Archives: décembre 2006
par Laurine - samedi, 30 décembre 2006 - 14:12 (Arts visuels, Cinéma, SF&F autre)
Ceux qui ont pu éprouver de la déception en apprenant que la série Firefly et le film subséquent, Serenity, ne connaîtraient pas de suite, pourront se consoler avec les compagnons visuels de Titan Books. Firefly: The Official Companion offre une retranscription intégrale des six premiers épisodes de la série. Chacune est accompagnée d’un large éventail de photos montrant les personnages, les accessoires et les décors. Des capsules sont placées stratégiquement pour permettre aux membres de l’équipe de tournage d’y aller d’une anecdote. Des textes supplémentaires décrivent comment chacun s’y est pris pour détailler l’univers de Firefly, qu’il s’agisse du soin maniaque apporté aux costumes et aux accessoires, ou des idées de dernière minute incorporées dans le scénario. Le bouquin est truffé d’entrevues, dont une assez longue avec le créateur Joss Whedon. On y trouve aussi des esquisses pour les costumes ou des extraits de story-boards. Un second volume est annoncé pour le printemps 2007.
Le même concept est repris dans Serenity: The Official Visual Companion. Encore une fois, nous avons une longue entrevue avec Joss Whedon, mais aussi une introduction à l’univers de Serenity («A Brief History of the Universe circa 2507 A. D.»). Le créateur donne ses impressions sur les aspects techniques du tournage — les plans, la lumière, la musique, le vocabulaire —, le tout accompagné de très belles photos. Celles-ci nous montrent les accessoires, les décors et les costumes, avec le lot habituel d’illustrations et de maquettes. Tout cela accompagne une retranscription du scénario de Serenity. Des répliques ou des références vous ont échappé lors du visionnement? Vous les trouverez ici. En fin de compte, il s’agit de l’information standard proposée par les compagnons visuels habituels, mais avec cette fois un luxe de détails. Ces bouquins permettent de mieux comprendre les idées et les efforts mis dans la conception d’un univers très élaboré. On voit que toute l’équipe était dévouée au projet pour inventer un monde auquel les fans pourraient s’identifier.
S’il est regrettable que le projet ait pris fin, ces bouquins laisseront de beaux souvenirs, d’autant plus que la présentation et le graphisme sont impeccables et très soignés.
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par Laurine - vendredi, 22 décembre 2006 - 16:32 (Inclassé)
Et revoilà la saison des Fêtes. Les gens s’y préparent depuis le mois de novembre et puis, paf, tout d’un coup, on y est pour de vrai… Respirez un grand coup, amusez-vous bien et trinquez un peu.
Fractale framboise vous souhaite un magnifique temps des Fêtes, un repos mérité et une excellente année 2007! Revenez-nous frais et dispos pour une nouvelle année de comptes rendus, de critiques et de commentaires en tout genre.
~Joyeux Noël et bonne année!~
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par Laurine - jeudi, 21 décembre 2006 - 19:46 (Arts visuels, Lectures, Plogues, SF&F francophone)
Ça y est, je viens de recevoir le dernier numéro de Solaris. Au sommaire, une novella intitulée «Les Tatouages d’humeur» et signée par Marie-Josée L’Héreault, l’auteure de «Volvox». Il y a des nouvelles de format standard aussi, «Orléans Express» de Richard Blanchette et «Le Sang noir» de Michel “Mystery J.” Lévesque. Ça va me faire de la lecture pour le temps des Fêtes! En couverture se trouve ma toute dernière création qui, par un heureux concours de circonstances, illustre à la fois la novella de Marie-Josée L’Héreault et l’article de Mario Tessier. Je n’ai pas eu le temps de dessiner quoi que ce soit d’autre depuis. Si je me fais frapper par un cervidé à sept pattes[1], elle vaudra peut-être très cher.
Tenez-vous-le pour dit.
[1] Une expérience ratée qui s’est échappée du labo arctique du Père Noël, sans aucun doute. Avec deux rennes à sept pattes, il peut renvoyer tous les autres. Comment ce cobaye a pu échapper à la vigilance des lutins, nul ne le sait.
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par Laurine - lundi, 18 décembre 2006 - 17:02 (Arts visuels, SF&F autre)
Avec le temps des Fêtes qui approche, voici une idée de cadeau pour les retardataires. Spectrum 13 est disponible depuis deux mois déjà. Il s’agit d’une anthologie annuelle des meilleures œuvres artistiques publiées ou produites au cours de l’année. Les genres abordés sont variés: science-fiction, fantasy, comic books et ce, sous forme d’illustrations (numériques ou traditionnelles) et de scupltures. La version avec couverture rigide sort toujours en octobre. Vous pouvez attendre la version plus abordable, c’est-à-dire sous couverture souple, qui sort en novembre.
Il encore possible de trouver des numéros anciens, bien qu’une partie d’entre eux soient épuisés. Le numéro 2 n’est «officiellement» plus disponible, par exemple, mais on le trouve encore chez Amazon.
Un incontournable pour les amateurs d’arts graphiques, la qualité de Spectrum n’est plus à prouver. Les œuvres sont sélectionnées par des juges pros et sérieux et la reproduction est impeccable. C’est aussi une excellente façon de voir quels thèmes sont les plus hots, quels artistes servent de modèles aux autres, et quelles sont les tendances actuelles dans le milieu commercial de la SFF.
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par Laurine - samedi, 16 décembre 2006 - 10:45 (Arts visuels, Critiques, SF&F autre)
Voilà ce qui arrive quand j’achète des bouquins sur un coup de tête. Ça crée des piles que je suis vite obligée de ranger. Et si un ouvrage n’est plus sous mes yeux, je l’oublie. J’ai donc retrouvé, dans mes étagères, cette bande dessinée que je m’étais procurée il y a deux ou trois ans. Bande dessinée qui n’en est pas une, d’ailleurs: c’est plutôt une fable écrite par Neil Gaiman et richement illustrée par Yoshitaka Amano — on parle ici d’une proportion de 50/50 entre le texte et l’image, ce n’est pas rien.
Le récit est une adaptation d’une fable japonaise, paraît-il, dans laquelle Gaiman a remplacé le personnage du Mikado par Dream (alias Morpheus, alias Sandman). Techniquement parlant, The Dream Hunters fait partie de la série Sandman, mais le traitement est si différent que je le mettrais à part. On y raconte l’histoire d’une renarde et d’un blaireau qui font le pari d’obliger un moine à sortir de son temple. Le gagnant conservera le temple en guise de demeure. Les deux bêtes échouent. Alors que le blaireau s’enfuit devant les pouvoirs du moine, la renarde reste et tombe amoureuse de lui. Le moine intéresse aussi un onmyoji, une sorte de magicien, mais pas tant pour sa jeunesse que pour sa tranquillité d’esprit. L’onmyoji souhaitant voler cette assurance, il envoie des démons provoquer la mort du moine. La renarde, qui a vent du complot, conclut un marché avec Dream pour sauver le jeune homme.
Comme il s’agit d’une fable, le récit se lit en très peu de temps, surtout que le texte est bien aéré. Gaiman a toujours cette écriture très fine et précise. Pour l’occasion, cependant, il change de ton, peut-être pour s’adapter au style des fables asiatiques, je ne sais. Ça fonctionne quand même. L’illustration, par contre, ne fait pas très japonisant. Les jeux de couleurs sont réussis, il y a de beaux effets de transparence et de fondus. Mais il y a un fort contraste entre la couleur appliquée avec aplomb et les figures aériennes dessinées d’un trait léger. On a parfois l’impression que les personnages ne sont pas terminés. De plus, ils semblent sortis tout droit des années 1980. Vous ne verrez pas beaucoup de différence entre Dream et Boy George, si vous voulez mon avis. Drôle de mélange, donc, mais un résultat fastueux malgré tout.
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par Christian - jeudi, 7 décembre 2006 - 22:09 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
La science-fiction d’aventure connaît présentement un renouveau tout à fait prometteur. De nombreux auteurs à l’adolescence nourrie au planetary romance se mettent, à leur tour, à s’attaquer aux romans pleins de péripéties en environnement étranges. Je passerai rapidement sur Paragaea de Chris Roberson ou bien The Sky People de S.M. Stirling pour cause de non-lecture, mais c’est pour mieux discuter du plus récent roman de l’auteur torontois Karl Schroeder, Sun of Suns.
Schoeder, une des valeurs sûres de la SF canadienne anglaise, ne devrait pas vous être totalement inconnu. Après tout, il a été l’invité de Boréal 2004 (puis de retour à Montréal pour Con*Cept 2004), sa nouvelle «Fabrique de fantômes» a été publiée dans Solaris 145 et son roman Lady of Mazes fut recensé avec un certain enthousiasme dans nos pages l’an dernier. Avec Ventus et Permanence, il a établi sa réputation comme un des intellectuels du genre, intéressé à utiliser le genre comme outil d’exploration à des enjeux sociaux et politiques au sens très large.
Avec Sun of Suns, Schroeder s’attaque à un territoire légèrement différent: moins philosophique mais plus divertissant. Dans la tradition des environnements étranges tels The Integral Trees de Larry Niven ou bien Raft de Stephen Baxter, Schroeder imagine un concept neuf: Virga, une sphère de fullerène de trois mille kilomètres de diamètre, remplie d’air respirable et doté d’un soleil central artificiel. Outre ce soleil, la technologie des humains habitant cet environnement est celle de l’aube de l’âge industriel, avec des villes construites sur de gigantesques roues de bois tournoyant sur elles-mêmes pour générer une pseudo-gravité. Le soleil central ne réussit pas à tout illuminer Virga, alors d’autres plus petits soleils existent, formant du même coup le noyau de royaumes distincts flottant en pleine apesanteur respirable.
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par Laurine - mardi, 5 décembre 2006 - 17:31 (Critiques, Lectures, SF&F francophone)
Le quatrième volume de la série est sorti récemment et j’en ferai sans doute la critique avant Christian s’il attend l’an prochain comme il le dit. Pour l’instant, c’est sur le troisième, Le Dragon fou, que je m’arrêterai. Le récit se déploie maintenant dans toutes les directions. Les jumeaux Senso et Pierrino sont à Paris, le temps d’enquêter un peu sur la jeunesse de leurs parents et de se frotter au gratin local. Le lien qui les attache à leur petite sœur Jilianne (le fameux fil d’or) se rompt sans explication. L’adolescente a bel et bien disparu et nul ne peut la retrouver, pas même les mages. Les spéculations vont bon train. L’on soupçonne l’œuvre d’un rival de Grand-Père, un baron du charbon qui ne verrait pas d’un bon œil la réinstauration du monopole de l’ambercite. Mais le lecteur, qui en sait un peu plus, a d’autres avenues possibles. Il sait que Jilianne se projette en rêve à l’époque de Gilles, son ancêtre. Il sait aussi comment les Natéhsin se «désintègrent» pendant de courtes durées. Il peut donc spéculer sur la véritable nature de la disparition de la jeune fille. En simultané, nous assistons à l’expansion du commerce de l’ambercite depuis que Gilles en a fait la découverte. Comme il est toujours sous surveillance, il prend grand soin de camoufler ses dons magiques retrouvés.
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par Christian - dimanche, 3 décembre 2006 - 14:47 (Critiques, Lectures, SF&F francophone)
Pour de nombreuses raisons, je consacre habituellement mon mois de novembre à la lecture d’œuvres en français. J’accumule pendant toute l’année, puis je passe à travers mon stock d’un coup. (Cette année : 18 livres.) Hélas, novembre est aussi un des mois où je suis le plus grincheux, si bien que je n’ai trouvé que quatre demi-recommendations sur 18 livres.
On reproche parfois à Fractale Framboise de ne pas traiter suffisamment de lectures d’ici, ou d’être trop gentil envers les auteurs que l’on connaît. Cette charge ne risque pas de survivre à lecture de ce billet, qui emprunte à John Clute le concept de la «candeur excessive»: être trop gentil ne rend service à personne si notre but est de faire avancer les genres vers l’avant.
Rappel: J’ai payé pour chacune des 18 œuvre discutées. Si les auteurs n’auront peut-être pas mon admiration, ils auront au moins reçu une partie de mon argent.
Allons-y.
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par Laurine - samedi, 2 décembre 2006 - 19:53 (Arts visuels, Cinéma, Critiques, SF&F autre)
Je ne sais pas comment Darren Aronofsky s’y est pris pour présenter son idée aux studios de cinéma. J’ai lu quelque part que The Fountain n’a pas été une sinécure à tourner: les acteurs principaux (Brad Pitt et Cate Blanchett, à l’origine) se sont désistés en cours de route, le scénario a d’abord été tabletté avant d’être réécrit, et le budget alloué n’était pas faramineux. Sur l’Internet Movie Database, on peut lire ceci: «Warner Brothers had already invested 20 million dollars in the canceled version of the film before they agreed to finance the new, cheaper version.» Ça résume tout et même plus.
On sort de ce film confus, perplexe et avec un léger mal de tête (la musique n’aide pas). Il est toujours possible de s’en tirer avec une élégante pirouette en disant simplement qu’il est question de vie, de mort et d’amour éternel, mais la réalité est un peu plus compliquée.
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