Fractale Framboise

Archives: juillet 2007

Laurine

Déjà vu [4]

par Laurine - samedi, 28 juillet 2007 - 8:16 (Cinéma, Insolite)

Deja vu 4

Profitons du fait que la folie Potter batte son plein (et que Christian ait le dos tourné) pour poster une brève note sur le sujet. Comme tout le monde, j’ai beaucoup aimé The Order of the Phoenix. Lucius Malefoy a l’air d’un elfe tout droit sorti de la trilogie Lord of the Rings. Pourtant, Jason Isaacs — qui joue des méchants sinistres, mais qui semble être un type sympatique dans le civil — ne semble pas s’en être inspiré, si j’en juge d’après la description amusante qu’il fait de la création improvisée du look du personnage.

(Cela dit, je n’ai pas encore lu la grande finale, ça ira après les Fêtes. Ne postez pas de spoilers, SVP! Un collègue m’a dit que le bouquin est une brique. Les adultes qui le lisent mettent environ une douzaine d’heures à en venir à bout. Et vous?)

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Eric

Fantasia 2007: Special

par Eric - mercredi, 25 juillet 2007 - 22:05 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

Special“Spécial”, c’est ce que chacun désire: être reconnu comme un être unique et important. C’est aussi le nom d’une drogue expérimentale que Les (Michael Rapaport) prend pour remonter son moral défaillant. Son travail – agent de stationnement – le déprime et ses seuls amis sont deux frères tenant un magasin de bandes dessinées.

Les effets de la drogue, quand ils se font sentir, s’avèrent spectaculaires. Les découvre qu’il peut léviter, et chaque jour semble lui apporter de nouveaux pouvoirs. Que va-t-il faire? La réponse s’impose: combattre le crime.

N’allez pas vous imaginer pour autant qu’il s’agisse là d’une comédie de superhéros. On commence vite à douter des pouvoirs de Les. Peut-être le médicament augmente-t-il sa confiance en soi à un point tel qu’il se croit superhéroïque. Quand on le voit du point de vue des autres personnages, il a l’air beaucoup plus minable. Or, ses aventures le mettent vite dans le pétrin et il apprend que la vie de superhéros est loin d’être sans douleur.

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Eric

L’insoutenable bizarrerie du virtuel

par Eric - samedi, 21 juillet 2007 - 13:41 (Insolite, SF&F autre, Techno/sciences, Écrire)

Charles Stross décortique un article au sujet d’une nouvelle pratique publicitaire dans un jeu en ligne. C’est fascinant de réaliser à quel point la technologie (et le désir de profit, dans ce cas-ci) crée des phénomènes de plus en plus étranges, pointus, et difficiles à comprendre pour quiconque n’y participe pas. Le redoutable Warren Ellis[1] explore de tels phénomènes régulièrement dans ses Second Life Sketches, des croquis d’un monde virtuel de plus en plus populaire. J’ai l’impressions que de tels mondes regorgent de possibilités d’histoires de science-fiction presque impossibles à écrire de par leur densité de concepts. Peut-on envisager, par exemple, qu’un monde virtuel acquière une population significative de gens qui y vivent 24 heures sur 24? S’ils le font assez longtemps, ces reclus du virtuel resteraient-ils capables de communiquer avec ceux qui vivent dans le monde réel, ou est-ce que leur culture dériverait au point où elle en deviendrait incompréhensible de l’extérieur? Pour écrire l’histoire de tels reclus, de l’intérieur et de manière réaliste, il faudrait non seulement étoffer leur culture comme on peut le faire pour une race extra-terrestre, mais en même temps en faire une extrapolation possible de la culture humaine, et tenir compte de la vitesse avec laquelle les idées se propagent et sont concrétisées dans le monde virtuel.

J’exagère peut-être la difficulté. Il est vrai que des oeuvres comme Down and Out In the Magic Kingdom appliquent une telle vivacité technologique au monde réel et matériel de façon plutôt satisfaisante. Je ne sais plus si j’ai déjà lu une oeuvre qui pousse très loin dans le virtuel, par contre.

Et qu’en est-il de votre réalité? Y en a-t-il parmi vous qui habitent déjà de tels mondes à temps partiel?

[1] Notons en passant que Warren Ellis, connu surtout comme auteur de comic books, vient d’écrire un premier roman. Il en offre le premier chapitre en ligne. C’est du pur Ellis: sordide, bizarre, un peu ordinaire d’abord pour quiconque l’a déjà beaucoup lu, mais ça atteint une espèce de poésie scatologique quand débarque un personnage important et inquiétant.

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Laurine

The Assault on Reason — Al Gore

par Laurine - mardi, 17 juillet 2007 - 17:20 (Critiques, Lectures, Société)

The Assault on ReasonSurfant sur le renouveau de sa popularité depuis la sortie du documentaire An Inconvenient Truth, Al Gore y va maintenant d’un essai (d’une charge écrite, plutôt) sur l’état des choses dans son pays. Celui qui a déjà été «le futur président des États-Unis» n’est pas heureux de voir ce que les néocons de l’administration actuelle ont fait de l’héritage des Pères fondateurs. Et il est encore moins heureux de constater que le peuple s’avachit devant la télé au lieu de réagir.

The Assault on Reason est une ébauche d’explication sur les causes du déclin de la démocratie américaine que nous voyons en direct depuis 2001. L’argument principal repose sur l’idée qu’une véritable démocratie dépend d’un forum d’idées où chacun peut y aller de son point de vue, jusqu’à ce qu’un consensus s’établisse sur la meilleure marche à suivre ou sur la solution la plus sensée à adopter. L’avenir du pays doit se fonder sur des décisions raisonnables. Or, la raison est durement mise à l’épreuve par nombre de facteurs.

Il va de soit que pour raisonner il faut être informé et éduqué. Gore déplore le fait que la presse écrite se fasse supplanter par le médium télévisé, qui ne permet pas l’échange d’idées puisque le message va dans une direction seulement. La télévision happe l’attention des spectateurs et les force à ingurgiter des inanités payées par des gens fortunés. Hypnotisés par les images-chocs et les slogans percutants, les gens se fient aux priorités que les «journalistes» leur imposent. Ce phénomène d’abrutissement s’accompagne d’un déclin de la lecture, qu’il s’agisse de journaux, de revues sérieuses ou de livres. Les résultats scolaires refléteraient d’ailleurs ce désintérêt pour la chose écrite.

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Christian

Cinq sur cinq: Readercon 18

par Christian - dimanche, 15 juillet 2007 - 12:21 (SF&F autre)

Badge: Readercon 18[Résumé de Readercon 18, qui s’est tenu du 5 au 8 juillet 2007 au Marriott Burlington, près de Boston.  Pour une introduction à l’événement, lisez mon rapport de congrès pour Readercon 17.]

Cinq particularités de Readercon :

  • C’est un congrès de SF ultra littéraire, penché sur l’analyse et la critique du genre.
  • Ça se tient dans les environs de Boston à chaque mois de juillet.
  • L’événement rassemble près de 400 personnes, dont plus de 120 professionnels.
  • C’est le congrès de SF américain le plus sympathique au milieu de la SFQ.
  • Il y a beaucoup, beaucoup de points communs entre Readercon et le New York Review of Science-Fiction.

Cinq choses que l’on ne trouve pas (ou peu) à Readercon :

  • De la SF média
  • Des gens costumés
  • Des jeux de rôle
  • De l’animé
  • D’autre chose que du matériel imprimé dans la salle de ventes (d’ailleurs appelée le « bookshop »)

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Laurine

Illustration 2007: Vents d’Ouest [2]

par Laurine - dimanche, 15 juillet 2007 - 10:54 (Arts visuels, Plogues)

Vents d\'Ouest 2007 [2]

Dès mon retour de voyage, je me suis remise à travailler sur des couvertures de romans (jeunesse surtout). À la liste d’illustrations complétées s’ajoute donc deux nouveautés de Vents d’Ouest prévues pour cet automne. La montagne aux illusions d’Ann Lamontagne sera le deuxième volume de sa série «Chronique des enfants de la nébuleuse», qui raconte la cohabitation de plus en plus difficile entre une bande de jeunes campeurs et une communauté de philoshopes vivant dans la nature, surtout que ces derniers sont affligés par une série de morts de plus en plus suspectes. S’ajoutent au récit des mystérieuses chapelles qui révèlent des événements passés qui ont marqué la région. La deuxième couverture est pour Des vacances dans la tourmente de Josée Pelletier. L’héroïne, Mélissa, part en croisière dans les Antilles avec sa meilleure amie et leurs familles respectives. Une escale improvisée tourne mal et Mélissa se retrouve abandonnée à Nassau, en compagnie du frère de sa copine. Les deux adolescents trouvent refuge chez une famille du coin, mais la menace d’une tempête tropicale se dessine. Les deux romans sont pour adolescents et sont annoncés dans la section À paraître de l’éditeur.

Vents d’Ouest [1]

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Eric

Fantasia 2007: Exte: Hair Extensions

par Eric - jeudi, 12 juillet 2007 - 14:09 (Cinéma, Critiques, Insolite, SF&F autre)

ExteL’idée est amusante: puisque le public adore tous ces films de fantômes japonais aux cheveux longs, pourquoi ne pas faire un film d’horreur tout entier consacré aux cheveux? Ça donne un curieux résultat: pas tout à fait une parodie, mais plutôt un film bien méchant où alternent humour noir, morts mémorables et scènes dramatiques sérieuses. Une chose est certaine: c’est très divertissant.

Les cheveux appartiennent tout de même à quelqu’un, une femme trouvée morte dans un conteneur plein de cheveux. Elle aboutit entre les mains de Yamazaki (Ren Osugi), un homme obsédé par les cheveux et ravi de découvrir que ceux du cadavre ne cessent de pousser.

Nul ne sera surpris d’apprendre que la protagoniste, Yuko, travaille dans un salon de coiffure[1]. Elle est jouée par Chiaki Kuriyama, bien connue du public occidental pour son rôle de Go-Go Yubari dans Kill Bill (elle tenait aussi un bon rôle dans The Great Yokai War). Kuriyama campe ici un tout autre personnage: une jeune femme plutôt enjouée qui débute le film en narrant tout ce qu’elle fait. Ça passe d’abord pour un truc de scénariste paresseux pour présenter les personnages en vitesse, puis ça devient amusant quand on réalise que c’est un jeu auquel s’adonnent les employés du salon. Ils ne le font qu’au début du film, par contre, ce qui nous ramène à l’hypothèse de la paresse.

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Laurine

Blackwater — Jeremy Scahill

par Laurine - dimanche, 8 juillet 2007 - 13:00 (Critiques, Lectures, Société)

BlackwaterDans son essai Blackwater: The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army, le journaliste Jeremy Scahill s’intéresse à l’expansion foudroyante d’une petite compagnie de sécurité nommée Blackwater. Avec l’invasion de l’Irak, celle-ci est devenue l’une des armées privées les plus puissantes au monde. Entendons-nous, dans un contexte de guerre, des expressions telles que «sécurité privée», «armée privée» ou «entrepreneurs civils» désignent des mercenaires.

Une petite mise en contexte s’impose. Au fil des ans, l’armée américaine a souffert comme n’importe qui d’importantes coupures de budget. Les services de soutien (alimentation, transport, équipement) ont été réduits au minimum. Des unités militaires différentes devaient même partager des installations d’entraînement faute de ressources pour construire les leurs. Quand l’administration de George W. Bush a pris le pouvoir, la privatisation de ces secteurs d’activités a connu un essor considérable sous l’égide de Donald Rumsfeld et de Dick Cheney. Les services de soutien ont été délégués à des compagnies privées afin de libérer le personnel militaire de ces tâches.

C’est dans ce contexte de privatisation intensive qu’a été fondée la compagnie Blackwater en Caroline du Nord. Le financement d’un pareil complexe est venu d’Erik Prince, un richissime chrétien d’extrême-droite prêchant la moralité et la crainte du Tout-Puissant. (L’homme est devenu très populaire à la Maison Blanche.) Le concept de départ était de mettre à la disposition de l’armée une installation moderne où les soldats recevraient un entraînement de pointe, moyennant un tarif. La popularité de Blackwater n’a pas tardé à lui amener d’autres clients: des policiers, le FBI, des agences gouvernementales. Les dirigeants ont su profiter de tragédies comme le massacre de Columbine ou l’attentat contre le USS Cole pour affiner leurs services.

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Eric

Fantasia 2007: l’heure est venue

par Eric - lundi, 2 juillet 2007 - 21:38 (Cinéma, Montréal et environs, SF&F autre, SF&F francophone)

Fantasia 2007Une nouvelle vague d’images étranges s’apprête à déferler sur Montréal. Le festival Fantasia aura lieu du 5 au 23 juillet et les billets seront en vente dès demain (le 3 juillet) à 14 h. Au programme: 125 longs-métrages, 10 documentaires et plus de 250 courts-métrages. Le festival cette année inaugurera une troisième salle: le théâtre D.B. Clarke, muni de 400 places (reste à voir à quel point celles-ci sont confortables ou non).

Je vais bien m’acheter quelques billets demain, selon ma technique de l’an passé: me présenter, dès 14 h, à un comptoir Admission loin de Concordia (où se tient le festival). En achetant au guichet principal à Concordia, on peut avoir droit à des primes si on achète un certain nombre de billets, mais la file d’attente est souvent affreuse.

Malheureusement, je n’offrirai pas ici une couverture aussi étendue qu’à l’habitude. Je me suis réservé cette été comme période d’écriture intensive et je ne me sens pas d’attaque à voir dix films et écrire dix critiques au cours des deux prochaines semaines. J’espère tout de même vous faire découvrir quelques oeuvres dignes d’intérêt. En épluchant le programme jusqu’ici, voici ce que j’ai noté:

  • Le réalisateur de Suicide Club propose Exte: Hair Extensions, un film qui pousse à fond la tendance du cinéma d’horreur japonais pour les cheveux longs (les fantômes aux cheveux longs sont épeurants: est-ce que les cheveux seraient épeurants en soi?).
  • Johnnie To, qui s’était amusé à mélanger crime et médias dans Breaking News (présenté en 2005) revient avec Exiled, un film de gangsters qui semble plus sobre et sérieux.
  • L’an passé, je m’en voulais d’avoir manqué Executive Koala, qui semblait bizarre à souhait. Le réalisateur, Minoru Kawasaki, a deux films au programme cette année: The World Sinks Except Japan (le titre en dit long, non?) et The Rug Cop (où un policier combat le crime en lançant sa moumoute).
  • L’an dernier, Re-Cycle, des frères Pang, m’avait quelque peu déçu, mais j’avais tout de même apprécié l’imagerie surréelle du film. Le nouveau film d’Oxide Pang, Diary, a l’air plus intime mais non moins déroutant.
  • Parmi les nombreux courts-métrages au programme, on retrouve Banshee, de Marc-André Ferguson, d’après une nouvelle de Daniel Sernine (Hugues Morin en a parlé lors de sa sortie). Je suis amusé de voir que la soirée de courts-métrages de super-héros (”Les gros bras font du cinema“) comportera une bande-annonce pour un (sans doute hypothétique) long-métrage de Red Ketchup. DJ XL5 sera encore une fois au rendez-vous: il offrira son Kaleidoscopic Zappin’ Party et livrera bataille aux gars de Total Crap, défenseurs des détritus culturels les plus jouissifs.

Ce n’est qu’un bref aperçu: je me replonge dans le programme pour voir s’il n’y a pas mieux encore. À vous d’en faire de même et de découvrir des films que vous n’auriez jamais osé imaginer.

Vous trouverez sur ma page d’auteur le sommaire de ma couverture des deux éditions précédentes.

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Laurine

Season of the Witch — Natasha Mostert

par Laurine - dimanche, 1 juillet 2007 - 18:07 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Season of the Witch (cover)Season of the Witch est un autre cas patent où j’ai acheté un livre parce que sa couverture m’a tapé dans l’œil. N’ayant rien lu de Natasha Mostert avant cela, et évitant d’habitude les romans aux sous-titres clichés (Enter a world of beauty and darkness, gna!), il me fallait bien un incitatif! Et, ma foi, la lecture ne m’a pas décue.

L’histoire met en scène un hacker britannique nommé Gabriel Blackstone qui gagne sa vie en volant des secrets industriels. Froid et cynique, il ne se fait pas d’illusion sur l’amoralité de son métier. Il a un autre talent dont il ne se vante pas, la vision à distance (remote viewing). Gabriel a autrefois fait partie d’un programme britannique baptisé Eyestorm (similaire à Stargate, sa version américaine) où il a fait preuve d’un talent remarquable. Mais quand son arrogance a fait dérailler une enquête, une femme est morte par sa faute. Depuis, il a laissé tomber la vision à distance et se consacre entièrement au vol informatique… jusqu’au jour où une ancienne flamme réapparaît dans sa vie et lui demande de retrouver son beau-fils qu’elle croit mort. L’enquête de Gabriel le mène directement chez deux sœurs belles et mystérieuses, Morrighan et Minnaloushe Monk, qui résident dans une demeure où le temps semble s’être arrêté. Alchimie, potions et informatique s’y côtoient. Minnaloushe est obsédée par la mémoire et Morrighan, par les sensations fortes. Les deux sont intelligentes et manipulatrices. Gabriel devra mettre à contribution tous ses talents pour percer à jour le secret des sœurs Monk et comprendre la nature de leur ambitieux projet: l’illumination suprême.

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