Fantasia 2006: DJ XL5′s Zappin’ Party Cavalcade

DJ XL5's Zappin' Party CavalcadeIntro et liste de mes critiques de Fantasia 2006

DJ XL5, c’est Marc Lamothe, directeur des communications du festival, accompagné d’une multitude de collaborateurs qui suggèrent du matériel et aident à monter tout ça un tout cohérent. On leur devait deux événements cette année, dont ce « Zappin’ Party », une suite de courts-métrages assaisonnée de bouts de vidéo hétéroclites (souvent rétro et kitsch, souvent inclassables).

La projection commençait avant même que la salle soit remplie, avec un montage de clips comme les cinémas devaient en utiliser il y a longtemps pour promouvoir leur comptoir de bouffe et faire patienter les spectateurs avant le début du film. Un peu répétitif, mais un aperçu fascinant d’une époque (les années ’50? ’60?) où l’on se goinfrait de hot dogs et hamburgers au cinéma.

Le « zappin’ party » débutait par un beau cadeau: une parodie de la fameuse intro des films de James Bond, mettant en vedette l’inimitable Daniel, l’as de la technique, maître du micro et des lumières, que les habitués applaudissent chaleureusement au début de chaque projection.

Sans faire un inventaire complet, je veux mentionner certains courts-métrages que j’ai particulièrement appréciés (dont plusieurs sont disponibles en ligne, suivez le lien):

  • Learn Self-Defense de Chris Harding, une animation au look rétro bien soigné, plus mordante et politique qu’on y croirait au début
  • Atlas Gets a Drink, de Mike Overbeck, à l’humour absurde tordant par moments
  • Motel, de Thor Freudenthal, très bien réalisé avec un twist amusant, même si le concept est un peu simple
  • L’étoile noire, de Dead Cat Films, rare touche québécoise, une parodie de Star Wars offrant un bon ratio de gags par minute sur un petit budget (les stormtroopers portent sur la tête des chaudières sur lesquelles on a dessiné un casque)
  • The Shining Re-Cut Trailer, de Robert Ryang, bien blogué déjà, une nouvelle bande-annonce pour The Shining qui propose un ton très différent
  • Keep Right, de Tim Godsall, étrange truc au fini professionnel avec Lance Henriksen et Ewen Bremner (Spud dans Trainspotting)
  • Il y avait aussi quelques bonnes animations de Bruno Bozzetto

Étant donné la diversité des courts-métrages présentés, on ne peut pas tout aimer, et ceux-ci m’ont laissé plutôt froid:

  • A Fistful of Zombies, de Abel Ferry, une comédie western surnaturelle à (comparativement) gros budget qui, malgré quelques bons effets et gags visuels, faisait l’impression d’un épisode incomplet et souffrait d’un humour trop forcé
  • The Meaning of Life, de Don Hertzfeldt (IMDB), un bel accomplissement sur le plan technique, mais dont le contenu ne m’a pas du tout accroché
  • America’s Biggest Dick, de Bryan Boyce, qui met dans la bouche (manipulée) de Dick Cheney des répliques du film Scarface; certains adoreront peut-être, mais j’ai trouvé ça trop gros comme satire, et le son nuisait à l’effet désiré

L’inexplicable Fish Heads (IMDB) vaut bien une mention aussi, surtout quand on s’aperçoit que Bill Paxton a co-écrit et réalisé cette chose en plus d’y tenir le rôle principal. (Je veux bien le pardonner, puisqu’il s’est ensuite abstenu de la réalisation pendant presque vingt ans pour enfin nous donner Frailty.)

Il y en avait pour deux heures en tout. Je craignais que ça soit trop long, mais c’était plutôt le contraire. Je suis curieux de voir ce que DJ XL5 nous réserve pour la prochaine édition.

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3 commentaires

  1. DJ XL5

    Merci pour ta critique et tes bons mots.
    Tu es honnête et pas mal juste dans ton analyse de mon programme.

    A Fistful of Zombies que je trouvais fort sympathique n’a effectivement pas eu la réaction escomptée. J’aime beaucoup le jeu des comédiens et la mise en scène.

    The Meaning of Life, de Don Hertzfeldt est un film plus sérieux que je tenais toutefois à partager
    car je trouvais qu’il avait sa place dans la thématique de cette année : la planète, l’Amérique et la mort en folie.

    Avec America’s Biggest Dick, je tenais à souligner l’audace et le courage de la démarche ainsi que la justesse de cette juxtaposition son et images. Côté timing, le gag est peut-être un peu long. Lui aussi semblait coller à la thématique de cette année.

    Fish Heads est une curiosité de 1978 et l’un des premiers videoclips recensés (MTV a débuté en 1981). On vient de retrouver une rare copie 16 mm de ce film et je voulais partager cette trouvaille avec le public. Plus bizarre que drôle, j’en conviens mais tellement intriguant. Je voulais vois ça sur grand écran. La réalisation du film et la création de la chanson Fish Heads sont l’œuvre de Barnes & Barnes. L’un des deux Barnes en question est Billy Mumy, celui-là même qui interprétait Will Robinson dans la série Perdu Dans l’Espace (Lost in Space). Le clochard au début du film est Dr Demento et l’acteur principal est bel et bien un jeune Bill Paxton.
    http://www.youtube.com/watch?v=JkSRvk7zwD4

    J’ai eu beaucoup de plaisir à monter cet événement et suis heureux que tu ai ainsi pris la peine d’en faire une analyse aussi détaillée qu’enthousiaste.

    Sincèrement

    DJ XL5

  2. Effectivement, Fish Heads valait bien une place au programme en tant que curiosité.

    J’ai trouvé fort intéressant l’extrait d’archives au début où l’on expliquait le rôle que la télé allait tenir dans la société québécoise. Quel en était le contexte exact?

    Merci pour les précisions, et merci pour tout le travail que doivent exiger ces « zappin’ parties ». J’ai bien hâte au prochain.

  3. DJ XL5

    C’était carrément le Texte d’inauguration de la télévision canadienne Française, donc la première image que les canadiens français ont vu à la télé en 1952. Il s’agissais du poste CBFT qui, à ses débuts, présentait à ses auditeurs une programmation bilingue. Cette situation persistera jusqu’en janvier 1954, date de l’ouverture de CBMT dont la programmation sera entièrement anglaise.

    L’annonce du lancement des premières émissions de télévision se fait en mars 1952 en direct du Palais du Commerce, rue Berri, à Montréal. Il existait alors 7 500 postes télévisés dans les foyers Montréalais. À partir de septembre, CBFT sera en ondes pendant au moins trois heures par jour. Pour son inauguration, elle présente de 8h30 à 8h55 «Les coulisses de la TV» (d’où provient le texte présenté lors du programme Cavalcade) puis, en fin de soirée, de 10h30 à 11h15, «Oedipe-Roi».

    C’est donc un moment historique et j’adore le fait que le type qui nous lit ce texte ne semble pas préparé et fait plusieurs ratées dans la lecture de son texte.

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