Fractale Framboise

Laurine

Reine de mémoire (4) — Élisabeth Vonarburg

par Laurine - dimanche, 14 janvier 2007 - 10:17 (Critiques, Lectures, SF&F francophone)

Le Princesse de Vengeance Quatrième tome de la série «Reine de Mémoire», La Princesse de Vengeance se démarque des trois autres par une histoire beaucoup plus dynamique. L’auteure, qui a pris grand soin jusque-là de fignoler les détails du fonctionnement de deux religions inventées, c’est-à-dire le géminisme et la religion mynmaï (au risque d’en faire ronchonner quelques-uns), met maintenant l’accent sur les péripéties des trois jeunes héros. Dans le tome précédent, Jilliane disparaissait et ses deux frères, Senso et Pierrino, partaient à sa recherche en prenant deux directions différentes.

En fait, Jilliane n’a pas disparu, mais elle se projette à travers la carte magique pour observer ses ancêtres. Cette astuce nous permet de voir la suite des événements dans l’univers de Gilles et d’Ouraïn. Pierrino, lui, a atteint la contrée mynmaï à la façon Garance, en manquant de se noyer. Il tombe bien vite dans les rets d’un prince charmeur dont l’avènement menace les talentés. Et Senso, de son côté, se joint à la fameuse troupe de théâtre de madame Andoriakis, où il croise un garçon qui lui ressemble curieusement.

Pendant tout le récit, nous alternons donc entre Gilles, Pierrino et Senso à travers de courts chapitres. Le résultat est plaisant dans la mesure où le lecteur est catapulté du présent au passé, de l’Europe à l’Asie, sans jamais perdre le fil. Petite déception toutefois, moi qui m’attendais à des développements plus consistants du côté des barons du charbon et des enjeux politiques du moment, j’en ai été pour mes frais. À la place, les deux garçons s’embarquent dans des amourettes qui n’augurent rien de bon. Un personnage ressort pourtant: Étienne Larché. Le garde du corps laconique de Senso connaît une partie des secrets de la famille Garance. Et puis il est débrouillard et semble garder la tête froide quand la situation l’exige. Tout pour le rendre sympathique.

Le récit déboule et on nous assène quelques révélations étonnantes. Cela devrait plaire à ceux qui s’arrachaient les cheveux devant la complexité des systèmes religieux. De l’action! Du suspense! Et au moins une tentative de meurtre! Mais comme le récit ne prend pas la tournure prévue, je m’abstiendrai de tirer des conclusions prématurées. Nous verrons bien la suite des développements dans La Maison d’Équité qui est prévu pour le printemps prochain.

En attendant, je garde toujours une impression de décalage bienvenu dans cette Europe uchronique. Les scènes qui s’y déroulent sont d’un réalisme qui laisse facilement croire que le géminisme aurait pu exister, la magie en moins. On dirait que cette religion tombe sous le sens, dans la mesure où une religion peut être sensée. Je serais curieuse de voir si cette impression se maintiendrait dans les colonies atlandiennes. (De l’Atlandie, nous n’avons eu qu’un bref aperçu et les colons n’aimaient pas beaucoup la magie autochtone.)

Une note concernant la couverture. Jusqu’ici, c’est ma préférée de la série. Comment ne pas admirer ce personnage et sa coiffe? Mais je me permets de souligner aux bonnes gens d’Alire qu’il est grand temps de changer de caractère pour les titres de fantasy. La police actuelle est trop mince et ne ressort aucunement sur une illustration chargée. J’avais déjà constaté le problème avec Les sources de la magie où le titre disparaît complètement dans le ciel. Ça n’aide pas à l’identification de l’ouvrage. Alire, ce serait une résolution pour l’année 2007!

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