par Laurine - lundi, 13 avril 2009 - 19:15 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
J’ai hérité d’un exemplaire de La Caverne lorsque celui-ci s’est retrouvé par erreur dans une pile de polars envoyés en service de presse. D’après les quelques informations glanées sur Internet, ce roman d’un couple ukrainien connaît un succès d’estime certain auprès des critiques francophones (et des ventes enviables dans les pays de l’Est, nous assure la notice publicitaire). Pour ma part, je n’en avais jamais entendu parler, ce qui prouve que je devrais être plus à l’affût de ce qui se publie hors de la sphère anglo-saxonne.
La couverture pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un roman de fantasy, mais il n’en est rien. On tombe dans une sorte de science-fiction un peu dystopique, un peu uchronique, où les apparences sont trompeuses. Dans cette ville sans nom, les gens vivent en paix, à l’abri du meurtre et de la guerre. La nuit venue, ils se transforment en bêtes oniriques — les uns prédateurs et les autres herbivores selon leur personnalité — qui évoluent dans une caverne. Sous cette forme, les habitants peuvent laisser libre cours à leurs pulsions les plus primaires, y compris la chasse. Le matin venu, il arrive qu’une personne ne se réveille pas. «Son sommeil était profond», dira l’article de journal.
L’héroïne est une ingénue dans la vingtaine nommée Pavla Nimrobets. Dans la Caverne, la jeune femme se transforme en daine, une douce créature et une proie de choix. L’impossible arrive lorsqu’elle échappe trois nuits de suite à un terrible stark. Plus incroyable encore, la daine et le stark réussissent à s’identifier sous leur forme humaine: Pavla Nimrobets, l’empotée chronique, et Raman Kovitch, le metteur en scène tyrannique. Les choses évoluent de mal en pis lorsque le Trimagistère s’intéresse au cas de Pavla, car il pourrait menacer le fragile équilibre qui existe dans la Caverne. Qui, en effet, ne souhaiterait pas pouvoir synthétiser l’inconcevable chance de la jeune fille?
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par Laurine - dimanche, 5 avril 2009 - 9:53 (Arts visuels)
L’un des grands avantages d’Internet, c’est de pouvoir découvrir des artistes dont je n’aurais probablement jamais entendu parler dans les médias locaux. Mark Ryden, l’un d’eux, reçoit depuis quelques semaines une bonne couverture publicitaire pour la parution de son livre d’art The Tree Show (disponible sur l’incontournable Amazon). Il s’agit d’un ouvrage grand format avec une couverture cartonnée, qui montre les œuvres que Ryden a exposées à la galerie Michael Kohn à Los Angeles en 2007.
Le style de Ryden est un peu difficile à décrire, alors je vous invite à jeter un coup d’œil à son site Web, d’autant plus qu’il est possible de virtuellement feuilleter le livre en question. On lui attribue l’influence des peintres réalistes et romantiques dans ses décors bucoliques. Les petites filles aux grands yeux rappellent les œuvres de Bouguereau. Mais des éléments beaucoup plus modernes se glissent dans les tableaux: des jouets et des peluches, des éléments psychédéliques ou des thèmes propres au carnaval. Ajoutons à cela des références religieuses et des symboles tirés des arts occultes et vous avez un style qui épate et qui dérange.
Comme son titre l’indique, The Tree Show aborde le thème des arbres. L’artiste se range tout naturellement parmi les gens qui perçoivent les arbres comme une source d’inspiration et de réflexion, surtout que certaines essences vivent très longtemps et atteignent une taille spectaculaire. À l’opposé, il y a les autres gens, ceux qui voient les arbres comme un produit monnayable ou un obstacle à l’expansion urbaine. L’ouvrage comprend aussi de nombreuses reproductions de vieilles couvertures de magazines ou de cartes postales qui illustrent cette dichotomie.
L’exposition devait être exceptionnelle. Certains des tableaux étaient présentés dans des cadres ouvragés fabriqués par des artistes thaïlandais. Quant à l’installation dans la vitrine de la galerie, rien que par le souci du détail, elle rivalisait avec les vitrines de Noël des grands magasins. L’exposition la plus récente de Ryden, «The Snow Yak Show», a eu lieu à Tokyo. Avec un peu de chance, un livre d’art nous montrant les peintures sera aussi disponible… d’ici un an ou deux. En attendant, il y a toujours le Web.
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