Quand le ridicule tue
par Éric - mercredi, 1 novembre 2006 - 1:38 (Cinéma, Insolite, Lectures, SF&F autre)
Depuis qu’il existe un marché pour l’horreur, écrivains et cinéastes sont à la recherche de ce qui vous fait peur. Souvent, ils se contentent des valeurs sûres: la mort, la maladie, la folie et autres fléaux. Parfois, ils mettent le doigt sur des craintes moins évidentes: la technologie, les petites filles aux longs cheveux noirs. À force de chercher, certains deviennent désespérés ou cessent de prendre la quête au sérieux, et c’est alors qu’on plonge jusqu’aux tréfonds du ridicule… ce que je compte faire avec entrain au cours de ce billet.
Menaces animales et végétales: L’horreur la plus marquante est souvent celle perpétrée par des êtres humains. Norman Bates, Michael Myers, Hannibal Lecter et leurs confrères se feront un plaisir d’en témoigner, démonstration à l’appui. Ça reste vrai quand on pousse dans le surnaturel. Fantômes, vampires et zombies ont tous été humains, ce qui constitue une grande part de leur attrait. Même une fraction d’humain peut inspirer la frayeur.
Il n’en reste pas moins que, pour la simple frayeur physique, les animaux font très bien l’affaire. Côté dentition, Dracula pâlit en comparaison avec Jaws. Ce requin à lui seul est la cause d’innombrables atrocités, certaines commises en son nom (Jaws: The Revenge, avec sa fin re-filmée pour 75$) et d’autres produites par des imitateurs souvent médiocres. On a fait plus petit, on a fait plus gros, et on compte le faire encore avec un meilleur budget. Tous les prédateurs évidents y ont passé (serpents, alligators, grizzlys, dinosaures) ainsi que d’autres plus modestes et diverses sortes de vermine (araignées, rats, chauves-souris, plusieurs variétés de coquerelles). Chiens et chats n’ont pas été épargnés. Trop ordinaire? Sangliers vengeurs, grenouilles envahissantes, maringouins mutants (format large ou extra-large) et sangsues bourrées de stéroïdes vous attendent au club vidéo. On a aussi tenté l’approche fourre-tout. Aussi ridicules que puissent être certains de ces films, ils ont leurs lettres de noblesse: avant même Jaws, il y avait The Birds de Hitchcock. Agressions animales fait un recensement assez conscientieux de ce filon cinématographique et illustre bien comment, si ce sont surtout les films qui frappent notre imagination, nombre d’entre eux ont débuté sur papier.
On trouve nettement moins de plantes meurtrières. Il y a bien The Little Shop of Horrors et l’arbre maléfique qui tenait un rôle mineur dans Poltergeist. Un film récent se démarque: Trees, qui adopte pleinement l’idée d’arbres sanguinaires en suivant une méthode infaillible… imiter Jaws.
Véhicules en folie: Si on a peur de tout ce qui vit, on peut aussi craindre ces objets qui bougent et semblent vivants, à commencer par les voitures. L’automobile est un engin meurtrier, les statistiques sur les accidents de la route en témoignent. La première terreur motorisée que j’arrive à retracer n’est pourtant pas une voiture, mais bien un bulldozer animé par une technologie extra-terrestre pour devenir… Killdozer!!!, dans la nouvelle éponyme de Theodore Sturgeon (les points d’exclamation sont de moi, le nom les exigeait). Il a fallu attendre en 1974, trente ans après la parution de la nouvelle, pour que l’oeuvre soit portée à l’écran et adaptée en bande dessinée.
En 1965, Roger Zelazny décrivait dans “Devil Car” un futur où des voitures munies d’intelligence artificielle devenaient sauvages. En 1973, Stephen King commettait “Trucks” où des véhicules tout à fait contemporains et ordinaires s’éveillent et s’en prennent à leurs maîtres… jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’il leur faut bien quelques humains pour faire le plein.
De telles terreurs plus domestiques font leur chemin jusqu’au grand écran peu après Killdozer. En 1977, une petite ville californienne devient victime de The Car, une voiture possédée (le succès de The Exorcist se faisait encore sentir). Le Diable ne se contente pas de n’importe quelle voiture: il habite ici une Lincoln Continental Mark III personnalisée par George Barris, concepteur de la Batmobile vue à la télé une dizaine d’années auparavant.
Puis, Christine fait son entrée en scène. Le roman de Stephen King et son adaptation réalisée par John Carpenter paraissent tous deux en 1983. King n’a pas oublié ses camions pour autant. En 1986, il s’inspire de “Trucks” pour s’improviser réalisateur et créer un monstre: Maximum Overdrive. On y trouve, en plus des camions, une variété d’objets inanimés belliqueux dont une distributrice de boissons gazeuses (voyez-la en action sur Badmovies.org, en bas de page). Est-ce un bon film? Disons qu’on le cite souvent pour démontrer qu’un auteur n’est pas nécessairement la bonne personne pour porter ses oeuvres à l’écran. King s’en est tenu à l’écriture depuis et s’est permis d’effleurer le thème à nouveau avec From a Buick 8. D’autres, moins sages, ont produit une adaptation plus fidèle de “Trucks”. Trucks, filmé pour la télé, se mérite un maigre 3.4 sur IMDB et se démarque par sa tagline aussi atroce qu’efficace: “U-Turn, U-Die!”.
Ça suffit pour les véhicules, mais nous n’en avons pas fini avec King pour autant. Nous le retrouverons dans la deuxième et dernière partie de cette étude où vous attendent des horreurs bien plus ridicules encore.

#1 Laurine (1 novembre 2006 - 6:37)
King n’en a pas terminé avec les objets-inanimés-qui-tuent. On se souviendra de Cell il n’y a pas si longtemps…
#2 Patrick S. VAST (1 novembre 2006 - 10:50)
Oui, mais personnellement, tout cela ne me pose pas problème. Le fantastique a pour principe l’altération puis la transformation de la réalité, donc du quotidien, et de tout ce qui y est inclus : les objets et autre.
#3 Eric (1 novembre 2006 - 16:55)
N’ayant pas encore lu Cell, j’ai hésité à l’inclure. Je crois que je glisserai une allusion dans le prochain billet, qui se penchera sur des objets inanimés plus improbables les uns que les autres.
Bien dit, Patrick: le fantastique peut se nourrir de tout. Les Maximum Overdrive de ce monde ne me posent pas problème; j’en tire un certain amusement. Ce qui m’attriste parfois, c’est le bête esprit d’imitation de certains, qui remplacent le requin par une autre bête à dents sans le moindre effort d’innovation. Ça vaut quand même la peine de fouiller parmi les innombrables films de terreur à petit budget. Il suffit d’une menace un peu originale et d’une dose d’audace ou d’humour pour qu’un navet potentiel devienne divertissant.
Je viens de découvrir sur Posterwire un parfait complément à ce billet: un survol des affiches de films mettant en vedette des menaces animales. On y trouve quelques classiques, et plusieurs sont d’un dynamisme exemplaire (je doute que Crocodile soit aussi excitant que son affiche). Oh, et celle de Squirm (cliquez sur le lien “worm”) est à la hauteur de son titre.
#4 René Beaulieu (2 novembre 2006 - 11:57)
Salut Éric.
Ici quelques réponses et précisions, concernant, entre autres les oeuvres touchant les “menaces mécaniques” . tu écrivais:
»Véhicules en folie: Si on a peur de tout ce qui vit, on peut aussi craindre ces objets qui bougent et semblent vivants, à commencer par les voitures.
Il s’agit plutôt, la plupart du temps, surtout du point de vue de son utilisation en Sf, plus qu’en Fantastique d’ailleurs,où elle est, généralement, plus faible et moins ambitieuse ou efficace, des rapports, multiples, complexes, et surtout très ambigus, de l’Homme et de la société avec les technologies nouvelles, ou spéculées, surtout nouvelles et à effets multiples.
Une bonne partie de la SF (Wellsienne, entre autres, en sort) : du Frankestein de shelley au Terminators de Cameron, du Colossus de D. F. Jones à “The Machine Stops” de E. m. Foster, et combien d’autres.
Ceci dit, il s’agit souvent de rappoorts avec la technologie plutôt qu’avec la machine en tant que tellle, et ils sont infiniment mieux traités, la plupart du temps, en littérature qu’au cinéma, en
B-D ou en Fantastique.
Même si des textes ratés existent également là-dessus, parfois dotés d’une réputation quelconque: un de mes exemples préféré étant “The Mangler” de king. plus simpliste, cherchnat l’effet sans réflexion et ridicule que cela, on peut difficillement, selon moi. Ou plutôt faut voir le film “maximum Overdrive” (Pure merde inutile, même visionné au xième degré, à mon humble, ou le récent roman _The Cell_ du même homme, qui m’est littérallement tombé des mains. (Je sais bien que je ne devrais même plus ESSAYER de lire les King récent, mais bon… , j’ai toujours un peu d’espoir de le voir refaire quelque chose de valable un jour… ) C’est simplement que King me vient à l,idée tout de suite là, il y a plein d’autres auteurs ou oeuvres que j’aurais pu citer ici…
»L’automobile est un engin meurtrier, les statistiques sur les accidents de la route en témoignent. La première terreur motorisée que j’arrive à retracer n’est pourtant pas une voiture, mais bien un bulldozer animé par une technologie extra-terrestre pour devenir… Killdozer!!!, dans la nouvelle éponyme de Theodore Sturgeon (les points d’exclamation sont de moi, le nom les exigeait).
Euh, c’est un novella, voir un courtroman ici, et il fit (et continue de faire plutôt grande impression sur le lectorat, si on en juge le fait qu’elle régulièremebnt réimprimé, cité« et mentionné comme un des meilleurs textes de ce genre, ou sous-genre, de la “menace mécanique” , et .galement, selon plusieurs, un des mieux faits, au point de vue suspence et, surtout, “technique” , disons,. Sturgeon venait juste de conduire des bulldozers pour construire des pistes d,attérisssage en Jamaïque pour l’armée américaine, à l,époque (Seconde Guerre Mondiale)et revenait de lieux qu’il décrit avec un indéniable “sens du vécu” dans le texte. On sent que l,écrivain sait de quoi il parle ici, concernant ces machines. En ayant un peu manoeuvré et surtout vus maneuvreer par d’autres, dans ma jeunese ouvrière, je peux le confirmer ici, d’ailleurs, et c,est une des qualités de cette fiction. Ceci étant dit, c’est un texte très premier degré, surtout à effets, et un de ses premiers, écrits fort jeune en plus. il ne fait pas parti de mes préférés de l’homme, mais il est fort efficace et surtout exécuté de manière fort compétente. Ceci étant dit, j’ai peur que tu te sois fié surtout à la bande-dessinée et au film qui en furent tirés qui furent et restent deux des plus médiocres et atterants produits commerciaux d’exploitation produits dans nos genres. Too bad… et rien à voir, sinon une partie de l,idée de bas, avec l’idée l’atmosphère et la force fort réelles de l’oeuvre d’origine…
»Il a fallu attendre en 1974, trente ans après la parution de la nouvelle, pour que l’oeuvre soit portée à l’écran et adaptée en bande dessinée.
Et je te soupçonne de t’être contenté des adaptations plutôt que de l’oeuvre originale ici (Mais je peux, et je souhaite me tromper…ce qui expliquerait ton évaluation personelle, réelle ou supposée et déduite par moi de tes quelques mots) quant à la valeur intrèsèque de cette oeuvre, évaluation avec laquelle je ne suis pas d’accord, on l’aura bien compris… ;-) ) ) , toutes choses ce qui expliquerait un peu mieux ton classement de ce texte ici.
Le texte “autodafé2 de Zelazny est un autre bon exemple, de ce type, quoiqu’encore plus premier degré mais,certes, à mille lieux plus hauts que “trucks” de King et autres “enfers Mécaniues” du petit et grand écran.
Par asilleurs pour une version plus “sociale et presque métaphysique” de ce genre de conflit homme ou individu contre machine sociét, je recommenerais l’indispensable, court et simple, mais égalemebt 2punché2 et poétique, “Monless In Bizantium” du même Zelazny. tout y est dit, élégamment et en peu de mots…
Ou encore “I Han No moth And I Must Scream” D’Ellison ou la satire amère “Arlequin And The Tik-tok Man” du même.
Sur un ton plus humoristique, quelqu,un comme Ron goulart a commis bien des textes efficaces (et parfois réellement drôles) sur l’affrontement homme-machine, Sheckley égalemenbt (La célèbrissime et encore frappante “Laxian Key” et on lira avec (difficulté parfois, ce sont des textes critiques et… fort exigeants, bien que très courts) , les nouvelles du Monde de Moréran, par David r. Bunch, trop difficille et complexe, dérangeants et … tout simplemenbt “weird” et profondément “bizarres” pour avoir eu un gros succès auprès du lecteur “lambda” disons. Par contre, ses confrères écrivains appréciaient fort. Encore un “écrivain pour écrivain” ici, je le crains bien… ;-)
»De telles terreurs plus domestiques font leur chemin
Puis, Christine fait son entrée en scène. Le roman de Stephen King et son adaptation réalisée par John Carpenter paraissent tous deux en 1983.
Peut-être l’essai le plus intéressant de King, dans le genre, pas pour l,idée de base (Il n’en a presque jamais, mais “pique” consciemment ou pas beaucoup aux autres, par contre. Influence et souvenirs de lectures et visionements mêlés inextricablement ici… ) , surtout pour sa description, efficace, évocatrice et bien “observée et rendue” , de la psychologie d’un adolescent “coincé” et très mal dans sa peau, c’est le moins que l’on puisse dire…
Voilà, c,était juste quelques précisions et opinions diverses… , histoire d’enrichir et de complexifier une vision qui me semblait un peu trop “unidimentionelle” à mon goût ici…
Et j’ai même pas parlé« du _Crash_ de Ballard et encore moins de sa relation, complexe et très “particulière” avec les avons et le domaine des technologies des trasports en général…
Amitiés.
René
#5 Eric (2 novembre 2006 - 22:15)
René: le traitement de la menace technologique en SF mériterait bien à lui seul une série de billets. Étant donnée la saison, je me penche surtout sur l’horreur.
Rassure-toi, je n’avais pas l’intention de rabaisser “Killdozer” au niveau de ses adaptations au cinéma et en bande dessinée. Le titre m’amuse par sa totale absence de subtilité, mais il n’y a pas de mal à ça. J’apprécie Sturgeon et je suis plutôt curieux de lire cette histoire, surtout d’après ce que tu en dis. Je garde un bon souvenir des quelques textes de voitures de Zelazny (“Auto-da-Fé”, “Devil Car”, “The Last of the Wild Ones”… y en a-t-il d’autres?)
Par ce billet et le suivant, je ne cherche pas à critiquer mais surtout à effectuer un recensement nécessairement imparfait. J’ai apprécié certaines des oeuvres énumérées et détesté certaines autres. Il y en a aussi plusieurs que je n’ai pas vues (pour des raisons évidentes, dans certains cas). J’ai plutôt aimé Christine (roman et film) pour l’aspect psychologique que tu décris et, dans le cas du film, pour ses images mémorables. Enfant, je n’avais vu que la bande-annonce et ça suffisait pour que je regarde les voitures d’un autre oeil (en espérant qu’elles-mêmes n’en profitaient pas pour m’observer). Quant à “The Mangler”, j’en parle dans le billet suivant. J’ai trouvé la nouvelle plutôt boîteuse dans sa logique, mais ça ne m’a pas empêché de la relire en imaginant ce qu’elle aurait pu être. Quant au film qu’on en a tiré, les critiques que j’ai lues m’ont convaincu de ne pas perdre mon temps à le regarder.
Merci pour les diverses références. Ça me fait quelques pistes de lectures intéressantes.
#6 rené beaulieu (4 novembre 2006 - 1:08)
Salut cher Éric.
Et merci bien pour la réponse, mesurée, criconstancée, argumentée et tout.
»René: le traitement de la menace technologique en SF mériterait bien à lui seul une série de billets. Étant donnée la saison, je me penche surtout sur l’horreur.
En effet, et j’aurais dû plus en tenir compte ici. C’est seulement que je trouve ce traitement (et encore plus le thème) précis plus riches et parfois bien plus “prégnants” et complexes tels qu’envisagés e Sf qu’en Fantasique. C’est bien etendu, une généralisation ici, qui supporte (et appelle et recouvre) des exeptions, et parfois de taille et de qalités indéniables. Cela fait probablemet partie également de ma vision parallèlle, synthétique et syncrétique de ce que font, ne font pa, peuvent (ou veulent) faire ou ne pas faire les auteurs des deux genres, avec parfois des matérieux, à la base, pas si dissemblables que cela et partagés, jusqu’à un cerain point.
»Rassure-toi, je n’avais pas l’intention de rabaisser “Killdozer” au niveau de ses adaptations au cinéma et en bande dessinée. Le titre m’amuse par sa totale absence de subtilité, mais il n’y a pas de mal à ça.
C’est vrai que c’est… “large” et pas subtil là. Il faudrait que je refouille bien dans les notes des Complete Short Stories (dans le volume qui porte le même titre que la novella d’ailleurs, avec la couverture originale qui illustrait le numéro d’Astounding qui publia le texte en premier) pourvoir si ce titre était de Sturgeon à l’origine ou de son éditeur Campbell. Probablemebt qu’il était de l’auteur… Et je répète ici que c’est (quand même) uneoeuvre sans trop de prétention, visant avant tout à l’eficacité, au suspense et à l’angoisse au premier degré, et un texte de jeunesse… Et que le “deux ex machina” explicatif de l’entité extraterrestre meurtrière s’emparant de la machine n,était pas nécessaire le plus habile, ni même le mieux justifié ici… Mais il reste que, tant pour raisons historiques (Primauté temporelle, en quelque sorte, et galement, juste qu’à un certain point, effet considérable sur le lectorat, et qui a perduré et perdure encore, en plus d’être à l’origine d’une décendance littéraire, et autre, nombreuse, si pas toujours d’un même niveau , comme ce fut d’ailleurs le cas pour d’autres “histoires d’horreur marquantes” de Sturgeon, comme “It” (pour la menace écologique (La pollution, en 1939, on le notera! ) incarné dans “l’humain-inhumain” ambigü, le côté “Swamp Thing” (Inspiration directe des différents auteurs de la B-D, et de quelques auteurs de textes s’en rapprochant, par exemple, les “Ghost Smoke” de Leiber, et son horreur moderne et urbaine, par un effet de variante subtile, et bien avouée et assumée par tous “les inspirés” ici… ) ou le encore bien plus plus ambitieux, si moins direct (at the real gut level, quoique tout dépent ici de ce qui vous fait réagir personnellement dans ce sens) “Some Of Your Blood” , assez renouvelant (et pour certains fort dérangeants) concernant le vampirisme, la psychologie dite “anormale” et les sous thème sexuels du genre, dans lequel on fut à la fois, rarement aussi subtil, explicite et innovateur tout à la fois…
Mais je concède que, pour les deux premiers textes cités, du moins, il s’agit plus d’oeuvre de jeunesse, visant un “effet fort et puissant” et d’une nature bien plus émotionelle qu’analytique et réflexive. et que “Killdozer” n’est pas défauts, littérairement parlant. Voir plus haut, et le texte aurit peut-être gagner à être un peu plus dense, resséré et “psychologisé” ou symbolique, au lieu d’oeuvrer, le plus souvent, mais pas toujours, “au premier degré” , disons…
«J’apprécie Sturgeon et je suis plutôt curieux de lire cette histoire, surtout d’après ce que tu en dis.
Je répète ici que c’est plus un texte de jeunesse “efficace” et “innovateur” , surtout pour l’époque, que d’une réelle grande oeuvre, mais on ne perd pas son temps à la lire, je crois bien… ;-) )
»Je garde un bon souvenir des quelques textes de voitures de Zelazny (”Auto-da-Fé”, “Devil Car”, “The Last of the Wild Ones”… y en a-t-il d’autres?)
Il me semble, mais il faudrait que je vérifie ici. Pour es aspect plus “positifs” de divers moyens de trasport routiers, on retiendra _Repères Sur La Route_ (dont le titre anglais m’échappe temporairement) du même auteur et surtout la stupéfiante et très efficace description d’une vie et d’une civlisation entièrement (et constamment) motorisées(bien que plus mineure) dsns _On Weels_ de John Jakes.
»Par ce billet et le suivant, je ne cherche pas à critiquer mais surtout à effectuer un recensement nécessairement imparfait. J’ai apprécié certaines des oeuvres énumérées et détesté certaines autres.
Mallgré donc, l’effet de “ridicule” que semblait relever dans leurs th`mes alors… Tu dois être plus tolérant que moi ici… ;-)
»J’ai plutôt aimé Christine (roman et film) pour l’aspect psychologique que tu décris et, dans le cas du film, pour ses images mémorables.
Nous sommes bien d’accord, même si la lecture du livre m,a paru plus “probante” que le visionnement du film…
»Quant à “The Mangler”, j’en parle dans le billet suivant. J’ai trouvé la nouvelle plutôt boîteuse dans sa logique, mais ça ne m’a pas empêché de la relire en imaginant ce qu’elle aurait pu être. Quant au film qu’on en a tiré, les critiques que j’ai lues m’ont convaincu de ne pas perdre mon temps à le regarder.
Je suis allé voir et j’ai lu. On est bien, en gros, d’accord, et assez pour les mêmes raisons ici.
»Merci pour les diverses références. Ça me fait quelques pistes de lectures intéressantes.
Les histoires de Modéran (Correction de l’ordographe ici) sont vraiment particulières, totalement “aliens” par leur mode de pensée et d’expression, et les psychologies et sociétés décrites, et il faut les lire “à«petites doses” là surtout. il seulement bien dommage qu’elles doivent se chercher et dénicher dans des revues et anthologies presque introuvables (Sauf le Dangerous Visions d’Ellison) et dans deux recuils raririssimes.
En passant, “Along The Scenic Highway” d’Ellison (Encore lui! )et “X Mark The Pedwalk2 de Leiber sont également efficaces, au premier degré, dans le sous-genre des sociétés motorisées, même si la menace tient bien des plus aux conducteurs (vaguement dérangés) de ces engins qu’à une quelconque autonomie et volonté malveillantes bien improbables des machines elles-mêmes…
Au fait, revenant sur Sturgeon, une petite note ici, qui auraient bien plus sa place sur mon blog, si j’avis le temps de bien m’en occuper ces jours-ci… Une émission de radio d’une heure et demie lui a été consacrée, dimanche dernier, sur France Culture, avec des invités prestigieux (Klein, Goimard, Leconte, Hupp) , pas trop mal faite (mais comportant également sa part d’erreurs factuelles et d’interprétations parfois très discutables, et un rien Franco-Françaises, parfois, en lus plus d’être un peu datées, et parfois basées sur peu de choses ou faits vérifiables ou documentées) , mais le fait, pour un auteur ayant surtout oeuvré dans nos genres, de se voir consacré une telle émission dans un endroit aussi prestigieux et “légétimant” est assez rare et exceptionel pour qu’on le souligne bien ici. De plus, ce survol biographique et thématique reste compétent tout du long, agrémenté de longs extraits de l’oeuvre (lus ou “joués” ) , c’est selon, en plus de présenter un extrait de ma propre traduction de son texte autobiographique “Argyll” (publié dans levolume _Romans Et Nouvelles_ de Sturgeon, paru chez Omnibus, l’an dernier) , au tout début (Je n’en suis pas peu fier ici… ;-) ) , et surtout le regard porté sur l’homme et ses écrits est, en général, fort positif et d’un traitement très sympathique, même si j’aurais prévilégié des choix de textes plus précisément, et plus souvent,pour des raisons plus “stylistiques” que “thématiques” . Mais ce fut le choix premier des intervenants, de l’animatrice-conceptualisatrice et de la réalisatrice, me semble-t-il…
Resque que ce choix est respectable, eficace, et donne, je crois bien, très envie d’aller lire et fréquenter les textes de l’auteur.
Cette émission m’a même personellement appris diverses choses, sur l’auteur et son oeuvre, que je ne savais pas… C’est vous dire là… ;-)
On peut d’ailleurs, pour un certain (court tr`s malheureusement) temps encore, télécharger et écouter la dire émission à partir de l’adresse électronique suivante:
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vie_oeuvre/
Voilà, voilà.
Dernier détail, surtout pour les ens de Québec et de ses evirons: les ouvrages (parcimonieusement distribués ici, mais presque tous excellents) de la petite (mais dynamique, et au catalogue prestigieux et de qualité: K. S. Robinson, Dick, Alan Moore, revue Fiction, Carolyn Stevemer, Calvo, Hambly) maison d’édition Les Moutons Électriques sont maintenant disponibles à la librairie Laliberté, à Ste-Foy, dans “La Pyramide” et le seront un bout de temps, je l’espère bien…
On y trouvera bientôt un “Fiction Spécial” (sorti il y a quelques jours) , qui est égalemet une conséquente “anthologie internationale” , pratiquant allégrement et joyeusement “le mélange des genres” , dont le titre est “Les Anges et Électriques” et présentant un thème plus ou moins commum celui des êtres extrordinaires de l’outre-vie ou l’outre-monde. On y trouve, entre autres, une nouvelle version de mon propre court roman “Cendres” , bien impossible à se procurer dans sa version précédente aujourd’hui. La chose occupe une place conséquente dans le livre, et j’en reçois déjà de forts bons échos critiques et de lecteurs. Comme c’est le texte issu de ma plume dont je demeure le plus fier à ce jour, ce n’est pas sans me faire un petit, mais fort réel, plaisir…
Je termine donc ce commentaire et cette réponse à Éric sur cette petite “plogue” , relativement innocente, mais également bien venue, et singulièrement bien dans l’air du temps…
Amitiés.
René
#7 Eric (5 novembre 2006 - 22:26)
“Along the Scenic Route” est une bonne histoire divertissante qui sonne plutôt juste encore aujourd’hui. J’ai lu les deux “Moderan” dans Dangerous Visions: elles étaient assez frappantes et pourtant je n’ai pas trop embarqué, peut-être parce que la caricature me paraissait trop grosse (d’après ce que je m’en rappelle).
Bien sûr, si j’avais plongé un peu plus dans la SF, j’aurais pu ajouter entre voitures et poupées une autre catégorie, celle des robots meurtriers. À l’époque où je découvrais la science-fiction, j’ai beaucoup apprécié les histoires de robots d’Asimov. Les robots y devenaient parfois dangereux sans qu’on les démonise pour autant, puisque leurs actions découlaient logiquement de leur programmation. Il me reste pourtant un vague souvenir d’un robot défectueux qui devenait carrément meurtrier quand la température était trop élevée. Ça faisait un peu “tueur en série” comme histoire; surprenant de la part d’Asimov. Comme je n’arrive pas à la retrouver, je ne sais plus si elle était vraiment de sa plume ou si elle provenait d’un autre auteur qui s’inspirait de l’univers d’Asimov.
#8 René Beaulieu (6 novembre 2006 - 12:28)
Hum, probablement “fondly Farenheight” de l’excellent Alfred Bester (Dont presque toute l’oeuvre est à lire d’urgence! ) qui était, pour la forme (Texte littéraire relativement complexe, aux multiples points de vue, racontée à la fois en Je, en Tu et en Il est de manière parfaitement justifiée et crédible, en plus! ), au moins (et l’idée également, en partie) , et demeure, une manière de petit clasique.
Pour Asimov, je ne vois guère que “Robot (Un Numéro ici) Goes Astray” (tirée de ses histoires de robots) qui pourrait s’approcher du texte dont tu sembles cherche à vouloir te souvenir. Mais je me souviens de meurtres d’humains dans cette nouvelle, lue il y a plus de 30 ans maintenant. il y a également “Robbie” , le premier texte des Robots, sur un automate accusée faussement de meutre, mais je ne crois pas non plus qu’il s’agisse ici de ce texte précis.
Au fait, comme annoncé dans la rubrique “Livres Reçus” d’octobre du site de Solaris, une nouvelle version de mon cout roman-novella fantastique Cendres est disponible (du moins auprès de votre serviteur, si pas de votre libraire (Les Montons sont distribués partout en Europe Francophone, mais pas ici, sauf, comme toujours, à petite échelle, par votre serviteur… ), je viens de recevoir mes exemplaires de l’énorme anthologie (Et Fiction Spécial) _Les Anges Électriques_ parus chez l’éditeur Les Moutons Électriques.
Je suis assez content et fier de la chose et considére ce texte comme mon meilleur à ce jour, c’est tout dire… ;-)
Je suis donc en état (très agréable) de relative “planance” en ce moment… ;-)
Amitiés.
René
#9 claude (7 novembre 2006 - 12:29)
Je comprends ta transe lucide. Bravo!
#10 Maja (7 novembre 2006 - 22:07)
Il y a aussi le film culte “L’attaque des tomates tueuses”. Un vrai petit bijoux ! Il y a eu une suite (même 2, je crois) avec Georges Clooney (on doit tous commencer quelque part…), mais j’ai trouvé la suite moins bonne. Ce qui arrive souvent.
#11 René Beaulieu (12 novembre 2006 - 14:40)
Un peu hors sujet, mais histoire de me permettre de laisser aller un peu de vapeur (et surtout de relativiser auprès des “masses surfant sur la toile” la valeur de la chose comme outil de recherche) sur Wikipédia et ses défauts, inconhérences, hérésies et nombreux articles bourrées d’erreurs flagrantes écrites (parfois) par des gens qui n’y connaissent rien… Même s’il s’y trouve parfois également de bons articles, faibles, à peu près à jour, détaillés et rédigés par des gens sachant à peu près de quoi ils parlent…
Un essai (extraits parmi plusieurs dizaines sur les mêmes problèmes et les difficultés d’y remédier vite et efficacement, une fois le mal fait) sur l’expérience d’être “wikipédié” n’importe comment, et passablement contre son gré:
http://www.edge.org/3rd_culture/lanier06/lanier06_index.html
Quand on pense que l’on traine souvet en procès en diffamation et pour réparations en justice pour parfois bien moins pire que cela… ;-(
Et ce n’est ici qu’un faible (et relativement bénin) exemple, pris parmi des centaines, voir des milliers d’autres, trouvables ici ou là, sur la toile, et ailleurs, et rédigés alors non par “l’homme qui a vu l’homme” mais bien “rapportées de la bouche même du cheval” et, donc, des principaux individus ou organismes intéressés ou touchés par l’article incriminé…
Moralité: rien vaut un BON livre de référece ou une solide étude, faite par des gens sérieux, fiables, conernés et intelligents, qui vérifient un tant soit peu leurs faits avant de rédiger quoi que ce soit…
Mais je crais bien que, comme pour les croyances en bien des légendes urbaines ou autres absurdités modernistes convoyées et relayées par les médias de grande écoute et de large utilisation cette bataille pour un peu plus de rigueur dans l’information de masse facilement accessible ne soit, elle également, déjà perdue…
Oh, to Hell with all that!
On peut également se contenter de hausser fatalistement les épaules ou d’en rire, même si c’est avec cynisme, débusement ou dérision…
Et tout les gens qui veulent vraiment s’informer correctement y arriveront bien s’ils y mettent l’effort, cherchant diverses sources, comparant, recoupant, vérifiant, et revérifiant les informations disponibles, les mettant à l,épreuve du raisonement, du bon sens, voire de la pure et simple cohérence ou logique de base. C’est seulement qu’ils sont de moins en moins nombreux à le faire ces jours-ci, semble-t-il, comme me le rapporte journellement (entre autre) ma tendre moitiée,documentaliste, professeure en technique de recherche et bibliotechnicienne en milieu scolaire, témoin des “méthodes et efforts” d’innombrables très