Bonne journée pour un geek d’autobus

Photo: l\'Avant d\'un autobus Enviro 500Bonjour, mon nom est Christian et je suis un geek d’autobus.

Oui, je prends l’autobus et oui, j’aime ça. (Je n’aime pas les autres personnes à bord de l’autobus, mais je suis bien à l’aise avec le reste). Être geek d’autobus, c’est pouvoir vous expliquer où se trouvent les meilleures places à bord de chaque modèle d’autobus utilisé par OCTranspo, lire quotidiennement la communauté livejournal OCTranspo et faire un effort pour me tenir au courant du téléroman parfois invraisemblable qu’est le transport en commun à Ottawa.

Quand on a annoncé qu’OCTranspo allait mettre un autobus à deux étages à l’essai pendant deux semaine, ma vie a changée : j’ai juré que je devais prendre cet autobus. Heureusement, une page avec l’horaire quotidien de l’unique autobus en question a rendu mon travail de stalker plus facile.

Photo: Envrio 500 à un arret d\'OCTranspo
Un autobus, deux étages, 93 places


La cible : Un unique exemplaire du modèle «Alexander Dennis Enviro 500», un autobus à double étage présentement utilisé un peu partout autour du monde, souvent comme autobus de tourisme. OCTranspo s’est donné deux semaines pour évaluer l’autobus (aux plaque Californiennes) en authentiques conditions hivernales: Si les tests sont concluants et si l’argent y est, il est possible que l’Enviro 500 vienne à intégrer la flotte des autobus d’Ottawa. Chaque exemplaire coûte à peu près 125,000$, si cela vous intéresse.

Étant donné les températures frigides des deux dernières semaines, traquer l’Enviro 500 ne fut pas une quête facile: Une tentative de prendre l’autobus en question la semaine dernière s’est soldé par un échec particulièrement frustrant, alors que le conducteur de l’autobus n’a pas daigné faire une arrêt à la station Hurdman. Je n’étais pas le seul geek d’autobus sur place à attendre cet autobus singulier: vous pouvez imaginer la mine penaude de notre petit groupe alors que l’autobus s’est éloigné à l’horizon.

Mais cette semaine fut tout autre, alors que ledit autobus s’est immobilisé en façe de moi à mon arrêt habituel. Prenant courage, caméra et calepin en main, je me suis engouffré dans l’autobus, pour me trouver une excellente place au deuxième étage.

Photo: Au deuxieme etage de l\'Enviro 500
Un étage au-dessus de l’intersection Slater/O’Connor

Oui, un autobus à deux étages est très cool. L’angle de vue sur la ville est imprenable: imaginez regarder par-dessus un camion qui vous dépasse ou bien frôler les panneaux de circulation, pour ne rien dire du passage hallucinant dans le tunnel sous le Queensway. Une grande fenêtre de verre domine l’avant de l’autobus, donnant une impression de manège à votre voyage d’autobus. Puisque le deuxième étage est assez bas (170 centimètres) et étroit, ceux qui se rendent au deuxième ont tendance à s’asseoir ou bien redescendre au premier.

Pour le passager de mon espèce, grand lecteur devant l’éternel trajet du transport en commun, l’Enviro 500 s’avère une expérience insatisfaisante: S’il y a moins de distractions dues à ceux qui entrent et sortent de l’autobus, les vibrations du trajet sont nettement plus perceptibles que ce que l’on peut ressentir au premier étage des autobus habituels, ou l’arrière des vénérables D60LF articulés présentement en service chez OCTranspo.

Non pas qu’il s’agit là du seul problème à affliger l’Enviro 500: La chaufferette semblait avoir des problèmes à combattre contre le raisonnable -15c dehors, embuant la vitrine avant de l’autobus. Étant donné l’épidémie de violence à avoir sévi dans les autobus d’OCTranspo récemment, il y a également de quoi s’interroger au sujet de la sécurité au deuxième étage. Les claustrophobes auront également que quoi s’inquiéter étant donné l’unique escalier étroit qui donne accès au deuxième.

Photo: Vue de l\'arriere (vide) du deuxieme etage de l\'enviro 500
Une rareté: Un autobus propre!

Il n’y a pas à dire, les utilisateurs d’OCTranspo devront apprendre à ce servir de cet autobus: Le deuxième étage va demander un changement de culture chez les OCTransportés. Il faudra apprendre à monter seulement si on a un long trajet devant nous et à redescendre en bas si tous les sièges sont occupés.

Malgré le facteur-cool immédiat des nouveaux autobus à deuxième étage, je ne crois pas que l’Enviro 500 représentera une amélioration à long terme sur les autobus articulés habituels. (Je préfèrerait plutôt voir plus d’autobus articulés!) Il faudra, au moins, que ces autobus soient utilisés sur des routes express à longue distance plutôt que les circuits achalandés passant sur le Transitway.

Mais, ah, rien ne pourra effacer le sentiment glorieux d’avoir pris cet autobus aujourd’hui. Les autres personnes à bord de l’autobus semblaient de tout aussi bonne humeur. Quand un vérificateur de billets est grimpé au deuxième étage, quelqu’un à côté de moi n’a pu s’empêcher de dire «Here’s the tour guide!» Imaginez donc ça : Un trajet de transport en commun où tous les passagers étaient contents d’être à bord de l’autobus.

Pour l’instant, on ne trouvera pas meilleure conclusion que les mots d’un autre passager : «This is awesome!»

Photo: L\'enviro 500 à contrejour
A la prochaine, Enviro 500!

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# Les commentaires sont fermés.

9 Commentaires

  1. Joel Champetier

    Peuh! Bien plus cool que toi: j’en ai pris un à Londres, moi!

  2. Joel: Oui, mais être cool à Londres n’est pas exactement difficile. Dans mon cas, prendre l’Enviro 500 était aussi cool qu’il est possible de l’être à Ottawa.

  3. J’espère que ces nouveaux autobus à deux étages sont plus sécuritaires que le ridicule Nova LFS que le réseau de Longueuil nous inflige depuis 1997. Vaste programme, que ce Nova: son plancher surbaissé (sans marche à gravir) devait permettre aux handicapés de prendre le transport en commun. Mais quel personne en fauteuil roulant va prendre le bus quand elle a accès au transport adapté? Alors faute d’usagers handicapés, les banquettes rabattables conçues pour loger les fauteuils roulants sont maintenant réservées aux mamans à poussettes.

    La raison pour laquelle je trouve le Nova ridicule avec son plancher surbaissé «accessible aux gens handicapés ou à mobilité réduite», c’est qu’il est tout sauf sécuritaire. J’ignore si son problème relève de la suspension ou d’un centre de gravité plus bas, mais une fois à l’intérieur, le passager a intérêt à se trouver une place rapidement ou à s’accrocher à deux mains au premier poteau venu. Le plus léger des coups de freins propulse les gens en avant avec brutalité. Je ne vous dis pas le résultat lorsque le chauffeur doit piler pour éviter un automobiliste qui le coupe. Quiconque n’est pas fermement arrimé va faire connaissance avec le pare-brise «courbé plus grand, d’une seule pièce».

    À mon avis, ce n’est pas un bus créé pour des handicapés, mais un bus qui crée des handicapés! Vraiment inconfortable… Ça ne m’empêche pas d’avoir mon banc de prédilection, juste en haut de la marche au fond. Je me trouve alors derrière les gens «de l’avant», et avant les gens «de l’arrière». C’est formidable!

  4. Alain Ducharme

    Je sais quoi t’acheter pour ta fête: le DVD de « Super Machines » avec l’épisode qui présente pendant 30 minutes les transports en commun de la ville d’Ottawa. Mon fils de deux ans et demi adore.

    Voir ici

  5. Alain Ducharme

    Oups, ce n’est pas le bon. C’est le volume 6 que tu veux.

  6. D’après Amazon, le volume 6 (vendu à l’unité) est en rupture de stock. Je crois que Christian a déjà fait ses achats de Noël pour l’an prochain.

  7. Peu importe leur âge, les gars restent toujours fasciné par les gros véhicules.

  8. Transformers est à l’affiche en juillet!

  9. Joel Champetier

    Ma femme a souri de constater avec quel empressement je suis allé m’asseoir dans un des nouveaux véhicules légers de l’armée canadienne en démonstration dans un centre d’achat, surtout au poste d’observation surélevé à l’arrière. Coool… Egalement très haut dans ma liste: les énormes camions à benne utilisés pour l’exploitation des sables bitumineux.

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