Quelques notes sur les Hugos 2007

Alors que Nippon 2007 a lieu à Yokohama, les fans de SF qui ont choisi de ne pas se rendre à la Worldcon japonaise peuvent au moins se livrer avec autant d’abandon au sport favori des gérants d’estrade : éplucher les listes de nominations et opiner sur ce qui mérite de gagner et ce qui, malheureusement, sera choisi par les autres.

Plusieurs récompenses sont remises à chaque Worldcon. Si l’ignorance nous pousse à rester discret au sujet des Seiuns, du Komatsu Sakyo, du « Sense of Gender », des Chesleys ou du Golden Duck, aucun scrupule ne m’empêchera de discuter des Hugos, du Campbell, ou des Prometheus en prétendant y connaître quelque chose.

Ceci dit, le « prix » le plus important à être annoncé à la Worldcon 2007 sera sans doute l’annonce du lieu de Worldcon 2009. Montréal ou Kansas City? Si ma préférence canadienne française est évidente, l’issue du vote est pratiquement impossible à prédire. L’équipe de Montréal 2009 a fait tout un travail depuis l’annonce de la candidature en 2004, passant d’une quasi-blague à l’allure d’un compétiteur sérieux contre les gens bien rodés de Kansas City. Je pourrais vous ennuyer pendant plusieurs paragraphe sur les facteurs qui risquent de faire pencher le vote d’un côté comme de l’autre, mais à ce moment-ci, je préfère souhaiter bonne chance à René Walling et son équipe, et attendre l’annonce du résultat d’ici quelques heures, vraisemblablement avant que vous ayez pu lire ce billet.

[Ajout, 8h, Samedi 1er septembre: Les résultats sont annoncés! Les gagnants, les détails du vote (PDF) et les mises en nomination (PDF) sont disponibles. Et, selon un rapport non-officiel, préparez-vous à une Worldcon 2009 à… Montréal.]

Mais de retour aux prix. Je suis souvent amusé par l’existence du Prometheus Award, décerné au meilleur roman libertaire (ou, ahem, « du meilleur roman pro-liberté ») de l’année précédente. S’il est possible (voire sain d’esprit) d’être en désaccord avec l’idéologie libertaire, la liste des gagnants du prix donne, en fait, une liste de lecture divertissante. À voir les œuvres en nomination cette année…

  • Empire – Orson Scott Card
  • The Ghost Brigades – John Scalzi
  • Glasshouse – Charles Stross
  • Rainbows End – Vernor Vinge
  • Harbingers – F. Paul Wilson

…je suis pratiquement convaincu que le prix se joue entre Vinge et Stross. J’ignore tout de Harbingers (bien que Wilson est un favori du prix), mais Empire est un choix à la fois étrange et mauvais, alors que The Ghost Brigades ne semble pas avoir d’éléments politiques aussi percutants que les autres œuvres. Glasshouse est à plusieurs égard un manuel sur la façon de détruire un régime autocratique, alors que Rainbows End appuie vraiment fort sur l’accélérateur du progrès technologique libéré des contraintes du gouvernement. En analyse finale, je préfère Glasshouse comme lecteur, mais Vinge a déjà remporté le prix à trois reprises…

Mais si vous avez lu jusqu’ici, vous voulez sans doute entendre parler des Prix Hugos. En tant que membre « de soutien » à Nippon 2007, j’ai remplis mon bulletin de vote à la fin juillet et attend les résultats du vote avec autant (mais probablement plus) d’impatience que vous. Examinons donc la liste des œuvres en nomination.

Je n’ai pas l’intention de commenter chaque catégorie : les détails des œuvres en nomination dans la catégorie du meilleur fanartiste, du meilleur fanzine, de la meilleure direction littéraire (courte) ou bien de la meilleure présentation dramatique (courte) me laissent profondément indifférents. (Je ne regarde pratiquement pas de télévision, et le fanzinat non-électronique ne me rejoint littéralement pas.) Passons donc à autre chose.

Comme une discussion au sujet des Semi Prozines, tiens. Malgré l’estime (et l’abonnement) que j’ai pour Locus et Ansible, les lecteurs de Fractale Framboise savent bien que mon choix est The New York Review of Science Fiction. Interzone et Lady Churchill’s Rosebud Wristlet ont leur niches équivalentes, mais ne nous leurrons pas : C’est Locus ou Ansible (qui s’adressent tous deux à des publics beaucoup plus vastes) qui obtiendront une autre fusée cette année.

La course pour le prix du fanécrivain est très intéressante cette année, non pas pour la présence de fans de la vieille (John Hertz), moyenne (Steven H. Silver) ou nouvelle (Chris Garcia) école du fanzinat, ou du gagnant éternel Dave Langford, mais pour l’inclusion inhabituelle d’un pro tel John Scalzi sur la liste. Bien que l’incident a ravivé le vieux faux débat « fan vs pro » (S’excluent-ils mutuellement? Les fans sont-ils des larves de pros? Perds-on sa fanicité à jamais dès sa première publication payante?), je trouve plus intéressant d’y voir là une bonne percé en faveur des bloggueurs purs. Mon choix s’est porté sur Scalzi (le seul écrivain de la liste aussi divertissant, à sa manière, que Langford) et je ne serais pas tout à fait surpris de le voir remporter le prix, bien que le backlash des fans de la vieille école du fanzinat semble être considérable.

La catégorie pour l’Artiste professionnel est une belle mixture de noms bien établis (Bob Eggleton), bien connus (Donato Giancola) ou en plein émergence (John Picacio). John Jude Palencar obtient ici sa première nomination bien méritée, mais mon favori reste Stephan Martiniere. Ceci dit, je ne serais pas surpris de voir Picacio ou Giancola obtenir le trophée. Quel qu’il en soit, il s’agit d’un groupe de nomination irréprochable.

La catégorie de la Direction littéraire (longue) est nouvelle cette année, rendant toute futile toute tentative de deviner les résultats basés sur les prix précédents. Oui, c’est une catégorie qui a été créée, en partie, pour récompenser David G. Hartwell… qui a entre-temps remporté le prix l’an dernier. Oui, Hartwell a recommandé à tous de voter pour Jim Baen… mais Baen n’est pas un choix naturel pour ceux qui votent aux Hugos, et les récompenses posthumes ne sont pas encouragées. Patrick Nielsen Hayden a une excellente réputation fanique, et Lou Anders est la locomotive derrière Pyr, mais est-ce suffisant pour obtenir le Hugo? Bref peut-être est-ce plus simple de dire qu’il est improbable que Ginjer Buchanan ne réussira vraisemblablement pas à se faufiler entre les quatre autres noms sur le bulletin de vote. Mais c’est un honneur d’être nominé…

Les Présentations dramatiques (longues) me laissent perplexe. Si je dois leur reconnaître des qualités cinématographiques indéniables, je les ai apprécié comme pièce de cinéma beaucoup plus que comme SF portée à l’écran. PAN’S LABYRINTH était de la fantasy disjointe, V FOR VENDETTA a finit par sombrer dans la naïveté politique, CHILDREN OF MEN manquait de vraisemblance logique et A SCANNER DARKLY a préférée garder son intrigue pour les dernières cinq minutes. Reste THE PRESTIGE, que je continue d’admirer beaucoup plus comme exemple d’un scénario bien ficelé que comme film de science fiction en tant que tel. J’avoue ne pas avoir aucune idée de ce qui finira par être sélectionné par l’ensemble du vote.

En revanche, il n’y a aucun doute possible au sujet du gagnant dans la catégorie du meilleur livre documentaire: James Tiptree, Jr.: The Double Life of Alice Sheldon de Julie Phillips mérite tous les honneurs, et on pouvait deviner que le livre était destiné au Prix Hugo dès sa parution. Je n’ai pas lu About Writing: Seven Essays, Four Letters, and Five Interviews de Samuel R. Delany ou bien Heinlein’s Children: The Juveniles de Joseph T. Major, mais je peux confirmer que Cover Story: The Art of John Picacio de John Picacio est un magnifique livres d’art SF (ah, quel design!) et que Worldcon Guest of Honor Speeches des éditeurs Mike Resnick et Joe Siclari est une véritable machine à voyager dans le temps des Worldcons.

Les choses se corsent à nouveau lorsque vient le moment de discuter des nouvelles courtes (short story) en compétition : Si Neil Gaiman est le favori de la foule avec « How to Talk to Girls at Parties », je n’ay ai pas trouvé mon compte. Je n’ai pas été plus satisfait par « Kin » de Bruce McAllister ou bien « The House Beyond Your Sky » de Benjamin Rosenbaum, deux nouvelles qui n’ont laissé aucun souvenir. En revanche, je suis assez content d’avoir lu « Eight Episodes » de Robert Reed, une histoire de premier contact inhabituelle, finement détaillée et tout à fait agréable à lire. Cependant, mon coup de cœur dans cette catégorie est « Impossible Dreams » de Tim Pratt, une romance dans laquelle un cinéphile se trouve par hasard dans un vidéoclub provenant d’une réalité parallèle où les films sont légèrement différents : un véritable cadeau à ceux qui connaissent leurs références cinématographiques. Charmant! (Et une des seules histoires réjouissante dans une liste d’œuvres presque toute uniformément déprimantes.)

Je suis plus indécis au sujet de la catégorie intermédiaire Nouvelle-Novelette : Je n’ai pas retenu grand-chose de « The Djinn’s Wife » d’Ian McDonald (répétitif) ou bien de « All the Things You Are » de Mike Resnick (qui semble sombrer dans la mièvrerie la plus abjecte d’année en année). Paolo Bacigalupi n’est pas un auteur réjouissant et « Yellow Card Man » ne fera rien pour changer cette reputation. Il y a une effet-mosaïque fascinant à « Dawn, and Sunset, and the Colours of the Earth » de Michael F. Flynn, qui démontre une compréhension hors pair des facettes et des conséquences d’une catastrophe, mais ce n’est pas tout à fait satisfaisant pour des raisons qui m’échappent. Reste donc « Pol Pot’s Beautiful Daughter (Fantasy) » (PDF) de Geoff Ryman, qui réussit à faire frissonner tout en abordant une thématique complexe d’expiation.

La catégorie de la Nouvelle longue (Novella) ne fait pas exception à la tendance « deux de ces histoires sont meilleures que les autres »: Trois mois après lecture, je n’ai gardé aucun souvenir de « Inclination » (William Shunn) et « Lord Weary’s Empire » (Michael Swanwick), alors que « Julian: A Christmas Story” de Robert Charles Wilson me laisse l’impression d’avoir lu un premier chapitre d’une plus longue œuvre. Des deux choix restant, je suis partagé : « A Billion Eves » de Robert Reed n’est pas particulièrement charmant ou plaisant à lire, mais finit par dire quelques chose d’assez saisissant. En revanche, « The Walls of the Universe » de Paul Melko a l’allure, la narration et les détails amusant d’une histoire de SF bien classique, sans nécessairement beaucoup de poids thématique. Un choix difficile.

Évidemment, comme l’an dernier, je raille contre les choix tout à fait inconséquents fait par ceux qui nominent les nouvelles, surtout lorsqu’on les compare avec les texte recueillis dans les anthologies de fin d’années. Year’s Best SF 12 de Hartwell & Cramer avait aisément une demi-douzaine de pièces qui auraient mérité mention aux Prix Hugo, dont « Nano comes to Clifford Falls » (Nancy Kress), « Just do it! » (Heather Linsdley) et l’excellent « Preemption » de Charlie Rosenkrantz. Fin du sermon.

…et c’est tout ce que je pense au sujet des prix de cette année.

Quoi? Vous dites qu’il manque une discussion au sujet du Prix Campbell et du Prix Hugo du Meilleur Roman? Mais vous avez raison! Je vais y remédier… dans mes deux prochains billets.

# Les commentaires sont fermés.

Un commentaire

  1. [Ceci fut écrit et oublié avant l’annonce des résultats, qui ont d’ailleurs confirmé ce que je suppose ci-bas.]

    Pour ceux qui veulent prédire l’avenir de la science-fiction et de la fantasy, il est essentiel de s’intéresser aux auteurs qui montent. Un événement, en particulier, tente de récompenser les meilleurs nouveaux écrivains: Le Prix Campbell décerné à chaque remise de Prix Hugo (et ce même si ce n’est « pas un Hugo »). Généralement parlant, le Campbell a une bonne réputation pour choisir des nouveaux écrivains qui laissent leur marque. Si certains auteurs sont retombés dans l’oubli depuis la création du prix en 1973, d’autres sont passés à l’histoire tels C.J. Cherryh (1977), Orson Scott Card (1978) ou Stephen R. Donaldson (1979)… Il est un peu trop tôt pour tout connaître du destin de Jay Lake (2004), Elizabeth Bear (2005) et John Scalzi (2006), mais on commence à avoir une bonne idée de ce que sont capables Nalo Hopkinson (1999), Cory Doctorow (2000) et Jo Walton (2002).

    À en juger par les cinq finalistes de cette année, on doit s’attendre à beaucoup plus de fantasy sur les rayons, souvent en longues séries. Nos finalistes savent être originaux sans nécessairement être innovateurs, et semblent avoir compris que la meilleure façon de connaître un départ canon, c’est de submerger le lecteur de choses à lire. Terminé l’époque où une poignée de nouvelles suffisaient pour se qualifier pour le Campbell : la bonne majorité des écrivains en lice pour le prix 2007 ont au moins un roman majeur à la ceinture.

    À première vue, la seule exception du groupe est Lawrence M. Schoen, un nouvelliste avec une douzaine de nouvelles à son actif durant la période d’éligibilité 2005-2006. Mais « KlingonGuy » (Schoen a contribué à la fondation du Klingon Language Institute) a une feuille de route qui remonte aux années 1990 dans des plus petits marchés, ainsi que de solides connections faniques. Hélas, étant un lecteur de romans, je n’ai toujours rien lu de lui. Mais il a tout à fait sa place comme nominé… ce dont il devra se contenter étant donné la férocité de la compétition.

    Je ne commenterai pas non plus l’œuvre de Sarah Monette, que j’avoue (avec embarras) ne pas avoir beaucoup lu. (Pire encore : c’est la seule des cinq que j’ai actuellement rencontré, à Wiscon, mais en oubliant complètement de lui souhaiter bonne chance.) Ceci dit, Monette a un LiveJournal assez fréquenté, une bibliographie déjà impressionnante, des collaborations avec Elisabeth Bear, et l’érudition nécessaire pour bien critiquer John Clute. En matière d’habileté littéraire, elle est peut-être la plus compétente des cinq nominés : À long terme, je ne serait pas surpris de la voir devenir une Grande Dame de la fantasy. N’importe quelle autre année, je lui aurais donné d’excellentes chances de remporter le prix…

    Mais cette année, hélas, elle doit composer avec trois autres nominés qui ont eu l’occasion de publier un, deux ou trois romans assez populaires. Le Campbell, comme la plupart des autres prix Hugo, est avant tout un concours de popularité et de disponibilité. Les noms disponibles sur les tablettes de votre libraire ont un avantage certain. C’est donc ainsi que j’ai pu me procurer, sans tracas, Elantris de Brandon Sanderson, The Lies of Locke Lamora de Scott Lynch, et la trilogie Téméraire de Naomi Novik.

    De mes lectures, j’ai préféré Elantris, un roman de fantasy pure tellement satisfaisant qu’il m’a temporairement réconcilié avec le genre. Il est approprié d’avoir déjà parlé de Brandon Sanderson sur Fractale Framboise en mentionnant sa prestation sur une table ronde au sujet du divertissement en littératures de genre, parce qu’Elantris est à la fois plutôt bien écrit et remarquablement prenant. Si la description du livre promet une fantasy atypique, ne vous y méprenez pas : il y a ici des princes, des royaumes, de la magie faiblissante et des concepts qui sont logiques sans être naturels. J’ai pris un malin plaisir à calquer l’intrigue sur le schéma traditionnel de la fantasy tel qu’énoncé par John Clute (Wrongness, Thinning, Recognition, Healing). Mieux encore : c’est une histoire de fantasy classique tenant en un seul volume, sans montée évidente en trilogie. Le style est agréable à lire, les personnages sont bien campés (Ah, Sarene…) et l’intrigue a de quoi retenir l’attention. Bref, un bon livre tout court: de savoir qu’il s’agit là d’une première publication a de quoi surprendre. Sanderson a déjà plusieurs autres livres en librairies, et je ne serais pas surpris de le voir se tailler une belle niche en fantasy de genre.

    Je regrette ne pas être aussi enthousiaste au sujet de The Lies of Locke Lamora de Scott Lynch. Malgré une belle intention conceptuelle (« Des escrocs en pleine fantasy New Weird »), une solide intrigue, des détails astucieux et des personnages relativement intrigants, le roman finit par patauger dans une succession interminable de retours en arrière pour nous expliquer chaque trait de personnage, chaque haussement de sourcils subtils. Je soupçonne que mon manque d’affection pour la fantasy ne m’a pas aidé à y voir là autre chose que de l’indulgence superflue. À 300 pages indépendantes, j’aurais coté The Lies of Locke Lamora comme étant une de mes lectures favorites de l’année. À 600 pages d’un premier volume d’une longue série, hélas, c’est un roman qui pousse les limites de ma patience. Mais heureusement, je ne fus pas le seul lecteur du roman, qui a récolté une bordée critique élogieuse depuis sa sortie tôt en 2006. Lynch bénéficie d’une publication transatlantique, de nombreux fans, d’un blog bien fréquenté et de la sortie d’un deuxième volume. Lui aussi semble en voie de se tailler une belle place en fantasy de genre.

    Tout cela nous amène à la cinquième personne en lice pour le Campbell, soit Naomi Novik. Autant Scott Lynch a percé le brouillard de l’apathie critique avec son roman, autant Novik a réussi l’exploit du succès populaire avec sa trilogie Téméraire. Mélange high-concept de guerre Napoléonienne et de dragons, Téméraire a bien vendu, obtenu de bonnes critiques et se trouve maintenant sous option pour adaptation cinématographique par nul autre que Peter Jackson. Quel autre nominé Campbell peut en dire autant? Les trois livres, tous publiés en 2006, ont assuré à Novik une visibilité telle que le premier tome de la série, His Majesty’s Dragon, se retrouve également en lice pour le Hugo du meilleur roman. Même moi n’ai pas grand-chose de trop méchant à dire au sujet de la série : c’est écrit de façon sympathique, et si les courtes boucles dramatiques sapent parfois la tension des livres (pour ne rien dire du long intermède qu’est le deuxième livre), je soupçonne que le « gène de régence » si propre au fan anglo-saxon aura tôt fait de biffer toute impression négative laissé par le livre ou la série.

    N’importe quelle autre année, Monette, Lynch et Sanderson se seraient livrée une bataille à trois. En 2007, hélas, ils devront prendre en compte la locomotive Novik. Échec et mat: Je serai extrêmement surpris si Novik ne va pas rejoindre Lake, Bear et Scalzi au panthéon Campbell.

    Mais ce qui est important, c’est la qualité des auteurs en lice, n’est-ce pas? Ici, au moins, les nouvelles sont bonnes: si Sanderson et Lynch oeuvrent dans le moule de la fantasy générique (un moule consciemment modifié, mais tout de même reconnaissable comme tel), Monette montre des signes de vouloir s’attaquer à un style beaucoup moins orthodoxe. Si vous avez à engranger des premières éditions à fin d’investissement, je parierais sur un de ces trois auteurs. Le cas de Novik est intéressant, parce qu’il laisse présager une carrière en danger d’être trop fortement associée à Téméraire. Ceci dit, elle semble consciente de la situation, et je ne serais pas surpris de la voir adopter une approche binaire où chaque roman au sujet de l’univers Téméraire serait suivi d’une œuvre plus originale.

    Quel qu’il en soit, voilà les cinq meilleurs nouveaux écrivains tels que sélectionné par le Prix Campbell. Maintenant, où se trouve la relève SF…?

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