Fractale Framboise

Archives: juin 2009

Laurine

Let the Right One In — John Ajvide Lindqvist

par Laurine - vendredi, 26 juin 2009 - 16:30 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Let the Right One InDans la littérature de genre, quand les lecteurs entendent parler d’un roman suédois, il s’agit presque à tout coup d’un polar. S’il y a bien un type d’histoire que l’on traduit volontiers, c’est le roman policier. Pensez à Stieg Larsson, à Henning Mankell, à Helene Tursten; la vraie liste est longue, paraît-il. C’est pourquoi je m’imaginais commencer ce billet en disant: «Aha! Voici une exception!» Lindqvist est Suédois et dans son premier roman, il est question de vampires. Seulement… Seulement, une fois le roman lu, je ne suis plus si certaine de pouvoir parler d’exception.

L’histoire se passe Blackeberg, une petite ville tout récemment construite en banlieue de Stockholm. Parmi les paumés qui y vivent, il y a Oskar, un garçon d’une douzaine d’années. Inquiet, incontinent et insignifiant, il est la tête de Turc des brutes de son école. Les railleries tournent lentement à la torture psychologique, puis physique. Incapable de trouver de l’aide, il collectionne les coupures de journaux traitant de meurtres, vole un couteau, rêve de trucider ses bourreaux. Les choses changent lorsqu’une gamine de son âge, Eli, emménage avec son père dans l’appartement d’à côté. Elle est aussi brune qu’il est blond, aussi agile qu’il est pataud. Les deux adolescents développent une curieuse amitié qui ne faiblit pas quand Oskar finit par comprendre qu’Eli est une vampire. Lui-même prend de l’assurance, commence à répliquer lorsqu’on l’attaque. Mais quand des meurtres violents font trembler Blackeberg et les environs, Oskar se rend compte que l’enquête policière finira tôt ou tard par menacer son amie.

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Laurine

Dreamsongs I — George R. R. Martin

par Laurine - samedi, 20 juin 2009 - 8:30 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Dreamsongs IAvec sa série A Song of Ice and Fire, le nom de George R. R. Martin est devenu étroitement associé à la fantasy. Les amateurs qui souhaiteraient se familiariser avec ses autres écrits pourraient commencer avec les recueils Dreamsongs. Ceux-ci rassemblent des textes de fantasy, de science-fiction et de fantastique publiés ces trente dernières années. Cependant, une proportion notable de ces histoires risquent de ne pas soulever l’enthousiasme — il y en a beaucoup que j’ai trouvé trop longues, ou prévisibles, ou présentées dans un format peu engageant. Mais tout cela est une question de goût, comme j’ai pu m’en rendre compte en lisant sur Internet des critiques négatives de nouvelles que j’avais, moi, beaucoup appréciées.

Les nouvelles sont réparties en sections thématiques, chacune débutant avec un avant-propos de l’auteur. Selon l’occasion, il détaille le contexte des nouvelles, l’époque où il les a rédigées ou les difficultés qu’il a eues à surmonter. Il exprime aussi des opinions arrêtées sur la différenciation des genres et sur le chipotage des éditeurs.

A Four-Color Fanboy réunit trois de ses nouvelles commises dans sa jeunesse. Cette section s’adresse peut-être plus au fan compulsif qui veut tout lire de Martin. Écrites correctement et vraisemblablement remaniées aux fins de publication professionnelle, elles restent d’un niveau qui conviendrait mieux au fanzinat. «Only Kids Are Afraid of the Dark» semble sorti tout droit d’une bande dessinée de style Dr Doom, avec un superhéros en pyjamas qui affronte un démon superpuissant. Détail intéressant, des noms que l’auteur utilisait déjà à l’époque reviendront plus tard dans des nouvelles plus matures. «The Fortress» a une saveur historique et met en scène le siège de Sveaborg lors de la Guerre de Finlande, mais consiste en beaucoup d’ergotage et peu d’action. «And Death His Legacy» se lit encore assez bien aujourd’hui, car cette nouvelle écrite il y a quarante ans raconte l’assassinat d’un président américain aux tendances fascistes.

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Laurine

Serenity Found — Jane Espenson

par Laurine - mercredi, 17 juin 2009 - 17:00 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Serenity FoundL’ouvrage Serenity Found reprend le concept de Finding Serenity en incluant cette fois le film dans ses diverses analyses.

Je note un peu d’errance chez certains Browncoats lorsqu’ils expliquent en quoi Firefly est une bonne série de science-fiction. Je ne les contredirai pas lorsqu’ils avancent que la qualité de l’écriture, la richesse de l’univers whedonesque et le réalisme parfois rigolo des personnages contribuent à l’excellence de la série. Mais est-ce que ces éléments en font nécessairement une bonne série de science-fiction? Orson Scott Card et Maggie Burns sont convaincus que oui, chacun avançant ses raisons dans leur essai respectif. Celles-ci se résument en peu de mots. Firefly ne met pas en scène l’extraterrestre de la semaine (comme le fait Star Trek) ou une religion quelconque qui répond aux besoins spirituels d’un certain public (comme le fait Star Wars). On n’y trouve pas des personnages noirs et blancs ou un monde militaire tout propre (comme le fait Stargate). La série propose un contexte d’apparence crédible en montrant les gens dans un univers plus naturel avec ses défauts, sa saleté, ses choix idéologiques douteux, y compris ses tuques tricotées, ses gâteaux d’anniversaire tout croches et ses robes de mauvais goût. Mais je reviens à la question initiale. Est-ce que ces éléments font de Firefly une bonne série de science-fiction? Un point de vue plus honnête s’attarderait sur la terraformation parfaitement réussie de plusieurs planètes — toutes des clones de la Terre — ou le fait que les vaisseaux spatiaux se réparent comme des vieilles bagnoles.

En fait, un vieux préjugé veut qu’on ne mêle pas la science-fiction et le western — ou tout autre genre reconnaissable, comme le polar. Je ne fais pas partie de la génération qui été témoin de la prise de position de la revue Galaxy Science Fiction contre ce genre de croisement, où la brave monture hennissante est simplement remplacée par une motojet. Sa page arrière clamait «Vous ne verrez jamais ceci dans Galaxy!». S’ensuivaient deux ou trois paragraphes décrivant les aventures d’un héros fictif nommé Bat Durston, aventures qui semblaient être tirées d’un roman western, mais où le décor avait été remplacé par des éléments futuristes. Le nom Bat Durston est passé à la postérité et qualifie maintenant cette science-fiction trop facile, trop pulp, trop… populaire? Bruce Bethke explique tout ceci en détail dans son essai. Il est clair que Firefly peut être facilement rangé dans cette catégorie peu recommandable, mais comme Bethke le souligne, pourquoi se priver du plaisir que procure une histoire bien écrite pour une question de purisme?

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Laurine

Finding Serenity — Jane Espenson

par Laurine - samedi, 13 juin 2009 - 9:30 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Finding Serenity Comme c’est le cas pour toutes les séries cultes, Firefly a été la source de nombreux essais portant sur divers aspects du récit: les personnages, les décors, la société qu’on y dépeint, les références culturelles… Finding Serenity est une petite anthologie regroupant une vingtaine de ces essais, allant des opinions (parfois contradictoires) aux textes humoristiques. On y trouve un glossaire des termes chinois utilisés par les personnages et aussi un texte rédigé par Jewel Staite — l’actrice qui incarnait Kayle, la mécanicienne — où elle évoque ses souvenirs du tournage. L’ouvrage a été dirigé par Jane Espenson et est publié par BenBella Books, dans la collection Smart Pop. Je ne ferai pas un résumé de chaque essai, cela pourrait s’avérer fastidieux, mais je vais au moins souligner les points qui m’ont le plus intéressée.

L’un des points débattus est la raison qui a poussé le réseau FOX à canceller la diffusion de Firefly. L’idée voulant que le réseau embauche des incompétents est la plus répandue, mais on s’entend pour dire que ce n’est pas l’unique raison (à vrai dire, il paraît qu’il y a des grands fans de Firefly chez FOX). Ginger Buchanan, par exemple, blâme de façon égale la FOX, Gene Rodenberry et Joss Whedon, le créateur de la série. Elle pense qu’à cause de l’immense succès des franchises Star Trek, il n’est maintenant plus concevable de proposer une série de science-fiction qui se déroule dans l’espace sans y inclure des extraterrestres — surtout les espèces humanoïdes qui parlent couramment l’anglais. Selon elle, les spectateurs ont été déroutés par cette fiction spatiale qui ne mettait en scène que des humains se dépêtrant dans des problèmes terre à terre. (Petite note personnelle ici, les robots remplissent la même fonction dans une série comme Battlestar Galactica.) L’auteure souligne aussi que pour créer Firefly, Joss Whedon a croisé le genre SF avec un genre télévisuellement mort (ou presque), le western, ce qui n’a pas aidé à entretenir l’intérêt des masses.

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Éric

Processus

par Éric - lundi, 8 juin 2009 - 14:50 (Écrire)

Plus j’écris, plus le processus me fascine: la manière dont les idées se forment, la structure des histoires, l’évolution d’un manuscrit d’une révision à l’autre, l’évolution de l’auteur aussi.

Jeff Vandermeer offre parfois des réflexions intéressantes à ce sujet (il a aussi d’occasionnelles conversations avec un singe imaginaire, mais nul n’est parfait). Par exemple, on peut voir sur son blogue les diverses incarnations de son dernier roman: des photos du premier jet et de révisions subséquentes, puis des commentaires de son éditrice et de ses premiers lecteurs, puis de la mise en page à peu près finale. Il se propose aussi d’offrir toutes les versions en ligne l’an prochain  — complètes ou non, je l’ignore. Je serais un peu curieux de connaître le nombre d’heures de travail associées à chaque étape… Ses “writing tips” donnent aussi un aperçu de sa façon de travailler.

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Laurine

The Anubis Gates — Tim Powers

par Laurine - samedi, 6 juin 2009 - 8:05 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

The Anubis GatesAvec un retard notable, je me plonge enfin dans les ouvrages de Tim Powers qui m’intriguent depuis des années. The Anubis Gates a valu à son auteur le Philip K. Dick Award (1983) et le Science Fiction Chronicle Award (1984). Oui, ce roman a plus de vingt-cinq ans et il se lit toujours aussi très bien. Et malgré les prix littéraires raflés dans le domaine de la science-fiction, il y est question de mythologie égyptienne, de poètes victoriens, de gitans et de voyage dans le temps rendu possible par la magie. C’est du steampunk déjanté.

Au tournant du 19e siècle, les Britanniques contrôlent l’Égypte. Pour redonner le pouvoir aux anciens dieux, des magiciens tentent de ramener ceux-ci du passé dans l’espoir de les lâcher sur Londres. L’expérience ne fonctionne pas comme prévu, mais crée dans le temps des ouvertures espacées de façon précise. Un millionnaire du 20e siècle les découvre et espère s’en servir pour survivre à une maladie fatale. Afin de financer ses recherches, il offre à des touristes temporels la possibilité d’assister à un discours du poète Samuel Coleridge, moyennant un tarif exorbitant. Il embauche aussi du personnel, dont Brendan Doyle, un professeur fasciné par un contemporain de Coleridge, le mystérieux poète William Ashbless. Le saut vers 1810 se fait sans anicroche jusqu’à ce que Doyle se fasse kidnapper par le Dr Romany, un magicien puissant à la tête d’une bande de gitans. Doyle échappe à son ravisseur, mais reste prisonnier du 19e siècle. Son escapade l’amène à découvrir des organisations secrètes de mendiants, dont l’une est dirigée par le clown psychopathe Horrabin, qui travaille pour le Dr Romany. Et pour compliquer les choses, une sorte de loup-garou voleur de peau se promène dans Londres.

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