Fractale Framboise

Christian

Deux valeurs sûres

par Christian - lundi, 5 février 2007 - 22:11 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

A première vue, John Scalzi et Jasper Fforde ne sont pas des écrivains tellement similaires: L’un est américain et l’autre britannique. L’un écrit de la SF alors que l’autre œuvre dans un amalgame de genres sui generis. L’un en est à son «troisième» livre alors que l’autre en est à son sixième. L’un est solidement établi dans le fandom américain alors que l’autre est un fandom à lui seul, avec au moins une convention dédiée à son œuvre.

Mais je ne m’appête pas à discuter de The Android’s Dream et The Fourth Bear en tandem sans de bonnes raisons. Ces deux auteurs ont plus en commun qu’on pourrait le penser: Tous deux offrent une expérience de lecture accessible et hilarante… ce qui n’est pas rien.

J’ai déjà parlé de ces deux auteurs, qu’il s’agisse de commentaires positifs sur Old Man’s War ou The Ghost Brigades (Scalzi) ou bien d’un mot charmé au sujet de The Big Over Easy (Fforde). Il n’est pas difficile d’accrocher à leurs œuvres : Dans les deux cas, ils écrivent avec un style accessible qui maquille souvent des aspects plus substantiels. Scalzi est calé en philosophie et n’hésite pas à en faire usage pour étayer son intrigue, alors que les connaissances de Fforde en littérature sont parfois beaucoup plus profonde qu’on pourrait le présupposer au premier abord. Avec leurs derniers-nés, Scalzi et Fforde cimentent leur réputation d’écrivains fiables: on peut maintenant compter sur eux pour livrer la marchandise à chaque livre.

Couverture: The Fourth Bear, Jasper FfordePour Fforde, The Fourth Bear est avant tout un sixième roman en six ans, et le deuxième dans le cycle «Nursery Rhymes». Cette fois-ci, l’inspecteur Jack Spratt doit enquêter sur la disparition d’une journaliste aux boucles d’or, une enquête qui débouchera évidemment en une affaire beaucoup plus complexe. Une des forces des la fiction de Fforde est qu’elle est avant tout de la comédie, mais qu’elle repose sur une construction d’intrigue méticuleuse. Il est parfaitement légitime de lire The Fourth Bear autant pour savoir qui a fait le coup que pour saisir les blagues lancées à toute vitesse. (On accordera des points à Fforde pour l’utilisation du mot «thermocucléaire» et une sous-intrigue qui ne mène à rien de plus qu’une allitération.) Les personnages sont bien (re)développés, et il n’y a rien à redire sur le rythme de l’intrigue: Un autre tome essentiel pour les amateurs de l’auteur.

Couverture: The Android's Dream, John ScalziPour Scalzi, The Android’s Dream est à la fois nouveau et réconfortant. Ce qu’il y a de neuf, c’est qu’il s’agit d’un volume sans liens à ses romans précédents : Ceux qui voulaient voir de quoi Scalzi était capable loin de l’univers des Forces Coloniales inauguré par Old Man’s War seront ici choyés. Mais la continuité se trouve au niveau de l’écriture, toujours aussi limpide et maintes fois plus amusantes que dans ses romans précédents. Les amateurs convaincus de Scalzi auront déjà lu Agent to the Stars (publié sur son site web), et c’est d’un style similaire qu’est composé The Android’s Dream: Absorbant et comique sans être nécessairement inconséquent. Scalzi a avoué avoir calqué ce livre sur l’œuvre de Carl Hiaasen and Elmore Leonard, ce à quoi on ajoutera des relents de Keith Laumer («Retief») étant donné les tractations diplomatiques qui dominent parfois le livre. L’intrigue en est une de thriller-poursuite avec détails science-fictionnesques, mais la véritable valeur de ce livre est dans les détails, les dialogues et la poussée narrative. Là aussi, personne ne sera déçu. C’est un excellent livre pour vos connaissances qui ne lisent pas beaucoup de SF.

Donc, diantre, voici deux auteurs en plein vol de croisière. Pour ceux qui ne sont pas familier avec Scalzi, The Android’s Dream s’avère un autre bon point d’entré pour un auteur qui ne semble pas commettre de faux-pas jusqu’ici. The Fourth Bear n’est pas aussi accessible à froid (commencez donc avec The Big Over Easy, ou bien mieux encore avec The Eyre Affair), mais cela ne diminue en rien le mérite de six romans également réussis publiés année après année.

On conclura avec un dernier heureux point commun : Scalzi et Fforde ont présentement à leurs horaire au moins deux nouveaux livres chacun en 2007. Que de bonnes nouvelles pour les amateurs de l’un comme de l’autre.

  1 commentaire

1 commentaire:    (ajoutez-en un)

  1. #1  Alexandre Lemieux   (7 février 2007 - 13:28)

    The Android’s Dream est sur ma liste depuis un bon petit bout déjà. J’ai bien aimé Old Man’s War et j’aimerais avoir plus de temps à ma disposition pour lire le blogue de Scalzi avec plus d’assiduité. J’ai hâte de mettre la main sur You’re Not Fooling Anyone When You Take Your Laptop to a Coffee Shop: Scalzi on Writing, ça promet.

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