True Blood — Saison 1

True Blood - Saison 1 Après avoir éreinté les romans de Charlaine Harris, je suis contente de pouvoir dire du bien de l’adaptation du cycle «The Southern Vampire Mysteries» en série télévisée. True Blood est une création d’Alan Ball, dont la feuille de route inclut aussi Six Feet Under. Parce que le travail d’adaptation a été fait par des gens qui savent écrire avec compétence, le résultat est une série divertissante, bien rythmée, irrévérencieuse et teintée d’humour noir. Même si plusieurs scènes ont été tournées à Los Angeles, l’ambiance rurale louisianaise est bien mise en valeur. Il n’y a pas de scène dans les bayous à proprement parler (du moins, pas en première saison), mais les vieilles demeures sudistes et le bar de Merlotte perdu dans les bois sont des choix esthétiques judicieux. Le tout est agrémenté d’une trame sonore pittoresque et d’une intro aussi inquiétante que celle de Dexter. Les scènes de jour, torrides et lumineuses, offrent des contrastes saisissants avec les scènes de nuit où le sang coule.

Contrairement à ce qui se passe dans les romans où tout est raconté du point de vue de l’héroïne, True Blood offre des perspectives multiples, des histoires parallèles qui finissent par se rejoindre. L’ensemble de la distribution a donc une certaine marge de manœuvre pour développer une galerie de personnages attachants et parfois très complexes malgré une première impression un peu caricaturale. Le rôle de Sookie Stackhouse est tenu par Anna Paquin, qui réussit à rendre crédible une femme-enfant pleine de contradictions; par exemple, elle est pieuse et collet monté, mais porte toujours des tenues légères. L’actrice doit s’exprimer avec un accent du Sud prononcé, ce qui ne doit pas être aisé. La première saison développe beaucoup l’entourage immédiat de Sookie, dont Bill Compton (Stephen Moyer), Sam Merlotte (Sam Trammel) et l’excellente Tara Thornton (Rutina Wesley). Mon préféré reste Lafayette Reynolds (Nelsan Ellis), le meilleur personnage gai de l’univers. Le seul que je n’aime pas du tout est Jason Stackhouse (Ryan Kwanten), qui est aussi creux dans les romans qu’à la télé. Il paraît que les choses s’améliorent en deuxième saison.

En gros, la première saison de True Blood suit les grandes lignes de Dead Until Dark. Les vampires ont fait leur «coming out» deux ans auparavant et vivent dans les pays qui leur reconnaissent des droits. Aux États-Unis, l’assimilation ne se fait pas sans peine. L’American Vampire League, qui réclame des droits égaux, est attaquée par le Fellowship of the Sun, un groupe de fondamentalistes chrétiens qui usent des mêmes discours que l’on entend contre la communauté gaie. Voyez l’un des pasteurs s’inquiéter de la possibilité que les enfants puissent entre en contact avec des vampires dans les cours d’école, ce qui fait bien rigoler le vampire gai qui regarde l’entrevue à la télé. Le message social sur la tolérance n’est pas bien difficile à discerner.

On nous présente le petit univers de Bon Temps, Louisiane, où la routine est perturbée par l’arrivée de Bill Compton, un vampire qui s’installe dans la demeure d’un de ses descendants. D’autres vampires moins recommandables suivent et bientôt des femmes de la localité sont retrouvées assassinées. Les soupçons se portent évidemment sur les suceurs de sang, mais il est devient clair que le tueur s’en prend aux mortelles qui les fréquentent. Sookie devient alors une cible de choix et la tâche revient à son entourage de la protéger, quitte à user de méthodes peu orthodoxes.

Le coffret offre des suppléments rigolos, dont des fausses pubs comme on en a vu dans Six Feet Under. Il y a également un faux reportage sur les vampires en Amérique qui permet au spectateur de comprendre comment s’est déroulée leur arrivée sur la scène publique. Le coffret de la deuxième saison devrait sortir au mois de mai et vous pouvez voir la très belle promo de HBO sur Youtube. Je recommande aussi de jeter un coup d’œil au site Web officiel, en cliquant sur HBO USA, pour voir des clips de la première et de la deuxième saisons, chacune ne faisant que douze épisodes.

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4 Commentaires

  1. alex

    bonjour
    la saison 2 est encore meilleure ! et jason est plus intéressant …
    par contre je ne lirai pas les livres, merci de m’avoir fait gagner du temps…
    alex

  2. Bonjour, grâce aux DVD, j’ai pu voir la série en France. J’ai beaucoup aimé mais quelle frustration quand on arrive au 12ème épisode de la saison 1, car on on ne sait pas qui est le tueur et comment évoluent les personnages? Je suis d’accord pour trouver le frère de Sookie insupportable et « tête à claques », en revanche les vampires sont craquants. Je n’ai pas lu les romans et en te lisant, je ne pense pas le faire. Bonne journée.

  3. Il me semble que l’identité du tueur est justement révélée dans le 12e épisode, non?

  4. Daniel Sernine

    La vraie nature de Sam Merlotte est révélée dans le 9e, l’identité du tueur dans le 12e, et les amorces pour la deuxième saison sont mises en place dans le 11e et le 12e, amorces qui pourront mener au comique autant qu’au dramatique.

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