Dexter — Saison 2

Dexter - Saison 2Wikipédia m’apprend que la série Dexter pourrait compter jusqu’à cinq saisons. Si elles réussissent toutes à maintenir ce niveau d’intérêt, la recette est gagnante. La première saison plaît par son innovation; la deuxième consolide le style et pousse plus loin l’absurdité macabre. On sent les acteurs plus à l’aise dans la peau de leurs personnages. L’écriture garde tout son mordant, comme le montrent les réflexions de Dexter en voix hors champ. Si ce dernier reste l’un des psychopathes les plus invraisemblables depuis Hannibal Lecter et ses clones, il réussit à soulever des questions éthiques intéressantes. Rappelons aussi que la série propose une esthétique très différente — ensoleillée, colorée et musicale — qui diverge complètement de l’approche glauque des Millennium et autres Profiler.

En gros, la deuxième saison propose un format assez semblable à la première. Des plongeurs découvrent par hasard l’endroit où Dexter largue ses morceaux de cadavres qu’il transporte dans son bateau Slice of Life. Une vaste enquête est alors lancée pour appréhender The Bay Harbor Butcher — le pire tueur en série depuis The Ice Truck Killer de la première saison. Dexter n’aime ni son nouveau surnom ni le fait que le FBI se soit exprès déplacé pour lui mettre la main au collet. Les choses vont de mal en pis. Sa copine, Rita Bennett, est convaincue qu’il est héroïnomane et l’oblige à suivre un programme de désintox. Là, Dexter rencontre Lila Tournay, une superbe Londonienne qui attise les flammes. Consumé à petit feu par la vampiresse, le pauvre homme se fait déconstruire en un tournemain. Il perd ses repères, oublie son code et multiplie les gaffes. Pour ne rien arranger, James Doakes, son collègue violent et parano, le suit partout, persuadé qu’il cache quelque chose.

Mais ni Doakes ni Lila ne savent vraiment à qui ils ont affaire. Quand Dexter décide de se redresser la barre, il ne fait pas de quartiers.

La belle et perfide Albionnaise, jouée avec beaucoup de classe par Jaime Murray, est l’une des bonnes idées de la série. Au début, on la trouve drôle, ardente et spontanée, loin de la fade Rita Bennett. Mais l’allumeuse cache une nature autrement plus destructrice. L’autre intérêt de la série (outre les enquêtes, les cibles de Dexter et le serial du trimestre), se trouve dans le passé même du héros, un mystère en soi, que les scénaristes dévoilent morceau par morceau. Tout ce qu’il sait de sa famille n’est qu’un tissu de mensonges. Son code moral va-t-il tenir le coup? Mais le héros évolue, se transforme et se redéfinit après chaque ordalie.

La saison utilise avec brio le thème du mystère soigneusement entretenu combiné avec celui de la spirale descendante. Le rythme est effréné, les réparties sont juteuses et le sang gicle sous les notes de musique moqueuses. Quel style!

Dexter Titre

8 commentaires

  1. Oui, c’est superbe. Je suis fan, et ma copine aussi :P

    Le trailer de la troisième saison est disponible ici : http://ciberprensa.com/fr/dexter-3-temporada-el-video/ (pas de punch rien, et c’est magnifique)

  2. Génial! Merci pour le lien!

  3. Daniel Sernine

    C’est effectivement une remarquable bande annonce. Ça donne l’eau à la bouche (si je puis dire…).

  4. Carfax

    En effet, c’est une excellente série. Pour une fois les concepteurs ne nous prennent pas pour des cons ! Et attendez de voir la Saison 3, c’est encore plus époustouflant ! Dexter a de la compétion avec un procureur pas comme les autres. LOL

  5. Carfax

    Zut ! La Saison 3 est déjà terminée. Il faut maintenant attendre un an avant de voir la Saison 4. Fait ch*er !
    C’est bizarre le sentiment qu’on a : on se prend d’affection pour Dexter alors que c’est un… tueur en série.

  6. Je crois que c’est voulu. J’ignore ce que l’auteur avait en tête en écrivant ses romans, mais il me paraît clair que les scénaristes, eux, jouent avec les sentiments des télespectateurs. Il faut avouer qu’en réalité, Dexter n’a rien d’un vrai sociopathe (mis à part sa propension à tuer des gens et à les démembrer, personne n’est parfait). Il éprouve trop de conflits intérieurs pour qu’il n’y ait pas forme d’empathie là-dedans.

  7. Je n’ai pas encore pris le temps de me plonger dans la série télé mais les deux premiers bouquins sont un véritable régal.(Et effectivement, même là, Dexter a un côté attachant) Le troisième, en revanche, est particulièrement navrant. On nage dans le grotesque. On n’y retrouve absolument pas le sel qui a ponctué les autres. A croire que Jeff Lindsay était pressé d’écrire pour donner de la matière à la série. Mais apparemment non puisque les scénaristes ont, à ce qu’on m’a dit, emprunté d’autres voies.

  8. Ouais, j’ai cru comprendre que l’auteur se mettait à verser un peu dans le fantastique tout à coup, histoire d’expliquer les pulsions de Dexter (si je me fie à la critique sur Hugin & Munin). Mais je lirai quand même les romans un jour, même si le genre policier n’est pas tout à fait mon filon.

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié ni communiqué. Les champs obligatoires sont indiqués par *

*
*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes: <b> <i> <a href=""> <blockquote>
Si ce n'est pas déjà fait, veuillez prendre connaissance de nos politiques.

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.