Lost — Saison 2

Lost 2Jusqu’ici, c’est pari tenu: la deuxième saison de Lost s’avère à la hauteur de la première. La série n’hésite pas à aller de l’avant en explorant de nouvelles pistes et en variant ses intrigues. L’un de ses points forts consiste à résoudre certains mystères au bout de quelques épisodes. Le scénario évite ainsi de s’enliser, mais conserve toutefois son format: une intro accrocheuse, un récapitulatif des événements (parfois inutile, je l’avoue), des séquences sur l’île au temps présent entrecoupées de retours en arrière. Encore une fois, nous avons droit à un tissage ingénieux où les personnages se croisent, parfois sans se voir.

La première saison nous laissait devant une écoutille fermée. À la fin de la deuxième, le récit a beaucoup avancé en nous montrant une série de stations équipées de systèmes informatiques. Celles-ci forment un réseau sur l’île, un peu à l’image des jeux vidéo Myst. Peut-être est-ce là une des sources d’inspiration des scénaristes puisqu’à la base, le principe est le même: dans un monde inconnu aux frontières délimitées, il y a un certain nombre de puzzles à résoudre et ceux-ci mènent vers de nouvelles énigmes à élucider. Pour compliquer les choses, les indices sont éparpillés, parfois cachés. Moi qui me suis toujours demandé à quoi une transposition télévisuelle ou cinématographique de ces jeux vidéo pouvait ressembler, me voilà comblée.

Les personnages ne survivent pas tous. Arrivent, suite à chaque décès, de nouvelles têtes qui changent la donne: les rescapés de la queue de l’avion, les Autres, Desmond Hume, Henry Gale… Le renouvellement constant est bienvenu et toujours surprenant. Quand on prend un peu de recul, on se rend compte à quel point la distribution de cette série est vaste. Outre la quinzaine de héros, toute une constellation de personnages secondaires contribuent à complexifier les liens. Déjà cette partie du scénario laisse place à la spéculation. Est-ce que le père de John Locke est le même homme qui a arnaqué la mère de Sawyer? Est-ce que l’ancien petit ami de Kate, qui travaillait dans un hôpital, a déjà connu Jack? Et y a-t-il moyen de relier tous ces personnages qui passent par l’Europe, dont l’ex-femme de Michael? Mais peu importent les révélations, la série est un exemple à suivre en termes de construction de personnages. Peu d’entre eux sont inintéressants ou franchement antipathiques.

L’une des richesses de la série repose sur ses allusions à la culture populaire ou à la culture tout court. Les noms des personnages, par exemple, sont autant d’emprunts à la philosophie (Locke, Rousseau, Hume) qu’à la littérature (Austen, Sawyer); n’oublions pas la floppée d’allusions aux Watership Down, Lord of the Flies et autres Charles Dickens. Il y a même une femme prénommée Pénélope qui n’en peut plus d’attendre son amoureux perdu en mer. Le personnage de Sawyer est un puits de référence: il utilise un vaste éventail de surnoms qui rappellent constamment le «monde réel» dont sont coupés les naufragés (Thelma, Jabba, Chewie, Hot Lips, etc.). Il y a aussi cette scène très Matrix où Michael (Harold Perrineau, qui incarne Link dans Reloaded et Revolutions) se fait interpeller par un ordinateur.

Comme je regarde la série en rafale (vivent les DVD!), je ne passe pas des semaines entières à me tordre les mains en anticipant l’explication au punch du dernier épisode. J’imagine que c’est l’attente qui pousse tous ces fans à échanger fiévreusement leurs théories sur Internet, à spéculer sur la nature de l’île et des expériences qui y sont menées. Ce qui m’étonne un peu, c’est que chaque fois que j’entends parler du «phénomène» Lost, j’ai l’impression que les fans attendent une conclusion parfaitement plausible et scientifiquement exacte. Ils passent ainsi des heures à raisonner sur le fonctionnement des chiffres 4-8-15-16-23-42, en oubliant que la série est écrite par des scénaristes et non des mathématiciens. Personnellement, je m’attends à ce qu’une partie des réponses relèvent du Nouvel Âge, parce que c’est encore la façon la plus pratique de colmater une intrigue quand on n’a pas de formation scientifique.

Une consultation de Wikipédia m’apprend que les scénaristes ont réfuté les hypothèses suivantes:

  • Les passagers sont morts et l’île est une sorte de Purgatoire.
  • Les passagers subissent les effets d’un voyage dans le temps.
  • L’île est une expérience menée par des extraterrestres.
  • Toute la série n’est que le rêve d’un personnage.
  • Les personnages font partie, à leur insu, d’une émission de téléréalité.
  • Le monstre de l’île est un nuage de nanorobots.

(Au fait, Lost, science-fiction ou fantastique? Aucune idée!)

Sachant que les téléspectateurs d’aujourd’hui ont la zapette facile, les concepteurs de la série ont eu l’idée géniale d’étendre l’univers Lost sur Internet, allant jusqu’à créer des sites de compagnies imaginaires (la Dharma Initiative, la Hanso Foundation). Les fans peuvent y traquer des indices supplémentaires, même si ceux-ci ne sont heureusement pas cruciaux pour la compréhension globale de l’histoire. D’autres indices se trouvent dans des podcasts, des entrevues bidon et j’en passe.

Je ne m’immerge pas là-dedans, bien que je suive la série avec grand plaisir. Qu’arriverait-il de mes temps libres si j’avais la piqûre? Je me contente donc d’un questionnement superficiel ou de quelques brèves recherches sur Internet. Et c’est sans surprise que j’ai découvert l’encyclopédie Lost, la Lostpedia.

C’est fou!

Dharma Initiative

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8 commentaires

  1. Daniel Sernine

    Oh, vilaine Laurine. Tu promènes sous le nez d’un A.A. une bouteille débouchée de cognac ou de rhum. Une trentaine d’heures de prétextes à quelqu’un qui a déjà la flemme de s’acquitter de ses obligations et engagements.

    Tu me prêtes le coffret, dis?

  2. Je vais d’abord installer un distributeur à numéros. :)

  3. En ce momen même, l’épisode 2 de la saison 3 s’enregistre sur mon graveur. 6 épisodes sont prévus à l’automne, et 7 autres à compter de février.

    Si vous croyez avoir eu des surprises jusqu’ici, préparez-vous à en avoir encore plus, et les auteurs promettent du spectaculaire pour la fin de cette saison.

  4. Jack

    Les chiffres (4-8-15-16-23-42) ont bel et bien une signification mathématique…Hansoexposed.com

  5. Je parle d’une vraie signification mathématique. Tout ce que je vois sur le site est ceci: «By understanding and modeling the mathematic probability of seismic human events, The Hanso Foundation can illuminate the path ahead and provide a true road map to the betterment of humanity.» Ça, c’est un peu comme le gars qui dit: «Non, je ne suis pas un vrai médecin, mais j’en joue un à la télé.»

    Est-ce qu’une autre section du site est plus claire sur le sujet?

  6. Jack

    http://www.lostpedia.com/wiki/Sri_Lanka_Video

    http://www.youtube.com/watch?v=_PPCCcXarkc

    Il faut voir le « Sri Lanka video », qui a fait partie de « The Lost Experience ». L’équation est (dans le monde de Lost bien sûr) une formule mathématique élaborée par un certain Enzo Valenzetti…

  7. Helllllloooo frenchie cutie Laurine!!! Je suis Sawyer, le sexy rescapé de « Lost ». Qu’est-ce que vous fabriquez ici à jacasser sur ce superbe blog??!! Sauvez-moi de cette île infernale avant que les Autres viennent me faire la peau!!!

    Voici les coordonnées :
    4d 8m 15s Nord
    16d 23m 42s Ouest

  8. Hum, la théorie des coordonnées spatiales… Si elles correspondent à celles de l’île, je n’y mettrai pas les pieds! Le séjour risque de se prolonger indûment. Nice try.

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