Sandman Slim — Richard Kadrey

Sandman SlimSi la lecture de Sandman Slim provoque un sentiment de déjà vu, c’est parce que le roman rappelle beaucoup la série Hellblazer qui met en vedette Constantine, le chasseur de démons désabusé. Ici, Richard Kadrey ne réinvente pas la roue ni la fantasy urbaine, mais ne laissez pas ce détail vous arrêter, surtout si vous aimez les histoires dans lesquelles interviennent des anges et des démons sans que le propos ne devienne bassement manichéen.

L’antihéros du jour, James Stark, vient de passer onze ans en enfer où il a fait office de gladiateur pour divertir la population infernale. Un pouvoir de guérison surnaturel lui a permis de survivre assez longtemps pour planifier son évasion. Manque de pot, il se retrouve à Los Angeles, qui n’est pas un endroit tellement plus recommandable. Sa petite amie est morte, assassinée par les mêmes sinistres individus qui lui ont volé plus d’une décennie de sa vie. S’associant à des alliés magiques et humains, Stark décide de se venger en éliminant la clique de magiciens corrompus. Mais sa vendetta l’amènera à découvrir les rouages d’une conspiration occulte dans lesquels il sera bien vite aspiré. Pour compliquer les choses, la branche paranormale du Department of Homeland Security le tient à l’œil…

Stark (alias Sandman Slim) boit, fume, s’adonne à des activités explosives, affronte les néo-nazis qui apparaissent obligatoirement dans ce genre de récit, et bousille ses vêtements avec la régularité d’un métronome. On pourrait le prendre pour le loner traditionnel, sauf qu’il se fait facilement des alliés, eux-mêmes des personnages au passé trouble, tous campés avec assurance. L’action déboule comme dans un film hollywoodien, ça tire dans tous les sens et ça se trucide sans remords. L’auteur ponctue le tout d’un humour noir et sanglant, ce qui explique pourquoi le héros se retrouve très vite en compagnie d’une tête coupée dont il essaie de tirer des renseignements.

L’intervention du Department of Homeland Security est un signe des temps. À une certaine époque, l’agence gouvernementale de circonstance aurait été le FBI — pensons aux X-Files et à Hellboy. Depuis ce 11 septembre fatidique en 2001, il semble que la créature de J. Edgar Hoover ait été reléguée à l’arrière-plan pour faire place à une entité encore plus inquiétante. Dans la fiction d’aujourd’hui, qui de mieux que le DHS, dont les activités réelles inquiètent bien des Américains, pour déployer une force tactique paranormale dont personne ne soupçonne l’existence?

L’histoire se termine avec le héros qui devient un genre de contractuel de l’étrange, travaillant pour Dieu, diable ou toute entité acceptant de le payer. La conclusion laisse entendre qu’une suite pourrait voir le jour. Sandman Slim est à lire pour son intrigue dynamique et son univers aux relents d’alcool, de cigarette et d’essence.

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