Tolkien: The Illustrated Encyclopædia — David Day
par Laurine - samedi, 10 février 2007 - 19:34 (Arts visuels, Lectures, SF&F autre)
On m’a offert à Noël cette encyclopédie de l’univers de Tolkien en toute connaissance de cause. Je n’ai pas lu The Hobbit (sauf en bande dessinée) ni Lord of the Rings. Je ne suis pas non plus arrivée au bout du premier chapitre du Silmarillion. N’eût été des fabuleux films de Peter Jackson, mon seul contact avec l’œuvre de Tolkien se serait résumé aux jeux Dungeons & Dragons. Fabuleux, certes, mais passant sous silence tout ce qui n’était pas essentiel à la narration. Mes questions se butaient à des réponses approximatives ou des «Lis donc les livres». Du coup, cette encyclopédie s’avère fort pratique pour pallier rapidement aux lacunes en question.
Comme les sujets sont nombreux, ils ont été regroupés par thèmes généraux. Le premier chapitre est consacré à l’histoire et offre un aperçu des divers âges. On nous explique la lente montée au pouvoir de Sauron et de son prédécesseur Morgoth. Nous voyons s’établir et se défaire les rapports entre Elfes et Nains, et nous comprenons comment les Hommes sont arrivés dans le décor. S’ensuit la géographie des territoires, qui couvre tout, des lieux elfiques aux terres ennemies. Je ne serais pas surprise si certains de ces endroits ne sont évoqués que brièvement dans les récits de Tolkien, parce qu’il y en a pour des pages et des pages. Puis, au chapitre de la sociologie, les personnages sont déclinés selon leur race, leur nation et leur tribu. On nous présente l’histoire et l’origine de chacun, en plus d’une répartition géographique. Ensuite on passe à l’histoire naturelle où l’on examine la faune et la flore, y compris les créatures surnaturelles. Le chapitre final nous propose de brèves biographies des personnages principaux, dont quelques dragons et loups-garous!
Les nombreuses illustrations ne sont pas de John Howe ni d’Alan Lee, mais de huit autres artistes au style particulier: Ivan Allen, Sarah Ball, Graham Bence, Rachel Chilton, Sally Davies, Andrew Mockett, Tracey O’Dea et Liz Pyle. C’est plaisant de voir une iconographie différente — et plus rude — d’un univers qui se résume, pour moi, aux films. Comme vous vous en doutez, cette encyclopédie date d’avant l’œuvre de Jackson dont l’esthétique prévaut maintenant (elle est parue la première fois en 1992).
Un bouquin idéal pour les fans des livres de Tolkien… et aussi pour les fans indirects de son univers (mais pas nécessairement de ses bouquins).

#1 Joel Champetier (11 février 2007 - 9:55)
Tu peux parfaitement laisser faire _The Hobbit_ et surtout _The Silmarillion_, ce dernier livre n’aurait jamais été publié, et encore moins lu, s’il n’y avait pas eu les autres. Mais _Le Seigneur des anneaux_… Lis donc ce livre là, au moins!
#2 Laurine (11 février 2007 - 10:03)
Est-ce là un sage conseil, Gandalf? Il y a une limite au nombre de ballades elfiques que je peux supporter avant de me percher sur un toit et faire un carton dans la foule avec un AK-47.
(Réflexion faite, les ballades n’ont même pas besoin d’être spécifiquement elfiques.)
#3 Eric (11 février 2007 - 22:53)
Il faut s’armer de patience plutôt que d’une mitraillette. Quand j’ai tenté de lire la trilogie la première fois, Tom Bombadil a eu raison de ma bonne volonté, tant par ses chansons que par sa personnalité (j’étais soulagé qu’on l’ait omis dans les films). À ma deuxième tentative, j’ai serré les dents et continué, et tout a fini par cliquer. Le début de la trilogie est lent et long et lourd de détails pas très utiles, mais quand ça décolle enfin, on découvre un monde pleinement réalisé. Tolkien étoffe ce monde avec une autorité absolue qui fait qu’on en vient à le voir et le respirer comme si on y était. D’où la pertinence d’ouvrages comme cette encyclopédie qui permettent d’explorer à fond la création de l’auteur.
Cela dit, je ne suis toujours pas un grand fan de Tolkien; je m’amuse beaucoup plus avec les romans de George R. R. Martin, plus efficaces, plus tordus et plus près de nous pauvres humains.
Tu fais bien de mentionner la date de l’ouvrage. Je me demande ce que deviendra l’imaginaire de Tolkien maintenant que les films de Jackson ont eu un tel impact. Y aura-t-il des illustrateurs pour produire d’autres versions aussi autoritaires? La trilogie sera-t-elle réinterprétée au cinéma dans trente ou cinquante ans?
#4 Alexandre Lemieux (12 février 2007 - 14:41)
J’ai survécu à la lecture du Seigneur des anneaux par je ne sais quel concours de circonstances, moi qui a de la difficulté avec les oeuvres plus longues. Je m’y suis repris à deux preprises depuis l’adolescence (une fois en français et l’autre en anglais) et je ne suis pas arrivé à le relire en entier. J’ai abandonné la lecture du _Silmarion_ en moins de 100 pages.
Laurine: Pour les balades elfiques, tu n’as qu’à sauter par dessus, je ne crois pas que leur lecture soit vraiment nécessaire.
#5 Joel Champetier (12 février 2007 - 17:39)
J’ai lu 6 fois _Le Seigneur des anneaux_ en entier, et certains passages plus souvent, mais je n’en ai jamais fait une religion. Je n’ai aucun scrupule à suggérer aux lecteurs qui ont vu les films de sauter tout de suite “quand ça commence à être bon” c’est à dire au conseil d’Elrond. Les chansons, balades et poèmes sont illisibles en français; même en anglais je saute par dessus.
Ma suggestion plus raffinée est de tout lire car il y a quand même beaucoup de passages excellents au début, mais de se sentir à l’aise de glisser sans trop perdre de temps sur les bouts avec Tom Bombadil ou quand les Hobbits sont perdus dans la vieille forêt. C’est bien dommage de s’empêcher de lire le reste à cause de ça.
#6 Laurine (16 février 2007 - 19:12)
#7 Liloque (6 mars 2007 - 6:47)
Laurine :
Ne pas avoir lu la trilogie (qui ne doit pas, par pitiè, être considérée comme autre chose que de la littérature pour enfants, cf Hrry potter) et considérer que les films ignoblement laids de P Jackson sont “fabuleux” vous disqualifie d’office pour faire autre chose que donne votre avis. c’est vraiment tres interessant.
Comme dit harry “opinions are like assholes, everybody’s got one”.
C’est un peu vieux jeu, mais pourquoi ecrire sur quelque chose dont vous ne connaissez à peu près rien (ou pire, cf supra) ?
#8 Daniel Sernine (6 mars 2007 - 12:17)
C’est bien connu, il y a des… opinions plus étroites que d’autres.
Pour ma part, la vôtre me paraît confuse: vous écrivez que Le Seigneur des Anneaux doit être considéré comme de la littérature pour enfants, mais je soupçonne que ce n’est pas vraiment ce que vous aviez en tête.
Le péril de doubles négations (ou, dans le cas qui nous occupe, des négations et demi).
Pour ce qui est des œuvres de Peter Jackson, bien que j’entretienne des réserves (presque aucune sur le premier, certaines réserves sur le deuxième et de plus sérieuses réticences au sujet du dernier), je crois que «ignoblement laids» ne correspond à rien dans ces films… hormis ce qui devait être laid, à savoir les orques, les trolls, Wormtongue, le balrog, Shelob, Gollum, etc.
À mes yeux (et, je crois, aux yeux de quelques centaines de millions de cinéphiles), l’ineffablement beau y triomphe largement sur le laid.
#9 Jean-Louis (6 mars 2007 - 16:19)
J’ai cessé de compter mes lectures du Seigneur des Anneaux, en français au tout début et maintes fois en anglais par la suite. Idem pour The Hobbit, quoique je n’aie lu le Silmarillion qu’en anglais.
Il fut un temps où je trouvais ennuyeux de nombreux passages du premier tome, mais je crois que Tolkien s’adressait à des lecteurs comme lui, qui sont d’une espèce maintenant presque disparue. Ma théorie, c’est que Tolkien tente de ménager une gradation des merveilles et des exploits. Au tout début de la trilogie, les hobbits parcourent des paysages familiers et le récit décrit avec minutie les territoires qu’ils traversent, ainsi que leurs faits et gestes, et même leurs décisions de marche les plus prosaïques. Plus tard, à partir du second tome, les descriptions deviennent plus succinctes; Tolkien ne décrit plus que les lieux importants et l’action domine, puisque le lecteur, s’il s’est rendu jusque là, est censé être entré de plain-pied dans la Terre du Milieu.
Pour un randonneur comme moi, le voyage des hobbits dans le premier tome est étonnamment réaliste, et il témoigne sans doute de l’expérience de Tolkien lui-même comme marcheur et randonneur en Angleterre. Il me semble possible que ce réalisme ait été voulu, afin de faciliter la transition entre notre monde et les magies de la Terre du Milieu.
Seulement, Tolkien n’avait pas prévu que les jeunes d’aujourd’hui se promèneraient plus souvent dans les bois des jeux vidéo que sous la ramée, de sorte que le réalisme de la chose leur échappe…
(Par contre, comme je n’ai jamais eu la fibre très poétique, je n’accroche pas plus qu’il faut aux ballades, qui correspondent aussi à un goût victorien pour ce genre de poésie, et à une espèce de lecteurs également en voie de disparition.)
#10 Laurine (6 mars 2007 - 17:17)
Je répondrais bien au message de Liloque si j’arrivais à déchiffrer sa syntaxe approximative. Quitte à m’éloigner du sujet, j’en profite pour rappeler à nos chers lecteurs l’existence de nos politiques, surtout le paragraphe «Les écrits restent…».
Une suggestion: si vous tenez à faire passer votre message, tapez-le dans un logiciel de traitement de texte, relisez-le attentivement, puis copiez-le dans le champ des commentaires. Aussi, nous n’avons pas de politique concernant les pseudonymes. Chacun est libre d’employer le nom qui lui convient. Sachez seulement qu’un coup de gueule envoyé anonymement n’a aucune chance d’être pris au sérieux. Pensez-y.
#11 Hugo (7 mars 2007 - 22:20)
Merci Daniel d’avoir saisi la balle au bond concernant l’étroitesse de quelques… opinions ;-).
Laurine, ne perd pas ton temps, ça ne vaut pas la peine. Quand les «anonymes» auront appris à exprimer leurs points de vue à l’aide d’arguments, il sera temps de répondre avec les tiens :)
#12 Zelphalya (13 février 2008 - 10:12)
Je suis grande amatrice de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien. Mais en fait, je n’aime pas son écriture, trop lourde, trop longue. J’ai mis deux ans à finir le Seigneur des Anneaux. Le début, la Communauté de l’Anneau rebute souvent les lecteurs. Comme Joël, je n’hésite pas à conseiller de zapper quand c’est trop long. Le Retour du Roi est mon préféré, très actif, il bouge et est entraînant. A la limite ayant vu les films, passer directement au Retour du Roi, me semble pas forcément une mauvaise idée. C’est pas forcément ce qu’il y a de mieux, mais au final, si on a pu apprécié ce morceau, les autres sont plus facilement abordable. De plus, je pense qu’on accroche mieux quand on se rend compte de l’immensité de son univers, toutes ses inventions, ses créations.
Concernant l’encyclopédie de David Day, par contre je souhaitais apporter une nuance, cet ouvrage est bien organisé, les illustrations sont originales (elles ne plaisent pas à tous), il est très pratique pour servir d’aide mémoire. Mais attention, certaines informations sont parfois erronées et je soupçonne son auteur de se laisser trop entraîner dans l’univers de Tolkien au point qu’il ait lui-même eu des envies d’ajouter sa touche personnelle. Bref, ne pas le prendre au pied de la lettre. Néanmoins, je trouve que c’est un bon ouvrage. A noter qu’il existe aussi en français aux éditions Octopus. Il y a également un bestiaire, mais il est très similaire, il n’y a pas grand chose de plus et surtout il y a encore plus d’erreurs.
Même si mon commentaire arrive tardivement, j’espère qu’il sera utile à quelques lecteurs ;)
À noter que sortiront le 21 février 2008, les Enfants de Húrin, l’un des récits de tragédie se déroulant au Premier Âge de la Terre du Milieu.