires. Le truc est un peu facile puisque personne n’a besoin de faire un réel effort pour savoir où aller! Au fil des enquêtes et avec un coup de main intéressé de l’ange Manny (Harold Perrineau), ils combattent les forces du Mal et finissent par découvrir qu’un vaste complot va libérer un vrai merdier surnaturel de grande envergure. Où est-ce que j’ai déjà vu ça? Ah, oui.

Après avoir regardé neuf saisons de Supernatural avec beaucoup de plaisir malgré ses rebondissements prévisibles et ses menaces saisonnières de fratricide, j’ai l’impression que la série Constantine propose du contenu remâché et prédigéré, ce qui est ironique quand on sait que Supernatural s’inspire de la bédé Hellblazer, jusqu’à vêtir Castiel du même imper beige que l’antihéros britannique. On trouve dans Constantine des trucs très semblables, comme l’utilisation du sel, d’une voiture reconnaissable (ici, un taxi) ou l’aide d’un ange. Les épisodes suivent la BD dans les grandes lignes, sans que les scénaristes se sentent obligés d’y coller absolument, mais toutes les histoires ne sont pas également dignes d’intérêt.

Je ne sais trop que penser de l’acteur principal qui grimace beaucoup et de l’héroïne dont les moues rappellent bizarrement la Sookie Stackhouse d’Anna Paquin. Heureusement qu’il y a Papa Midnite pour apporter une touche de vaudou bienvenue.

Pas certaine que je poursuivrai le visionnement des saisons suivantes. Ça reste à voir.

# Les commentaires sont fermés.

2 Commentaires

  1. Daniel Sernine

    Ouais, je nous sens blasé, là. Et je m’inclus dans le nous… :O/

    • Je regarderai quand même la dixième saison de Supernatural! Il s’agira sans doute de la série dont j’aurai vu le plus grand nombre d’épisodes. The X-Files, avec ses neuf saisons, sera bon deuxième.

      Pour en revenir à Constantine, il a aussi de la concurrence de séries comme Grimm où un policier doit faire respecter la loi et l’ordre parmi des personnages de contes de fées. Les chasseurs de créatures surnaturelles risquent de frapper un mur de saturation et de désintérêt si quelqu’un ne trouve pas une approche originale très vite.

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