The Hobbit: An Unexpected Journey

An Unexpected Journey - filmLes trois films de la série The Lord of the Rings ont chaque fois été un moment incontournable de l’hiver pour moi. J’avoue que la fin de l’expérience m’a un peu attristée et je me suis dit un peu vite que c’était terminé. Mais vu le succès de ladite trilogie, une suite s’est imposée d’elle-même avec la transposition du roman The Hobbit. Bien des doutes, des disputes et des changements plus tard, la nouvelle la plus étonnante reste encore celle que le roman est adapté en trois films plutôt qu’un seul. Mais comme An Unexpected Journey prend de grandes libertés, paraît-il, par rapport à sa source, ceci explique peut-être cela. Imaginez ce que le trio Jackson/Walsh/Boyens pourrait faire avec le Silmarillion!

La plupart des critiques du premier volet d’An Unexpected Journey (Un voyage inattendu en français) s’entendent pour dire que le film souffre de longueurs. C’est un fait, les choses démarrent lentement. La présentation des nains, pourtant nécessaire, s’étire. Par la suite, les rebondissements déboulent à une telle vitesse qu’en regardant ma montre, j’ai été surprise de voir qu’une demi-heure seulement s’était écoulée. Il n’en reste pas moins que le visionnement est moins prenant que, disons, The Fellowship of the Ring. Peut-être que je me trompe, mais l’impression de longueur peut venir du fait que Bilbo n’a pas la lourde tâche de sauver les Terres du Milieu des griffes de Sauron — autrement dit, empêcher la fin du monde. Comme les enjeux sont moins importants, la tension dramatique en prend pour son rhume. À vrai dire, An Unexpected Journey est avant tout l’ultime version cinématographique d’une partie de Donjons et Dragons (je sais, je sais, ce jeu de rôle s’inspire de l’oeuvre de Tolkien, alors voilà, il est maintenant sur grand écran).

Erebor

Autre problème, des éléments du film trahissent ses véritables origines, c’est-à-dire un roman jeunesse. La présence de Radagast en est l’exemple le plus frappant. Doux, lunatique et amusant, il s’occupe des animaux de la forêt en faisant moins peur que Treebeard. La séquence où le magicien tente de semer une meute de Wargs en conduisant un traîneau tiré par des lapins aurait été impensable dans la trilogie précédente! Les monstres auraient eu moins d’impact, comme si l’histoire ne les prenait pas au sérieux. Et pourtant, le film n’est pas pour les enfants si je me fie aux couinements apeurés d’un gamin dans la salle («J’ai peur!»).

Dans les grandes lignes, on nous sert des mises en scène connues (et pardonnez le mélange d’anglais et de français): l’introduction dans la Comté, où Frodo et Bilbo s’affairent aux préparatifs de la fête; la traversée des héros dans les paysages rocheux de la Nouvelle-Zélande; la citadelle de Weathertop, toujours infestée de morts-vivants; une bande d’Orcs, ici menés par Azog, qui traquent les compagnons; une pause bienvenue à Rivendell; les montagnes écrasantes et leurs grottes piégées; un sauvetage à dos d’aigle géant, etc. Cela dit, j’ai été heureuse de revoir des têtes connues. D’accord, Gollum est aussi peu sexy, mais grâce aux effets spéciaux, personne ne vieillit, et même Gandalf a la pêche. Galadriel n’a pas une ride, Elrond n’a plus de pores et Figwit s’appelle maintenant Lindir. Quant à Saruman, on commence juste à sentir son attrait pour le côté obscur de la Force.

Il paraît que le trio Jackson/Walsh/Boyens a laissé dans le film des traces du travail de Guillermo del Toro, le réalisateur d’origine. A priori, je miserais sur le cerf que chevauche l’antipathique Thranduil et peut-être des éléments de décor d’Erebor. (Oui, je sais, Thranduil est le père de Legolas [et Gloin, celui de Gimli], mais c’est quand même un sale con.)

La distribution est impeccable. Martin Freeman est parfait dans le rôle du jeune Bilbo, on dirait qu’il a été un Hobbit toute sa vie. Il a les mimiques et les expressions qu’il faut pour nous faire comprendre sa nature contradictoire de pantouflard qui rêve d’aventure. Les nains sont aussi une joie à regarder, surtout que le scénario dose habilement drame et clowneries quand ils entrent en scène. Richard Armitage campe un Thorin grave et obstiné, voire obsédé, qui s’est investi de la lourde tâche de redonner aux nains un lieu où vivre. Chez les nains, chacun y met du sien même si, comme le souligne Balin, ils ne sont pas les plus jeunes ni les plus brillants, ce qui ne les empêche pas de mettre leur ossature à rude épreuve dans une quête en apparence impossible. Bref, la fantasy héroïque 101.

Encore une fois, les décors — réels ou de synthèse — sont époustouflants. J’ai hâte de voir les suppléments dans le futur DVD! En attendant, j’évite autant que possible les sites Web des connaisseurs qui expliquent en long et en large en quoi An Unexpected Journey diverge du roman. Qu’ils amassent donc des fonds et tournent leur propre version.

13 nains

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11 Commentaires

  1. La poursuite en traineau à lièvres n’était PAS dans le roman, fusse-t-il jeunesse! En fait, on effleurait à peine le sujet de Radagast et du Nécromancien (qui s’enlignent pour prendre une place importante). Les créateurs du film ont pris des libertés importantes avec le scénario, notamment en rajoutant des batailles qui ne mènent à rien.

    En somme, je suis sortie du film déçue. Si la première trilogie pouvait suppléer à la lecture du Seigneur des Anneaux (et malgré la longueur des films, on aurait encore gagné en temps, sans mentionner que le rythme des films était meilleur), cette fois-ci le roman reste définitivement supérieur!

    • Peut-être qu’un jour, je vais me résoudre à reprendre la lecture de ces bouquins. Malheureusement, Tolkien est comme Lovecraft: je n’arrive pas à apprécier leurs romans malgré les univers extraordinaires qu’ils créent, et je préfère l’interprétation qu’en font leurs admirateurs. It’s a conundrum!

  2. Daniel Sernine

    Le nain Conundrum est d’ailleurs le plus comique du lot.

  3. @Laurine : Donne une chance au Hobbit : il n’est pas du même tonneau que les autres. (Clin d’oeil aux initiés ici). Beaucoup plus rythmé, il a très bien vieilli. Et puis il est pas long.

  4. Joel Champetier

    J’aurais ajouté la musique de Benny Hill à l’interminable poursuite avec le traineau à lapins.

  5. Sébastien Chartrand

    Terriblement décevant. Vraiment pas à la hauteur du Seigneur des Anneaux, ni visuellement (Erebor n’a absolument pas le souffle de la Moria ou de Minas Tirith), ni dans le jeu des personnages (les nains font vraiment téléfilm dans leur jeu) et les licences sur le livre sont vraiment douteuses… pourquoi planter Radagast de cette façon ? J’aurais préféré Tom Bombaldil, tant qu’à faire… le roi-gobelin est ridicule, les trolls sont à peu près aussi menaçants que les deux voleurs dans Home Alone, le combat d’énigme n’a pas l’oppressant du livre. Les chansons sont vraiment mal intégrées (celle des gobelins étant la pire de toute) et les animaux créés par ordinateur semblent tirés des Chroniques de Narnia… beurk.

    • Pfah! Mais dis-nous ce que tu penses réellement du film. :-)

      J’ai bien aimé Erebor et la chanson des nains, quant à moi. Par contre, je ne me souviens pas de la chanson des gobelins. Ça chante, ce monde-là?

  6. Joel Champetier

    Ah tiens. J’ai assez aimé le palais des Nains, moi aussi. Et leur chanson n’est pas mal.

  7. Sébastien Chartrand

    bah, pour faire un bon point, le hérisson sauvé par Radagast s’appelle Sébastien… :P

  8. Dominic

    Je ne suis pas allé le voir encore étant même un fan de l’univers de Tolkien mais je crois que cette critique fait son travail objectif et m’encourage aussi à aller le voir. Bravo à vous tous pour le site en passant, j’adore venir y faire un tour régulièrement!!

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