Twilight — Stephenie Meyer

Twilight Twilight n’aurait probablement pas figuré sur ce blogue n’eût été d’une conjonction particulière de thème et de temps. En effet, quelle meilleure période que l’Halloween pour parler d’une histoire de vampires (et aussi de loups-garous)? En fait, ce livre n’aurait peut-être même pas atterri dans ma pile de lecture si la bande-annonce du film prévu pour le mois de novembre ne me l’avait pas rappelé à mon bon souvenir — il faut dire qu’ayant commandé des romans de fantasy sur Amazon, le site s’obstinait à me coller ce titre dans ses recommandations. Petit dilemme ici. A priori, je considère avoir passé l’âge des bluettes impliquant des vampires. D’un autre côté, je continue de lire des romans pour adolescents de temps à autre pour voir ce qui se fait en littérature jeunesse. Et justement, Twilight est un best-seller fracassant chez les jeunes Nord-Américaines, alors autant voir de quoi il retourne, me suis-je dit.

À la base, l’histoire est assez convenue: Bella l’héroïne tombe amoureuse d’Edward le vampire avec tous les problèmes techniques que la différence d’âge et de gènes suppose. Le contexte est un peu différent puisqu’il a été adapté à un lectorat assez jeune. Bella Swan a dix-sept ans, elle décide de vivre avec son père à Forks, une petite ville de l’État de Washington où il fait presque toujours gris et pluvieux. Elle remarque vite la beauté blafarde d’Edward Cullen, qui fréquente le même établissement en compagnie de ses frères et sœurs adoptifs. Au début, il lui fait la gueule au point qu’elle pense qu’il la hait. Puis il se met à lui sauver la vie avec une application toute méritoire. C’est que Bella est non seulement maladroite et gaffeuse, mais elle aussi a une poisse extraordinaire. Au fil du récit, on apprend qu’Edward a trouvé en elle l’âme sœur (il le sait grâce à son odeur florale), mais il a énormément de mal à réprimer son envie de la saigner à blanc. Personne n’est parfait.

Les vampires de Stephenie Meyer ont la peau blanche, une rapidité et une force surhumaine, une beauté à couper le souffle (détail qu’elle répète ad nauseam) et sont éternels. Jusqu’ici, pas de quoi écrire à sa mère. Mais ils ont la particularité de supporter très bien le soleil et d’être indifférents aux canons hollywoodiens: ail, crucifix et miroirs les font rigoler. Edward vient d’une famille reconstituée, composée d’un couple de vampires qui ont adopté cinq «adolescents». Imaginez devoir fréquenter l’école secondaire aussi longtemps qu’elle existera… Autre particularité, si tous les vampires se nourrissent de sang humain, cette famille a décidé de se nourrir de sang animal pour ne pas vivre comme des monstres. Les sept vampires granolas accueillent très bien la nouvelle venue humaine dans leur clan, mais les choses se corsent quand un trio de vampires sauvages vient leur rendre visite.

Le roman est très inégal pour toutes sortes de raisons. C’est le premier de l’auteure, et les gaffes de débutant y abondent. Meyer a tendance à répéter des informations que les lectrices auront très tôt assimilées. Des schémas et des répliques reviennent trop souvent, donnant l’impression que le récit avance en cercles concentriques plutôt qu’en ligne droite. Il y a aussi les incohérences inévitables aux histoires de vampires: l’attraction inexplicable d’Edward (âgé d’un siècle) pour une gamine de dix-sept ans, même mature pour son âge; la résistance incroyable des vêtements des vampires, dont les passe-temps n’ont rien de reposant; la patience infinie des «jeunes» immortels obligés d’aller à l’école encore et encore; la présence, dans cette même petite ville, d’une communauté rivale de loups-garous déguisés en Amérindiens; l’absence de curiosité des gens de Forks face aux Cullen qui aiment le plein-air, mais ne bronzent jamais, etc.

L’histoire focalise entièrement sur la relation amoureuse des héros jusqu’à ce que surviennent les vampires anthropophages précédemment mentionnés. Alors que ce trio aurait pu corser les choses, ils n’apparaissent qu’à la toute fin du roman et un seul d’entre eux, James, s’avère dangereux — et encore, il est incapable de menacer avec conviction les parents de Bella. Sa fin est pudiquement décrite au détour d’une phrase, l’auteure n’aimant pas du tout la violence. La dégonflade totale. La bande-annonce montre que ce problème a été pris en main par les scénaristes qui ont remanié l’histoire afin de lui donner plus de punch. Une bonne partie des scènes qu’on nous montre ne figure pas dans le bouquin.

Autre problème, Twilight suit rigoureusement les grandes lignes du roman Harlequin: la supériorité du protagoniste mâle sur tous les plans, la présentation un peu terne du personnage féminin dont le charme finit par s’affirmer, le Grand Amour Mythique, les palpitations cardiaques qui abondent… C’est peut-être l’origine des grincements de dents que j’ai pu lire dans certaines critiques? Malgré tout, il y a pas de quoi jeter le livre au feu de peur qu’il n’incite les adolescentes à croire au prince charmant. À vrai dire, Twilight est une lecture palpitante pour les moins de 20 ans. Ce n’est pas pour rien que ce titre est devenu un best-seller pour ensuite être adapté en film.

La saga comporte quatre volumes, chacun présenté sous une fort belle couverture rouge, blanche et noire — du moins était-ce le cas avant qu’on y colle les acteurs du film. À signaler, la suite amène les loups-garous à l’avant-plan. D’après les résumés, l’un d’eux s’entichera de Bella et celle-ci devra choisir entre le vampire sophistiqué et le jeune loup-garou rebelle. Comme je disais, c’est pour les 20 ans et moins.

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14 commentaires

  1. Merci pour ce billet, je vois les belles couvertures de cette saga à chaque fois que je vais à Chapters, je me demandais quel en était le contenu. Je ne pensais pas que ça cachait du vampirisme à l’eau de rose.

    Par contre, l’URL de la bande-annonce du film est vide…
    Mon google-fu me donne http://www.twilightthemovie.com/

    C’est mignon, comme bande-annonce. Si j’avais 16 ans de moins, ce film serait un vrai délice.

  2. Je crois avoir réglé le problème technique. Merci de l’avoir mentionné.

    Je pense que j’ai oublié le résumé de Twilight sur Amazon aussitôt lu, jusqu’à la fameuse bande-annonce. Les images dégagent une belle atmosphère malgré l’aspect un peu mushy de l’histoire. Les forêts de la Colombie-Britannique, de Washington et de l’Oregon sont superbes malgré la pluie persistante.

  3. Bonjour. Quel courage, je me suis arrêtée avant qu’il ne se passe quelque chose, c’est-à-dire à la page 350. C’est un roman à l’eau de rose pour ados sur l’amour absolu et encore ma nièce de 18 ans a trouvé stupide le détachement avec lequel Bella accepte la condition de vampire d’Edward: « Ah tu es un vampire? Oh chouette et si tu me présentais à tes parents? ». Je suis d’accord sur les maladresses mais je dois reconnaître que sans tenir compte des répétitions à outrance et l’abus de certains champs lexicaux, ce n’est pas si mal écrit pour de la littérature ado. Je viens de lire Mercy Thompson, c’est beaucoup moins bien écrit.
    La surdomination mâle (ou plutôt la nullité absolue de Bella en réalité) m’a un peu gênée aussi mais je n’ai pas été surprise qu’Edward puisse l’aimer car je ne le trouve pas très mature ( peut-être que 100 ans de lycée ça laisse des traces) et pas très expérimenté sexuellement pour un « vieux » de 100 ans.
    Et un truc m’a dérangé: soit, les clichés du vampire ne sont pas utilisés sauf que, si un vampire peut entrer chez n’importe qui sans y être invité (ce que fait Edward), alors, c’est la fin de l’humanité à moins qu’il n’y ait plus que des « vampires granola » (j’adore l’expression). Ca a du bon les clichés parfois.

  4. J’aurais peut-être dû spécifier que l’auteure est de confession mormonne (et pratiquante, apparemment). Cela explique la longue continence d’Edward. Bella et lui ne sauteront pas au lit avand le quatrième volume, quand l’héroïne sera proprement vampirisée… et que les deux se seront mariés!

    Quitte à pinailler à outrance, il faut souligner que les vampires granola en question sont inhabituellement antropocentristes. Je comprends que le chef de famille ait tenu à garder son humanité au début, mais des siècles plus tard, le fait qu’il continue de se conformer avec obstination aux valeurs humaines s’explique mal. Sa famille et lui se perçoivent comme des monstres alors qu’ils sont des prédateurs naturels de l’humanité. Pure vue de l’esprit.

    Même chose pour le Grand Amour entre Edward en Bella qui s’accompagne d’une clause «épouser avant de consommer». Même chose aussi pour cette remarque étrange d’Edward, qui croit en l’existence d’un créateur divin. Tous ces détails reflètent bien sûr les idées personnelles de l’auteure.

  5. Alexandra

    Voilà personnellement j’ai lu les trois premiers livres il y a pas mal de temps, donc ce n’est pas très frais pour moi.
    Enfin, j’ai bien aimé, ce ne sont pas mes livres préférés, mais ils restent bien.
    Le fait que Edward ne  » saute  » pas sur Bella avant le mariage est expliqué, il me semble, par le fait que si il le faisait, il avait de grandes chances, sous le coup de la passion et l’émotion, de ne pas contrôler sa force et donc de la tuer.Il est vraie que son abstinence pendant plus de cent ans… Et bien ce n’est pas vraiment réaliste que celà dure encore.
    Ensuite , je trouve que malgré des répétitions, l’histoire est bien trouvé et les liens entre les différents évênement est bien trouvé.Bref , je le conseille ( c’est sur que c’est plus conseillé aux adolescentes trouvant  » Harry Potter  » un peu passé, et ayant envie de nouvelles choses.)

  6. Fan's

    Voilà.. Je suis une GRANDE fan’s de cette Série!..
    J’adore cette histoire de Vampire et la Manière qu’Edward et Bella se prouve leur Amour!..
    Je trouve le commentaire de Isil très intéressent, concernant la page 350 .. Il ne se passe RIEN!..
    Ne vous inquiètez pas..
    Edward ne veux absolument pas…
    J’adore l’amour qui lit C’est deux personnage Edward et Bella et GLOIRE A STÉPHENIE MEYER!

  7. Fan's

    Si Vous avez des Commentaires Pour mon message je pourrais lui repondre!

    Fan’s Total de Twilight!

  8. Si les commentaires constructifs (et matures) sont toujours les bienvenus, précisons quand même que ce blogue n’est pas un forum de la série Twilight. Il en existe déjà ailleurs.

  9. Fan's X2

    Je suis fan’s mais mon amie partageait la meme opinion a se sujet voici:

    J’aimerais répondre au commentaire que Isil a laissé un peu plus haut. Pour commencer, je suis complètement en désaccord avec son point de vue. Je trouve que la réacton de Bella face à la nature d’Edward est tout à fait crédible, compte tenu de ce qu’elle ressens pour ce dernier. Bien évidemment, si elle n’aurait rien ressentit pour lui, elle aurait réagis comme toutes humaines normales ( ce qu’elle n’est pas ) et se serait enfuit en courrant. Deuxièmement, je trouve qu’il n’y a aucun soit disant problème avec les champs lexicaux. Parfois, il n’y a pas toujours de mots qui en explique un aussi bien que le mot lui-même. De trois, la surdomination mâle n’a rien à voir avec la maturité d’Edward. Je reconnais que Bella est assez étrange mais, comme tu l’as précisé, Edward a près de 100 ans. Il a atteint une maturité entière et complète, selon moi.

    Pour ce qui est de la «  »fin de l’humanité »", si Isil aurait réfléchis et étudié la question plus profondément, elle aurait appris que les vampires on besoins des humains pour survivre (Sauf les vampires végétariens bien sûr ).

  10. Fan's X2

    Nous repondrons a tous commentaires laissez!

  11. Les vampires de Twilight n’ont pas besoin d’humains pour survivre, comme le prouve justement l’existence des vampires «végétariens». Ils pourraient tous, s’ils le souhaitaient, se nourrir seulement de sang animal et ne s’en porteraient pas plus mal. Malheureusement pour les humains, ils n’ont pas développé la moralité excessive des Cullen et continuent de chasser les croustillants bipèdes. Peut-être qu’ils ont de bonnes raisons de rester sous le radar, mais l’auteure oublie de préciser ce détail.

    Autrement, pour les rapports qu’entretiennent Edward et Bella, je te suggère de lire une vingtaine de romans Harlequin pour ensuite voir si tu ne trouves pas des points communs gênants avec Twilight. On parle ici d’un moule. Qu’Edward paraisse plus mature parce qu’il a cent ans n’y change rien, ça fait partie de la formule.

  12. Cathou

    Je viens tout juste de commencer à lire cette série et j’en suis complètement accro!!! À toutes les personnes qui prétendent que ce roman n’est qu’une pâle copie des romans harlequin classique, je réponds: toute histoire d’amour ne peut être qu’à l’eau de rose et ressembler à toutes celles déjà écrites! On ne peut être indéfiniement originale avec ce sentiment vieux comme la terre. Tout est dans la façon de raconter l’histoire et l’histoire elle-même. Voilà, pour une fois, une romance plus originale que les autres où la jeune femme n’est pas féministe jusqu’au bout des ongles. Les femmes d’aujourd’hui semble croire que les filles doivent être les plus fortes et n,avoir aucun laxisme. Cependant, je continue de croire qu’il est bien de se laisser séduire et protéger par un homme, de quelque nature qu’il soit. Il ne faut pas non plus oublier que c’est un roman fantastique et que tout n’a pas à être totalement logique. Laissons relaxer nos neurones et essayons tout simplement d,entrer totalement dans l’histoire sans se poser de questions. Vous verrez la vie sera ainsi plus joyeuse!

  13. Elisa

    alors voila j’ai 27 ans je suis mère de famille et je lie la saga de stephenie meyer, alors oui des incoherences certainement mais un fond plaisant je ne suis pas enfantines et jai passez l’age de croire au prince charmant mais je trouve l’histoire en elle meme fascinante ,l’histoire d’amour authentic, certainement pas réel, mais pourquoi ne pas croire a des sentiments si fort,sa peut faire du biens….lol Je trouve malgré des passages un peu clichés l’idée touchante! ont s’attache aux personnages, sa parleras certainement à des lecteurs de fantastique,a l’eau de rose certe,ont n’a comparer stephenie meyer a j.k rowling par rapport a leurs succés respectifs, il est vrai que j’ai pris autant de plaisir pour les deux saga mais pour des raisons différente, twilight ne renferme pas un univers aussi complet que harry potter mais est dotté d’une histoire d’amour plus mature moins platonique lol enfin voila ce n’est pas tirer par les cheveux non plus l’attirance de ce vampire centenaire pour bella, beaucoup de films nous on relater des histoire fantastique d’amour d’un vampire pour une humaine, leur attirance est cohérente et justifier en plus ,donc pourquoi pas! tout ca pour dire que comme beaucoup j’adore, il faut attaquer ces bouquins avec une ame d’enfant et une certaine sensibilitée, c sur que ça n’est pas un ouvrage historique sur les vampires lol mais une saga …d’amour! Elisa

  14. franck

    vampire pour vampire lisez Anne Rice!
    je ne connais twiling, mais je vais l’essayer.

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