Reine de mémoire (3) — Élisabeth Vonarburg
par Laurine - mardi, 5 décembre 2006 - 17:31 (Critiques, Lectures, SF&F francophone)
Le quatrième volume de la série est sorti récemment et j’en ferai sans doute la critique avant Christian s’il attend l’an prochain comme il le dit. Pour l’instant, c’est sur le troisième, Le Dragon fou, que je m’arrêterai. Le récit se déploie maintenant dans toutes les directions. Les jumeaux Senso et Pierrino sont à Paris, le temps d’enquêter un peu sur la jeunesse de leurs parents et de se frotter au gratin local. Le lien qui les attache à leur petite sœur Jilianne (le fameux fil d’or) se rompt sans explication. L’adolescente a bel et bien disparu et nul ne peut la retrouver, pas même les mages. Les spéculations vont bon train. L’on soupçonne l’œuvre d’un rival de Grand-Père, un baron du charbon qui ne verrait pas d’un bon œil la réinstauration du monopole de l’ambercite. Mais le lecteur, qui en sait un peu plus, a d’autres avenues possibles. Il sait que Jilianne se projette en rêve à l’époque de Gilles, son ancêtre. Il sait aussi comment les Natéhsin se «désintègrent» pendant de courtes durées. Il peut donc spéculer sur la véritable nature de la disparition de la jeune fille. En simultané, nous assistons à l’expansion du commerce de l’ambercite depuis que Gilles en a fait la découverte. Comme il est toujours sous surveillance, il prend grand soin de camoufler ses dons magiques retrouvés.
Dans ce tome-ci, c’est l’histoire de Gilles qui connaît le plus de développements. À force d’user de combines et de jeter de la poudre au yeux à ses espions, il finit par s’emberlificoter dans une situation qui risque de le dépasser. Comme l’ambercite le garde bien jeune, il a recours à un stratagème sophistiqué afin de s’inventer une dynastie de successeurs. Pour le lecteur, ce n’est pas toujours facile de garder en mémoire la liste des épouses et des pseudo-enfants qui naissent de ces unions. Il faut presque prendre des notes! Pendant ce temps, il est clair que la situation politique en Europe, dont Gilles reste en retrait, évolue vite. Le jeu de pouvoirs, qui est toujours étroitement lié au commerce, est l’un des points du récit qui m’intéresse le plus, finalement. En tout cas, c’est plus facile à comprendre que la religion des Mynmaï, que même Gilles a du mal à suivre! Dans ce tome, d’ailleurs, on s’intéresse plus à la mort et au voyage de l’âme qu’au processus de conception et de naissance, auquel nous avions eu droit dans le volume précédent.
Les développements concernant les jumeaux sont un peu plus lents. J’ai trouvé bien mené l’échange épistolaire entre leur père Henri et la grand-mère d’Olducey, tous deux des christiens manifestant un don pour la magie — mauvais pour eux, bon pour l’intrigue! Les choses ralentissent ensuite quand Pierrino s’amourache d’un joli nobliau (bof). Les romances passagères font rarement avancer l’histoire, je trouve. Mais, paf, Jilianne disparaît et l’action reprend. Senso se dirige vers Orléans et ses troubles politiques pendant que Pierrino monte à bord d’un navire voguant vers la contrée de sa grand-mère mynmaï. Comme les deux se sont offerts comme appâts pour attirer les kidnappeurs éventuels, ça ajoute du piquant aux développements utlérieurs.
À chacun son aventure dans le quatrième tome, donc?

#1 Michel J. (6 décembre 2006 - 8:25)
Brillante analyse, Laurine, mais est-ce vraiment une critique?
Je me pose toujours la question : c’est bon ou pas?
#2 Alain Ducharme (6 décembre 2006 - 8:50)
Je dirais sans hésitation que cette série fait partie de ce que j’ai lu de meilleur cette année. C’est une lecture, par contre, qui demande de s’investir si on veut vraiment en profiter.
#3 Laurine (6 décembre 2006 - 9:31)
La série est très bonne. Je suppose qu’il faut aussi lire mon billet sur les deux tomes précédents.
#4 Michel J. (6 décembre 2006 - 9:39)
Merci Laurine !
Ça m’éclaire davantage.
Dune est la dernière série “lourde” (de mon point de vue, en tout cas) dans laquelle je me suis lancé. J’ai pas pu terminer le dernier tome, La Maison des mères. À bout d’énergie, j’étais.
#5 mathieu f (6 décembre 2006 - 9:48)
Personnellement, j’ai trouvé que le tome 3 était beaucoup plus difficile à lire. La partie de Gilles, plus particulièrement lors de ces découvertes en rapport avec les Mynmaï, est lourde de détails et difficile à comprendre; on se plonge littéralement dans une autre culture et ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver.
M
#6 Hugues (6 décembre 2006 - 12:09)
Euh, ça parle pas de dragons ce livre-là?
;-)
#7 Laurine (6 décembre 2006 - 16:57)
Il y a bien une ou deux interventions concrètes, mais ce n’est
pas Eragon.
#8 Caroline L. (6 décembre 2006 - 21:11)
Je viens tout juste d’entamer le tome 4… alors ce petit retour sur le tome 3 est très apprécié ! Je me rends compte que j’en oublie parfois des bouts entre mes lectures des différents tomes, ce qui est agaçant. Fichue mémoire. :-s Personnellement, j’aime beaucoup l’histoire de Gilles, plus que celle des jumeaux en fait, et j’ai toujours envie d’en apprendre plus sur cette époque et les personnages qui la peuplent. Je ne me souviens plus, le 4e tome est-il le dernier ?
Moi qui crie sur tous les toits que je n’aime ni la fantasy, ni les séries, je suis pourtant accro à celle-ci. :-)
#9 Hugues (7 décembre 2006 - 9:02)
Caroline: Reine de mémoire 5: La maison d’Équité est prévu pour le printemps 2007. C’est le dernier tome annoncé de la série et comme l’éditeur annonce d’autres oeuvres de l’auteure par la suite, j’imagine que le 5e tome conclura bien le tout.
#10 Caroline L. :-) (7 décembre 2006 - 12:55)
Merci, j’aime beaucoup, mais j’ai vraiment hâte de voir comment tout ça va se finir !!!!