Resident Evil: Extinction

Resident Evil: Extinction C’est bientôt l’Halloween et, comme il est temps que je me mette dans le bain, j’ai fait mon premier effort de guerre en allant voir Resident Evil: Extinction. D’accord, ça ne fait pas travailler les cellules grises, mais comme c’est un film de zombies ça tombe bien. Et avouez que le choix de films, en cette période pourtant populaire, est limité. Outre Extinction, nous aurons droit à 30 Days of Night, une version 3D du film The Nightmare Before Christmas, encore un autre Saw et c’est à peu près tout. J’oublie un titre? Après le 31 octobre, ça ne compte plus. Juste pour vous dire, même les bandes-annonces ne péchaient pas par excès en terme de fantastique ou d’horreur. C’est à croire que l’avalanche de films d’horreur pour ados (Scream, Final Destination, Halloween) ou désaxés assumés (Saw, Hostel) a saturé le marché. Je commence déjà à m’ennuyer de scénarios comme The Ring et de spectacles visuels comme Silent Hill.

Pour en revenir à Extinction, il ressemble beaucoup au film précédent, Apocalypse, avec des protagonistes se promenant à l’air libre et affrontant une armée grandissante de zombies. Nous sommes bien loin de l’atmosphère claustrophobe du tout premier, de sa froideur clinique et de ses morts inventives. Maintenant on s’équipe lourdement, on fait tout exploser et on sait à quoi s’attendre. Le scénario doit se rabattre sur les choses qui surgissent à l’improviste en faisant «Bouh!», sur des pseudochercheurs qui s’ingénient à donner à la science une mauvaise réputation, et sur des chiens morts-vivants dont la peau a inexplicablement disparu. Pas de quoi se ronger les ongles quand même l’intelligence artificielle qui supervise le bon fonctionnement du complexe souterrain se montre gentille et prévenante.

Le propos est mince. Le virus machin a éradiqué l’humanité même s’il ne se répand pas à moitié aussi vite que celui de 28 Days Later ou Dawn of the Dead. Les zombies sont lents, stupides et hautement susceptibles aux balles dans la tête, mais ils dominent maintenant la planète sans espoir de mourir de faim pour tromper l’ennui. Dans un complexe souterrain, une poignée d’administrateurs holographiques, teigneux et gominés se tournent les pouces pendant que le Dr Isaacs tente de mettre au point… un remède contre le virus? Non. Un puissant zombicide? Non plus. Un vaccin servant à rendre les zombies dociles pour en faire des travailleurs bon marché? Eh, oui. À la surface, un convoi de rescapés chromés et armés jusqu’aux dents écume les K-Marts du Nevada à la recherche de survivants avant d’apprendre que leur salut se trouve en… Alaska (nooon! il y a des vampires là-bas!). Autre mauvaise nouvelle, ils doivent faire un crochet par Las Vegas pour faire le plein d’essence avant d’aller où que ce soit.

Alice surgit de nulle part avec pour mission de mettre un peu d’ordre dans tout ce bordel. Le spectateur averti aura noté que la pauvre Milla Jovovich, dont la joliesse est pourtant évidente, a subi les mêmes outrages que Scarlett Johansson dans The Island: un maniaque lui a effacé les pores du visage par déformation professionnelle. Voilà ce qu’on gagne à faire de la pub pour l’Oréal, qui promet la jeunesse éternelle grâce à ses crèmes chimiques. J’espère que l’ironie de la situation ne vous a pas échappé.

Inutile de prendre le film au sérieux, lui-même ne tente pas cet exploit. Une horde de corbeaux zombifiés fait une seule et unique apparition même si ces bestioles se nourrissent de viande avariée depuis des semaines. (À leur décharge, Ashanti jouait tellement mal qu’il fallait s’en débarrasser au plus vite.) Les zombies servant aux expériences du Dr Isaacs portent un pyjama d’hôpital bleu qu’ils n’ont certainement pas enfilé d’eux-mêmes. Et ne parlons pas d’Alice et de ses clones, toutes vêtues par Jean-Paul Gauthier, dans un décor de western mâtiné de Mad Max. Notez qu’Alice est la seule à pouvoir jouer du couteau, alors qu’il est clair depuis le début de la série que les zombies résistent à bien pire.

Resident Evil ne risque pas de faire avancer la cause des morts-vivants. La série en sera quitte pour entretenir une mode qui sera portée en réalité par les films mettant en scène des zombies dont l’existence suit une logique que le spectateur peut comprendre.

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