Persons Unknown

Persons Unknown

Persons Unknown est une minisérie créée par Christopher McQuarrie qui a été diffusée sur NBC en 2010. Au Québec, elle est passée sur Ztélé en 2011 sous le titre Captifs. Ce mystère psychologique de treize épisodes s’étant attiré des critiques mitigées, il est peu probable que l’expérience se poursuive avec une deuxième saison. Un coffret DVD avait été annoncé, sauf qu’il n’est jamais paru malgré les promesses du réseau. La seule façon de regarder la série est donc d’en télécharger les épisodes, notamment à partir de NBC, Amazon ou iTunes.

Les prémisses sont intéressantes: un groupe d’Américains ordinaires qui ne se connaissent pas les uns les autres sont enlevés par une organisation occulte. Ils se réveillent dans une minuscule ville qui semble sortir tout droit des années 1950. Ce patelin est construit en retrait de toute civilisation et il est ceint d’une barrière infranchissable d’ondes électromagnétiques. Des caméras observent les faits et gestes des otages alors qu’ils tentent par tous les moyens de s’évader. Pendant ce temps à San Franciso, un journaliste travaillant pour un canard à sensation se pique d’enquêter sur ces disparitions sans se douter du nid de guêpes dans lequel il vient de mettre les pieds.

Quelques spoilers suivent…

J’ai eu un peu de mal à embarquer parce qu’au début, les personnages sont campés sans la moindre finesse. Il y a Janet, une jeune mère inquiète de ne plus revoir sa gamine; Joe, un type réservé, mais plein de ressources; Graham, un Marine ayant été posté à Guantanamo; Moira, une patiente d’un hôpital psychiatrique; Charlie, un cadre plein aux as qui se ronge les sangs pour son épouse cancéreuse; Bill, un abruti agressif qui dit vendre des voitures usagées; Tori, la fille dépressive et manipulatrice d’un ambassadeur. Plus tard, une certaine Erika, une femme hyper violente, se joint au groupe pour pimenter les choses: elle a été enlevée au moment où l’État du Texas l’exécutait par injection létale.

On s’habitue aux personnages à mesure qu’ils révèlent leurs petits secrets et établissent des liens de plus en plus solides entre eux. Les rapports ne sont pas faciles et les tensions montent pour un rien, surtout quand l’un d’eux finit par être soupçonné d’être une taupe. En finale, le travail d’équipe est fort bien mis en valeur. C’est même un clou que le scénario martèle avec entrain, avec une touche d’ingéniosité en prime.

Le réseau NBC avait promis non seulement un coffret DVD, mais aussi des réponses à toutes les questions. Il n’en est rien. La minisérie se termine sur une ouverture grande comme ça qui laisse libre cours à l’interprétation. Cela dit, beaucoup de détails nous sont quand même fournis. Le scénario nous emmène d’ailleurs dans les coulisses de l’organisation secrète responsable des enlèvements. Les jeux de pouvoir qui s’y déroulent sont révélateurs, même si en fin de compte, on ne nous éclaire pas sur les objectifs de ces gens. À noter, une scène embarrassante où Robert Picardo fait une brève apparition, grimé en clone de Lucius Malefoy. Il est censé incarner une sorte d’albinos menaçant, sauf qu’avec ses longs cheveux blancs et synthétiques, l’effet est hilarant.

Robert Picardo – Persons Unknown

À travers l’énigme que tentent de résoudre les personnages, on nous présente des concepts de neuroscience et de behaviorisme tout en abordant le fameux débat sur l’existence du libre arbitre. Les otages sont convaincus qu’ils prennent des décisions de leur propre chef, jusqu’à ce qu’ils comprennent que toutes leurs réactions ont été prévues longtemps à l’avance. Leurs plans s’en trouvent systématiquement contrecarrés, sauf à la fin, où ils parviennent à déjouer le scénario de leurs ravisseurs (en travaillant en équipe, bien sûr).

Par la bande, Persons Unknown aborde aussi l’essence de toutes les conspirations, c’est-à-dire l’idée qu’un groupe de gens puissants contrôlent le monde et interviennent dans le déroulement de l’histoire. Ils bénéficient de moyens illimités, comme en témoignent les caméras omniprésentes aux quatre coins du globe. La quantité de personnel qu’ils doivent embaucher pour surveiller les candidats d’intérêt ou les complices du programme défie l’imagination.

La finale est pour le moins discutable après une véritable percée où les otages semblent prendre le dessus. Beaucoup de questions restent sans réponse et, comme dans bien des séries, il faut suspendre son incrédulité sur la corde à linge. Mais Persons Unknown a ses fans et, si une deuxième saison devait être annoncée, j’y jetterais un coup d’oeil pour voir comment la situation évolue. Le mystère est bien entretenu, la dynamique entre les personnages trouve son rythme au fil des épisodes, et peut-être que le libre arbitre a son rôle à jouer après tout…

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