Les Druides — 2. Is la Blanche

Les Druides 2 Ma brève incursion au Salon du livre de Montréal m’aura permis de faire quelques emplettes, dont le deuxième tome de la série Les Druides. Le titre Is la Blanche fait référence à une ville éblouissante (mais qui prend un peu l’eau selon la légende) sur laquelle règne la princesse Dahud. La jeune femme est une adepte des rites anciens, au grand dam des moines qui tentent sans succès de christianiser le périmètre. C’est en ces lieux que se rendent le druide Gwenc’hlan, son élève Taran et le frère Budog afin de poursuivre leur enquête sur les meurtres de moines. Un nouvel indice leur est tombé entre les mains, une sorte de petite croix appartenant à l’Imperium Dei, une secte oubliée de fanatiques. Nous voyons bien des cavaliers encapuchonnés sévir en Armorique, mais font-ils partie de l’Imperium Dei ou est-ce une fausse piste?

L’enquête elle-même n’avance pas beaucoup dans ce deuxième tome, mais ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Au contraire! On commence avec l’assassinat de druides par des villageois superstitieux pour un crime qu’ils n’ont pas commis. Gwenc’hlan découvre assez vite que les tueurs de moines sont au nombre de sept et se déplacent à cheval. Ces tueurs s’assurent de faire porter le chapeau aux druides, mais pourquoi? Arrive ensuite cette histoire d’Imperium Dei qui n’éclaircit pas l’affaire pour les enquêteurs. De plus en plus soupçonneux, Gwenc’hlan commence à croire que le frère Gwénolé (celui qui l’a mandaté pour cette investigation) essaie plutôt de le mettre en boîte. La seule façon d’en avoir le cœur net est d’aller retrouver Gwénolé à Is pour l’interroger. L’arrivée à Is est soulignée par une double page sompteuse nous montrant la ville qui émerge de la mer, baignée par la lumière du soleil couchant. Tout à fait remarquable! S’ensuit une méga-boum organisée par Dahud, avec vin, musique, danseuses et tentative de meurtre. L’arrivée des cavaliers encapuchonnés à Is concorde avec un match de lutte rituel entre Dahud (qui semble éprouver une aversion pour les vêtements) et un mystérieux prétendant barbu.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario ne laisse pas le temps au lecteur de s’ennuyer. En fait, ce sont les dialogues qui gagneraient à être adaptés au rythme des développements. Dans un style un peu m’as-tu-vu, certaines répliques sont en breton, ce qui oblige le lecteur à abandonner le récit pour lire la microscopique traduction en bas de page. Il y a aussi des échanges un peu ronflants qui manquent de naturel. Et puis le niveau de langage est inégal. Disons que j’ai tiqué en voyant Gwenc’hlan s’étaler de tout son long avec un «Ouch!» sonore.

Ces détails linguistiques mis à part, il faut reconnaître que les auteurs font preuve d’un grand sens du détail. Les allusions mythologiques sont nombreuses, et je soupçonne que la moitié d’entre elles m’échappent (mes quelques connaissances sur la Basse-Bretagne se résument au XVIIe siècle). Un lecteur plus calé en mythologie celtique appréciera doublement le récit du duo Istin/Jigourel et les images de Jacques Lamontage. Celles-ci sont toujours aussi belles, avec leurs teintes terreuses et leurs ciels orageux. Et je ne vous parle pas de la couverture, que vous pouvez admirer en grand format sur le site de l’illustrateur.

La suite l’an prochain, même poste, même heure?

2 commentaires

  1. Patrick S. VAST

    Je vais me procurer ces albums. J’ai justement lu plusieurs ouvrages sur le druidisme il y a deux ans. L’avénement du christianisme a décimé cette pratique. Et il est remarquable de constater que cela a eu une influence sur bien des choses. Ainsi, le mythe des sorcières vient en fait des druidesses insoumises à la religion conquérante, que l’on n’hésitait pas à éliminer sous couvert de tous les maux possibles, dont la sorcellerie justement.

  2. Je suppose que l’engloutissement de la ville d’Ys est une bonne illustration de cette christianisation doublée de la démonisation du pouvoir féminin (dans le sens strict du terme, c’est-à-dire celui d’une femme détenant un pouvoir politique ou autre). Je retiens que c’est Dahud qui prend le blâme dans toute cette histoire, ce qui n’est pas sans rappeler Ève et le Paradis perdu.

    Ah, les bonnefemmes. On ne peut les emmener nulle part.

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié ni communiqué. Les champs obligatoires sont indiqués par *

*
*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes: <b> <i> <a href=""> <blockquote>
Si ce n'est pas déjà fait, veuillez prendre connaissance de nos politiques.

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.