Fractale Framboise

Laurine

Duma Key — Stephen King

par Laurine - dimanche, 24 février 2008 - 14:25 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Duma Key (cover) Toujours aussi prolifique malgré sa santé chancelante qui lui a déjà fait dire plus d’une fois qu’il n’écrirait plus autant, Stephen King récidive en 2008 avec Duma Key, un roman bien noir de 600 pages. Sans prétendre qu’il y a des ressemblances frappantes avec Lisey’s Story, je trouve que Duma Key reste dans la même veine, déjà parce que son protagoniste principal est un artiste maudit, et aussi parce que les personnes avec qui il se lie d’amitié sont capables de partager ses visions.

Le héros est un entrepreneur en construction dans la cinquantaine nommé Edgar Freemantle. Au cours d’une inspection de routine, il se fait écraser dans sa voiture par une grue. Edgar perd son bras droit et subit des dommages au cerveau: il devient partiellement amnésique et aphasique. Les crises de rage qu’il pique lors de sa convalescence terrorisent sa femme tant et si bien qu’elle le quitte. Edgar pense au suicide, mais son psychiatre lui suggère de changer de décor et de reprendre une activité qui l’a déjà intéressé autrefois, la peinture. Edgar s’installe donc à Duma Key, une île floridienne presque déserte, où il se lie d’amitié avec un ancien avocat (Wireman) et la dame âgée atteinte d’Alzheimer dont il s’occupe (Elizabeth Eastlake). Edgar se met à dessiner et à peindre avec une passion dévorante. Ses scènes sont de plus en plus inquiétantes et ont des répercussions dans le monde réel. La maison rose qu’il a louée pourrait amplifier cette connexion avec le paranormal. Plus étrange encore, l’enfance terrifiante de Mme Eastlake émerge et vient le hanter. Puis l’histoire sombre dans l’horreur quand la dame rouge se réveille et amène son navire des morts près de l’île.

Duma Key n’est pas le meilleur roman de King, à mon avis, même s’il nous plonge avec beaucoup d’habileté dans un mystère qu’il est difficile de lâcher. Le lecteur absorbe chaque nouvelle pièce du casse-tête en se disant que les réponses arriveront à point nommé. Ce n’est pas le cas. L’engrenage des événements maintient l’intérêt jusqu’à la toute fin, un bon point pour l’auteur. Mais une fois le roman terminé, on se rend compte que la trame est pleine de trous. Les coïncidences extraordinaires ne manquent pas, et le récit laisse entendre qu’une ancienne déesse (alignement: evil) tire les ficelles jusqu’à l’autre bout des États-Unis — ce qui n’empêche pas ses pouvoirs d’être des plus limités quand ça arrange l’auteur. Duma Key présente un tel bric-à-brac d’informations (la couverture devrait vous en convaincre) que certaines choses sont laissées en plan. Par exemple, qu’arrive-t-il avec la trentaine de tableaux maudits peints par Edgar et exposés dans une galerie? Que viennent faire les balles de tennis dans le décor? D’autres détails paraissent gratuits, comme cette scène à la toute fin du roman où l’un des personnages révèle qu’il a un talent de ventriloque. Bien sûr, ce talent s’avérera très utile pour communiquer avec un esprit et obtenir des réponses!

Duma Key a beaucoup de bons côtés, qu’on se rassure. Déjà, l’amitié entre Edgar, Wireman et Elizabeth est très touchante. Leur affection mutuelle est décrite avec beaucoup de simplicité et de naturel, et l’auteur y met autant de conviction que dans sa description du couple Lisey/Scott de Lisey’s Story.

Le récit s’articule autour d’un thème intéressant que King exploite avec sa touche personnelle, celui de l’art qui possède entièrement un artiste. Deux personnages se découvrent un talent incroyable suite à un accident qui a endommagé leur cerveau. Cela soulève d’intéressantes questions, car au bout de quelques chapitres, on finit par jalouser ces fabuleux artistes qui peignent des œuvres géniales sans effort et en grande quantité. Leur accident a-t-il libéré un génie qui sommeillait déjà en eux, ou a-t-il reconfiguré quelque chose dans leur esprit? Où le véritable génie arrête-t-il pour faire place à la possession pure et simple? Et où puis-je subir un accident de la circulation providentiel qui va faire de moi une peintre riche et réputée?

Incidemment, le troisième larron, Wireman, n’est pas un artiste, mais comme il s’est pris une balle dans la tête quelques années auparavant, il est devenu un peu télépathe. La nature est miséricordieuse comme ça. Outre les dommages au cerveau qui libèrent d’étranges facultés, King s’est intéressé aux sensations fantômes que ressentent les amputés et a inclus cet autre élément dans son récit. Edgar sent que son bras droit le picote quand il a besoin de peindre, mais le détail qui tue, c’est qu’il sent que ses ongles invisibles ont poussé depuis l’accident et il ne peut pas les couper! Enfin, pour rester dans le domaine des curiosités médicales, il est beaucoup question de mémoire. Edgar est partiellement amnésique, Elizabeth souffre d’Alzheimer, les dessins provoquent des réminiscences, etc. L’ensemble des souvenirs reste très fragmenté, bien sûr, ce qui n’aide pas le lecteur quand il essaie de rattacher toutes ces ficelles du récit qui pendent un peu partout.

Les lecteurs assidus de King seront capables d’établir des concordances entre Duma Key et le cycle de la Tour sombre, avec en parallèle Insomnies. La notion de dessiner et d’effacer des gens pour les faire disparaître du réel rappelle le talent de Patrick Danville. Le chiffre 19 revient discrètement, soit dans les noms qui ont dix-neuf lettres ou des chiffres qui apparaissent dans des en-têtes de courriels. La dame en rouge rappelle bien sûr le Roi pourpre, le rose abonde dans le récit, et ainsi de suite. La douleur qu’Edgar ressent dans l’une de ses jambes suite à son accident fait écho aux douleurs fantômes de Roland, elles-mêmes calquées sans aucun doute sur ce que King a dû endurer après sa rencontre avec un certain van. Quand vient le temps de décrire la douleur d’un survivant éclopé, l’auteur est criant de vérité, c’est garanti!

Quelques notes avant de conclure. L’Esprit vagabond relève que le roman Duma Key s’accompagne d’une bande-annonce. Sur amazon.com, vous pouvez aussi télécharger une nouvelle intitulée «Memory» qui devrait vous donner un bon aperçu de l’amorce du bouquin. Et finalement, voilà l’illustration en wrap-around qui est censée, je crois, rappeler les peintures d’Edgar Freemantle. Je la trouve tape-à-l’œil, mais au moins elle n’est pas possédée.

Duma Key (wrap-around)

  20 commentaires

20 commentaires:    (ajoutez-en un)

  1. #1  Fred   (26 février 2008 - 18:48)

    A votre avis, quel est le meilleur bouquin de King ?

  2. Laurine

    #2  Laurine   (26 février 2008 - 20:51)

    J’ignore quel est LE meilleur roman de King, car il en a écrit beaucoup et sur un laps de temps tellement long que les détails des titres antérieurs s’estompent dans ma mémoire. Mais Duma Key ne décrocherait pas ce titre, ça au moins c’est une certitude. Trop éparpillé par rapport à ce qu’il a déjà écrit.

    Il faudrait chercher du côté des romans les plus personnels et les moins grand-guignolesques. Des suggestions? Un top cinq?

  3. #3  Daniel Sernine   (26 février 2008 - 21:57)

    Et si on faisait une liste de meilleurs romans de King écrits à Québec? :o)

  4. #4  Hugo   (27 février 2008 - 20:49)

    Effectivement, LE meilleur dépend surtout des goûts et des couleurs de chaque lecteur… Mais parmi le lot de romans, il y en a dont les qualités littéraires, narratives et généralement artistiques dans le sens large dépassent la moyenne des romans ou bons romans de l’auteur.
    Parmi ces oeuvres dont les qualités sont indéniables à mon avis, on peut penser à des titres comme:

    The Dead Zone
    The Shining
    IT
    Hearts in Atlantis
    The Green Mile

    Lisey’s Story est trop frais dans ma mémoire et n’a pas encore subi l’usure du temps et de la comparaison, mais était définitivement un bon roman.
    The Dark Tower est une oeuvre totalement à part; difficile de ne pas en tenir compte dans une tentative de Top 5, mais comment faire autrement? La série est exceptionnelle en elle-même, mais un seul des romans de la série peut-il figurer au Top 5 sans parler des six autres?
    Un autre problème avec cet exercice, c’est que King a publié de très longues novellas qui sont en fait des courts romans – peut-on les inclure? The Mist était une de mes histoires préférées avant que le cinéma de 2007 ne vienne changer cette impression…
    Aussi, les romans publié sous le pseudonyme de Richard Bachman? The Regulators et The Long Walk sont d’excellents romans, ce dernier est d’ailleurs parmi les meilleurs de King.
    En terminant, dernière remarque; plusieurs oeuvres de King trouvent également un intérêt dans le fait d’être une partie d’un ensemble. On peut penser à l’excellent Dolores Claiborne qui l’est encore plus avec la lecture de Gerald’s Game, par exemple… Ou de Desperation qui donne une dimension de plus à The Regulators…
    Oups, The Talisman et Black House ne compte pas puisque même s’ils sont tous deux de très très bons romans, King a eu de l’aide…?
    Hehehe… On comprendra que je m’amuse ici, mais effectivement, le choix est vaste et contestable, j’imagine, mais le Top 5 suggéré ci-haut me semble un choix fort défendable.

    Hugo

  5. Laurine

    #5  Laurine   (29 février 2008 - 21:04)

    Je pense qu’il est tout à fait possible de s’attacher spécialement à un ou deux romans de la série Dark Tower, car ils ne sont pas tous de qualité égale. Je n’ai pas encore essayé de les mettre en ordre de préférence, mais je sais que The Drawing of the Three et Wolves of the Calla sont mes favoris.

    Parmi les autres romans de King m’ayant le plus marquée, je citerais Pet Sematary, It et Lisey’s Story. Avec les deux cités précédemment, ça me fait cinq… mais même le choix de cinq romans (plutôt que un, ou trois, ou dix) a quelque chose d’arbitraire, n’est-ce pas?

  6. #6  Daniel Sernine   (29 février 2008 - 21:42)

    C’est dommage, je n’ai pas conservé un courriel récent de Joël Champetier sur les «faiseux de listes» (il proposait d’ailleurs qu’on en dresse une liste, de ces faiseux de listes). Pissant!

  7. #7  mathieu f   (1 mars 2008 - 11:26)

    Je me souviens que la première fois que j’ai lu the talisman, je me suis dit:wow!

    mes préférés demeurent cependant The long walk, The stand, Gerald’s game et Dolores Claiborne.

  8. #8  Hugo   (1 mars 2008 - 19:35)

    Laurine, je partage au moins un de tes favoris de The Dark Tower: The Drawing of the Three est un grand roman de King.
    Daniel, j’ai une copie du couriel de Joel… Il suggérait même que je gère la liste des gens qui se foutent des listes :-)))
    Ironique, non?

  9. #9  Joel Champetier   (2 mars 2008 - 15:39)

    Daniel, je t’interdis de mentionner ici des conversations privées. Je t’inscris derechef sur ma liste des gens avec qui je ne ferai plus de blagues à propos des gens qui font des listes.

  10. #10  Daniel Sernine   (2 mars 2008 - 20:43)

    Bref, me voilà sur (encore) une autre «black list» :0)

  11. #11  Daniel Sernine   (2 mars 2008 - 20:53)

    Pour ma part, je propose une liste des meilleurs lettres qu’il y a dans le nom «Stephen King».
    Voici la mienne:

    1- K
    2- PH (c’est un ex-aequo, je n’arrive pas à les départager)
    4- I
    5- ST (ex-aequo aussi; il y aurait tant à dire…)
    7- G
    8- N
    9- E (le E est trop commun, il n’a aucune originalité; je l’inscris ici parce qu’il le faut bien). Encore que…

    Je suis prêt à en débattre, bien entendu, sauf le K, qui arrive indiscutablement en tête.
    Évidemment, si j’avais du temps à perdre, je ferais un classement combiné qui contiendrait en plus le R, le C, le A, le D, le B et le M. Mais ça m’obligerait à relire attentivement le nom «Richard Bachman», et je n’ai pas que ça à faire, je travaille présentement sur une liste exhaustive de toutes les voyelles qui ont été prononcées à Québec.

  12. #12  peter host   (2 juin 2008 - 1:41)

    Perso, je trouve que Duma Key est très bon. On y trouve une profondeur psychologique que l’on ne trouve pas dans les King d’avant insomnia/la tour sombre. Les deux éclopés et leur sympathie naissante, sont terriblement attachants. Et la description de la Floride est criante de vérité.

    Quant-aux cinq bouquins préférés, je mets la série de la tour sombre en premier, loin devant le reste. Roland a rejoint le piédestal des grands mythes de la littérature anglosaxone.
    Et le tome 4 “Wizard and Glass”, qui selon moi, en plus d’être une magnifique histoire d’amour, est l’apogée de l’esprit de la série : Sergio Leone devait être revenu d’entre les morts pour aider la (le?) muse de S. King qui fume des cigares dans le sous sol. Je l’ai lu 5 ou 6 fois.

    Sinon j’aime beaucoup “the stand” et “the green mile”.

  13. Laurine

    #13  Laurine   (3 juin 2008 - 21:19)

    Tiens, c’est drôle l’effet qu’un roman peut avoir sur les gens. Wizards and Glass m’avait justement rebutée à cause de cette histoire d’amour que je trouvais d’un convenu déprimant. (Une Jeune Fille Pure promise à un vieux croulant. Arrive le Héros — qui s’est déjà tapé des putes pour montrer qu’il était capable, on ne s’intéresse pas à sa pureté, lui. Il s’entiche de la belle et oups, elle cesse d’être «pure» et on la fait cramer. Bienvenue chez les Talibans.)

    Si l’on fait abstraction de cette bluette adolescente, là oui, le récit se défend bien. Il y a un bon mélange de suspense et de rebondissements, le tout dans un décor semi-western, semi-fantasy. Mais épargnez-nous toutes les Susan Delgado! Blech. Je n’aime pas les filles qu’on doit sauver.

  14. #14  peter host   (6 juin 2008 - 12:29)

    Bonjour Laurine.

    ATTENTION SPOILERS POSSIBLES (même si j’ai essayé de rester le plus vague possible sur les éléments de l’histoire)

    Je ne sais pas s’il faut nécessairement envisager les choses comme cela. Ma vision : Susan Delgado est une fille courageuse, forte, mais fragilisée à l’extrème. Elle se fait avoir à tous les niveaux (père absent, vieille tante acariatre, la sorcière Ria, promise à un fantoche, et “sauvée” par le plus maudit d’entre les maudits, Rolland). La Tour Sombre est (entre autres) la succession des échecs de Rolland à sauver/préserver/aider ceux qu’il aime. C’est le point culminant sur ce thème (tome 1, tome 4, et culminant au tome 7).
    De plus, profite aussi dans la série d’une autre susan, Susannah, qui est l’antithèse de ce que vous décrivez. Et celle là, Rolland ne pourra pas la dompter, la briser.
    En tous les cas ce n’est pas plus convenu que l’ensemble des drames de la littérature classique (des grecs à Racine) par exemple ; j’aurais peut être du préciser que c’est le traitement qui m’intéresse dans cette histoire d’amour, pas la structure de premier niveau (qui n’est jamais bien intéressante, quelle que soit l’histoire). Dans les trois premiers tomes, on sent bien que Rolland a été blessé de nombreuses fois partagé entre son désir de la tour sombre et son côté profondément humain qui l’amène à s’attacher… Le tome 4 nous le montre avant les blessures, au moment de la première blessure. Et à la lecture des tomes 5, 6, 7, on ne perçoit plus le personnage de la même façon : la brisure s’est installée en lui par son effort de raconter à son Ka-tet cette première expérience traumatique. Comparer le Rolland presque plan-plan des “Loups de la Calla” avec le killer des “Trois Cartes”. Pour moi, ce tome 4 est essentiel dans l’ensemble de l’oeuvre : c’est le point de bascule.

    Et puis aussi, j’adore les westerns de Sergio Leone, qui certes décrivent un monde super sexiste. C’est ce qui s’en rapproche le plus en bouquin.

  15. Laurine

    #15  Laurine   (7 juin 2008 - 10:12)

    Je devrais relire Wizards and Glass! C’est le seul de la série que je n’ai lu qu’une fois. Il me semble que Roland a déjà commencé à être pas mal traumatisé avant l’arrivée de Susan. L’histoire entre sa mère et Marten, par exemple, qui le pousse à devenir pistolero bien avant l’âge requis. (Il n’aura pas beaucoup de chance avec les femmes, le pauvre.)

    En quoi Roland était-il planplan dans Les Loups de la Calla déjà? Je me souviens qu’il était malade comme un chien (une arthrite qui n’en était pas une). Mais il a quand même su organiser la défense du village.

  16. #16  Kate Elizabeth Murphy   (29 juin 2009 - 2:08)

    Personnellement, j’ai vraiment adoré Duma Key. (N’en déplaise à ceux qui, passé le premier commentaire, ont voulu faire dévier la conversation. ^^) Mon préféré reste les Tommyknockers (bien que j’avoue n’avoir pas l’oeuvre de King au complet; vingt-cinq romans, tout au plus, et rien qu’un tome de La Tour Sombre, le 4e, si je ne m’abuse), mais Duma Key me fascine vraiment. Le personnage principal n’était pas plus sympathique qu’un autre, et pourtant, toute l’histoire m’a charmée… J’aimerais être une Elizabeth Eastlake, protectrice des arts, vieille dame respectée… :)

  17. #17  vectoria   (8 juillet 2009 - 5:10)

    Je viens de terminer Duma Key (prenant mais effectivement pas le meilleur king), le meilleur pour moi est le premier que j’ai lu il doit y avoir environ 12 ans : “Insomnie”.

  18. #18  peinturecar-expo   (27 juillet 2009 - 14:43)

    j’ai du mal a terminer la lecture de Duma KEY
    un peu decu moi qui ai toujours achete KING les yeux fermes

    le dernier que j’ai lu BLAZE etait pourtant top

  19. Laurine

    #19  Laurine   (27 juillet 2009 - 15:56)

    Ah, moi c’est Blaze que je n’ai pas pu terminer. Le héros ne me branchait pas trop et la préface (dans le genre: «Attention: histoire déprimante») a peut-être contribué à miner mes efforts.

  20. #20  Hugo   (28 juillet 2009 - 18:20)

    Je partage l’avis de Laurine sur ce point; je n’ai pu terminer Blaze non plus. Un exemple de roman non-publié qui aurait dû le demeurer. Le style adopté pour la narration n’est pas parvenu à m’accrocher ou à me faire ressentir quoi que se soit pour le(s deux) personnage(s).

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