Le Livre des âmes — Glenn Cooper

Le Livre des ames On le devine au titre et à la couverture, Le Livre des âmes de Glenn Cooper fait suite à son premier roman, Le Livre des morts. Ce nouveau volet axe cette fois le récit sur un volume orphelin qui n’a jamais joint ceux de la bibliothèque secrète de la Zone 51. L’enquête porte sur l’étrange parcours du volume et de l’impact qu’il a laissé dans son sillage. Encore une fois, l’auteur emploie la formule du thriller religieux mâtiné de scènes d’action, de «révélations» historiques et de considérations métaphysiques sur la prédestination.

Will Piper est maintenant à la retraite pendant que sa femme, Nancy, poursuit sa carrière au FBI. Comme il s’ennuie ferme, il se laisse entraîner par deux anciens employés de la Zone 51 dans une histoire étrange. Le temps de le dire, il se retrouve avec un volume contenant les dates de naissance et de mort de 1527. Mieux encore, ce volume recèle un secret: une lettre de Shakespeare qui a tout l’air d’être une énigme à résoudre. Piper se rend en Angleterre pour enquêter auprès de la famille d’aristocrates à qui appartenait le volume sans se douter que les gardiens de la Zone 51 sont à ses trousses pour récupérer l’encombrant objet. En parallèle, des flash-back nous apprennent peu à peu comment ce livre a été séparé des autres pour passer entre les mains du baron Edgar Cantwell, puis de Jean Calvin, de Nostradamus et de Shakespeare.

Le Livre des âmes me semble mieux écrit même si les personnages contemporains, le héros le premier, sont toujours aussi caricaturaux. Le lecteur peut oublier les zones de gris: les seuls éléments qui font de Will Piper un antihéros, c’est son tempérament colérique et son penchant pour l’alcool et les femmes. Autrement dit, c’est un mec, un vrai, qui ferait bonne figure dans un scénario hollywoodien. Autre élément qui classe le bouquin dans la catégorie populaire, l’auteur emploie une méthode qui a bien réussi à Dan Brown, celle des chapitres courts et punchés. La majorité d’entre eux se terminent par un indice ou une allusion qui incite le lecteur à tourner les pages. (Au moins, Cooper n’a pas recours à des scènes farfelues comme celle d’un personnage qui saute d’un hélicoptère avec un rideau en guise de parachute!)

J’ai préféré les scènes qui se déroulaient au XVIe siècle, car les personnages y étaient mieux dépeints et plus convaincants. L’auteur nous présente des futures célébrités de l’époque dont la vie est bouleversée par l’existence du livre. Nostradamus nous paraît fort sympathique alors qu’il se dévoue à soigner les gens atteints de la peste.

Une correspondance d’époque s’ajoute peu à peu à l’intrigue, et l’on s’empressera de cacher ces lettres pour qu’au XXIe siècle, Will Piper puisse se lancer dans une chasse au trésor en compagnie d’une jolie fille et d’une bouteille de scotch.

La lecture est divertissante d’un bout à l’autre et, si l’on recherche un moment de détente, Le Livre des âmes vaut le coup. Le roman est sans aucun doute voué au même succès que son prédécesseur, et des petits résumés ponctuent d’ailleurs le récit pour les lecteurs qui n’auraient pas lu ce dernier. Seul hic, la traduction française m’a un peu fait grommeler. Nostradamus s’entête à soigner ses patients en leur faisant gober des «losanges» de sa confection (lozenges) plutôt que des pastilles. Et une agente du FBI appelle le SAMU (!) après une fusillade dans le Nevada; le 9-1-1 ou les services d’urgence auraient été plus appropriés.

Rien n’indique pour le moment que la série se poursuivra. C’est un peu regrettable que nous n’en apprenions pas plus au sujet des étranges scribes roux, mais peut-être qu’un mystère non résolu vaut mieux qu’une explication impossible.

Un commentaire

  1. Sébastien NICOT

    Je cherchais à me documenter sur le bouquin et voilà qui est fait ! Merci pour cette critique qui me donne une bonne idée de ce roman et l’envie de le lire.

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