Hellboy: The Golden Army
par Laurine - Dimanche, 20 Juillet 2008 - 14:00 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)
L’été continue d’amener son lot de boissons alcoolisées légères et de blockbusters qui permettent aux honnêtes gens de se remettre le cerveau à zéro. C’est dans cet état d’esprit tout à fait estival que je suis allée voir le deuxième Hellboy, autant pour revoir la grosse brute rouge que pour me réfugier dans une salle climatisée.
Hellboy et Liz Sherman forment maintenant un couple officiel, ce qui leur donne tout le loisir de se disputer au sujet de leurs priorités dans la vie, de l’espace dont ils ont chacun besoin et de leurs projets d’avenir. (Étrangement, c’est presque toujours ce qui arrive aux couples quand Hollywood décide de faire une suite.) Pour compliquer les choses, Hellboy en a marre de sa vie de reclus et essaie de révéler son existence au grand jour en se montrant de moins en moins prudent lors de ses excursions à l’extérieur. Pour le mettre au pas, Washington envoie un nouveau chef d’équipe au Bureau de Recherche et de Défense sur le Paranormal. Il s’agit de Johann Kraus, un ectoplasme allemand forcé de vivre dans une combinaison spécialement conçue pour contenir son corps gazeux.
Les connaissances de la nouvelle équipe sont durement mises à l’épreuve lorsque le prince des elfes noirs, un psychotique dénommé Nuada, remue ciel et terre pour reformer une ancienne couronne magique. Une fois assemblée, celle-ci lui permettra de réveiller l’Armée d’or et détruire l’espèce humaine avant qu’elle ne gangrène complètement la planète. Sa sœur jumelle, Nuala, n’est pas trop d’accord avec ce projet et s’allie avec le BFPI pour protéger le dernier morceau de la couronne.
Le tout donne un scénario assez convenu, mais visuellement plaisant à regarder. J’ai été surprise par l’influence lourde de Tolkien dans ce deuxième Hellboy. Nuada et Nuala sont bien des elfes classiques avec le teint d’ivoire, les longs cheveux blonds, un talent pour les arts martiaux et un accent britannique de circonstance (sauf quand ils s’expriment dans leur propre langue, qui est un produit du gaélique). Le look est un peu plus gothique, soit, avec les yeux et les lèvres peinturlurées qui leur donne un air de famille avec l’Über-Morlock du film The Time Machine, mais sans plus. Le récit présente en plus beaucoup de trolls et de gobelins — un marché plein, en fait, situé sous le pont de Brooklyn. Il ne manquait plus qu’un dragon! Quand on sait que Guillermo del Toro va filmer The Hobbit, on comprend que le produit final ne ressemblera pas beaucoup à la trilogie de Jackson.
On commence à bien connaître l’imaginaire visuel de Del Toro et de son équipe. Sa passion pour les rouages mécaniques explose ici dans une orgie de roues dentelées, d’écrous, de pistons, de charnières et de plaques de métal. Ses créatures, dont on a vu un éventail d’espèces dans Le Labyrinthe de Pan, se croisent au marché des trolls: des petites fées aux dents longues, des silhouettes désarticulées, des bestioles ressemblant à des racines. Une version disjonctée des marionnettes de Jim Henson, en d’autres termes, qui donne prétexte à l’une des meilleures répliques du film: «I’m not a baby, I’m a tumor!». L’ange de la mort, qui fait une apparition plus tard dans l’histoire, est aussi très réussi.

Les scènes de combat compensent un peu pour une intrigue assez mince — une intrigue de bande dessinée, j’ai envie de dire. Un travail impressionnant de câbles et une forme physique enviable font du personnage de Nuada un guerrier convaincant et motivé. Au moins, le prince n’est pas méchant pour être méchant. Le fait d’être l’un des derniers de sa race lui pèse, surtout face à l’expansion avide de l’espèce humaine, qui ne croit plus aux créatures magiques. Les avertissements qu’il donne à Hellboy finissent même par guider les décisions du démon dans les dernières scènes du film: il ne peut pas passer sa vie comme un reclus à obéir aux ordres. Hellboy est égal à lui-même, susceptible face à la critique, misérable dans son anonymat, et généralement rustaud et gamin, mais toujours sympathique.
Il est déjà question d’un troisième film, mais probablement pas avant que The Hobbit ne soit terminé.

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