Fractale Framboise

Laurine

Lost — Saison 4

par Laurine - mercredi, 7 janvier 2009 - 20:25 (Critiques, SF&F autre)

Lost 4Parmi les contrecoups de la grève des scénaristes de l’an dernier, le plus notable reste sans aucun doute le raccourcissement des saisons télévisées — du moins, celles que je regarde. Jusqu’ici, j’ai eu de la chance. Les coffrets DVD qui en résultent offrent du condensé bourré d’action et sans temps mort. J’ai pu le constater en visionnant Heroes (2e saison, 11 épisodes) et tout récemment, Lost (4e saison, 13 épisodes). Ouf! Quel spectacle! J’ai pensé aux gens qui s’étaient tapé ces épisodes à la télé, un par semaine avec les pubs, les pauses et les reprises. Ça n’a pas dû être drôle d’attendre la suite des événements, puis d’attendre encore. S’il y a une série qu’il vaut la peine de se procurer en DVD, c’est bien celle-ci. (Si vous ne voulez pas lire de spoilers, ne poursuivez pas au-delà du saut.)

Après avoir usé des flash-back pendant trois ans, les scénaristes ont eu l’idée de passer aux flash-forward, quitte à insérer encore une ou deux scènes antérieures pour mêler les cartes — pensons aux séquences simultanées avec Sun et Jin lors d’une naissance, ou le recrutement de Michael par Mr. Friendly. La fin de la troisième saison laissait vaguement présager que la suite serait déprimante, mais non, ça brasse! Le concept est d’autant plus astucieux qu’il transforme l’histoire en une vaste mosaïque que les spectateurs vont nécessairement tenter de reconstituer, même s’ils n’ont pas tous les morceaux. De cette façon, l’attention se détourne un peu des mystères de l’île pour focaliser sur la chronologie.

Ces nouvelles séquences qui se passent dans le futur remanient l’idée des protagonistes qui se croisent. Hors de l’île, aucun des Oceanic Six n’évolue seul, même si certaines alliances paraissent hautement improbables, comme Sayid travaillant à la solde de Ben ou Sun approchant Widmore. Ces séquences savamment orchestrées remplissent bien leur rôle, cependant. Elles maintiennent le spectateur dans un état perpétuel de surprise et d’ahurissement.

Les personnages vont, viennent et meurent en grand nombre… ou quelque chose comme ça. L’un des épisodes s’intitule «Confirmed Dead», ce qui pourrait être une blague involontaire. Nous avions déjà vu dans le passé des morts marcher dans la jungle, mais ces scènes pouvaient facilement passer pour des hallucinations. Cet aspect de l’histoire est devenu beaucoup plus compliqué avec la réapparition de Christian et la disparition (définitive) de Claire. Ajoutons au lot les manifestations de Charlie et d’Eko à proximité de Hurley. Les morts violentes — il n’y en a pas d’autres — paraissent plus sinistres avec le temps. Ce ne sont plus tout à fait des personnages qu’on oublie aussitôt morts, et tous ne reviennent pas hanter leurs copains. Cela s’explique peut-être parce que la menace vient de l’extérieur de l’île; c’est un élément incontrôlable contre lequel il faut prendre des mesures drastiques.

L’île est devenue une entité tellement bizarre que je n’ai qu’un mince espoir qu’on nous serve une explication sensée qui justifierait tout ce qui arrive. Passe encore que les gens guérissent miraculeusement, que des ours polaires s’y promènent en liberté et qu’une colonne de fumée noire croque les imprudents. Mais ce mécanisme souterrain qui permet de déplacer l’île? (Est-ce bien une île?) Cela donne au moins lieu à une scène visuellement percutante où Ben pousse une roue en bois dans une cave glacée pour actionner le mécanisme de déplacement. On ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec la série de jeux vidéo Myst.

(Ben a toujours été un personnage énigmatique. La quatrième saison confirme en tout cas qu’il vaut mieux pas essayer de deviner son parcours. Seule constante: c’est un menteur pathologique.)

Comme toujours, j’ai hâte de voir la suite. Je devrais peut-être grappiller plus d’informations sur Internet, mais j’ai l’impression que je ne ferai que me perdre dans des spéculations sans fin. Je préfère encore apprécier le divertissement pour ce qu’il est: une fichue bonne émission.

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  3 commentaires

3 commentaires:    (ajoutez-en un)

  1. #1  Munin   (8 janvier 2009 - 6:04)

    C’était cool, cette grève des scénaristes : les séries ont perdu du gras et sont devenues bien plus rythmées. Finalement, pour qu’une série soit bonne, il suffit que les scénaristes fassent grève, non ? :)

    Mais moi aussi j’ai perdu tout espoir d’une fin explicative et satisfaisante – à part peut-être un “et soudain le personnage se réveille tout ça n’était finalement qu’un cauchemar”.

  2. #2  Daniel Sernine   (8 janvier 2009 - 19:45)

    Un des corollaires de la brièveté de la saison est que les producteurs se sont vu obligés de remplir deux DVDs d’«extras». Sur le dernier, on a droit à une demi-douzaine de saynètes à deux personnages, autonomes de l’intrigue principale dans une certaine mesure, mais en éclairant certains aspects. Il ne s’agit pas de scènes coupées, mais bien de l’équivalent télévisuel de courtes nouvelles, scénarisées et dialoguées.

  3. Laurine

    #3  Laurine   (8 janvier 2009 - 19:54)

    Munin: Maintenant, il est question que les acteurs fassent la grève. Ouille! Pas sûre que le résultat télévisuel sera à la hauteur.

    Daniel: Les saynètes en question sont des mobisodes, des scènes conçues exprès pour les téléphones cellulaires. Il faut considérer le contenu de Lost: Missing Pieces comme faisant partie intégrante de la série, même s’il n’y a pas de révélation fracassante.

    J’ai surtout souri en regardant le pseudo-documentaire A Conspiracy of Lies. C’est encore plus drôle quand on a visionné des montages semblables sur Youtube. On voit d’où les scénaristes ont tiré leur inspiration.

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