Le premier roman

La nouvelle demande à être partagée, alors voici: mon premier roman sera publié. Une fêlure au flanc du monde (titre provisoire) a enfin trouvé sa place parmi les publications à venir des éditions Alire (voir le lien au bas de la page d’accueil).

Il est trop tôt pour annoncer une date de publication: je ne sais pas encore ce qu’on me demandera comme travail de révision. En attendant de m’y mettre, je travaille sur d’autres projets. J’ai écrit beaucoup de fiction cet été, ce qui explique un peu, sans l’excuser, ma faible présence sur ce blogue. Mais puisque j’en suis à bloguer en ce moment, aussi bien en profiter pour parler écriture. J’aurai beaucoup appris de ce premier roman – et ce n’est pas fini, j’imagine.

Brèves impressions sur l’écriture du roman, donc:

C’est long. Il faut dire que j’ai commencé à envisager ce roman il y a longtemps, comme on envisage de visiter l’Europe: je voulais le faire un jour mais je sentais que je n’en avais pas encore les moyens. J’accumulais des notes. Au début 1998, je faisais déjà des essais de narration et des esquisses de personnages. Il a fallu encore des années avant que je m’attaque à l’écriture du premier jet. Du travail plus intensif, mais un effort de longue haleine tout de même. Certains font vite; je n’y arrive pas encore.

Des mois et des mois plus tard, j’ai enfin pu soumettre un manuscrit que l’éditeur s’est fait un plaisir de refuser. Le comité de lecture d’Alire avait décelé tous les défauts dont j’étais conscient mais que je croyais bénins, et en avait trouvé d’autres encore. Après une longue période de révision et une nouvelle période de suspense, j’ai enfin une réponse positive de l’éditeur, mais il reste à voir combien de temps ça prendra encore pour que le livre atterrisse sur une tablette près de chez vous.

NaNoWriMo et le roman sérieux. Le National Novel Writing Month est un défi annuel qui consiste à écrire un roman de 50 000 mots en trente jours. Je l’ai fait une fois dans l’esprit de l’événement, juste par défi, en écrivant une histoire que je ne prévoyais pas publier. Comme j’appréciais le sentiment de ne pas être seul à travailler, j’ai repris l’expérience l’année suivante et écrit en un mois les 50 000 premiers mots de L’épreuve du fêlé (mon titre à l’époque). Or, l’approche qui m’avait servi la première fois convenait moins bien pour cette deuxième oeuvre. C’était surtout évident au niveau du dialogue: j’avais tendance à en écrire beaucoup sans me soucier suffisamment de son efficacité. C’est un outil que j’avais peu utilisé dans les nouvelles et les contes que j’écrivais auparavant, et c’est donc en ré-écriture de roman que j’ai commencé à le maîtriser.

Le NaNoWriMo m’a-t-il nui? Je ne crois pas. Ma première participation m’a mis en confiance en me permettant d’expérimenter avec un texte long. Je ne reprendrais pas l’expérience avec un roman que je compte publier, mais je suis content d’être passé par là.

Garder le rythme, rester vif. Tentons une analogie: écrire un roman, c’est un vol migratoire en solo. Ça demande de l’endurance. En phase de composition, j’essaie de d’écrire chaque jour autant que possible. Si je passe trop longtemps sans battre des ailes, je pique du nez et c’est difficile de reprendre une altitude confortable. J’essaie de terminer chaque séance d’écriture en mouvement, au milieu d’une scène, pour profiter chaque jour de l’élan de la veille.

Ce qui est frustrant, c’est que la longueur semble diluer la force de la prose. J’adore écrire de très courts textes: des vignettes, des esquisses. Facile d’être lyrique et inventif dans ce cas: les enjeux sont nuls, on n’hésite pas à prendre des risques. On fait un petit saut qui donne l’illusion d’un envol.

Le roman, lui, se tend de lourdes lignes d’intrigue et de trajectoires de personnages. Facile de s’y empêtrer alors qu’on devrait filer au-dessus et raconter le tout avec verve et élégance. Quand il faut se battre pour avancer, on est plus porté à décrire bêtement, on oublie d’offrir un regard frais. On peut se rendre à destination ainsi, à coups de prose insipide, mais c’est plutôt un voyage mémorable qu’on doit au lecteur.

Deux boîtes à outils. Dans les traités sur l’écriture, il est souvent question des outils de l’écrivain: la ponctuation, la métaphore, la répétition, et ainsi de suite. Elle est fascinante à explorer, cette boîte à outils infinie. Là où je m’amuse aussi, avec le roman, c’est dans la création d’un autre ensemble d’outils au niveau organisationnel. Outre le texte du roman, je déploie tout un arsenal de fichiers: synopsis, fiches de personnages, liste de chapitres et de scènes, graphique de progrès, grille de temps, liste de détails à surveiller lors de la révision… C’est mon côté informaticien, peut-être. J’établis ainsi un « kit de roman » que je peux réutiliser et adapter d’une oeuvre à l’autre. C’est utile. Le danger, par contre, c’est de passer plus de temps à raffiner ces outils qu’à écrire le fameux roman. Comme si les occasions de procrastination n’étaient pas déjà assez nombreuses… (Ajout – 19/10/2012: Depuis, j’ai tant procrastiné que ça a fini par porter fruit! Mon « kit de roman » est devenu un système nommé « l’échafaudage« , que je propose sur mon site web.)

J’arrête ici, d’ailleurs, avant que ce billet ne devienne une excuse pour négliger mes projets en cours. Libre à vous d’en faire un prétexte pour discuter d’écriture…

# Les commentaires sont fermés.

30 Commentaires

  1. Alain Ducharme

    Félicitations Éric! Il s’agit de fantastique ou de SF?

  2. Tournevis

    Félicitations! J’allais poser la même question qu’Alain.

  3. Daniel Sernine

    Au risque de sonner comme un disque fêlé, euh, rayé… Félicitations! Je suis sûr que ce sera captivant et intriguant.

  4. Merci! C’est du fantastique: une sorte de roman d’aventure contemporain parfois horrible qui se passe un petit peu à Montréal et beaucoup en Abitibi.

  5. Congratulation!!! Il sera dans ma bibliothèque!

    Moi-même je suis dans l’attente de recevoir une réponse des Éditions Alire. Je me croise les doigts!

    Pour éviter de trop penser à ça, j’ai commencé mon deuxième roman!

  6. Joel Champetier

    Yéééé!

    Pour le reste, ben oui, c’est long et plate écrire un roman. Peut-être que lorsque tu en auras publié deux ou trois supplémentaires — ce que je te souhaites — tu me comprendras mieux lorsque je dis que je détestes écrire! :-)

    Bon travail, on a hâte de lire ça.

    Joël

  7. Caroline Lacroix

    Bon, je suis la 7e mais, félicitations !! J’ai aussi hâte de le lire ! Et ça fait du bien d’entendre des écrivains rappeler que c’est pas toujours facile l’écriture. ;-)

  8. Jonathan Reynolds

    Félicitations! J’ai hâte de lire ça! :-)

  9. Félicitations Éric! Godspeed!

  10. Bravo Éric! Et mets-en que c’est long!

  11. C’est long, mais je ne m’en plains pas: personne ne m’y a forcé, après tout. Ce qui est encourageant, c’est de constater ce que j’apprends en chemin. J’espère quand même trouver des façons d’accélérer le rythme. Et je rêve d’écrire un roman tout simple sans machinations secrètes, sans révélations sur des événements passés, sans grandes factions opposées, sans parcours complexes: juste deux gars dans une maison, un point c’est tout. :) Dommage que ma tendance naturelle soit de me compliquer la vie.

  12. Joel Champetier

    « J’espère quand même trouver des façons d’accélérer le rythme. »

    Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! (rire sardonique et douloureux)

  13. Joël, il faudra nous expliquer un jour comment on peut être écrivain tout en détestant écrire. Note que je ne me plains pas que tu publies des romans, là! Mais c’est un choix de vie qui comporte suffisamment d’obstacles et de difficultés comme ça.

    Eric, si ton roman se lit aussi bien que tes nouvelles, ça va devenir une lecture populaire!

  14. Quel est le theme de l’histoire fantastique?

    Merci!

  15. Joel Champetier

    Il n’y a aucun mystère. C’est même très simple: je suis paresseux.

    J’ai déjà été jeune et fringuant comme Eric. Mon front était clair et dans mes yeux scintillait la candeur juvénile, telle une étoile dans le ciel nocturne abitibien. Je pensais à cette époque qu’une fois passé une période d’apprentissage, l’écriture deviendrait facile, une simple formalité entre la conception de l’idée et la remise du manuscrit à l’éditeur. Or, c’est pas comme ça que ça marche. Pas pour moi en tout cas. Ça me reste à peu près toujours aussi difficile. Chaque page est un combat.

    J’ai donc commencé à haïr écrire pour vrai en rédigeant _La Mémoire du lac_, et ça ne s’est pas amélioré depuis. Pourquoi ne pas faire autre chose? Mais faire quoi? Il me faut bien de l’argent pour vivre. Je mendie régulièrement des bourses au CAC et au CALQ, et quand j’en reçois une, ostie, faut que je l’écrive, le maudit roman. C’est ce qui a conduit à l’existence de _La Peau blanche_, _Les Sources de la magie_ et _Le Voleur des steppes_. Le seul roman rédigé « gratis » a été _L’Aile du papillon_, mais on ne m’y reprendra plus!

    Je pensais que la scénarisation serait mon esquif de sauvetage. Enfin quelque chose qui serait facile et payant, n’est-ce pas? Mais non! Un scénario, c’est finalement aussi long et plate à écrire qu’un roman. Ecrire est difficile, on n’en sort pas. Et comme je n’ai pas de plan de pension, j’ai bien peur d’être obligé de continuer à ployer sous ce joug jusqu’à ma mort.

    Voilà Laurine, tu sais tout.

    Joël Champetier

  16. Ah, si le boulot pouvait se faire par la pensée. Et aussi vite.

  17. Denis

    Bravo Éric ! Je suis fier de toi ! Et surtout continue !

    Pour être franc, ça me fait un petit quelque chose de lire, de ta part et de la part de Joël, que l’écriture est exigeante, fastidieuse, voire ennuyeuse. Avec tout le respect que je dois à vous deux, je vous mentionne que selon moi, l’écriture est un métier merveilleux ou vous pouvez laisser aller votre créativité, et donc, encore selon moi, ce travail ne devrait pas être plus ennuyeux et fastidieux que d’autres genres de travail. Personnellement, j’aimerais bien avoir votre habileté pour écrire, et il me semble – peut-être me trompé-je ? – que si je l’avais, j’aurais un «fun» bleu à écrire !

    Bravo quand même !

  18. Daniel Sernine

    Je pense que, en rappelant à quel point écrire est pour lui fastidieux, Joël ne nie pas que nous soyons privilégiés d’exercer un métier qui nous passionne (par opposition à un emploi détesté ou tout juste toléré, le lot de tant de nos concitoyens).
    Mais, comme le rappelle Joël, il s’agit d’un travail, souvent un labeur (et donc laborieux). La relation de chaque écrivain à ce travail, et donc la facilité et/ou le plaisir qui y sont liés, varient individuellement, tout comme le style. Ils peuvent aussi varier sur la durée de la carrière. Il faut que je vérifie ma bibliographie pour confirmer que j’ai eu une période de trois ans (autour de 1990) où j’ai publié pas moins de huit livres, alors que plus récemment, dans les dix dernières années, je n’ai publié qu’un inédit et que je peine à terminer le prochain, malgré les sursis que m’a accordés mon éditeur. C’est dire que l’écriture ne m’est plus aussi facile qu’elle le fut et — manifestement — plus aussi agréable.
    Que l’écriture soit, par ailleurs, une activité exigeante, cela reste une vérité universelle, indépendamment du plaisir, de la satisfaction ou des difficultés qu’elle procure. La facilité qu’il y a désormais à s’auto-publier tend à masquer ce fait. La plupart des romans auto-édités (sur papier ou sur le Web) viennent aujourd’hui démontrer qu’en l’absence d’exigence, de rigueur (celles d’un lecteur — professionnel — externe) l’écriture peut effectivement être «le fun», mais que le résultat est rarement merveilleux à lire…

  19. Patrick: s’il y a un thème à ce roman, ce serait d’abord les croyances et la manière dont on les utilise: pour se justifier, pour contrôler son destin, pour manipuler les autres, et ainsi de suite. Le protagoniste croit être un héros et un magicien; il se frotte à des gens d’une secte qui croient être seuls à détenir la vérité — ou du moins à savoir comment la trouver.

    C’est un curieux hybride: il y a des éléments à tendance « pulp » (le héros solitaire et tout et tout) mais j’ai voulu présenter les aspects fantastiques et le fonctionnement de la secte d’une manière réaliste autant que possible. En fait, selon ta vision du monde, ça peut être réaliste d’un bout à l’autre, tout dépend de ce que tu crois. :)

    Joël: Quel lourd et triste sort tu nous décris là… Sérieusement, les résultats en valent la peine: c’est peut-être dur à écrire, mais c’est un plaisir à lire.

    Denis: Pour moi, l’écriture est exigeante, fastidieuse, ennuyeuse… et trépidante, amusante, fascinante, et j’en passe. Le pire, c’est que ça peut être tout ça dans une même journée. Quand je trouve la tournure de phrase quasi parfaite, quand j’arrive à écrire vite et à dénicher des idées surprenantes en chemin, c’est merveilleux. Mais à tout moment, je peux tomber sur un noeud de l’intrigue que je n’arrive pas à résoudre, et me voilà bloqué pendant des heures à essayer de tout faire fonctionner. C’est des hauts et des bas, constamment. J’apprends à en tirer le meilleur parti possible, et je me trouve très chanceux de pouvoir en faire un métier.

    Daniel: Bien dit. Il y a une belle liberté à être ce que l’on a décidé d’être, que ce soit écrivain ou autre — et comme toute liberté, ça peut être difficile.

  20. Merci infiniment Eric. J’avais adoré lire « Raël: Journal d’une infiltrée » car on y présentait les mécanismes de la secte. Je vais probablement adorer ton roman de par ce sujet, et j’en connais beaucoup d’autres à qui je vais le leur suggérer!

    Joël: Même si c’est dur, tu n’as pas le choix d’écrire. Tes romans sont excellent! ;) Les prochains sur ma liste sont tes deux derniers Fantasy!

  21. Félicitation Éric! Moi-aussi je trouve ça difficile écrire – mais comment gratifiant. C’est une quête d’accomplissement, comme l’artiste peintre ou l’informaticien. On part de rien et on réussi à aligner les mots, les pigments ou les octets pour en faire quelque chose de fantastique. Une véritable lutte contre l’entropie!

    Allez, je retourne aligner des octets, histoire de gagner ma vie.

  22. Joel Champetier

    Je rassure Denis et les autres: ma vie d’écrivain n’est pas qu’angoisse et labeur. En amont, la partie rêverie est agréable — ah! comme elles sont parfaites ces oeuvres imaginées — et j’aime assez la recherche préparatoire. Je garde un bon souvenir de mes discussions avec des spécialistes-conseillers sur la Chine, l’astronomie, le fonctionnement d’un hôpital psychiatrique, d’une commission scolaire, etc. (Serais-je un journaliste qui a passé à côté de sa vocation?)

    Et bien sûr, en aval c’est bien satisfaisant de voir son livre dans les rayons des librairies, ou encore plus, dans les mains des acheteurs. Recevoir les compliments n’est pas non plus à dédaigner. Mais il faut travailler entre les deux; s’il y avait un moyen de court-circuiter cette étape, j’aimerais bien!

  23. Pascale Raud

    Bravo Éric (même si cela a déjà été dit)! Tu as du talent, et comme Joël (ou Daniel), tes lecteurs ne te laisserons pas le choix d’écrire…
    C’est vrai que l’écriture est difficile, et il me semble que l’expérience ne doit probablement pas adoucir le labeur : au contraire, on doit devenir plus exigeant encore, non?

  24. Daniel Sernine

    Plus exigeant à mesure qu’on cumule l’expérience, sans doute.
    Mais aussi, quand on a trente ans de carrière, il y a autre chose qui vient aigrir le labeur: on a eu le temps de voir certains de nos livres pilonnés. Pour ma part, plusieurs livres pilonnés (faut dire que j’en ai publié 36, ça en fait autant qui peuvent se retrouver au pilon).
    Je dirais, de mon côté, que c’est le pire coup que j’aie encaissé, cette vague de pilonnage à laquelle les distributeurs ont poussé les éditeurs à la fin des années 90. Jusque là, un écrivain pouvait entretenir une illusion de perennité, le sentiment qu’il laisserait tout de même quelque chose derrière lui. Et paf, démonstration: le livre aussi est mortel, parfois même éphémère.
    Ça relativise bien des efforts…

  25. Il reste que quand on ne voit pas ce qu’on pourrait faire d’autre, on le fait, partagé entre les moments magnifiques et les moments d’enfer. Au bout du compte, j’aime ça. Et contrairement à vous, je suis limité à une distribution microscopique et plutôt éphémère.

    Je ne me vois pas me lancer dans la popote («56 façons d’apprêter les cretons») ou dans l’immobilier.

    Et pour en revenir à Éric, il a choisi la bonne voie en s’attaquant au roman. C’est comme ça qu’on va au fond de soi, surtout dans le cas d’un premier. Sans compter que les intervenants de la chaîne du livre voient d’un bien meilleur œil le roman que la nouvelle.

    (quant à moi, j’ai bien peur d’être indécrottable)

  26. Pascale: oui, je crois que je deviens déjà plus exigeant envers moi-même parce que je saisis des nuances de technique qui m’échappaient auparavant. Et mon apprentissage ne fait que débuter…

    Claude: Il en faut, des indécrottables. La nouvelle est une forme aussi valable que le roman, selon moi. Cela dit, j’ai trouvé ton commentaire intéressant (« c’est comme ça qu’on va au fond de soi ») parce que je n’y avais pas encore pensé ainsi. Après réflexion… oui, peut-être. Le roman est plus exigeant, c’est certain — déjà, c’est beaucoup plus long. Et pour moi, c’est peut-être une écriture plus personnelle parce que je m’y donne plus d’espace pour explorer la vie des personnages. Ce que j’apprécie des nouvelles en comparaison, c’est que chacune permet d’explorer une idée rapidement, et qu’à chaque nouvelle, on peut aussi jouer avec la forme, tenter une autre approche. Dans ce sens, j’écris peut-être plus « profond » ou « personnel » avec le roman et plus conceptuel avec la nouvelle. Ce n’est pas une distinction noir et blanc pour autant: il m’arrive de glisser de petits moments ou sentiments très personnels dans mes nouvelles. Merci, je vais continuer de ruminer ça.

  27. Je ne voulais quand même pas dire qu’on ne va pas au fond de soi quand on s’adonne à la nouvelle, mais l’exercice est différent. J’aime beaucoup travailler à micro-échelle dans une nouvelle, là où la moindre nuance entre deux synonymes peut être déterminante et où plein de choses peuvent se terrer entre deux lignes.

    Je m’adonne parfois au texte plus long, mais je ne suis pas sûr de posséder l’art du bon remplissage, du petit à-côté intéressant. Cela s’apprend, mais comme pour toute forme d’écriture, l’apprentissage est long.

    Ceci dit, je viens quand même d’écrire quelque chose d’assez gros. On verra bien ce qu’en penseront les gens.

  28. Benoit

    J’ajoute mes félicitations, Éric !

    Et si je peux ajouter ma part, J’ADORE écrire ! Parce que quand j’écris, je deviens l’écrit et je fais corps avec lui. Ce que je déteste, c’est de m’asseoir pour écrire, et c’est avec douleur que j’accepte de donner mon âme à une activité unique (oui, je suis hyperactif, et à 52 ans, je l’assume!).

    Pour moi, l’écriture ressemble à un casse-tête, mais aucun morceau n’est identique, chaque image de chaque morceau est potentielle, et l’emballage est entièrement contenu dans mon imaginaire. C’est la partie difficile, j’imagine: ramener son imaginaire à quelques signes alignés sur des pages et des pages. J’aborde ainsi l’écriture de La dame froide comme s’il s’agissait d’une nouvelle, ou d’un ensemble de nouvelles. Ça me donne une liberté incroyable pour le ton et le rythme.

    Je sais que je devrais commencer par écrire des nouvelles, mais je n’arrive pas à limiter mon imaginaire à ce format: il déborde. Mais j’apprends, moi aussi…

  29. Je suis super en retard sur les autres… et je ne dis pas félicitation, question de changer de disque…

    Mais c’est quand que je vais pouvoir l’acheter !? =D =D =D

  30. Hola Eric,
    Merci de cette nouvelle. Comme tu es un des raconteurs d’histoire les plus originaux et intéressants que j’ai découvert ces dernières années, ton roman à paraitre est déja sur ma « liste »!
    Merci d’avoir mis les efforts nécessaires pour nous offrir les moments de plaisir que nous aurons à le lire.
    Sinon, merci de ce billet, qui aura permis une discussion fort interessante à lire sur les difficultés de l’écriture et sur la paresse de certains d’entre nous. Évidemment, il y en a – comme moi – qui sont plus paresseux que d’autres tel Joel, qui malgré ce qu’il dit, continue à écrire et publier d’excellents romans!
    Qui sait si ton courage ne sera pas source d’inspiration pour certains de tes collègues?
    (J’ose m’inclure dans le lot, tiens, puisque j’en aurais ien besoin!)

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