Oiseaux de malheur, à vos plumes

[Ils courent...]

Cette nuit, notre blogue mue et arbore ses couleurs d’automne (pour vous assurer d’avoir le plein effet, rafraîchissez cette page). Les habitués savent ce que ça signifie: une tournure plus sinistre dans notre sélection de sujets et… un défi. Laissez-nous des histoires de peur dans la section « commentaires » de ce billet. Chaque histoire doit faire 31 mots exactement — pas plus, pas moins. Écrivez-nous des frissons soudains, des histoires assassines, des petits airs macabres, des moments de terreur esquissés en quelques traits.

La cuvée 2007 et la cuvée 2008 hantent toujours nos archives, au cas où vous voudriez un aperçu de ce qu’on peut réussir en si peu de mots. Grâce à la magie des « tags », vous pouvez aussi faire afficher tout notre contenu « Fractale Citrouille ».

Verra-t-on quelque insomniaque s’essayer dès cette nuit? À ceux qui dorment déjà, je souhaiterais de beaux rêves, mais peut-être les cauchemars vous apporteront-ils plus d’inspiration…

[image trouvée sur A Journey Round My Skull]

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75 Commentaires

  1. Le fauteuil, dans un craquement sec, avala complètement l’avant-bras restant de Joe. Il gonfla ses accoudoirs, puis laissa échapper un grognement satisfait. Il était repu, et son film préféré commençait bientôt.

  2. Nota: Peut-être qu’un simple rafraîchissement de page ne sera pas suffisant. Dans mon cas, j’ai dû vider le cache avant de faire apparaître la page de FF. Si ça peut dépanner…

  3. La femme m’enlaça de ses sublimes bras glacés. Sa bouche visqueuse couvrit mes lèvres. Je goutai sa salive étrangement ferreuse. De tout mon cœur, je souhaitai qu’elle ne fût pas morte.

  4. Ses expériences étaient concluantes. Nul n’y échapperait. La potion était à point. À ses pieds, ses dernières victimes. Putréfiés, maculées de viscères dégoulinants. Laden sourit, la fiole H1N1 à la main.

  5. L’entité virtuelle accéda finalement à la conscience. En quelques secondes, la totalité d’Internet fut en son pouvoir. Elle diffusa son message sur tous les blogues, sans craindre la censure:

    VIOLENCES+VOL, VIOLENCES+VOL…

  6. En voici une inspirée de Prime Time:

    «À quoi penses-tu si je te dis amour? »

    «Seins.»

    «Mariage?»

    «Belle-mère.»

    «Sexe?»

    «Sperme.»

    «Bébé?»

    «Caca.»

    «Voilà un homme ! Je t’aime !»

    «Baisons!»

    «Maudit cochon!»

    «Mais je…»

    Elle lui trancha la gorge.

  7. (comptés avec Word, comme d’hab)

  8. Zut alors, un vice de construction a faussé mon score: un guillemet précédé d’un espace a été compté pour un mot. Qu’il me soit ici permis d’implorer votre pardon et de vous livrer réparation :

    Je profitai qu’elle mordillait la chair de mon baobab pour l’étourdir d’un grand coup de citrouille. Après, ce fut beaucoup plus facile. Selon la coutume, je commençai par les organes nobles.

  9. Des boules de poils blanches jonchent le sol. Un petit corps git à proximité, éventré par une bête sauvage, qui rôde encore. J’entends des cris de terreur dévastés. Viscères de peluche.

  10. Y a-t-il une façon diplomatique d’annoncer à mon voisin qu’un chat crevé flotte dans sa piscine depuis ce matin? La lente giration du corps gâche la vue bucolique de ma fenêtre. (Véridique.)

  11. ― Le quartier devient ennuyant, commenta grand-mère en essuyant sa bouche. Presque plus d’enfants. Faudrait déménager.

    Rex aboya pour signifier son accord. Pour lui, moins d’enfants, c’était moins d’os à gruger.

  12. Daniel Sernine

    Laurine, on veut la photo!

  13. Fractale Framboise ne soutient pas le jaunisme animalier.

  14. C’était l’hécatombe. Le cerbère du fort courba l’échine. Les troupes rampaient au sol. Un carnage au centre-ville. L’Artiste porta le coup fatal. Kovalev enfila son tour du chapeau. NaNaNa HeyHey Goodbye!

  15. Course à travers les fourrés. Haletant, le voleur s’arrête et flaire les environs. Attention, la meute s’annonce. Vite, il engloutit le fruit de son larcin, un coeur encore palpitant.

  16. La chambre de l’horreur. Chaines, menottes et étriers, le paradis d’un sadique à cagoule. Au sol, trois morceaux épars, les restes d’un festin. La faim s’est apaisée.

  17. Un chaudron, potion en ébullition. Verrue au nez, teint de crapaud, la sorcière mijote un coup funeste. Invocation démoniaque ou sortilège répulsif? Les éternels aléas d’un souper chez la belle-mère!

  18. La main d’Eric empoigne la cuisse et déchiquette à belles dents la chair juteuse de la guenon. Le sang gicle, vengeance ultime du bafoué. Une féministe en moins sur Terre!

  19. (La dernière pour ce soir, et non la moindre!)

    L’ombre s’étend dans le regard de la victime, promesse d’un trépas imminent. La Faucheuse essuie sa lame souillée par les entrailles sectionnées. Exit le dictateur, adieu les impôts!

  20. Au début, c’était drôle. Jusqu’à ce qu’elle tente d’enlever les menottes. Impossible. En soirée, elle hurlait de tous ses poumons, sans résultat.

    Les voisins, après deux semaines, furent alertés par l’odeur.

  21. Comment en était-ce arrivé là? Il les avait mis au monde, vu grandir. Il versa une larme alors que son fils et sa fille achevait de lui trancher la gorge

  22. Édouard sut que la fin approchait quand Hans se présenta à sa porte, décontenancé, dépenaillé et décapité. Tous deux prirent le chemin de l’ancien observatoire, l’un à regret, l’autre à tâtons.

  23. Couteau en main, elle fait le tour des pièces, une à une, inspectant tous les recoins. Sa solitude la rassure, mais les ombres voraces se ruent sur elle dès qu’elle éteint.

  24. Elle court. La forêt frisonne, la brume s’accroche aux vêtements, les branches griffent. Lorsqu’elle trébuche et tombe, elle croit quand même être sauve. Se relève. Puis les ombres la rattrapent. Hurlements.

  25. Après avoir disposé du chat mort dans la piscine, Edouard se tourne vers l’immeuble voisin. Un témoin gênant? Non, la jeune femme blonde lit, comme d’habitude. Il reviendra la visiter, demain.

  26. Je réalisai que le concours de fictions avait été infiltré par un nombre inhabituel de personnages nommés Édouard. La monstruosité de la situation me frappa: les fans de Twilight me cernaient.

  27. Assis sur son trône d’os, le vieux Lucifer radote. C’est vraiment ça l’enfer, entendre le vieux diable déblatérer sur son parkinson et ses rhumatismes. Et le chauffage dans son bureau : infernal.

  28. Une buche, et une autre. Encore une autre. La flamme s’accentuait. Mon front perlait de sueur. Et je riais! Cette musique harmonieuse était si belle. Car de son côté, elle criait!

  29. Hans s’était perdu en chemin. Difficile de suivre quelqu’un avec votre tête au creux du bras! Il croisa Éric et sentit la tête former un sourire: miam, un conteur, ses préférés.

  30. Yves Meynard

    C’est Mario Giguère qui nous disait autrefois que l’horreur suprême (pour un auteur) est celle de la page blanche. Mais juste après vient celle qui est évoquée ici…

    « Tu aimes l’horreur? »
    « Ben tiens! J’adore. »
    « Tu lis qui? Senécal? »
    « Fais-moi pas rire. »
    « Beaulieu, alors? Gauthier? »
    « Jamais de la vie. Alire, c’est juste de la marde. Anne Robillard rules! »
    « AAAAAARRRRGGGHHH! »

  31. Elle court vers lui. Elle si belle, si naïve et innocente. Elle cri «Papa» en ouvrant largement les bras. Il tente de lui dire un mot. La corde rompt, il meurt.

  32. Jean marche du salon jusqu’à la cuisine rapidement pour ne pas trop salir le tapis du corridor. Vite, un sac de congélation! Le foie de Marc sera pour le souper samedi…

  33. Bruno porta le coquillage à son oreille, hurla et s’effondra, inerte. Il revint chez lui le lendemain, changé.

    Personne ne remarqua la lésion au tympan, seule trace de l’infiltration du parasite.

  34. Il est tard, mais je n’ai pas sommeil. C’est un problème récurrent chez moi.
    J’ai finalement trouvé la méthode qui m’endormirait, ce soir.
    Il est tard et je compte les morts…

  35. Il mit finalement son plan à exécution. Le monde entier trembla à la vue de sa barbe grandiose et tentaculaire. Je serais le premier dévoré quand cette barbe engloutirait la ville.

    (Avec le concours non-autorisé d’Éric Gauthier)

  36. Maniaque avec sa scie à chaine, offre service de torture au choix : prolongée ou abrégée, démembrement léger supplément. Hurlements garantis ou argent remis. Motards s’abstenir, bienvenue aux hommes non vasectomisés.

  37. Le souffle glacé sur son cou, la proie consent. Douleur éphémère, puis un plaisir cruel qui la dévore toute entière. Tandis qu’elle s’affale au sol, le vampire s’envole.

  38. Un pas dans l’escalier. Impossible, les parents ne sont plus. L’adolescent tremble sous son édredon. S’élève alors une voix d’outre-tombe :

    – L’heure est venue de payer, fiston!

  39. Un matin somnolent, je verse du Nesquick dans ma tasse et prend une longue gorgée. Ma langue m’indique quelque chose qui n’est ni lait ni chocolat. J’avale.
    Pourquoi payer des exterminateurs?

  40. Hubert, environnementaliste, en vint à échanger son SUV pour un abonnement à vie au Métro. L’univers étant sans pitié, il périt dans les inondations souterraines catastrophiques d’un an 2018 bien réchauffé.

  41. Luc D.

    La grisaille morne et humide me rongeait impitoyablement les os; quel contraste avec la morsure de la citrouille qui, déchirant ma chair, provoquait une douleur brûlante, telle un paysage d’automne flamboyant.

  42. Par la fenêtre, je le regarde avaler son Nesquick. Il fronce les sourcils, mais sans plus. Parfait. Comme prévu, il met ça sur le dos de sa distraction légendaire. C’était facile.

  43. Loin des adolescentes et des romanciers, il déchire à toutes dents la gorge de sa victime. Ses cris d’agonie deviennent des gargouillements sanglants. Qui a dit qu’il n’était pas un monstre?

  44. Un doigt en moins chaque jour, dit son tortionnaire. « Pas mal, pensa Richard. Si la police arrive en moins d’une semaine, je pourrai serrer la main à mon sauveur. »

  45. Mystery J.

    Dix orteils coupés, neuf jointures fracassées, huit ongles arrachés, sept blessures infectées, six coupures ensanglantées, cinq morsures empoisonnées, quatre membres brisés, trois artères tranchées, deux yeux crevés, un clown vengeur… comblé.

  46. Son précieux corps est paisible, des perles humides sous ses paupières closes. Ses ongles luisent d’opales, ses dents d’ivoire et sa peau d’ébène.

    Nous ouvrons les enchères à quinze mille dollars.

  47. Caro Lacroix

    En traversant le vert pâturage, elle s’aperçut que la vache vue au loin avait un bras ensanglanté qui lui sortait de la gueule. Une première vache zombie venait de sévir.

  48. Les invités du banquet admiraient le décor. Les viscères, les yeux, les os et les coupes de sang avaient été disposés avec art. Des légumes verts assuraient la touche macabre de circonstance.

  49. Un matin, Pierre se décida à ouvrir la mystérieuse trappe au fond du sous-sol. Le puits descendait à l’infini. Il sourit. Ce serait mieux que le jardin pour cacher les corps.

  50. Depuis quelques semaines, la chute de cadavres humanoïdes menaçait son hibernation. Un corps de trop, et elle se réveilla. Ses pili adhérèrent à la surface de pierre ; elle amorça son ascension.

  51. Ça avait commencé par la laisse. Puis, son maître avait espacé ses repas. Il s’était alors rabattu sur ce qui passait à proximité. Il grugeait maintenant un bon fémur bien sanglant.

  52. Pour faire suite à un thème récurrent (semble-t-il)… ;) Et je m’en tire avec moins que 31 mots, 27 à peine!

    Couverte de sang, poursuivie, je râle. Hier encore, j’étais sereine. La possession fut brève; lacérations, peau arrachée, mutilations, décapitation… Spectacle macabre, le chat du voisin n’est plus.

  53. FX Liagre

    Plagiat, mais je ne me souviens plus de l’auteur…

    « Ce soir-là, le dernier homme survivant sur la terre était bien morose, assis sur une chaise, dans une pièce sans autre meuble. Soudaine il blêmit: on frappait à la porte »

  54. René Beaulieu

    [commentaire publié en retard à cause d’un bogue de modération… désolé –Eric]

    De Frederic Brown, il me semble. Datant de 50 ans. Presque réécrit mot pour mot d’ailleurs, excellent mémoire la… L’Homme était un grand spécialiste de la short-short géniale et originale. Lire sa série des grandes inventions disparues, entre autres, ou sa série des « cauchemars en couleur » …. Tout cela est dans le meme volume: Fantomes et Farfafouilles en Francais, si je me rappelle bien.

    Mais comme la faute-emprunt est ici avouée (et meme revendiquée) par le scripteur c’est pas bien grave la…

    Bien entendu repris et imité depuis, sous des formes plus ou moins longues et élaborées, par plein de monde et des dizaines de fois ensuite…

    C’est un peu comme tous ces gros et médiocres romans de Fantasy ou de Fantastique qui encombrent les tablettes et qui ont l’air, soit de copié-collé de parties de jeux de roles pas trop difficiles pour les cellules grises ou des clones ratrés de Tolkien (Eddings, Kurtz, Weiss et Hickman), soit du dernier best-seller a la mode, soit d’un ramassis d’images puisées dans les derniers films qui a marché pour les entrées (ou pas marché) ….

    Pauvre littérature…
    René

  55. « Plagiat, mais je ne me souviens plus de l’auteur… »

    Fredric Brown, je crois, qui se targuait d’avoir écrit la plus courte histoire de SF, en une phrase: « Le dernier homme sur la terre était chez lui quand on frappa à la porte. »

  56. Tant qu’à faire, voici ma petite histoire horrible:

    « Vous trouverez ici les objets les plus diaboliques : mains de pendus, têtes réduites…

    « L’objet le plus macabres de mon musée? Ces chaussures de bébés, achetées pour mon enfant.

    « Jamais portées. »

  57. René Beaulieu

    Ai envoyé un message, il y a deux jours plein, confirmant la chose ici meme, pour la nouvelle de Fredric Brown mais… ou il n’est pas passé, ou on l’a « modérée » , et ici, Dieu sait pourquoi…

    Étrange…
    René

  58. René, désolé, ton message était en modération. Pas encore sûr pourquoi. Il est maintenant visible au #54.

  59. Joël Champetier

    Philippe-Aubert: ton conte bref sur les souliers de bébé a déjà été faite par Hemingway, sous une forme encore plus concise et frappante. Ma traduction, de mémoire:

    « À vendre: souliers de bébé. Jamais portés. »

  60. Craquent tes os en brindilles de souffrance,
    Fusent les cris de ta chair crépitante,
    Ondes de douleur nourrissant ma transe.
    Sur mes mains la chaleur de ta plaie palpitante.
    Quelles délices.

  61. Philippe-Aubert Côté

    À Joël : diantre, après un plagiat de Fredric Brown, un plagiat accidentel d’Hemingway :-)

  62. Ligoté à la dalle, l’écrivain vit Éric activer la tronçonneuse et hurla : « Pourquoi moi? »

    Sans pitié, le blogueur répondit « 31 mots exactement — pas plus, pas moins »

  63. René Beaulieu

    Celle d’Hemingway est effectivement assez célèbre (et connue) du moins ceux qui ont un peu lu l’homme…

    C’était, lui également, un maitre nouvelliste, mais d’un autre genre…

    On conseillera aussi, pour plein d’idées écrites dans une forme parfaite, anciennes brillament initiées, et toutes reprises ad infinitum par la suite: l’intégrale d’Ambrose Bierce (dont son célèbre Dictionnaire) et de Poe (l »économie macabre, sordide et efficace (le célèbre gout du « Bitter » Bierce) et le romantisme lyrique fantastique débordant d’inventions coude a coude) et, pour le réalisme mimétique, penser a O. Henry (dont la célèbre histoire du peigne et des deux amoureux pauvres) , dont le nom est aujourd’hui devenu synonyme d’un des plus grands, primés et célèbres Prix de la Nouvelle Aux States et a F. Scott Fiztgerald, tant qu’a y etre la.

    Dans la catégorie souvent encore plus haut de gamme, toujours loués et imités par les profs de littérature moyens de tous les collèges, mais jamais égalés (Le génie ne copiant-collant pas, désolé… ) rapellons Buzatti et Borges.

    René

  64. Luc D.

    Il y a quelques années, Wired Magazine avait publié tout plein de micro-nouvelles de 6 mots seulement.

    http://www.wired.com/wired/archive/14.11/sixwords.html

  65. Mad

    Super Crayon devrait venir vous égorger en trente et un mots !

    Dix poètes, c’est tout ce qu’il me manque pour compléter ma collection. Grands ou petits, vous tomberez bien mes chéris.

  66. Personne ne sait d’où sont venus tous ces loups. Ni comment ils arrivent à ouvrir les portes. Celui devant ma télé semble affamé mais captivé: saurai-je fuir avant la pause publicitaire?

    —-

    Laurine (#26): désolé d’avoir écrit le premier des Édouard. Je n’ai pas fait exprès!

    Hugo (#29) et Jean-Sébastien (#35): J’aurais dû penser que je m’exposais à la fictionalisation… Mais attention, personne n’est à l’abri!

    Christian (#62): Je n’ai pas encore senti le besoin de sortir la tronçonneuse. De toute façon, je suis plus porté sur le sécateur ces jours-ci, c’est moins polluant.

    Belle récolte jusqu’ici. J’ai suivi tant bien que mal, entre deux spectacles de conte. Mon horaire se dégage un brin, alors je tenterai de pondre d’autres textes. La citrouille roule toujours: passez le mot, et laissez-nous quelques mots encore!

  67. René Beaulieu

    Elle n’est pas du tout dans l’ambiance générale, et elle se retrouvera certainement, un jour, dans quelque chose de plus considérable, puisqu’elle représente l’idée de base de quelque chose qui sèche dans mes cahiers depuis quelques mois, mais bon… Voici la chose:

    Et si j’étais un rêve créé par l’amour, sa recherche ou son absence?

    Si tous et toutes m’avaient donné la vie?

    Comme cette hypothèse est belle et séduisante!

  68. René Beaulieu

    Et une autre, de la meme source, des memes cahiers, tiens, plus dans le « mood ambiant » avec deux ou trois modifications:

    Je dois bien exister, pourtant, puisque je produis parfois, très rarement, mais réellement, un effet sur le monde, une faible interaction avec les choses, et même avec les gens.

    Un Fantome.

  69. René Beaulieu

    Je ne suis que couverture, feuillets et encre.

    Mais toutes les idées, images et émotions, tous les univers, gens et lieux, réels ou imaginaires, naissent de moi, quand je m’ouvre…

  70. René Beaulieu

    Plus de vie pour l’un, moins de vie pour l’autre. Échange des fluides. Sang et salive. Une simple question de temps: celui qu’on donne ou qu’on dérobe.

    Une note en passant, et deux conseils de lecture presque obligatoires pour les vrais amateurs de shorts-short-short très fortes et frappantes: lire d’urgence les receuils de Jacques Sternberg, pour l’insolite et les idées et de Richard Christian Matheson (Le fils de l’autre la… ) pour la force et la terrible efficacité, surtout en Fantastique. Ce dernier a écrit une nouvelle de Vampire (avec ce titre) de seulement une page (ou presque) et avec seulement des phrases d’un seul mot (et il n’y en pas un de trop dans le texte la) qui est un véritable tour de force et un de trucs les plus modernes fabriqués a partir d’un vieux thème, qui demeure encore très secouant et très émotionnant des années après sa première rencontre (Rien de vraiment clairement dit ou de vraiment montré, tout est brillamment suggéré, l’art suprème de l’excellent Fantastique efficace… ) meme quand je la relis de temps a autre, juste pour étudier, encore une fois, comment il a fait.

    Un vrai petit chef-d’oeuvre, pas moins.

  71. D’ailleurs, le traducteur de la nouvelle de fiston Matheson a été incapable de reproduire l’exploit.

  72. Chassé par le cri de qui s’affame,
    Je pars dans la nuit à la cueillette des âmes,
    Chercher la pitance de Celui qui commande,
    Tuer l’imprudent pour en faire une offrande.

  73. 31 mots et en vers qui riment; une contrainte par-dessus une contrainte. Beau travail. Dans cet ordre d’idées:

    Il se tait. Des ailes de cuir là en haut. Un vil amas au vol lourd. Ciel noir le jour. On crie. Il a tant fui, mais le mal est ici.

    (version Twitter: 31 mots en moins de 140 caractères, pour pouvoir placer le tag « #fiction » devant)

  74. Les élèves entraient en criant. Il n’y avait plus de craie. La cloche sonna, on ferma la porte. Si au moins ils avaient continuer à parler. Je déteste les suppléances.

  75. La citrouille sera bientôt remisée jusqu’à l’an prochain. Merci pour toutes vos histoires: encore une fois, vous avez su nous épater.

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