![[loup-garou chez le barbier]](http://www.fractale-framboise.com/wp-content/eg_citrouille2010.jpg)
Le moment est venu. Sortez vos monstres, faites-leur une beauté, et laissez-les courir! Comme chaque année à la mi-octobre, nous troquons la framboise pour une citrouille et vous proposons une ronde de brèves histoires sinistres. Écrivez-nous vos oeuvres dans les commentaires de ce billet. Nous recherchons des petits frissons, des coups de poignard et des coups d’archet, des regards troublants, des horreurs subites. Une règle: chaque histoire doit faire exactement 31 mots. Pour vous faire une idée du potentiel de ce format, jetez un coup d’oeil aux textes des années précédentes.
La citrouille volera jusqu’à la fin du mois. À vos claviers!
(Vous ne voyez pas les citrouilles? Assurez-vous de rafraîchir la page.)
(image trouvée sur Black and WTF)
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Chaque rafale balance le pendu. La condamnée clouée au plancher de l’échafaud hurle tandis que la lame fixée aux pieds du cadavre trace un autre sillon dans sa chair nue.
Merci, Gen, d’avoir ouvert le bal! Bon, je m’essaie aussi:
La maison t’attendait. Spacieuse, élégante, bien conservée, patiente. Attentionnée. Les habitants précédents étaient décevants: vite usés et si fades vers la fin. En refermant derrière toi, la porte croasse ton nom.
Ton coeur vibrant d’amour éternel
Doux berceau de toutes les passions
Entre tes seins, délice charnel
Nid d’émotions, perte de raison
J’ai entendu le pressant appel
Mon estomac sera ta maison.
Ton torse qui se cambre
Une fissure entre tes seins
Un rideau rouge. L’acier, tranchante,déchire.
Ébullition. Geyser.
J’entre en toi. Tu es mienne
Le baiser de la mort.
Les Croisières Styx vous souhaitent une agréable traversée. Essayez notre service d’appels d’outre-tombe offert à partir de minuit. Envoyez aussi une malédiction chantée pour laisser à vos proches un souvenir impérissable.
- Entrée par effraction, viol, meurtre au second degré, profanation d’un cadavre, cannibalisme. Votre défense ?
- Fuck off ! C’est pas vrai que chu trop vieux pour passer l’Halloween ! Vieille folle…
Mais non! C’est pas parce que j’ai fais une poupée avec tes cheveux que c’est une poupée vaudou, voyons! Comment va ton estomac? T’as toujours des douleurs?
(@Eric : On dirait toujours que les gens sont gênés de commencer…)
L’enseignant contemple leurs yeux vides et leur teint cadavérique. Leur bouche perpétuellement ouverte éructe des paroles inarticulées. Leurs mains peinent à aligner dix mots sur leur copie.
« Maudite Réforme! »
Les convives sursautèrent en apercevant cet homme gras à la petite moustache qui allait maintenant diriger Alire.
« Je me présente : Monsieur Bob », dit-il en tirant sur son cigare.
(Bon, j’avoue qu’il faut fréquenter le blogue de Hugin et Munin — http://hu-mu.blogspot.com/search/label/Bob — pour la comprendre mais je pouvais pas résister… :-) )
La foule scandait: «BOOOB! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob! Bob!»
(Je me demande si on gagne une reconnaissance spéciale en trichant? J’aurais sans doute dû inventer une scène où l’on sacrifie le bon goût sur l’autel doré du profit, mais ça faisait un peu bliblique.)
(À Laurine: Hé hé… Mais où est la tricherie? Ce n’est pas interdit de proloner l’histoire d’un autre… :-) Et tiens, comme je suis en inspiration aujourd’hui:)
Les quatre mandibules du petit Predator cliquetaient timidement. Il avait l’air gêné d’être le gagnant. Elle soupira : sur Terre, jouer à la bouteille était anodin, mais ici, à l’école spatiale…
À Éric ! ça devrait te rappeler des choses…
« Curry de curé… Ayatholla à l’aïoli… Boudin de Bouddha… Pff’, quel choix! Bin je prendrai un steack de Tartare cuit sous sa selle, et un Jello d’angelot pour dessert. »
xxxAlice
(en direct de Kerfaven-city, Kreizbreizh)
« La viande froide, toujours la viande froide, j’en ai soupé ! ». En ronchonnant, l’Ankou se commanda un carpaccio qu’il noya de ketchup, et arrosa le tout d’une « Mort Subite ».
(après on va dire que les français ne pensent qu’à bouffer… allez, pour me rattraper, une petite dernière !)
Tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Il aurait aimé. Malheureusement, c’était impossible depuis qu’il avait demandé à la conteuse: « Et vous faites quoi, sinon, comme VRAI métier ? »
@P.A.C. (Man?): On peut bien prolonger l’histoire d’un autre si on veut, mais je ne me suis pas trop trop forcée avec mes 31 mots. Faudra que je mette mes neurones au travail, là.
@Alice: bien trouvé, ce Jello… et oui, ça rappelle de bons souvenirs. Et je sympathise pour la dernière. :)
« Alors comme ça, vous êtes artiste ? Comme c’est intéressant… Bon, eh bien, nous allons tâcher de vous réorienter au mieux… Quelquechose de rentable… D’utile, au moins… Sérieux… »
« Monsieur?
« Monsieur ? »
Les amis (y compris ceux que je n’ai pas encore l’honneur de connaître), ça m’éclate, votre petit challenge (avec un mauvais jeu de mots, on pourrait dire que c’est un challenge « à la petite Samain », mais ce serait péjoratif, je crois)… Je m’amuse comme une petite folle ! je r’viendrai ! :)
héhéhéhéhéhé…
Sur l’asphalte, seuls ses pas résonnent. Devant la cordonnerie, la lumière du porche s’éclaire. Le cordonnier ouvre. » T’as cogné? » Elle secoue la tête, elle n’a rien entendu.
Voilà mon essai pour ma première intervention sur les Framboises temporairement Citrouilles…
« T’as du feu, chéri? » demanda la jolie pompiste à son amant pyromane.
…
Voilà des semaines qu’il lui cassait les pieds avec ses envies de dîner en tête-à-tête. Il n’aurait pas dû. Elle avait décidé de le prendre au mot.
…
Quel beau feu d’artifice ! ça pétait dans tous les coins. Ils y avaient mis le paquet, question budget.
Oh ! La belle rouge !
Oh ! La belle bleue !
Oh ! Le beau champignon !
« Je ne ferai plus affaire avec vous. »
« Mais… »
« J’avais demandé un homme vigoureux ! Pas une chiffe molle qui meurt en une heure ! Dire qu’on va devoir recommencer le tournage… Déshabillez-le ! »
À vendre – Petite hache acier inoxydable, pinces, marteau, scie circulaire, matériel médical (scalpels, écarteurs, extracteur), lot gants latex, bâches et sacs poubelle toutes tailles. Prix négociable. Appeler pour RDV. Discrétion assurée.
@ Pascale: C’est du matériel qui a déjà servi?
On marchait dans le couloir. Un pas traînant, lourd, intemporel. Sous les couvertures, Claude épiait, estomac noué, boule dans la gorge. Il alla ouvrir. Personne. Pourtant, on marchait dans le couloir.
Antoine se recroquevilla, ferma les yeux, ouvrit la bouche. Aucun son. Avant que se ferment pour la dernière fois ses yeux, une main grisâtre retira un organe palpitant de sa poitrine.
Il y eut le sofa, les coussins, puis l’œillade. Le palabre, les confidences, les soupirs. L’approche, le murmure, le gazouillis. L’effleurement. Les jeux de mains, l’empoignade. Ultimement, la lame trancha.
(en changeant quelques mots à un passage de «La Visite du vendredi»)
Un homme poilu vêtu de sous-vêtements féminins. Un cliché de la jambe mutilée d’un accidenté de la route. Un gros plan d’un BigMac.
Il recrache son café. Dégueulasse!
Il ne comprenait pas «motus». Exaspérée, Maman lui avait expliqué pour la cinquième fois que c’était un mot inventé. «Bouche cousue», par contre, il comprenait. Les fils commençaient d’ailleurs à piquer.
Elle dit:
- ça manque de sel…
Empoignant le marteau, il écrasa vigoureusement les doigts de l’enfant attaché à la table. Hurlements et larmes abondantes tombant dans l’assiette.
- Merci.
(Bon, je vais enfin pouvoir essayer cette année. J’ai deux textes qui attendent, depuis deux ans, dans le fond de mon tiroir, à être publié ici. Bon, je me lance :)
Un tumulte confus s’éleva à l’étage. Inquiétée, Sara gravit les degrés de pierre qui l’en séparaient. Arrivée au sommet, haut-le-cœur, Manuela enserrait de ses mains le frêle cou de son félin.
(Et voilà le deuxième: (un peu raide, je dois avouée))
Marie, immobile sur un escalier mécanique en mouvement, lit avec attention son journal. Un grand diable survient derrière elle, tirant à lui sa sacoche. Elle perd l’équilibre. Dégringole l’escalier de métal.
(Désolé de ne pas avoir participé beaucoup. Je suis à Toronto, où je sors d’une fort bonne édition du Festival of Oral Literature (FOOL). Je suis heureux de voir qu’il continue de s’ajouter ici du matériel de qualité. Merci! Voici une petite contribution-carte-postale:)
Toronto grise et mouillée. Les freins du métro crient comme des âmes damnées. Les zombis sur Bloor crient plus fort encore et n’émeuvent personne. Le prochain maire fait bien plus peur.
@Laurine : il faut venir voir le matériel pour le savoir ;-)
@Pascale: Hum. Nan. L’expression «discrétion assurée» fonctionne dans trop de sens, genre pièce insonorisée en pleine cambrousse sur fond de banjo.
Il se passait quelque chose d’étrange -vraiment bizarre.
Un chien allait et venait, traînant derrière lui sa laisse.
Au bout de la laisse, une main.
Mais pourquoi une main ?
Bizarre…
Laurine se rendit au rendez-vous. Sur place, elle eut une crevaison. Elle entra avec réticence dans la maison isolée. Un air de banjo flottait dans l’air. Personne. Soudain, un grincement…
Ouf, ce n’est que de la fiction. Je ne conduis pas! :)
L’écorce frissonne alors qu’une racine s’extrait de l’humus. Une branche nouée enserre mon corps tremblant. Je sens une pression qui s’insinue en moi. Un arbre pervers me viole. Encore et encore.
Laurine se souvint qu’elle ne conduisait pas. Comment avait-elle pu arriver près de la maison au banjo? Elle ne se souvenait pas de son arrivée…
Leonardo Di Caprio vint à elle.
(Euh, pour la comprendre, tu as vu « Inception » Laurine? :-))
(Bien sûr, un loup-garou pour conclure :-) )
Que son petit copain l’aime vêtue de rouge passait. Qu’il aime porter une laisse, d’accord. Mais être menacé avec un journal roulé?
« Bah, chacun ses perversions… »
La pleine lune se levait…
(À Gen: inutile de crier le mot en « F »…)
Pas vu Inception, damnède. Est-ce que Leonardo se transforme en loup-garou?
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Que me voulait ce type? «Bonsoir! fit-il. Avez-vous besoin d’une hypothèque? De Prozac par Internet? De porno équine?» Horreur! Le zombie que je pensais avoir définitivement effacé de mon blogue s’approchait…
Le chêne craque sous l’orage, présage d’une mort imminente, châtiment d’une promesse non tenue. Le tabouret vacille, dernière hésitation. Le pied tremble avant le grand saut. La corde se raidit. Adieu.
Elle regarde le couteau sans comprendre. Nom, lieu, pourquoi, sa mémoire effacée, et ce corps, tant de sang. Qui l’a tué? Ses mains tachées. La victime gémit. Autant finir le travail.
Sous la lune perverse, cinq griffes rampent, crissant sur les stèles, ébréchant la pierre, décapitant les roses. La grille du cimetierre. L’ennemi tout près. Vengeance. Sa tête plantée sur un pieu.
Sa peau frémit de désir. Elle lèche ses lèvres, essuie sa salive. Ce coeur si tendre, qui bat trop près de sa bouche. Danger. Interdit. Écarter ces pensées impures. Trop tard.
(Merci Isabelle pour ces textes en rafale. L’Halloween est passée mais c’est aujourd’hui le Jour des morts, et la citrouille roule toujours. Voici une autre contribution:)
Mélancolique, il décrocha les décorations d’Halloween: les chauves-souris en plastique, les fantômes diaphanes, les sorcières en carton, la main coupée, les… Une main? Trop tard: les doigts enserraient déjà sa gorge.
Et voilà, c’est la fin. Merci à tous ceux qui ont participé. Nous rangeons la citrouille… mais ce n’est que partie remise!
Et n’oubliez pas de rafraîchir votre page pour retrouver son teint rosé!
Merci à vous, pour ce petit jeu d’écriture divertissant et surtout stimulant à souhait.
ça mérite d’être exploré en profondeur (je ne vais pas m’en priver, je crois, c’est un super exercice !)et réitéré -mais ça, vous le faites déjà !
Encore merci et à la prochaine.
Alice
««« Quel beau feu d’artifice ! ça pétait dans tous les coins. Ils y avaient mis le paquet, question budget.
Oh ! La belle rouge !
Oh ! La belle bleue !
Oh ! Le beau champignon ! »»»
Excellent, Alice, excellent ! :)
Ah bin heu, merci…
(je sens que je rougis, là…)