Fractale Framboise

Laurine

The Dream Hunters — Neil Gaiman & Yoshitaka Amano

par Laurine - samedi, 16 décembre 2006 - 10:45 (Arts visuels, Critiques, SF&F autre)

The Dream HuntersVoilà ce qui arrive quand j’achète des bouquins sur un coup de tête. Ça crée des piles que je suis vite obligée de ranger. Et si un ouvrage n’est plus sous mes yeux, je l’oublie. J’ai donc retrouvé, dans mes étagères, cette bande dessinée que je m’étais procurée il y a deux ou trois ans. Bande dessinée qui n’en est pas une, d’ailleurs: c’est plutôt une fable écrite par Neil Gaiman et richement illustrée par Yoshitaka Amano — on parle ici d’une proportion de 50/50 entre le texte et l’image, ce n’est pas rien.

Le récit est une adaptation d’une fable japonaise, paraît-il, dans laquelle Gaiman a remplacé le personnage du Mikado par Dream (alias Morpheus, alias Sandman). Techniquement parlant, The Dream Hunters fait partie de la série Sandman, mais le traitement est si différent que je le mettrais à part. On y raconte l’histoire d’une renarde et d’un blaireau qui font le pari d’obliger un moine à sortir de son temple. Le gagnant conservera le temple en guise de demeure. Les deux bêtes échouent. Alors que le blaireau s’enfuit devant les pouvoirs du moine, la renarde reste et tombe amoureuse de lui. Le moine intéresse aussi un onmyoji, une sorte de magicien, mais pas tant pour sa jeunesse que pour sa tranquillité d’esprit. L’onmyoji souhaitant voler cette assurance, il envoie des démons provoquer la mort du moine. La renarde, qui a vent du complot, conclut un marché avec Dream pour sauver le jeune homme.

Comme il s’agit d’une fable, le récit se lit en très peu de temps, surtout que le texte est bien aéré. Gaiman a toujours cette écriture très fine et précise. Pour l’occasion, cependant, il change de ton, peut-être pour s’adapter au style des fables asiatiques, je ne sais. Ça fonctionne quand même. L’illustration, par contre, ne fait pas très japonisant. Les jeux de couleurs sont réussis, il y a de beaux effets de transparence et de fondus. Mais il y a un fort contraste entre la couleur appliquée avec aplomb et les figures aériennes dessinées d’un trait léger. On a parfois l’impression que les personnages ne sont pas terminés. De plus, ils semblent sortis tout droit des années 1980. Vous ne verrez pas beaucoup de différence entre Dream et Boy George, si vous voulez mon avis. Drôle de mélange, donc, mais un résultat fastueux malgré tout.

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