Space Above and Beyond
par Laurine - mardi, 25 mars 2008 - 20:07 (Critiques, SF&F autre)
Lorsque cette série a été diffusée sur le réseau FOX en 1995-1996, elle est complètement passée sous mon radar. À cause de la faiblesse de ses cotes d’écoute, elle n’a duré qu’un an même si cinq saisons étaient prévues au départ. Cette série de science-fiction a quelques points communs avec Starship Troopers, car elle met en scène des space-marines en guerre contre une race extraterrestre vaguement insectoïde.
L’histoire se déroule en 2063-64. La race humaine vient tout juste de mettre fin à une guerre contre une de ses propres créations, les Silicates. Ces humanoïdes dotés d’une intelligence artificielle servaient d’esclaves jusqu’à ce qu’un virus leur donne le goût du risque. Pour combattre cette force supérieure, l’humanité a dû créer une race de soldats mutants, plus spécifiquement des humains conçus en laboratoire et laissés dans des aquariums jusqu’à l’âge de dix-huit ans, avant qu’on leur lessive le cerveau avec des notions de guerre. Mais une fois le conflit terminé, ces In Vitro n’ont pu s’intégrer dans la société qui les considère comme des freaks.
C’est dans ce contexte instable qu’une race extraterrestre fait connaître son existence en pulvérisant deux colonies humaines s’étant établies sur des planètes éloignées. Le geste semble gratuit et monstrueux, et l’apparence rébarbative de ces aliens ne fait rien pour arranger les choses. On s’empresse d’ailleurs de les surnommer les Chigs, pour chigoes (une sorte de puce).
Voilà pour l’époque. Les cinq principaux personnages font partie du 58e bataillon, surnommé les Wild Cards. Ils ont joint l’armée pour différentes raisons. Cooper Hawkes est un In Vitro condamné au service militaire, Shane Vansen veut exterminer des Silicates, Nathan West veut retrouver sa copine enlevée par des extraterrestres et les deux derniers, Vanessa Damphousse et Paul Wang, ont juste le goût de l’aventure. L’équipe est prise en charge par le Colonel McQueen, lui-même un In Vitro et un pilote émérite.
Avant tout un savant dosage de pulp, de comic books et d’écriture bon enfant, Space Above and Beyond n’a ni l’ampleur ni le sérieux de Babylon V, diffusée à la même époque — ce qui a sans doute contribué au plongeon des cotes d’écoute de Space, qui a dû souffrir de la comparaison. Disons que l’aspect scientifique est… juvénile, surtout si une béotienne comme moi peut rire des incongruités assenées au spectateur. Mais le ton est sympathique, il n’y a pas à dire, on finit par s’amuser malgré un début très lent.
Les premiers épisodes sont les plus difficiles à passer, car les acteurs ne maîtrisent pas trop leurs personnages et leur jeu en souffre. Les scénarios ne lèvent pas non plus et on commence à se demander où s’en va la série lorsque survient l’épisode «Ray Butts» (c’est le nom d’une personne, ne vous faites pas d’idées). À partir de ce moment, l’histoire prend son envol, la mythologie se met doucement en place et on commence à s’attacher à ces personnages de BD. Mon préféré est le Colonel McQueen, une caricature ambulante jouée par un acteur de théâtre. Ses répliques héroïques (et involontairement marrantes) sont livrées avec une remarquable imperturbabilité. L’univers militariste de Space est illustré par une hiérarchie rigide, ce qui injecte une petite dose de crédibilité.
S’il y a un véritable ratage à souligner, par contre, ce sont les Silicates, des robots qui ne réussissent pas une seconde à convaincre le spectateur qu’ils sont dépourvus d’émotions. Toutes leurs répliques suintent le ressentiment, la joie mauvaise et le sarcasme. Et ils sont vêtus comme des deux de pique. (Souvenez-vous, avant l’impact vestimentaire de la série The Matrix, tous les personnages un peu off semblaient s’inspirer des années 1980 avec des vêtements savamment asymétriques, des coupes lion et des gants de bikers.)
Sans qu’ils brillent d’originalité, certains thèmes sont abordés avec habileté, notamment celui de la persécution des In Vitro, victimes de railleries même dans l’armée. Ces gens qu’on surnomme les Tanks à cause de leur origine et de leur grande résistance, rappellent les persécutés de la SF grand public, qu’il s’agisse des télépathes de Babylon V ou des X-Men. Ce qui les rend intéressants, c’est qu’on les fait naître adultes: ils doivent tout apprendre de la vie en peu de temps. Le personnage de Cooper Hawkes paraît toujours un peu retardé, mais c’est parce qu’il a en réalité cinq ou six ans. Et là on se demande quelle espèce dégueulasse envoie des grands enfants à la guerre. La nôtre, bien sûr… Et pour enfoncer le clou, le thème d’une conspiration se dessine, impliquant certains membres du gouvernement et le complexe militaro-industriel. L’attaque des colonies était-elle vraiment inévitable?
Les créateurs sont Glen Morgan et James Wong, des scénaristes réguliers des X-Files. Le lien de parenté entre les deux séries se fait constamment sentir. Morgan et Wong ont truffé Space d’allusions et de clins d’œils, notamment en embauchant Doug Hutchison (alias Eugene «I love art» Tooms) dans le rôle d’un Silicate terroriste qui s’infiltre dans des conduits. David Duchovny fait aussi une brève apparition, dans le rôle d’un autre Silicate surnommé Handsome Alvin. En fait, plusieurs acteurs font le saut d’une série à l’autre et sont aussi apparus plus tard dans Millennium.
Comme Space Above and Beyond est une série inachevée, il faut se taper une fin absolument nulle. Le plus décevant est que les scénaristes savaient que la suite ne serait pas diffusée et n’ont rien fait pour écrire un semblant de conclusion. Ils tuent une partie de leurs personnages, en laissent d’autres en danger de mort, et le moment décisif de la guerre contre les Chigs tombe à plat. J’ai presque envie de suggérer à ceux qui voudraient voir la série de ne pas visionner les deux derniers épisodes. Autrement, ça se laisse bien regarder si l’on s’attend à quelque chose de pas trop sérieux.
Détail technique particulier, les DVD se lisent sur les deux faces. Ne vous faites pas avoir en ne visionnant que leur face A, car vous allez trouver que l’histoire avance drôlement vite.

#1 Serge (14 mai 2008 - 17:59)
Québec le 14 Mai 2008
J’avais visionné et archivé la série lorsqu’elle était passée vers 1999 ici. Acheté DVD pour la qualité en 2008.
Au final, oui les débuts sont hésitants et boiteux mais après quelques épisodes, tous les personnages deviennent attachants, les histoires crédibles. Hélas les truquages sont arriérés (gravité, scènes ds l’espace, décors des années 1990 pas en 2060), ce qui freine le “ont veut y croire”. Mais pour le reste, c’est très bien. Gadgets futuristes, histoires crédibles, conseillers militaires sérieux… Dommage que s’en est demeuré là. Heureusement qu’il y a eu la série Firefly (2002) qui demeure un chef-d’oeuvre du genre…
Serge
#2 Laurine (17 mai 2008 - 19:34)
Firefly aussi aura connu une vie bien courte. Mais qu’est-ce que les gens regardent, donc? Des sitcoms?
#3 Ares (22 mai 2008 - 4:50)
Même si la série est pleine de défauts au niveau des trucages, je trouve que les bâtiments militaires et autres chasseurs sont très bien modélisés et se rapprocheraient de ce qui est possible (n’oublions pas que ça se passe en 2063 donc normal que la technologie soit apparentée à celle que nous connaissons en 2008. Nous ne sommes pas dans un star wars ou star treck ou l’humanité a piqué toutes les technos aliens depuis des siècles et où les technos dépassent l’entendement^^)
Aussi il est même fort probable que nous developpions des technologies proches de la série d’ici 50 ans (seule les système d’exploitation des vaisseaux plus proches de MS DOS que de vista cloche dans la série ^^ mais elle date des année 90 ne l’oubliez pas)
Perso j’en suis un grand fan car rare sont les uni de SF qui m’ont rendu accro (star wars trop bébé avec les trois derniers épisodes, Battle star galactica trop de blabla mais pas assez d’action ^^).
Dans cette série on trouve le juste milieu (action et profondeur de scénario et ce même si les silicates sont un peu mal joués (les premières saisons de toutes les séries sont pleines de défauts généralement vous constaterez et en exemple j’étais mort de rire sur les premières saisons de buffy et Roswell car les effets spéciaux étaient plus que nul tout comme ces série d’ailleurs^^).
En résumé cette série a été mal jugée et méritée plus que les autres une suite de plusieurs saisons dignes de l’univers (comme Stargate) mais encore une fois les gens préfère bouffé des séries de merde sans profondeur avec des scénarios qu’un enfant de 5 ans ou des Lamentins aurait pu penser (et ou le sexe l’emporte sur le reste malheureusement)
Pour tout contact je laisse mon adresse msn lilian120886@hotmail.fr
Info je joue à warhammer40K ^^.
#4 Ares (22 mai 2008 - 5:00)
Laurine je te rejoins à 100% dans ton raisonnement…
Les sitcoms abrutisse plus qu’autres choses…
Perso je préfère les conflites spatiaux aux conflits d’ados boutonneux pleins de super pouvoir pour sortir avec une nana de 15 ans ou qui couchent avec des vampires qui sont de temps à autres leurs ennemis ^^ (scénario de m…..)
je voulais rajouter, pour space 2063, que la musique qui revient souvent pour le colonel McQueen quand il veut abattre ,dans l’épisode “abandonnez tout espoir”, l’As shig ou quand il subit l’explosion dans le dernier épisodes “l’ennemi sans visage” est très prenante…
#5 Laurine (22 mai 2008 - 20:34)
Si je peux me fier à l’info sur Wikipédia, Space a été désavantagée par une case horaire imprévisible et mouvante. La diffusion des épisodes était irrégulière et constamment interrompue par… des matchs sportifs — qui ne valent pas mieux que les sitcoms à mon avis! Space a connu un véritable intérêt populaire lors de sa rediffusion sur le Sci Fi Channel aux États-Unis. Comme quoi une diffusion régulière et un public correctement ciblé font toute la différence.
Addendum: J’aime beaucoup la série Battlestar Galactica. Oui, ça cause beaucoup là-dedans et il y a des scènes un peu soap parfois. Mais, comment dire? Mes attentes intiales étaient-elles si basses? J’ai été franchement surprise par la qualité de la série, la complexité des personnages et la variété (voire la dureté) des thèmes abordés. Mieux encore, la trame sonore est judicieuse et inattendue. Les concepteurs ont voulu s’éloigner des space opera habituels et, sous certains aspects (la religion, la musique, l’ennemi), ils ont réussi.
#6 Ares (2 juin 2008 - 13:04)
Dommage alors que Sci Fi channel n’est pas disponible en France.
Au fait j’ai vu un extrait de Firefly…et ça m’a donné l’eau à la bouche donc si vous savez ou je peut me procurer la série en DVD (même en canadien),je suis preneur
Merci d’avance
#7 Laurine (2 juin 2008 - 17:11)
Il y a toujours moyen de se procurer Firefly sur Amazon (France ou Canada). Il faut juste faire attention aux versions offertes. L’une est en anglais uniquement, alors qu’une autre offre doublage et sous-titres en français.