Archives: septembre 2006
par Christian - dimanche, 24 septembre 2006 - 20:44 (Montréal et environs, SF&F francophone)
C’est lundi dernier que les membres de Fractale Framboise étaient convoqués dans un sombre établissement de la rue Ontario, le cabaret Lion d’Or, pour un événement aussi exclusif qu’heureux: la célébration des dix premières année d’existence des éditions Alire. S’y trouvaient aussi des auteurs, associés et amis divers de la maison, ce qui avait pour avantage de nous inclure, c’est-à-dire Christian, Eric et Laurine. Certains commentaires ont fait mention, dans nos pages, de la campagne de marketing inusitée qui avait précédé l’occasion. Le résultat s’est montré à la hauteur de l’anticipation.

Foule et fantômes réunis pour l’événement
Événement glam pour épater les journalistes artistiques montréalais et souligner toute l’importance de l’anniversaire, l’occasion était bonne de faire le point sur l’impact d’Alire dans le paysage de la SFQ.
Alire, c’est l’éléphant dans le paysage de la SFQ. C’est le grand éditeur, celui qui publie les œuvres qui définissent l’univers de la SF d’ici depuis dix ans. Alire peut loger des exemplaires dans pratiquement toutes les librairies francophones du continent, faire la tournée des salons du livre, organiser un battage publicitaire, montrer un professionalisme exemplaire et récolter la fidélité d’un public grandissant. On blaguera sur «l’empire Alire», mais il s’agit d’un mastodonte bienveillant aux tentacules essentielles.

Stanley Péan parlant de la magie Alire
Pour le lecteur, Alire s’avère habituellement un choix sûr. Si l’intérêt des ouvrages publiés peu varier et si certains genres publiés par la maison ne plaisent pas à tout le monde, il faut avouer que la direction littéraire d’Alire est la plus solide de l’industrie: la qualité moyenne des œuvres publies n’a rien à envier aux éditeurs européens ou américains. «L’effet de collection» d’Alire va plus loin que l’aspect uniforme (mais coloré) des couvertures: la qualité des œuvres a une cohérence qui rassure. Ce n’est pas un hasard si quatre de mes dix incontournables de la SFQ proviennent d’Alire, en édition originale ou en réédition.
Dans son message à la foule assemblée pour l’événement, l’éditeur Jean Pettigrew a souligné que la première décennie d’Alire coïncidait également avec la parution de son 100e titre de fiction. De ces cent titres, combien en avez-vous lus? Lesquels sont vos préférés?
Mieux encore: que devraient être les cent prochains titres? Quels auteurs espérez-vous y trouver? Sur quels genres devrait-on mettre l’accent?
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par Eric - dimanche, 24 septembre 2006 - 1:10 (Musique, SF&F autre, SF&F francophone, Écrire)
J’aime écouter du jazz en écrivant. Du bon vieux jazz des années ‘50 et ‘60, surtout: énergique, audacieux, calculé et improvisé par des héroïnomanes géniaux. Comme il n’y a pas de paroles, ça n’interfère pas avec mes centres du langage, et en plus je peux marteler mon clavier en me prenant pour McCoy Tyner.
Souvent, c’est de la science-fiction que j’écris. Je le fais en sachant bien que peu de gens en lisent. On peut se demander ce qui pourrait être fait pour populariser la SF, pour qu’elle cesse d’intimider ou de repousser le lecteur moyen. Or, j’ai tendance à penser qu’il n’y a rien à faire: la SF est comme le jazz.
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par Laurine - dimanche, 17 septembre 2006 - 10:16 (Arts visuels)
Pour les connexions haute vitesse, voici de courts divertissements qui valent la peine d’être vus, d’autant plus qu’ils sont gratuits!
Codehunters
Quand on voit les effets d’ambiance, les jeux de lumière et la poussière hyperréaliste qui s’élève, on ne peut s’empêcher de penser à Ghost in the Machine. Le fond du récit est un peu difficile à comprendre (des chasseurs de grosses bêtes qui libèrent une entité — je ne saisis pas encore le rapport avec le titre), mais le visuel laisse pantois. Le film a été conçu pour MTV Asia. Une version en résolution moyenne se trouve sur le site de ‘boards. Pour la haute résolution (147 Mo), essayez le permalink de Drawn!.
Les Gobelins
Située à Paris, l’école des Gobelins forme des professionnels de l’image dans diverses disciplines, dont celle de l’animation. Les étudiants créent entre autres un film d’ouverture pour le Festival International des Films d’Animation à Annecy. Il y a toute une page de petites merveilles à découvrir dans leur galerie d’animation.
La Linea
Vous vous souvenez de ce petit bonhomme dessiné d’un trait et qui interagissait avec son créateur? Balou ne fait que baragouiner, mais la petite musique rigolote et les sautes d’humeur du personnage vous rappelleront sûrement des bons souvenirs.
Via Drawn!
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par Christian - jeudi, 14 septembre 2006 - 22:12 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
Après le succès commercial et critique d’Accelerando, il restait à voir comment Charles Stross réussirait à y donner suite. Comment dépasser un roman qui raconte la singularité, après tout? Glasshouse, heureusement, va dans une autre direction: vers le présent avec deux pieds dans le futur. À la fois plus linéaire et plus complexe qu’Accelerando, Glasshouse montre surtout un écrivain de SF en pleine maîtrise de son art.
Tout commence dans un futur inconfortablement post-humain, où un nouvel homme (après avoir passé quelque temps comme char d’assaut) réapprend à vivre en forme humanoïde, mystifié par une amnésie floue qu’il devine intentionnelle. Mais sa mémoire devra attendre un peu, parce qu’il y a des tueurs à ses trousses. Un peu dépourvu, il accepte une offre inusitée: aller se terrer pour quelques années dans une expérience de recherche psychologie où on tente de recréer la société américaine circa 1950-2010.
Les choses tournent mal dès le début de l’expérience, alors qu’il se trouve à sa grande surprise dans le corps d’une femme, obligé de suivre les règles incroyablement primitives de l’expérience. Mais sa mémoire revient, coup après coup, ce qui lui fait découvrir qu’il y autre chose derrière toute cette façade…
Mélange de SF à long terme, de satire sociale et de thriller d’espionnage high-tech, Glasshouse ne cesse de virevolter entre trois pôles et de surprendre le lecteur. La narration joue simultanément sur trois plans, en nous montrant un futur fort déplaisant via flash-back (Glasshouse contient l’équivalent d’une novella de SF militaire), en se moquant de notre présent avec un regard futuriste (écorchant au passage les rôles sexuels conventionnel; ne soyez pas surpris si le roman se trouve sur la longue liste du Prix Tiptree l’an prochain), et en trouvant le moyen d’enrober tout cela dans une intrigue où un protagoniste qui n’a pas tout sa mémoire tente de percer l’énigme dans laquelle il se trouve. C’est un exercice de haute voltige, et Stross réussit plus souvent qu’autrement à garder toute les balles en l’air. (Et c’est sans compter les nombreux clins d’œil à d’autres œuvres de SF) Même si Glasshouse ne contient pas tout à fait la densité dangereuse d’idées d’Accelerando, sa structure est beaucoup plus accomplie.
Il est un peu borné, en fait, d’appeler ce roman une suite à Accelerando: Si l’univers est plus ou moins découlé de celui du roman précédent, il n’est vraiment pas nécessaire de l’avoir lu pour apprécier Glasshouse. En fait, l’atmosphère noiraude du roman ressemble beaucoup plus à celle d’Iron Sunrise, avec le motif du Panopticon et de la bêtise humaine constamment répétée. Stross peut être éminemment amusant (et Glasshouse est effectivement ponctué de rires), mais ça ne cache pas qu’il peut être un écrivain sournoisement déprimant.
Quel qu’il en soit, la qualité de l’écriture est tout à fait délectable : Stross écrit vite, mais écrit bien avec des retournements de phrases denses et lisibles. Il est facile de se dire « juste un autre chapitre » quand les choses avancent aussi bien. Ceci dit, je suis moins enthousiaste au sujet de les coïncidences horribles qui facilitent la vie du narrateur, ou bien les caricatures qui tiennent lieu d’antagonistes. Certains passages destinés à nous scandaliser semblent un peu trop gros, un peu trop évidents pour convaincre.
Mais à ce moment-ci de l’année où l’on commence timidement à voir se former la « classe SF de 2006 » (et surtout à penser aux Prix Hugos de l’an prochain), Glasshouse fait extrêmement bonne figure au sommet de la catégorie. Stross ne cesse de s’améliorer à chaque livre depuis Singularity Sky: reste à voir où il ira.
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par Laurine - jeudi, 7 septembre 2006 - 20:28 (Arts visuels, Insolite)
Vous connaissez la formule des affiches de motivation? Combinez une belle photo (des kayakistes sur fond de soleil couchant) avec un mot clé (Teamwork) et une phrase accrocheuse (Together we can achieve more). Tirez le tout à quelques milliers d’exemplaires et vendez ça aux ressources humaines. Maintenant, mordez à pleines dents dans un citron pas mûr et reprenez le tout du début. Comme résultat, vous obtenez le site Despair, Inc., qui se spécialise dans la démotivation. Quelques perles:
Lorsque souffle le vent du changement, les objets les plus anodins se transforment en projectiles mortels.
Il n’y a pas de question stupide, mais il y a beaucoup d’idiots curieux.
Lorsque les oiseaux volent en formation, ils fournissent deux fois moins d’effort. Même dans la nature le travail d’équipe mène à la paresse.
Les rêves sont comme les arcs-en-ciel. Seuls les idiots les pourchassent.
À voir si vous avez tout lu Dilbert.

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par Christian - dimanche, 3 septembre 2006 - 21:13 (SF&F autre)
Si la science-fiction est tellement fascinée par les scénarios post-apocalyptiques, c’est peut-être parce que les auteurs de SF sont familiers avec les dernières journées de conventions. Les partys sont terminés mais les mal de têtes demeurent; une fraction importante des fans est retournée à la maison ou prépare son départ; les dépliants gratuits commencent à traîner un peu partout sans trouver preneur; les chaises dans les salles sont disposées un peu n’importe comment; la fatigue règne et tout le monde est particulièrement conscient que tout tire à sa fin.
Le début de ma dernière journée à L.A.Con IV a été marqué par un petit périple autour d’Anaheim/Garden Grove (pour me changer les idées et voir la « Crystal Cathedral » d’un peu plus près), puis d’un long détour à la salle des marchants pour finaliser mes achats de la convention. Dommage total: une douzaine de livres difficiles à obtenir au Canada (dont quatre de la maison Pyr), deux abonnements (à Locus et Neo-Opsis) et quelques rencontres fortuites avec des connaissances.

Un dernier bruit d’aspirateur visant le porte-monnaie
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par Christian - dimanche, 3 septembre 2006 - 19:13 (SF&F autre)
Peu importe l’endroit, peu importe le nombre de participants, la « grande » journée d’un congrès de science-fiction est toujours le samedi. Tout le monde est sur place; le congrès est déjà en marche; la journée est chargée du matin jusqu’au soir. Les visiteurs qui ne peuvent se présenter qu’une seule journée savent que c’est le samedi qui compte, et la programmation est habituellement ajustée en conséquence. Le samedi 26 août 2006 a donc été la journée marquante de L.A.Con IV pour au moins deux raisons : Harlan Ellison et les Prix Hugo, pris séparément… ou ensemble.
Le samedi était déjà le lendemain de la veille, les choses ont commencé de manière prometteuse: On a officiellement annoncé les résultats de la sélection du site de Worldcon 2008, avec Denver remportant de justesse l’honneur par 12 votes de plus que Chicago (et Colombus City en troisième place). (La victoire de Denver a peut-être une explication intéressante, surtout pour ce que ça implique pour Montréal 2009) (Et si ça intéresse quelqu’un, voici une variété de sentiments faniques au sujet de la victoire de Denver sur Chicago) Si la table de vente d’inscriptions pour Denver était bondée, personne n’avait le coeur d’être présent derrière la table de Chicago, qui avait l’air de ceci…

Au revoir, Chicago.
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par Christian - samedi, 2 septembre 2006 - 22:43 (SF&F autre)
En retard, mais bon –voici une courte description du vendredi 25 août 2006 à L.A.Con IV.
(Pourquoi le retard? Dans l’ordre : Manque de temps à L.A.Con, tourisme à Los Angeles, voyage transcontinental et rhume importé de Californie.)
Worldcon dure habituellement du jeudi au lundi, mais L.A.Con a décidé de faire exception en avançant tout d’un jour. La troisième journée du « samedi » est donc devenue un vendredi et le rythme de la convention a continué de s’accélérer. Assortiment continu de tables rondes, célébrités grandissantes et diversions faniques sont au goût du jour.

Une fraction de la foule attendant l’ouverture des activités à 10h00.
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