Mark of the Demon — Diana Rowland

Mark of the DemonComme il est maintenant impossible de s’intéresser à la fantasy urbaine sans tomber sur une couverture de bit-lit, j’ai cédé à la curiosité en me procurant quelques titres. Mes attentes ne sont pas très élevées, cela dit. Les couvertures montrent plus souvent qu’autre chose des héroïnes adeptes du biker chic, devenu le look de circonstance pour toute chasseresse qui se respecte. Pourtant, il est difficile de prendre au sérieux des héroïnes de roman qui semblent avoir adapté leur garde-robe aux films qu’elles ont vus. Je n’ai rien contre Blade, mais je n’aime pas les succédanés.

Mark of the Demon a la bonne idée de ne pas se conformer trop étroitement au moule. L’héroïne, Kara Gillian, est une policière d’apparence très ordinaire, pas particulièrement athlétique ni cool. Comme elle consacre tous ses temps libres à l’invocation de démons dans son sous-sol, elle n’a pas de vie sociale à proprement parler. Les démons qu’elle invoque ne sont pas des créatures mythologiques associées à une religion quelconque. Ce sont des êtres qui évoluent dans une société hiérarchisée existant dans un monde parallèle. Un curieux code d’honneur les oblige à obéir à l’invocateur qui les appelle. Chaque espèce vient avec un niveau de difficulté déterminé, ce qui oblige à l’invocateur à procéder par étapes au cours de son apprentissage.

L’histoire se situe à Beaulac en Louisiane. Un tueur en série surnommé The Symbol Man kidnappe ses victimes, les torture horriblement et laisse sur leur corps un symbole que personne n’arrive à comprendre. Kara Gillian se voit confier l’enquête, ce qui fait bien son affaire, car elle a compris que le meurtrier s’adonnait aussi à la magie. Mais deux problèmes compliquent les choses. D’une part, elle rate l’une de ses invocations et fait surgir un seigneur démon, sexy en apparence, mais extrêmement dangereux. Celui-ci commence à se mêler de sa vie et de son enquête et elle ne parvient pas à s’en débarrasser. Ensuite, le FBI est envoyé pour seconder la police de Beaulac. S’ils fouillent avec trop d’enthousiasme, ils risquent de découvrir les activités clandestines de Gillian.

L’auteure, Diana Rowland, a elle-même travaillé dans le domaine de la criminalistique avant de devenir auteure. En puisant dans ce bagage, elle arrive à insuffler une touche de réalisme bienvenu dans son histoire. Mark of the Demon devient vite une enquête policière teintée d’éléments de fantasy urbaine, et non l’inverse. Par contre, la révélation de l’identité du coupable tombe un peu à plat: l’auteure le sort carrément de son chapeau.

Ensuite, l’histoire est trop arrangée avec le gars des vues: l’héroïne a depuis le début développé une fascination avec ce tueur en série particulier et celui-ci s’avérera lié aux malheurs de son passé. Même Rhyzkahl, le seigneur démon qu’elle pense avoir invoqué par accident, fait partie intégrante des éléments de l’enquête. Par ailleurs, Beaulac semble attirer un nombre inhabituel de gens dotés de facultés extraordinaires. L’auteure offre une explication pour cet effet paratonnerre, mais quand même, cela paraît un peu forcé. L’aspect fantastique de l’histoire est naïf. L’héroïne invoque de dangereux démons avec la même attitude que si elle essayait une recette de cuisine difficile. On ne sent pas toujours le danger de la situation.

Bref, ça ne fait pas toujours très sérieux malgré le caractère sordide de l’enquête. Mais il y a un lectorat pour ce genre de roman, qui permet une évasion honnête en détendant les neurones. Mark of the Demon sera bientôt suivi de Blood of the Demon.

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