Thale

Encore un billet sur la Scandinavie! En janvier, la température s’y prête.

Au cours de mes séances d’exploration de YouTube, j’ai visionné quantité de bandes-annonces et d’aguiches. Celle de Thale, un film à budget limité (2011) d’Aleksander Nordaas, m’a fait découvrir une histoire charmante. Si l’expression « conte de fées moderne » est devenue un cliché avec le temps, elle s’applique néanmoins à cette production norvégienne de façon littérale, puisque l’héroïne est une huldre.
 

 
Leo et Elvis, deux frères, ont une petite entreprise de nettoyage de scènes de crimes. Les hommes sont appelés à s’occuper d’un bâtiment dans les bois où ils trouvent d’abord les restes du propriétaire. Ils découvrent ensuite un laboratoire secret et poussiéreux, un journal de bord enregistré et… une jeune femme nue immergée dans du liquide laiteux. Comble de l’étrange, une queue coupée est conservée dans un congélateur. Leo et Elvis comprennent vite que cette fille, prénommée Thale, est une huldre. Et malheureusement pour eux, des gens dangereux la recherchent.

Ne durant que 75 minutes environ, le film tombe plus dans le fantastique que l’horreur, bien que l’ambiance glauque du laboratoire de fortune se prête à des jeux d’ombres inquiétants. La violence physique et les effusions de sang sont limitées et en grande partie suggérées. Les scènes d’intérieur contrastent fortement avec celles tournées dans une magnifique forêt nordique, l’été et l’hiver. Pour ajouter à la magie, les sœurs de Thale se glissent entre les arbres en espionnant les intrus. Les huldres « normales » ne sont pas du tout d’apparence humaine, et il a fallu les générer par ordinateur. Leur design est très… sylvestre.

Détail curieux, Thale (Silje Reinåmo) ne dit pas un mot. Elle passe une bonne partie du film flambant nue ou pudiquement couverte d’une chemise d’homme, sans plus. Mais quand vient le moment de casser la gueule aux méchants, la créature n’a rien d’une princesse en détresse. Leo (Jon Sigve Skard) est assez drôle d’imperturbabilité, autant face aux gaffes de son jeune frère que devant l’impossible situation dans laquelle ils se sont fourrés. Et Elvis justement (Erlend Nervold), est un homme impressionnable qui n’est pas fait pour les scènes de crime sanglantes. La première image nous présente le bonhomme en train de vomir ses tripes dans le seau à déchets, et il ne va pas beaucoup mieux dans le laboratoire par la suite.

La dynamique entre ces trois personnages qui portent le film sur leurs épaules est réussie. À leurs échanges s’ajoutent des flash-back et une narration en voix hors champ provenant des enregistrements. C’est un truc un peu usé, d’accord, mais il fonctionne bien dans ce contexte.

Thale est sans doute déconcertant pour quiconque s’attend à un vrai film d’horreur. C’est une histoire mignonne avec une fin ouverte qui fait passer un bon moment.

Thale 2011

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2 Commentaires

  1. Daniel Sernine

    Ta culture est un puits sans fond, Laurine, et ta curiosité un instrument finement affûté (sort of…)

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.
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